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ISBN : 2226116133
Éditeur : Albin Michel (2000)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 16 notes)
Résumé :

" Je veux parler d'amour dans ces pages, toutes ces pages. Tout ce qui a été écrit sur terre, dit, murmuré, hurlé, crié, parle d'amour... Trois fois j'ai vécu dans ma vie de moniale les incursions du divin - ces instants de suffocation où le ravissement et la terreur se confondent. Chaque fois, oui, chacune de ces trois fois monta tout aussitôt en moi un cri : Ah, Seigneur, pas sans Abélard, pas sans lui !... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Danieljean
Danieljean26 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
Dans une langue fluide et inventive, Christiane Singer nous fait connaître la nostalgie d'une femme qui a cru en les hommes...
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
claireogieclaireogie17 décembre 2010
Ton entrée intempestive en moi, le furieux déferlement de mille vagues, les chevaux fous lâchés dans un fracas d'écume... Non, Abélard je ne me tairai pas, tu m'as suppliée maintes fois de transcender ce passé - et je me suis fait violence pour te plaire. Aujourd'hui je retourne à la source de ma vie. Ton acharnement à cogner en moi, à ébranler portes et vantaux, le bélier féroce de tes assauts répétés ! Nos cheveux s'engluent de salive et de sueur, tes dents me broient, ta langue ouvre mes plaies. Et je me retrouve de l'autre côté du rivage, démâtée, éparse au sol, toutes voiles déchirées, radieuse, au havre de tes bras. Mon sacre ! Non, je ne me tairai pas !
Et ton désir de moi ruisselle sur mes hanches, fouaille mes entrailles, multiplie en moi les espaces sertis de ma chair. Jamais je n'eusse cru que l'amphore de mon ventre recèle tant d'antres secrets qui, forcés, révèlent encore, dans un déclic suave, d'autres antres, d'autres encore. Et plus avant où tu pénètres, tous ces mois où nous ne fîmes que nous aimer, plus se multiplient les profondeurs dont je suis le vigile. Parfois, quand je marche dans les rues, je suis bercée entière de résonances et d'échos comme le corps d'une viole dont, longtemps après que la musique a cessé, palpitent les éclisses et les ouïes. Parfois j'ose à peine respirer, et j'avance lentement, très lentement, comme une reine sous un dais brodé d'étoiles et de lances. Parfois aussi, l'espace résonne en moi comme une église - et mon émotion est si profonde que les larmes coulent jusqu'aux coins de mes lèvres sans même que m'alerte le sel sur ma langue. Parfois, de longues heures après que tu m'as aimée, je te sens remuer en moi doucement comme un passager clandestin.
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DanieljeanDanieljean07 octobre 2015
D'où vient votre haine ? Hommes de mon siècle et hommes d'Église, pourquoi méprisez-vous celles qui vous ont conçus, portés, celles dont les mains ont reposé sur vos fronts aux nuits brûlantes de fièvre de votre enfance, celles qui tissent et cardent vos vêtements et vous nourrissent, celles qui vous assisteront à l'heure de mourir, vous fermeront les yeux et vous coudront dans vos linceuls, celles qui tiennent du sensible et du palpable leurs connaissances, celles qui deux fois vous mettent au monde : en mère d'abord puis en amante ?

Souvenez-vous que c'est aux femmes tout d'abord que le Christ ressuscité s'est montré - et non aux hommes : eux l'avaient trahi, frappé, jugé, crucifié. Son premier mot, le premier mot de Christ Pancreator, de Christ en gloire est "Femme" ! "Femme, pourquoi pleures-tu ?" et "Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ?".

C'est à elles qu'il annonce en premier la bonne nouvelle. Les voilà part désormais de la victoire de la Vie sur la Mort !
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DanieljeanDanieljean03 février 2016
Ce qui nous manque le plus cruellement aujourd'hui c'est la qualité du féminin. Si nous n'y prenons garde, la religion va devenir une machine à raisonner droit. Ce langage partout crissant d'anathèmes! L'Eglise a raté sa chance de rester femme : fervente, accueillante, féconde. Elle a raté sa vocation d'Épouse du Christ. Le Cantique des Cantiques, tu l'as lu en prophète, Bernard de Clairvaux, moi je l'ai lu en amante!
En rejetant les femmes et l'amour, vous avez rejeté hors de vos institutions et de vous-mêmes la qualité du féminin. Et toute violence a sa source dans cette violence que vous avez fait subir à vous-mêmes.

J'appelle féminin cette qualité que la femme réveille au creux de l'homme, cette corde qui vibre à son approche. J'appelle féminin le pardon des offenses, le geste de rengainer l'épée lorsque l'adversaire est au sol, l'émotion qu'il y a à s'incliner. J'appelle féminin l'oreille tendue vers l'au-delà des mots, l'attention qui flotte à la rencontre du sens, le palpe et l'enrobe. J'appelle féminin l'instinct qui au-delà des opinions et des factions flaire le rêve commun.
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coconiniecoconinie29 octobre 2012
Lentement, ce qui avait été drame et choc devient le quotidien même, ce avec quoi on s'éveille, ce avec quoi on s'endort, ce avec quoi on traverse l'hiver, puis le printemps, puis l'été, puis l'automne, l'hiver encore...Et rien, rien qui n'apporte un apaisement, une conclusion, une culmination. Ce qu'on avait cru ne jamais pouvoir supporter un jour de plus -non, une heure de plus - non, que dis-je, une minute de plus - devient l'habituel, l'immuable. Lentement, l'état de choc se transforme en torpeur - les voix autour de moi ont abandonné ce ton qu'on prend pour les malades, ce ton hésitant, aux angles limés - pour prendre à nouveau un timbre sonore. Il n'y a que moi pour qui rien ne change, moi que chaque nouveau matin blesse, que chaque réveil transperce de sa lumière crue pour me rappeler que je suis morte - mais morte sans la miséricorde de la vraie mort.
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DanieljeanDanieljean03 février 2016
De même qu'on peut détourner les yeux du soleil, se bander les yeux devant lui mais non pas l'éteindre, on peut frapper l'amour d'opprobre mais non réduire sa force. Seuls le rituel d'attente et d'approche, le merveilleux cérémonial dont les cultures se parent et s'honorent à juste titre sont anéantis. Le monde, la société en sont assombris et l'homme réduit à l'état de brute. N'est-ce pas assez de destruction? Mais l'amour reste intact sous les gravats. Sans sa révélation, rien ne m'eût fait lever la tête ni prendre conscience de cette royauté qui est la mienne.
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Videos de Christiane Singer (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christiane Singer
L`écrivain Christiane Singer est décédée le 4 avril dernier. Elle apprend le 1er septembre 2006 qu`il lui reste six mois à vivre et décide d`écrire le journal de son agonie. "Derniers fragments d`un long voyage" a paru le jour même de sa disparition. Jérôme Garcin a choisi de nous lire le moment de l`annonce par le jeune médecin viennois du verdict.
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