Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2081217341
Éditeur : Flammarion (2009)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Je voudrais voir quelle force au monde peut détruire cette race, cette petite tribu de gens sans importance dont l'histoire est terminée, dont les guerres ont été perdues, dont les structures se sont écroulées, dont la littérature n'est plus lue, la musique n'est pas é... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (13)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Corboland78
    Noé en débarquant de son arche au sommet du mont Ararat se serait exclamé YErevants ! Ce qui signifie « c'est apparu », telle serait l'origine du mot Erevan désignant la capitale de l'Arménie. C'est aussi le titre de ce nouveau livre de Gilbert Sinoué qui a choisi le mode romanesque pour nous raconter les terribles épreuves endurées par le peuple Arménien. D'abord le « nettoyage ethnique » et les massacres de 1894-1896 perpétués par le Sultan Rouge Abdül-Hamîd II, l'Europe protestera mais n'interviendra pas, enfin et c'est le sujet de ce livre, le génocide du printemps 1915 organisé par le triumvirat qui dirigeait l'Empire Ottoman à cette époque, Enver Pacha (ministre de la Guerre), Djemal Pacha (ministre de la Marine) Talaat Pacha (ministre de l'Intérieur).
    Le roman s'appuie sur des faits historiques avérés et des personnages ayant réellement existés au milieu desquels évolue la famille Tomassian. Achod qui vit en Arménie avec son père et ses enfants, sa fille Chouchane et son fils Aram à peine adolescents, tandis que l'aîné Hovanès, frère d'Achod, est député au Parlement turc. Petit à petit les décrets réduisent les droits des Arméniens, l'inquiétude fait place à la peur quand dans la nuit du 24 au 25 avril 1915 plusieurs centaines de personnalités arméniennes sont arrêtées. Quand la peur va laisser place à la terreur, le roman – qui est aussi l'Histoire – devient insoutenable, déportations massives vers le désert de Syrie, exécutions en masse au bord des chemins et actes de barbarie sauvage. Sur les 20 000 habitants d'Erzurum seuls 22 (!) échapperont aux massacres pour ne donner qu'un exemple des carnages qui au total feront 1,5 million de morts.
    Le gouvernement libéral turc qui succédera au triumvirat en fuite vers l'Allemagne, décidera en 1918 de créer une commission d'enquête qui établira clairement les responsabilités des coupables, basées sur des preuves irréfutables et les principaux chefs seront condamnés par contumace. Pour autant, les gouvernements turcs successifs persistent à nier les massacres, jugés et condamnés par leurs prédécesseurs. A ce jour tous les pays, tels les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Danemark, n'ont pas reconnu le génocide.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par balrog, le 09 avril 2013

    balrog
    Ce court roman historique permet de connaitre dans les grandes lignes ce qu'il s'est produit pendant et avant le Génocide Arménien. Nous assisterons au prétendu "déportement" du peuple Arménien et nous saurons pourquoi les Turcs (secondés par les Kurdes) ont commis toutes ces atrocités.
    Un livre qui prouve une nouvelle fois que la bêtise humaine est infinie...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 25 octobre 2011

    Chouchane
    Ce n'est jamais facile de lire un livre sur un génocide encore moins quand il s'agit de celui qui a bercé toute votre enfance mais ce fut une lecture salvatrice. Dès les premières pages la simplicité de l'approche et l'absence de pathos permet de mieux cerner les tenants et les aboutissants de cette période qui reste occultée par un déni de reconnaissance. le roman débute à la fin du XIX°, l'empire ottoman se délite, la minorité arménienne qui est la plus importante va devenir un bouc émissaire et les premiers massacres vont débuter. de fausses promesses en manipulations, le gouvernement des jeunes turcs va progressivement mettre en place ce qui sera le 1er génocide du XX°. Au travers d'une famille traditionnelle d'Anatolie on suit l'émergence de la monstruosité, Aram, Chouchane (hé oui !), Vahé, le poète Varoujean et d'autres nous conduisent vers le désert de der Zor en Syrie où les arméniens deviendront du sable. Quand on connait la fin, à chaque hésitation des protagonistes on s'entend dire partez, fuyez ... mais comment imaginer ? le livre se termine sur une note d'espérance et sur des repères historiques très éclairants. A lire !
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par choupynette, le 14 mars 2010

    choupynette
    Le génocide arménien n'a été que très récemment reconnu par une partie de la communauté internationale (et encore, nombre de pays le nient encore).
    C'est ce drame que raconte Gilbert Sinoué dans Erevan. le roman débute sur l'attaque (et la prise d'otages qui s'ensuivit) de la Banque Ottomane à Constantinople en 1896 par de jeunes Arméniens. Ellipse, puis nous retrouvons certains des preneurs d'otages en 1913, et suivons le déroulement des évènements tragiques, jusqu'à l'assassinat en 1921 à Berlin, d'un des ministres Turcs à l'origine du génocide.
    On assiste là à la descente aux enfers de tout un peuple, victime de la haine, du fanatisme et du nationalisme turc. Certaines scènes sont extrêmement dures à lire tant la cruauté est sans borne. le déroulement des évènements, les étapes semblent pour certaines à s'y méprendre au génocide des Juifs par les nazis.
    Au-delà de l'aspect historique minutieusement reconstruit par l'auteur, il ne faut pas chercher de souffle romanesque. Je ne me suis jamais attachée aux personnages, même les deux jeunes ados Chouchane et son frère Aram, qui étaient pourtant décrits comme les "héros" dans l'article qui m'a donné envie de lire le roman de Sinoué. Il faut malheureusement le dire, le style de l'auteur est plat, sans envergure, avec des personnages à la psychologie seulement effleurée. Ce qui explique donc que j'ai mis un certain temps à lire cet ouvrage.
    Si je vous conseille cette lecture, c'est pour le travail historique incontestable de l'auteur : le témoignage qu'il délivre est essentiel et rappelle le drame qu'a enduré un peuple et qui est encore nié à ce jour.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique

    • Livres 1.00/5
    Par Bigmammy, le 05 août 2011

    Bigmammy
    Le bandeau de présentation est tout à fait raccoleur : le grand roman d'un peuple, rien que ça.....Lorsqu'on m'a mis l'ouvrage entre les mains, ma première impression a été : tiens, il n'est pas bien gros, j'imaginais qu'on pourrait faire un pavé de cette histoire innommable que constitue aux yeux du monde entier, à l'exception du Gouvernement Turc, le génocide arménien...
    La première impression est souvent la bonne. Un roman décrivant les pérégrinations affreuses des déportés arméniens sur les pistes poussiéreuses de l'Anatolie et sous les coups des soldats ottomans, des bandes d'irréguliers Kurdes et de commandos de prisonniers de droit commun libérés, à travers les destins des membres d'une famille, quoi de plus classique, voire banal ?
    On me dira que l'essentiel est ailleurs : le propos est - sans doute - de rendre accessible au "grand public", habituel lecteur des ouvrages "orientalisants" de Gilbert Sinoué, la mécanique d'un crime contre l'humanité moins bien connu que la Shoah (il faut bien insister puisque certains, ecclésiastiques de surcroît, persistent à nier l'existence des chambres à gaz), les motivations politiques et la psychologie - esquissée trop légèrement - des promoteurs de la déportation, l'angoisse des victimes et la façon dont elles ont été exterminées.
    Mais si ce livre se lit vite, on reste terriblement sur sa faim. Il ne m'a rien appris de nouveau, les notices biographiques sont placées à la fin et manquent furieusement d'épaisseur. On aurait pu écrire une épopée, on ne retient qu'un mauvais scénario de série TV "low cost". En son temps, Henri Verneuil avait réussi un beau téléfilm "Mayrig" avec Claudia Cardinale...
    Seul intérêt : la bibliographie des ouvrages historiques vraisemblablement mis à contribution pour la rédaction de ce bouquin qui fera de l'argent, certes, puisque apparemment c'est de la littérature alimentaire.
    Ceux qui veulent vraiment savoir - et la question la plus forte est : pourquoi les Turcs du XXIème siècle, laïques et occidentaux, démocratiques, refusent-ils toujours de reconnaitre leur responsabilité dans les massacres des Arméniens tout comme la France l'a fait pour la collaboration apportée à l'occupant allemand lors des rafles des juifs pendant la dernière guerre mondiale ? devront lire les bons ouvrages de référence.

    Lien : http://www.bigmammy.fr
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la critique

> voir toutes (10)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par balrog, le 08 avril 2013

    Le Turc s'inclina devant le petit groupe.
    - La paix soit sur vous, messieurs. J'aurais souhaité être porteur de meilleures nouvelles. Hélas...
    Une voix questionna avec empressement :
    - Un instant, Cavid Bey, que nous conseillez-vous de faire ?
    Le Turc pencha la tête comme s'il confessait son impuissance.
    - Achetez un turban blanc et gardez-le dans votre poche. Si vous vous sentez menacé, sortez-le, enroulez-le autour de votre fez et criez : "Je suis musulman !"
    L'homme qui avait posé la question battit des paupières, abasourdi.
    - Il n'en est pas question ! Quand mes frères Arméniens du Sassoun se sont fait massacrer, ont-ils renié leur foi ?
    Mehmet Cavid eut un haussement d'épaules.
    - Dans ce cas, achetez une arme.
    - Une arme ? Ce serait pure folie. Si je tuais un seul de mes agresseurs, on massacrerait tous les miens. Non. Finalement, je préfère m'en remettre à Dieu.
    - A Dieu ?
    - Oui. Dieu est miséricordieux.
    - Miséricordieux, répéta Cavid en écartant d'un petit geste un fil imaginaire du revers de sa veste. Bien sûr.
    Il soliloqua en se dirigeant vers la porte.
    - Le monde entier baigne dans le sang. Et Dieu est miséricordieux...oui.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la citation

  • Par Chouchane, le 04 juin 2012

    De quoi naît le bonheur sinon du malheur ? Observe ceux qui nous entourent. Parmi eux, il y en a qui ont perdu des êtres chers au cours de ces dernières années, qui ont souffert, versé des larmes, qui ont cru mourir de douleur. S'ils n'avait pas connu ces heures tragiques, crois-tu qu'ils seraient capable de vivre pleinement ces instants de fête ? Méfions-nous des vies sans tourment. Elles nous installent dans un état de torpeur et nous donnent l'impression d'être immortel.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la citation

  • Par Pseudo, le 11 janvier 2012

    Page 110 :

    - Mais, mon petit, l'Arménie n'est pas uniquement un espace géographique, c'est une identité. Réfléchis un peu. As-tu essayé d'imaginer le nombre de peuples qui nous ont traversés ? Occupés ? Tyrannisés ? Ces envahisseurs ont pu raser nos maisons, dévaster nos champs, mais ils ne seront jamais parvenus à éradiquer notre mémoire. La mémoire arménienne, sache-le, est immortelle. Souviens-toi que nous avons été le premier royaume officiellement chrétien de l'Histoire, un îlot de foi dans un océan de paganisme. C'était il y a plus de mille six cents ans. Et que vois-tu aujourd'hui ? Nous sommes toujours là, ancrés plus solidement que jamais dans notre religion. Et la sainte cathédrale d'Etchmiadzine, la reine de nos cathédrales, est toujours debout. Souviens-toi que c'est dans nos vignobles que le patriarche Noé s'est enivré ! Que ce même Noé, en débarquant de son arche au sommet du mont Ararat, s'est exclamé : Yerevants ! "c'est apparu !"

    Yerevants = Erevan
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par Pseudo, le 10 janvier 2012

    C'était en 1895. Un 28 décembre. Le soleil était à peine levé lorsque des escadrons de hamidiés déboulèrent dans la ville (Urfa, ville de naissance du prophète Abraham). Après avoir pris position devant le gümrük hani, le caravansérail des douanes, ils exigèrent que tout le bétail que possédaient les familles arméniennes leur soit remis. La demande était criminelle puisque ce bétail était leur seul bien. Ils supplièrent, protestèrent, les Kurdes restèrent intraitables. Alors tous les hommes en état de se battre prirent les armes. L'affrontement fut terrible. Il dura des jours entiers et des nuits. Finalement, à bout de forces, à court d'eau et de nourriture, une délégation composée d'une dizaine de chefs de famille décida de se rendre auprès du vali pour implorer son soutien. Le gouverneur les écouta attentivement, donnant l'impression qu'il comprenait leurs doléances et qu'il était même disposé à y répondre favorablement. C'est au moment où ils allaient repartir qu'il donna l'ordre de les arrêter. On leur lia les poignets derrière le dos. On les aligna comme des bêtes, et on les fit mettre à genoux. Le gouverneur tira son yatagan du fourreau et récita un verset du Coran :
    "Accomplissez pour Allah le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faites un sacrifice qui vous soit facile." Les dix émissaires eurent la tête tranchée.


    (page 97)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par Pseudo, le 10 janvier 2012

    Trois mille personnes environ, essentiellement des femmes, des vieillards et des enfants, coururent se barricader dans l'église. Les Kurdes, assistés cette fois par des soldats turcs, encerclèrent le bâtiment et scellèrent la porte afin que nul ne pût ressortir. Ils entassèrent des bottes de paille contre les murs et sur le toi. Des cris montaient de la nef. Des cris d'enfants. Des cris de fin du monde. Il était une heure de l'après-midi. Deux heures plus tard, l'église n'était plus qu'une montagne de cendres.
    ... Et le massacre se poursuivit encore et encore jusqu'au lendemain. Lorsque les hamidiés et les Turcs se retirèrent, cent vingt-six familles avaient été anéanties. Pas un bébé, par un enfant, pas une femme n'avait survécu.


    (page 98)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
12,90 € (neuf)
5,99 € (occasion)

   

Faire découvrir Erevan par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (71)

> voir plus

Quiz