Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2020859149
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 3.97/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans son refuge de l'Ile Noire, Pablo Neruda est l'unique client du facteur Mario Jimenez. Ces rapports se changent en amitié, et Mario Jimenez demande à Neruda de lui enseigner l'art de la poésie afin de conquérir l'amour de la fille de la patronne de l'auberge, la bel... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (9)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

  • Par emmyne, le 09 janvier 2013

    emmyne
    Si vous n'avez pas encore lu ce livre, sortez vos mouchoirs tant vous allez pleurer de rire et de tristesse. En quelques 150 pages, il raconte la relation, l'amitié qui naît, entre le poète vieillissant Pablo Neruda et son facteur, découvrant au jeune homme le pouvoir des mots; il raconte, en échos, vu d'une minuscule communauté, l'histoire du Chili des années 70.
    Ce roman se déroule, entre 1969 et 1973, au bord du Pacifique, dans l'anse du petit port de San Antonio. Issu d'une famille de pêcheur, Mario Jimenez y devient facteur, le facteur attitré de Pablo Neruda dans sa villégiature de l'Île Noire, son unique client. La narration développe en parallèle de cette amitié, l'histoire de Mario, comme un parcours initiatique, follement amoureux de la fille de la veuve aubergiste à qui ce futur gendre ne convient pas du tout.
    De l'usage de la métaphore et de ses ravages… la poésie comme l'art de dire l'essentiel, ce qui doit être dit : discours amoureux, discours politique. C'est la foi, » l'ardente patience » d'Arthur Rimbaud que cita Pablo Neruda dans son discours pour le Prix Nobel de littérature en 1971 : » A l'aurore, armés d'Une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes « , cette ardente patience à laquelle ces hommes ont cru; c'est l'ouverture au monde de Mario, l'engagement de Neruda – la proposition du parti communiste d'être de candidat à l'élection présidentielle, le retrait et le soutien à Salvador Allende, la fonction d'ambassadeur en France -; c'est aussi la mort de la poésie, celle des poètes, des » voyants « , avec le coup d'état de la junte militaire, le décès de Nureda, ses obsèques qui deviennent la première manifestation populaire d'opposition et de résistance où sont scandés son nom et celui du président Allende, la saisie des livres, l'interdiction de publications des revues…
    Quelques 150 pages pour passer de ce rire à ces larmes – du prologue en auto-dérision de l'auteur à l'amertume de son épilogue – des dialogues pittoresques, improbables à souhait, aux claquements au petit matin des portières de voitures sans immatriculation.
    D'une écriture d'une tendre ironie, jamais moqueuse à l'encontre de ses personnages, la plume aiguisée dessine un sourire, les mots d'humour en mots d'amour, en hommage au peuple chilien, et pointe le cœur et la colère avec le chapitre final.

    Lien : http://www.lire-et-merveilles.fr/lectures/litterature-amerique-sud-l..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman d'Antonio Skarmeta.
    Mario est facteur sur l'Ile Noire, au Chili. Son unique client est le poète Pablo Néruda. le jeune homme un peu rustre et le poète se lient d'amitié. Au contact de Néruda, Mario apprend à séduire la très jolie Béatriz, la fille de l'aubergiste du village. Tout pourrait être un bonheur définitif, si le Chili ne vivait pas les dernières heures de sa démocratie. le président Allende meurt, Pablo le poète décède aussi et Mario est en danger.
    J'avais lu ce livre il y a bien longtemps. Je l'ai retrouvé dans ma bibliothèque en faisant un peu de rangement et je l'ai dévoré en une heure, au milieu de la poussière. Impossible de m'arrêter avant la fin. Et j'ai revu en images le superbe film de Michael Radford, avec Philippe Noiret et Massimo Troisi. Un livre qui se lit vite, qui s'impose par sa beauté simple et imagée. Je le recommande tout particulièrement.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 29 avril 2012

    Luniver
    Mario est le fils d'un petit pêcheur chilien. Sermonné à de nombreuses reprises pour son inactivité, il finit par trouver un emploi de facteur : travail particulier puisqu'une seule personne reçoit du courier sur l'île où il habite, le poète Neruda. Quand Mario tombe sous le charme de la fille de la patrone de l'auberge, il réclame impudemment son aide pour la séduire. Même si le poète est dans un premier temps catastrophé par cette irruption intempestive dans sa vie, une solide amitié se tisse rapidement entre les deux hommes.
    Le récit contient en trame de fond les bouleversements politiques qui vont avoir lieu au Chili : Neruda est un temps pressé par le parti communiste de se présenter aux élections présidentielles, mais il soutient finalement la candidature de Salvador Allende. Ce dernier est finalement élu, les problèmes économiques arrivent, et quelques mois plus tard aura lieu le coup d'état du général Pinochet.
    Magnifique roman de Skármeta, plein de poésie, d'humour et d'humanité.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Ludivine, le 17 mai 2008

    Ludivine
    Un véritable chef d'œuvre, qui commence dans le bonheur et l'enthousiasme et qui petit à petit s'assombrit jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Pinochet.
    Ce petit bijou est très bien écrit, on est sous le charme de la poésie de Neruda et des métaphores durant toute la lecture, il y a également beaucoup de sentiments : l'amitié, l'amour et puis la tristesse. Et l'on comprend pourquoi il est important d'enregistrer le bruit des vagues et le chant des oiseaux…
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Liegeoise, le 24 février 2013

    Liegeoise
    Un pur chef d'oeuvre qui m'a totalement bouleversée, notamment par la beauté du texte!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Luniver, le 21 avril 2012

    - Le roi du baby-foot, dit Beatriz Gonzalez en appuyant son petit doigt sur la toile cirée. Qu'est-ce qu'on vous sert ?
    Mario demeura le regard rivé sur ses yeux et pendant une demi-minute il tenta d'obtenir de son cerveau qu'il lui donne les informations minimales pour survivre au choc qui l'anéantissait : qui suis-je, où suis-je, comment fait-on pour respirer, comment fait-on pour parler ?
    La fille eut beau répéter : «Qu'est-ce qu'on vous sert ?» en tambourinant sur la table toute la gamme de ses doigts fragiles, Mario Jimenez ne parvint qu'à s'enfoncer dans son silence. Alors Beatriz Gonzalez dirigea son regard impérieux vers son compagnon et formula, d'une voix modulée par cette langue qui fulgurait entre les dents généreuses, une question que Neruda eût considérée comme de routine en d'autres circonstances :
    - Et pour vous, qu'est-ce que ça sera ?
    - La même chose que lui, répondit le barde.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par amartia, le 07 août 2011

    Voici exactement cent ans, un poète pauvre et splendide, le plus atroce des désespérés, écrivait cette prophétie : "À l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes. " » Je crois en cette prophétie de Rimbaud, le voyant. Je viens d’une obscure province, d’un pays séparé des autres par un coup de ciseaux de la géographie. J’ai été le plus abandonné des poètes et ma poésie a été régionale, faite de douleur et de pluie. Mais j’ai toujours eu confiance en l’homme. Je n’ai jamais perdu l’espérance. Voilà pourquoi je suis ici avec ma poésie et mon drapeau. En conclusion, je veux dire aux hommes de bonne volonté, aux travailleurs, aux poètes, que l’avenir tout entier a été exprimé dans cette phrase de Rimbaud ; ce ne sera qu’avec une ardente patience que nous conquerrons la ville splendide qui donnera lumière, justice et dignité à tous les hommes. Et ainsi la poésie n’aura pas chanté en vain.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par Luniver, le 21 avril 2012

    - Je veux le poste.
    - Très bien. Je m'appelle Cosme.
    - Cosme.
    - Tu dois m'appeler don Cosme.
    - Oui, don Cosme.
    - Je suis ton chef.
    - Oui, chef.

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par amartia, le 07 août 2011

    La poésie n’appartient pas à celui qui l’écrit, mais à celui qui s’en sert.

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation







Sur Amazon
à partir de :
5,41 € (neuf)
1,42 € (occasion)

   

Faire découvrir Une ardente patience par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz