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ISBN : 2081217341
Éditeur : Flammarion (2009)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 68 notes)
Résumé :
"Je voudrais voir quelle force au monde peut détruire cette race, cette petite tribu de gens sans importance dont l'histoire est terminée, dont les guerres ont été perdues, dont les structures se sont écroulées, dont la littérature n'est plus lue, la musique n'est pas écoutée, et dont les prières ne sont pas exaucées.

Allez-y. détruisez l'Arménie. Voyez si vous pouvez le faire. Envoyez-les dans le désert. Laissez-les sans pain ni eau. Brûlez leurs mai... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
Corboland7828 mars 2012
  • Livres 4.00/5
Noé en débarquant de son arche au sommet du mont Ararat se serait exclamé Yerevants ! Ce qui signifie « c'est apparu », telle serait l'origine du mot Erevan désignant la capitale de l'Arménie. C'est aussi le titre de ce nouveau livre de Gilbert Sinoué qui a choisi le mode romanesque pour nous raconter les terribles épreuves endurées par le peuple Arménien. D'abord le « nettoyage ethnique » et les massacres de 1894-1896 perpétués par le Sultan Rouge Abdül-Hamîd II, l'Europe protestera mais n'interviendra pas, enfin et c'est le sujet de ce livre, le génocide du printemps 1915 organisé par le triumvirat qui dirigeait l'Empire Ottoman à cette époque, Enver Pacha (ministre de la Guerre), Djemal Pacha (ministre de la Marine) Talaat Pacha (ministre de l'Intérieur).
Le roman s'appuie sur des faits historiques avérés et des personnages ayant réellement existés au milieu desquels évolue la famille Tomassian. Achod qui vit en Arménie avec son père et ses enfants, sa fille Chouchane et son fils Aram à peine adolescents, tandis que l'aîné Hovanès, frère d'Achod, est député au Parlement turc. Petit à petit les décrets réduisent les droits des Arméniens, l'inquiétude fait place à la peur quand dans la nuit du 24 au 25 avril 1915 plusieurs centaines de personnalités arméniennes sont arrêtées. Quand la peur va laisser place à la terreur, le roman – qui est aussi l'Histoire – devient insoutenable, déportations massives vers le désert de Syrie, exécutions en masse au bord des chemins et actes de barbarie sauvage. Sur les 20 000 habitants d'Erzurum seuls 22 (!) échapperont aux massacres pour ne donner qu'un exemple des carnages qui au total feront 1,5 million de morts.
Le gouvernement libéral turc qui succédera au triumvirat en fuite vers l'Allemagne, décidera en 1918 de créer une commission d'enquête qui établira clairement les responsabilités des coupables, basées sur des preuves irréfutables et les principaux chefs seront condamnés par contumace. Pour autant, les gouvernements turcs successifs persistent à nier les massacres, jugés et condamnés par leurs prédécesseurs. A ce jour tous les pays, tels les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Danemark, n'ont pas reconnu le génocide.
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balrog
balrog09 avril 2013
  • Livres 4.00/5
Ce court roman historique permet de connaitre dans les grandes lignes ce qu'il s'est produit pendant et avant le Génocide Arménien. Nous assisterons au prétendu "déportement" du peuple Arménien et nous saurons pourquoi les Turcs (secondés par les Kurdes) ont commis toutes ces atrocités.
Un livre qui prouve une nouvelle fois que la bêtise humaine est infinie...
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Chouchane
Chouchane25 octobre 2011
  • Livres 4.00/5
Ce n'est jamais facile de lire un livre sur un génocide encore moins quand il s'agit de celui qui a bercé toute votre enfance mais ce fut une lecture salvatrice. Dès les premières pages la simplicité de l'approche et l'absence de pathos permet de mieux cerner les tenants et les aboutissants de cette période qui reste occultée par un déni de reconnaissance. le roman débute à la fin du XIX°, l'empire ottoman se délite, la minorité arménienne qui est la plus importante va devenir un bouc émissaire et les premiers massacres vont débuter. de fausses promesses en manipulations, le gouvernement des jeunes turcs va progressivement mettre en place ce qui sera le 1er génocide du XX°. Au travers d'une famille traditionnelle d'Anatolie on suit l'émergence de la monstruosité, Aram, Chouchane (hé oui !), Vahé, le poète Varoujean et d'autres nous conduisent vers le désert de der Zor en Syrie où les arméniens deviendront du sable. Quand on connait la fin, à chaque hésitation des protagonistes on s'entend dire partez, fuyez ... mais comment imaginer ? le livre se termine sur une note d'espérance et sur des repères historiques très éclairants. A lire !
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choupynette
choupynette14 mars 2010
  • Livres 3.00/5
Le génocide arménien n'a été que très récemment reconnu par une partie de la communauté internationale (et encore, nombre de pays le nient encore).
C'est ce drame que raconte Gilbert Sinoué dans Erevan. le roman débute sur l'attaque (et la prise d'otages qui s'ensuivit) de la Banque Ottomane à Constantinople en 1896 par de jeunes Arméniens. Ellipse, puis nous retrouvons certains des preneurs d'otages en 1913, et suivons le déroulement des évènements tragiques, jusqu'à l'assassinat en 1921 à Berlin, d'un des ministres Turcs à l'origine du génocide.
On assiste là à la descente aux enfers de tout un peuple, victime de la haine, du fanatisme et du nationalisme turc. Certaines scènes sont extrêmement dures à lire tant la cruauté est sans borne. le déroulement des évènements, les étapes semblent pour certaines à s'y méprendre au génocide des Juifs par les nazis.
Au-delà de l'aspect historique minutieusement reconstruit par l'auteur, il ne faut pas chercher de souffle romanesque. Je ne me suis jamais attachée aux personnages, même les deux jeunes ados Chouchane et son frère Aram, qui étaient pourtant décrits comme les "héros" dans l'article qui m'a donné envie de lire le roman de Sinoué. Il faut malheureusement le dire, le style de l'auteur est plat, sans envergure, avec des personnages à la psychologie seulement effleurée. Ce qui explique donc que j'ai mis un certain temps à lire cet ouvrage.
Si je vous conseille cette lecture, c'est pour le travail historique incontestable de l'auteur : le témoignage qu'il délivre est essentiel et rappelle le drame qu'a enduré un peuple et qui est encore nié à ce jour.
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CCoco
CCoco10 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
Gilbert Sinoue choisit les portraits de quelques figures de l'Histoire arménienne pour nous raconter le génocide dont ce peuple fut victime au début du XXème siècle en Turquie pendant que le reste du monde s'entre-tuait du côté de Verdun... Que de violences infligées à l'homme par l'homme, mais peut-on encore parler d'humanité lorsqu'on lit ces exactions qui seront répétées une trentaine d'années plus tard à une autre population désignée pour sa religion, ou encore un peu plus tard au Rwanda, parce que certains ont décidé qu'il y avait deux ethnies différentes dont l'une devait exterminer l'autre... Ces histoires de génocide se répètent, inlassablement, sans que l'homme semble en tirer de leçon...
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
balrogbalrog08 avril 2013
Le Turc s'inclina devant le petit groupe.
- La paix soit sur vous, messieurs. J'aurais souhaité être porteur de meilleures nouvelles. Hélas...
Une voix questionna avec empressement :
- Un instant, Cavid Bey, que nous conseillez-vous de faire ?
Le Turc pencha la tête comme s'il confessait son impuissance.
- Achetez un turban blanc et gardez-le dans votre poche. Si vous vous sentez menacé, sortez-le, enroulez-le autour de votre fez et criez : "Je suis musulman !"
L'homme qui avait posé la question battit des paupières, abasourdi.
- Il n'en est pas question ! Quand mes frères Arméniens du Sassoun se sont fait massacrer, ont-ils renié leur foi ?
Mehmet Cavid eut un haussement d'épaules.
- Dans ce cas, achetez une arme.
- Une arme ? Ce serait pure folie. Si je tuais un seul de mes agresseurs, on massacrerait tous les miens. Non. Finalement, je préfère m'en remettre à Dieu.
- A Dieu ?
- Oui. Dieu est miséricordieux.
- Miséricordieux, répéta Cavid en écartant d'un petit geste un fil imaginaire du revers de sa veste. Bien sûr.
Il soliloqua en se dirigeant vers la porte.
- Le monde entier baigne dans le sang. Et Dieu est miséricordieux...oui.
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ChouchaneChouchane04 juin 2012
De quoi naît le bonheur sinon du malheur ? Observe ceux qui nous entourent. Parmi eux, il y en a qui ont perdu des êtres chers au cours de ces dernières années, qui ont souffert, versé des larmes, qui ont cru mourir de douleur. S'ils n'avait pas connu ces heures tragiques, crois-tu qu'ils seraient capable de vivre pleinement ces instants de fête ? Méfions-nous des vies sans tourment. Elles nous installent dans un état de torpeur et nous donnent l'impression d'être immortel.
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PseudoPseudo11 janvier 2012
Page 110 :

- Mais, mon petit, l'Arménie n'est pas uniquement un espace géographique, c'est une identité. Réfléchis un peu. As-tu essayé d'imaginer le nombre de peuples qui nous ont traversés ? Occupés ? Tyrannisés ? Ces envahisseurs ont pu raser nos maisons, dévaster nos champs, mais ils ne seront jamais parvenus à éradiquer notre mémoire. La mémoire arménienne, sache-le, est immortelle. Souviens-toi que nous avons été le premier royaume officiellement chrétien de l'Histoire, un îlot de foi dans un océan de paganisme. C'était il y a plus de mille six cents ans. Et que vois-tu aujourd'hui ? Nous sommes toujours là, ancrés plus solidement que jamais dans notre religion. Et la sainte cathédrale d'Etchmiadzine, la reine de nos cathédrales, est toujours debout. Souviens-toi que c'est dans nos vignobles que le patriarche Noé s'est enivré ! Que ce même Noé, en débarquant de son arche au sommet du mont Ararat, s'est exclamé : Yerevants ! "c'est apparu !"

Yerevants = Erevan
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PseudoPseudo10 janvier 2012
C'était en 1895. Un 28 décembre. Le soleil était à peine levé lorsque des escadrons de hamidiés déboulèrent dans la ville (Urfa, ville de naissance du prophète Abraham). Après avoir pris position devant le gümrük hani, le caravansérail des douanes, ils exigèrent que tout le bétail que possédaient les familles arméniennes leur soit remis. La demande était criminelle puisque ce bétail était leur seul bien. Ils supplièrent, protestèrent, les Kurdes restèrent intraitables. Alors tous les hommes en état de se battre prirent les armes. L'affrontement fut terrible. Il dura des jours entiers et des nuits. Finalement, à bout de forces, à court d'eau et de nourriture, une délégation composée d'une dizaine de chefs de famille décida de se rendre auprès du vali pour implorer son soutien. Le gouverneur les écouta attentivement, donnant l'impression qu'il comprenait leurs doléances et qu'il était même disposé à y répondre favorablement. C'est au moment où ils allaient repartir qu'il donna l'ordre de les arrêter. On leur lia les poignets derrière le dos. On les aligna comme des bêtes, et on les fit mettre à genoux. Le gouverneur tira son yatagan du fourreau et récita un verset du Coran :
"Accomplissez pour Allah le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faites un sacrifice qui vous soit facile." Les dix émissaires eurent la tête tranchée.


(page 97)
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PseudoPseudo10 janvier 2012
Trois mille personnes environ, essentiellement des femmes, des vieillards et des enfants, coururent se barricader dans l'église. Les Kurdes, assistés cette fois par des soldats turcs, encerclèrent le bâtiment et scellèrent la porte afin que nul ne pût ressortir. Ils entassèrent des bottes de paille contre les murs et sur le toi. Des cris montaient de la nef. Des cris d'enfants. Des cris de fin du monde. Il était une heure de l'après-midi. Deux heures plus tard, l'église n'était plus qu'une montagne de cendres.
... Et le massacre se poursuivit encore et encore jusqu'au lendemain. Lorsque les hamidiés et les Turcs se retirèrent, cent vingt-six familles avaient été anéanties. Pas un bébé, par un enfant, pas une femme n'avait survécu.


(page 98)
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Videos de Gilbert Sinoué (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gilbert Sinoué
Gilbert Sinoué, L'envoyé de Dieu - le livre sur les quais, Morges 2015 .Gilbert Sinoué présente "L'envoyé de Dieu" aux éditions L'Archipel, à l'occasion du Festival le livre sur les quais, Morges 2015. Retrouvez le livre :http://www.mollat.com/livres/sinoue-gilbert-envoye-dieu-une-vie-prophete-muhammad-9782809817379.html Notes de musique Mollat© - http://www.mollat.com le livre sur les quais : http://www.lelivresurlesquais.ch Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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