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> Michel Deutsch (Traducteur)
> Henning Mankell (Préfacier, etc.)

ISBN : 2743618043
Éditeur : Payot et Rivages (2008)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 82 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le cadavre dénudé d'une jeune inconnue est retrouvé dans un canal proche de la petite ville de Motala. La victime semble avoir été violée. Martin Beck, de la criminelle de Stockholm, est envoyé en renfort auprès de l'équipe locale chargée de l'enquête. Longtemps, les in... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Philemont, le 04 juin 2014

    Philemont
    Au même titre que Laidlaw, Roseanna est une référence littéraire utilisée par Pierre LEMAITRE dans Travail soigné, laquelle m'était jusqu'alors inconnue. le roman est de plus le premier tome d'une série de dix qui est le plus souvent dotée de critiques dithyrambiques, tant pour son apport au genre que pour sa dimension sociale. C'est la série que Maj SJOWALL et Per WAHLOO ont consacré à Martin Beck, de la brigade criminelle de Stockholm, l'ensemble formant une décalogie connue comme le roman d'un crime.
    Pour se rendre compte de quoi il retourne précisément, quelques éléments de contexte sont nécessaires. Au milieu des années 1960, quand débute la série, la Suède est un pays prospère qui, officiellement, offre l'un des meilleurs niveaux de vie à ses habitants. Il doit sa situation à sa neutralité pendant la Seconde Guerre mondiale, laquelle lui a permis développement et modernisation rapides dans le cadre d'une politique social-démocrate. le pays est même cité comme modèle pour sa protection sociale et la faiblesse de ses inégalités. C'est l'Etat-providence à la suédoise !
    Engagé politiquement, ce qui lui est d'ailleurs parfois reproché, le couple que forment Maj SJOWALL et Per WAHLOO souhaite montrer l'envers d'un tel décor. Parce que sous le vernis de la prospérité collective se cache une multitude de petites histoires individuelles qui constituent elles aussi la société suédoise et, plus largement, l'organisation mondiale de plus en plus dominée par la doctrine libérale. Mais que l'on ne s'y trompe pas, SJOWALL et WAHLOO écrivent bel et bien des romans policiers, et ont même un grand sens de l'intrigue. Ainsi captent-ils facilement l'attention du lecteur tout en décrivant la face cachée d'une société, celle que ses habitants vivent au quotidien et non celle que les intellectuels théorisent dans des publications plus ou moins académiques.
    Encore est-il que cette dimension sociale va crescendo, et ne prend tout son sens qu'au terme de la série. Ainsi Roseanna, premier volet de ce Roman d'un crime, peut-il paraître au premier abord bien terne. de fait la découverte du cadavre d'une jeune femme inconnue dans un canal conduit classiquement à la recherche de son identité, puis à celle tout aussi attendue de son meurtrier. Pour autant c'est dans ce roman introductif que l'on fait connaissance avec nombre de personnages de la série, à commencer par Martin Beck. Policier capable de garder son calme en toutes circonstances, il est doté d'une logique et d'une patience exceptionnelles ; il se donne corps et âme à son travail, au détriment d'ailleurs de sa vie personnelle (il est marié à une femme au profil de ménagère, et a deux enfants qu'il ne voit que rarement). Les auteurs nous présentent aussi les collègues de Beck car, et c'est là l'un des apports de SJOWALL et WAHLOO au genre, l'enquête policière est menée par une véritable équipe et non, par un unique détective au profil de héros solitaire. Accessoirement, le lecteur découvre ainsi les méthodes de travail de la brigade criminelle suédoise au milieu des années soixante.
    Et si l'on doit absolument faire ressortir la dimension sociale de ce roman, c'est à coup sûr au niveau de la personnalité de la victime qu'il faut s'attarder. Celle-ci est mise en perspective à mesure de l'avancée de l'enquête par un Martin Beck qui, s'il ne s'identifie pas vraiment à elle, lui accorde néanmoins toute sa compassion. Car Roseanna, au milieu des années 1960, est une femme indépendante qui a d'ores et déjà décidé de sa libération sexuelle ; en d'autres termes c'est une femme de mauvaise vie pointée du doigt par une société qui n'est finalement pas tout à fait entrée dans la modernité. A l'instar d'un peuple majoritairement protestant, le meurtrier est d'ailleurs totalement convaincu de la sauver en lui donnant la mort...
    Pour conclure notons que le roman d'un crime a connu une histoire éditoriale chaotique en France. Ce fut d'abord une chronologie non respectée, bien qu'essentielle pour suivre l'évolution des personnages et de la société suédoise ; ce fut ensuite une publication stoppée nette après 6 tomes en 1972, reprise et complétée 15 ans plus tard chez 10/18. Mais c'est aujourd'hui Rivages qui a les droits sur la série et qui propose une traduction entièrement révisée de l'ensemble des dix romans. L'éditeur agrémente de plus chaque titre d'une ou deux préfaces d'un auteur connu, celles-ci permettant de mesurer l'influence considérable que l'oeuvre de Maj SJOWALL et Per WAHLOO a eue sur ces flics dont on suit souvent aujourd'hui les enquêtes avec frénésie.
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    • Livres 4.00/5
    Par Val88, le 02 avril 2013

    Val88
    Le cadavre dénudé d'une jeune inconnue est retrouvé dans un canal proche de la petite ville de Motala. La victime semble avoir été violée. Martin Beck, de la criminelle de Stockholm, est envoyé en renfort auprès de l'équipe locale chargée de l'enquête...
    C'est en faisant un tour dans un magasin d'occasion que j'ai découvert ce polar. C'est d'ailleurs le seul que j'ai réussi à dénicher, malheureusement. J'avais déjà entendu parlé de Maj Sjöwall & Per Wahlöö comme étant les précurseurs du polar scandinave. de nos jours, pour les amateurs du genre, ces romans font partis du décors dans les librairies. Mais dans les années 60, ces livres devaient sûrement faire figure d'exception. Avant de commencer l'histoire, j'ai lu la préface d'Henning Mankell (auteur à succès grâce à sa série "Wallander"). Les romans de ces auteurs suédois ont considérablement joués sur son travail. Allais-je avoir le même sentiment qu'Henning Mankell en trouvant que "Roseanna" traversait les décennies sans prendre une ride? Après avoir tourné la dernière page du livre, je peux dire que oui, cette histoire pourrait se dérouler en 2013. L'ordinateur aurait remplacé la machine à écrire et les policiers passeraient leur coup de fil depuis un portable au lieu d'aller dans un bistrot, hormis ces quelques détails, l'histoire est intemporelle. "Roseanna" étant le premier livre de Maj Sjöwall & Per Wahlöö que je lis et le premier de la série de l'enquêteur Martin Beck, je n'étais pas vraiment familiarisée avec les personnages récurant. Cela dit, le côté personnel de ces personnages n'est pas très développé. Les auteurs s'attardent plus sur l'enquête en cours. Une enquête qui traine un peu en longueur au début de l'histoire puisque Martin Beck et son équipe n'arrivent pas à identifier le corps de la jeune femme. Il ne faut donc pas s'attendre à un polar rythmé mais plus à une vision assez proche du travail de la police dans ce genre de situation où la patience est de mise. Attente, fausses pistes, désillusion, puis la machine se met en route quelques mois plus tard lorsque le corps a enfin une identité. Les enquêteurs vont chercher à savoir qui était cette jeune femme, pourquoi elle a été assassinée et qui est son meurtrier? J'ai adoré cette partie du polar qui m'a un peu rappelé le travail d'investigation de Mikael Blomkvist dans le premier "Millénium", surtout cette façon de reconstituer les faits grâce à des photos et des films amateurs. Un travail de fourmi où le moindre détail a son importance. L'absence de rythme du début s'est alors transformé en envie de savoir ce qui s'est passé, si bien que ce polar n'a pas fait long feu entre mes mains.
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  • Par bdelhausse, le 29 août 2014

    bdelhausse
    [Notes de lecture en cours] J'avais entendu dire que la série des 10 romans écrits par Sjöwall et Wahlöö constituaient une oeuvre incontournable, de haute qualité, pour qui voulait/aimait lire du polar.
    En ouvrant le premier tome de cette "décalogie", quelle ne fut pas mon agréable surprise de voir une préface, dithyrambique, d'Henning Mankell, que je tiens pour un des grands du genre.
    Et il ne mâche pas ses mots pour dire à quel point il aime ce livre et à quel point la série a forgé son écriture et son approche. Après une telle entrée en matières, reste à voir par moi-même si le roman est à la hauteur. Fan d'Ed McBain, je me disais que la barre était placée bien haut...
    Le style est lent. Posé. Pas à pas, le lecteur visualise l'action (ou la non-action). Je dirai que l'on est (presque) dans le banal. Les dialogues ne tonifient pas l'action mais constituent la pleine illustration de cette banalité de l'existence. Les policiers, ici, sont des gens comme vous et moi.
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    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 27 août 2011

    pile
    Les romans du couple formé par Maj Sjöwall et Per Wahlöö sont paraît-il à l'origine d'une école suédoise du polar. le premier roman de la série, Roseanna, m'a donc paru parfait pour partir à la découverte du polar nordique.
    L'intrigue de Roseanna commence par la découverte d'un cadavre de femme dans un canal de Motala, une ville moyenne de la province d'Ostergötland. La jeune femme est nue et rien ne permet de l'identifier. L'autopsie conclut qu'elle a été étranglée après avoir subi des violences sexuelles. Or aucune disparition n'a été signalée dans la région et son signalement ne correspond à aucun avis de recherche. Plus d'une semaine après la découverte du corps, la police locale n'a encore aucune piste. C'est alors qu'un expert est envoyé de Stockholm, l'inspecteur Beck, accompagné de deux membres de son équipe, Kollberg et Melander…
    On pense tout de suite à Simenon, dés le début du roman près d'une écluse, pour le côté rétro de la Suède des années 60 et l'attention portée par les auteurs aux petits métiers. D'après la présentation des auteurs sur mon édition, ils auraient également été inspirés par Ed McBain, sans doute pour la mise en place non pas d'un héros récurrent mais d'une équipe de police récurrente. Cependant dans Roseanna, seul le personnage de Martin Beck est vraiment développé.
    L'enquête est des plus classiques : recueil de témoignages, interrogatoires de témoins, de suspects, des connaissances de la victime, analyse de photographies… Martin Beck n'est guère aidé par la technique. Quand il apprend que la victime était américaine, il se met en contact avec un policier américain, mais les communications téléphoniques entre eux sont si mauvaises, qu'ils préfèrent s'écrire des lettres qui mettent quinze jours à arriver. Et donc l'intrigue ne progresse pas très vite ! Mais cela fait partie du réalisme de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, que de montrer l'aspect laborieux du métier de policier. Bien avant Internet et les analyses ADN, la recherche de L'Assassin de Roseanna est d'abord une enquête psychologique. Comme les enquêteurs ne savent rien du coupable, ils vont commencer par s'intéresser à la victime, essayer de rassembler des éléments sur sa personnalité qui pourront les conduire à son assassin. Et cela fonctionne.
    Après avoir déniché le coupable contre lequel ils n'ont encore aucune preuve, c'est à nouveau la psychologie du criminel qui va permettre de le confondre. le piège que les policiers lui tendent introduit un petit suspense à la fin du roman. le rythme s'accélère, la tension est dans les dernières pages à son maximum, ce qui donne pour finir à Roseanna, roman quand même assez plan-plan, un petit côté thriller fort sympathique.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 14 novembre 2011

    Sharon
    Roseanna, titre du roman, est le prénom de la victime. La couleur est donnée : le roman est autant la recherche des derniers instants de la vie de la jeune américaine que la recherche de la personne qui a croisé sa route et l'a tuée. Martin Beck ne porte aucun jugement sur la vie de cette jeune femme, libérée, certes, mais aussi attachante car elle est incroyablement sincère et honnête (je ne trouve pas d'autres adjectifs pour la qualifier).
    Roseanna est la première enquête de Martin Beck. je ne regrette pas de ne pas l'avoir lu avant, car quelles que soient les enquêtes, Martin Beck est un policier consciencieux. Sa vie privée est banale (marié, deux enfants) et peu épanouissante : l'amour s'est envolé depuis longtemps. le roman est réaliste, dans le sens où l'équipe d'enquêteurs met six mois à appréhender un suspect. Je dis bien "l'équipe" car Martin Beck, s'il s'investit corps et âme afin que justice soit rendue à la victime, n'agit pas seul. Il peut compter sur les autres policiers, et même sur des appuis internationaux.

    Il faut aussi faire avec la lenteur de l'enquête : pas d'ordinateurs d'où jaillissent des résultats, pas d'autopsie-fleuve mais un rapport détaillé, pas de test ADN ni même de liaisons téléphoniques outre-atlantique satisfaisante. Les interrogatoires ne sont pas filmés, mais enregistrés au magnétophone, ils illustrent la pugnacité des enquêteurs. Jamais le rythme de l'enquête ne paraît lent, car Sjöwall et Walhöö manient avec brio l'art de l'ellipse.
    Encore une belle lecture suédoise.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-roseanna-de-sjowall-e..
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Citations et extraits

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  • Par didiadri, le 26 mars 2014

    Le tableau qui s'offrait à leur vue était aussi irréel dans son immobilité qu'une scène de la Chambre des Horreurs du musée Tussaud, aussi indélébile qu'une photographie surexposée. La pièce était inondée de lumière et Martin Beck enregistra d'un seul coup d'oeil chaque détail du macabre spectacle.

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  • Par pile, le 27 août 2011

    Rappelles-toi que tu possèdes les trois qualités les plus importantes indispensables à un policier, se dit-il. Tu es têtu, tu es logique et tu es d’un calme absolu.

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  • Par pile, le 27 août 2011

    Un criminel est un être humain normal à ceci près qu’il est plus malheureux et moins bien adapté que les individus normaux.

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