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Michel Deutsch (Traducteur)Henning Mankell (Préfacier, etc.)
ISBN : 2743618043
Éditeur : Payot et Rivages (2008)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 115 notes)
Résumé :
Le cadavre dénudé d'une jeune inconnue est retrouvé dans un canal proche de la petite ville de Motala. La victime semble avoir été violée. Martin Beck, de la criminelle de Stockholm, est envoyé en renfort auprès de l'équipe locale chargée de l'enquête. Longtemps, les investigations piétinent, mais si Beck est un bon flic, c'est parce qu'il possède "les trois qualités les plus importantes indispensables à un policier : il est têtu, il est logique et il est d'un calme... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
Philemont
Philemont04 juin 2014
  • Livres 4.00/5
Au même titre que Laidlaw, Roseanna est une référence littéraire utilisée par Pierre LEMAITRE dans Travail soigné, laquelle m'était jusqu'alors inconnue. le roman est de plus le premier tome d'une série de dix qui est le plus souvent dotée de critiques dithyrambiques, tant pour son apport au genre que pour sa dimension sociale. C'est la série que Maj SJOWALL et Per WAHLOO ont consacré à Martin Beck, de la brigade criminelle de Stockholm, l'ensemble formant une décalogie connue comme le roman d'un crime.
Pour se rendre compte de quoi il retourne précisément, quelques éléments de contexte sont nécessaires. Au milieu des années 1960, quand débute la série, la Suède est un pays prospère qui, officiellement, offre l'un des meilleurs niveaux de vie à ses habitants. Il doit sa situation à sa neutralité pendant la Seconde Guerre mondiale, laquelle lui a permis développement et modernisation rapides dans le cadre d'une politique social-démocrate. le pays est même cité comme modèle pour sa protection sociale et la faiblesse de ses inégalités. C'est l'Etat-providence à la suédoise !
Engagé politiquement, ce qui lui est d'ailleurs parfois reproché, le couple que forment Maj SJOWALL et Per WAHLOO souhaite montrer l'envers d'un tel décor. Parce que sous le vernis de la prospérité collective se cache une multitude de petites histoires individuelles qui constituent elles aussi la société suédoise et, plus largement, l'organisation mondiale de plus en plus dominée par la doctrine libérale. Mais que l'on ne s'y trompe pas, SJOWALL et WAHLOO écrivent bel et bien des romans policiers, et ont même un grand sens de l'intrigue. Ainsi captent-ils facilement l'attention du lecteur tout en décrivant la face cachée d'une société, celle que ses habitants vivent au quotidien et non celle que les intellectuels théorisent dans des publications plus ou moins académiques.
Encore est-il que cette dimension sociale va crescendo, et ne prend tout son sens qu'au terme de la série. Ainsi Roseanna, premier volet de ce Roman d'un crime, peut-il paraître au premier abord bien terne. de fait la découverte du cadavre d'une jeune femme inconnue dans un canal conduit classiquement à la recherche de son identité, puis à celle tout aussi attendue de son meurtrier. Pour autant c'est dans ce roman introductif que l'on fait connaissance avec nombre de personnages de la série, à commencer par Martin Beck. Policier capable de garder son calme en toutes circonstances, il est doté d'une logique et d'une patience exceptionnelles ; il se donne corps et âme à son travail, au détriment d'ailleurs de sa vie personnelle (il est marié à une femme au profil de ménagère, et a deux enfants qu'il ne voit que rarement). Les auteurs nous présentent aussi les collègues de Beck car, et c'est là l'un des apports de SJOWALL et WAHLOO au genre, l'enquête policière est menée par une véritable équipe et non, par un unique détective au profil de héros solitaire. Accessoirement, le lecteur découvre ainsi les méthodes de travail de la brigade criminelle suédoise au milieu des années soixante.
Et si l'on doit absolument faire ressortir la dimension sociale de ce roman, c'est à coup sûr au niveau de la personnalité de la victime qu'il faut s'attarder. Celle-ci est mise en perspective à mesure de l'avancée de l'enquête par un Martin Beck qui, s'il ne s'identifie pas vraiment à elle, lui accorde néanmoins toute sa compassion. Car Roseanna, au milieu des années 1960, est une femme indépendante qui a d'ores et déjà décidé de sa libération sexuelle ; en d'autres termes c'est une femme de mauvaise vie pointée du doigt par une société qui n'est finalement pas tout à fait entrée dans la modernité. A l'instar d'un peuple majoritairement protestant, le meurtrier est d'ailleurs totalement convaincu de la sauver en lui donnant la mort...
Pour conclure notons que le roman d'un crime a connu une histoire éditoriale chaotique en France. Ce fut d'abord une chronologie non respectée, bien qu'essentielle pour suivre l'évolution des personnages et de la société suédoise ; ce fut ensuite une publication stoppée nette après 6 tomes en 1972, reprise et complétée 15 ans plus tard chez 10/18. Mais c'est aujourd'hui Rivages qui a les droits sur la série et qui propose une traduction entièrement révisée de l'ensemble des dix romans. L'éditeur agrémente de plus chaque titre d'une ou deux préfaces d'un auteur connu, celles-ci permettant de mesurer l'influence considérable que l'oeuvre de Maj SJOWALL et Per WAHLOO a eue sur ces flics dont on suit souvent aujourd'hui les enquêtes avec frénésie.
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MAXINE
MAXINE08 février 2016
  • Livres 4.00/5
"J'appartiens à cette catégorie de lecteurs qui n'affectionnent pas les polars. A mes yeux, Polars égal crimes plus (ou moins) sordides et même si je suis consciente que cela existe, je n'ai aucune envie d'en rajouter durant mes loisirs, les écrans suffisant amplement à mon quotidien".
Voici ce je clamais haut et fort jusqu'à ce jour béni des Dieux de la littérature et de la l'écriture où une libraire bien avisée m'a conseillée un roman de cet excellent couple de journaliste suédois, j'ai nommé Maj Sjöwall et Per Wahlöö.
Ce qui m'a charmée au long des 10 livres qu'ils ont écrits ensemble - de 1965 à 1975 - et qui fait leur singularité, c'est l'étude scrupuleuse des moeurs de leur pays et de ses changements mais également leur profonde humanité.
Si j'ai pris un immense plaisir à suivre l'intrigue (difficile pour moi de trouver le coupable ; mais je ne suis pas particulièrement douée non plus), j'ai pris encore plus de plaisir à voir évoluer les personnages principaux dans leur vie personnelle, leur carrière et leurs réflexions intimes. Et puis, quelques fois, au détour des pages, il arrive que victimes et voyous (ou pire) ne le soient devenus que par de mauvais hasards de circonstances et cela permet de voir les choses par l'autre bout de la lorgnette. Sans excuser ... juste pour comprendre.
Ils peuvent paraître un tantinet désuets ces 10 livres, prenez Roseanna, la guerre du Vietnam est finie depuis Belle Lurette et être Vietnamien en Europe n'a rien d'extraordinaire mais en même temps les viols existent toujours et le mal logement fait toujours l'actualité. Et c'est comme ça pour toute la série : une magnifique étude de la société et les crimes qui vont de pair.
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Rodin_Marcel
Rodin_Marcel23 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Maj Sjöwall (1935-) et Per Wahlöö (1926-1975), – "Roseanna : le roman d'un crime" – réédité chez Payot-Rivages en 2008 (ISBN 978-2-7436-1804-9), avec une courte préface signée Henning Mankell datant de 2006
– première édition originale suédoise en 1965, première traduction en français publiée en 1970 aux éditions Planète, réédition en 1985 chez 10/18.

(NB : C'est en lisant "Travail soigné" de Pierre Lemaître (voir recension) que j'ai découvert ce roman policier, qui compte parmi les six classiques imités par le meurtrier.)

C'est un roman lent, dont l'enquête se déroule selon une procédure policière "normale" et en tout cas crédible. Dans sa préface, Mankell souligne que Sjöwall et Wahlöö figureraient ainsi, en 1965, parmi les précurseurs de cette nouvelle façon d'écrire un roman policier inspirée d'Ed McBain, loin du modèle du super-détective résolvant une énigme super tordue. C'est donc à cette époque que les auteurs se mettent à intégrer dans la trame du récit des éléments de la vie privée des policiers, un procédé qui a aujourd'hui hélas envahi tout l'espace narratif de la plupart des polars au point de devenir vraiment lassant (cf Mankell et son inspecteur Wallander). A l'époque, c'était plutôt nouveau : la vie privée du commissaire Maigret de Simenon ne se dévoile que fort peu).

Autre originalité plus pertinente : ce roman appartient à la liste plutôt brève des très bons polars qui osent fournir l'identité du coupable bien avant la fin, aux deux tiers environ du récit, sans que ceci ne brise le moins du monde le suspense. En effet, tout l'enjeu réside alors dans la manière dont les enquêteurs vont s'y prendre pour réunir suffisamment de preuves probantes... ce qui est toujours actuel, à l'heure où toute justice est littéralement ficelée et paralysée par cette impératif des preuves probantes, au point de s'avérer totalement impuissante face au crime (bien) organisé par de puissantes mafias (drogue, prostitution etc).
Le piège tendu en recourant à la jeune inspectrice a en revanche fait long feu et n'est plus guère utilisé de nos jours, car devenu totalement invraisemblable.

Ce roman appartient à la série des enquêtes de l'inspecteur Martin Beck, qui réunit dix volumes publiés en Suède entre 1965 et 1975, à une époque où le monde entier parlait du "modèle suédois". le titre "Roseanna" était le premier de cette série qui entendait montrer l'envers du décor.
La préface de Mankell n'apporte pas grand-chose. En revanche, on retrouve dans ce roman de nombreuses allusions à des réalités aujourd'hui disparues, comme les cabines téléphoniques, les liaisons internationales défectueuses, les délais postaux etc.

C'est un bon roman policier, puisqu'il résiste au temps qui passe et se lit toujours avec intérêt.
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Val88
Val8802 avril 2013
  • Livres 4.00/5
Le cadavre dénudé d'une jeune inconnue est retrouvé dans un canal proche de la petite ville de Motala. La victime semble avoir été violée. Martin Beck, de la criminelle de Stockholm, est envoyé en renfort auprès de l'équipe locale chargée de l'enquête...
C'est en faisant un tour dans un magasin d'occasion que j'ai découvert ce polar. C'est d'ailleurs le seul que j'ai réussi à dénicher, malheureusement. J'avais déjà entendu parlé de Maj Sjöwall & Per Wahlöö comme étant les précurseurs du polar scandinave. de nos jours, pour les amateurs du genre, ces romans font partis du décors dans les librairies. Mais dans les années 60, ces livres devaient sûrement faire figure d'exception. Avant de commencer l'histoire, j'ai lu la préface d'Henning Mankell (auteur à succès grâce à sa série "Wallander"). Les romans de ces auteurs suédois ont considérablement joués sur son travail. Allais-je avoir le même sentiment qu'Henning Mankell en trouvant que "Roseanna" traversait les décennies sans prendre une ride? Après avoir tourné la dernière page du livre, je peux dire que oui, cette histoire pourrait se dérouler en 2013. L'ordinateur aurait remplacé la machine à écrire et les policiers passeraient leur coup de fil depuis un portable au lieu d'aller dans un bistrot, hormis ces quelques détails, l'histoire est intemporelle. "Roseanna" étant le premier livre de Maj Sjöwall & Per Wahlöö que je lis et le premier de la série de l'enquêteur Martin Beck, je n'étais pas vraiment familiarisée avec les personnages récurant. Cela dit, le côté personnel de ces personnages n'est pas très développé. Les auteurs s'attardent plus sur l'enquête en cours. Une enquête qui traine un peu en longueur au début de l'histoire puisque Martin Beck et son équipe n'arrivent pas à identifier le corps de la jeune femme. Il ne faut donc pas s'attendre à un polar rythmé mais plus à une vision assez proche du travail de la police dans ce genre de situation où la patience est de mise. Attente, fausses pistes, désillusion, puis la machine se met en route quelques mois plus tard lorsque le corps a enfin une identité. Les enquêteurs vont chercher à savoir qui était cette jeune femme, pourquoi elle a été assassinée et qui est son meurtrier? J'ai adoré cette partie du polar qui m'a un peu rappelé le travail d'investigation de Mikael Blomkvist dans le premier "Millénium", surtout cette façon de reconstituer les faits grâce à des photos et des films amateurs. Un travail de fourmi où le moindre détail a son importance. L'absence de rythme du début s'est alors transformé en envie de savoir ce qui s'est passé, si bien que ce polar n'a pas fait long feu entre mes mains.
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som
som02 mars 2015
  • Livres 3.00/5
Le cadavre dénudé d'une jeune femme est retrouvé dans un canal à proximité d'une petite ville très calme de la Suède. Inconnue de tous, méconnaissable en raison de séjour dans l'eau, les autorités locales vont appel à Martin Beck, un as de la Criminelle de Stockholm.
C'est avec cette enquête que commencent les aventures du flic imaginé par les parents du nouveau polar du Nord. Taciturne voir bourru, addict au boulot au détriment de sa vie familiale, Beck possède les 3 qualités essentielles à un fin limier : têtu, logique et doté d'un calme olympien. Si le rythme est un peu en dessous des Mankell, Nesbo et consorts, ce polar vaut par son personnage particulièrement attachant et la représentation de la Suède des années 1960.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
bdelhaussebdelhausse01 septembre 2014
Depuis que les enfants avaient commencé à grandir, Mme Beck s'était mise à jouer les infirmières avec une ferveur effervescente et une détermination quasi maniaque. Les grippes et les angines étaient pour elle des événements comparables aux anniversaires et aux grandes vacances. (p.70)
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bdelhaussebdelhausse01 septembre 2014
C'était une déracinée, une errante, à peine un membre de la société, dont l'inadaptation sociale était aussi tangible que le contenu de son sac à main. (p.173)
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bdelhaussebdelhausse01 septembre 2014
Les uns photographiaient le Juno, les autres s'attroupaient autour du kiosque où l'on vendait des cartes postales et des souvenirs en matière plastique très probablement fabriqués à Hong-Kong. (p.41).
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bdelhaussebdelhausse01 septembre 2014
Martin Beck dormit dans le train. Il ne se réveilla qu'en arrivant à Stockholm. Mais il ne se réveilla vraiment qu'au moment où il se glissa dans son lit. (p.148)
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ProfDoc45ProfDoc4526 mars 2014
Le tableau qui s'offrait à leur vue était aussi irréel dans son immobilité qu'une scène de la Chambre des Horreurs du musée Tussaud, aussi indélébile qu'une photographie surexposée. La pièce était inondée de lumière et Martin Beck enregistra d'un seul coup d'oeil chaque détail du macabre spectacle.
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