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ISBN : 2020859149
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 80 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Réfractaire au métier de pêcheur, Mario Jimenez trouve son bonheur grâce à une petite annonce du bureau de poste de l'île Noire. Facteur il sera, avec pour seul et unique client le célèbre poète Pablo Neruda. Leur relation, d'abord banale et quotidienne, se transforme, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par andman, le 02 mars 2014

    andman
    Comme beaucoup d’intellectuels chiliens, Antonio Skármeta a connu l’exil.
    Réfugié à Berlin-Ouest, il publie en 1987 “Une ardente patience”, un court roman où il rend hommage au poète Pablo Neruda disparu le 23 septembre 1973, douze jours seulement après le coup d’Etat fatal à Salvador Allende.
    Les cinq dernières années de la vie de l’écrivain servent de fil conducteur au roman dans lequel faits réels et fictionnels se juxtaposent.
    Lorsqu’il revient de temps à autre au pays, Neruda aime à séjourner à l’Ile Noire, un lieu-dit situé à quelques kilomètres du port de pêche de San Antonio. De sa maison en pierres donnant sur l’océan, Il aime observer les baleines dans leur migration vers les mers chaudes du Pacifique Sud. (*)
    Pendant l’été 69, Mario Jimenez obtient un poste de facteur à San Antonio. Plusieurs fois par jour il enfourche sa bicyclette et va jusqu’à l’Ile Noire apporter lettres, colis et télégrammes à l’illustre poète et diplomate.
    Une complicité naît peu à peu entre le jeune homme à l’humeur enjouée et le vieil écrivain attentif aux autres. L’inexpérimenté Mario ne tarde pas à solliciter l’aide de son nouvel ami pour conquérir le cœur de la jolie Beatriz dont il est éperdument amoureux.
    La douceur des mots, la beauté du verbe, la profondeur des métaphores sauront-elles émouvoir la belle ?
    Antonio Skármeta ne manque pas d’humour. “Une ardente patience” est un roman gorgé de soleil, écrit sur un ton jubilatoire : deux heures de lecture savoureuse en compagnie de petites gens à la bonne humeur communicative. La fête organisée par Mario à San Antonio, le jour où son idole Pablo reçoit à Stockholm le prix Nobel de littérature, est sans doute le moment le plus plaisant du livre, un temps de pur bonheur jusqu’à épuisement des convives.
    Malheureusement la réalité tragique finit par occulter la fiction au caractère bon enfant. L’état de santé de Pablo Neruda se détériore alors même que la dictature militaire, telle une chape de plomb, s’abat sur le Chili.
    Face à la marche chaotique de l’Histoire les rires progressivement s’éteignent, les larmes ne sont jamais bien loin !

    (*) « J’avoue que j’ai vécu » – Pablo Neruda (ISBN 2070378225)

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    • Livres 5.00/5
    Par Chrisdu26, le 07 juin 2013

    Chrisdu26
    La réunion de deux êtres que tout oppose. Un cahot sur le chemin de la vie qui vous détourne de votre voie et vous bouleverse jusqu'au plus profond de votre âme. Ils n'avaient rien en commun si ce n'est un désir de s'abreuver de la vie jusqu'à plus soif.
    Mais il est des rencontres qui ne peuvent s'oublier quand elles sont placées sous le signe du sublime et de la poésie. Lorsque au hasard de votre chemin un homme célébrissime se hisse vers vous et que ce monument se nomme Pablo Neruda comment rester de marbre ? Un homme comme il en existe peu, un vrai terrien, entier et passionné. Un homme amoureux de la vie et de ses semblables.
    1969. le Chili, est un pays épris de liberté, de démocratie, charnel et marqué par les premières télévisions en couleurs. Mario, 17 ans, ne souhaite pas suivre la lignée des pêcheurs comme son père et la plupart des hommes du village. Mario est amoureux des mots, il rêve d'écriture de poésie, de littérature alors quand on lui propose de devenir facteur et d'avoir pour seul et unique client Pablo Neruda, Mario voit là une opportunité rêvée pour faire une des plus belles rencontres de sa vie. Il ne lâchera plus le poète. Il marchera dans ses pas en se nourrissant de chacune de leurs discussions. L'homme de lettres se sentira, au début, quelque peu agacé par son altruisme et son affront. Mais peu à peu tel le Petit Prince et le Renard, ils parviendront à s'apprivoiser et apprendront à se faire confiance mutuellement. Comment peut-on résister à ce jeune homme attendrissant, naïf et plein de surprise ? Cette rencontre pleine de verve, d'échange et de magie se transformera en une belle et forte amitié. Deux êtres que tout opposait parviennent à se trouver bien au-delà des différences. Et les barrières liées à leurs âges et à leurs milieux fondent sous l'effet des liens extraordinaires qui doucement se nouent.

    Mario sera pendu à ses lèvres se nourrissant des paroles de son maître absolu. Il apprendra à ses côtés à faire chanter les mots tandis que Pablo Neruda y retrouvera la ferveur de sa jeunesse passée et un certain amusement. Echanges de bons procédés.
    Mario lui demande de lui enseigner le verbe afin de courtiser la belle Béatriz. Il lui enseigne les rudiments de la poésie, des mots, des phrases. Mais tandis que Mario apprend à dire l'amour et se consumme pour Beatriz, le Chili, lui, brûle et se perd dans une tourmente politique sans précédents. Balayés les mots d'amour et le lyrisme, il ne reste plus que les cendres incandescentes d'une terre meurtrie...Et aussi l'exil.
    Un face à face inoubliable, on rit, on pleure et on referme ce livre avec une certaine tristesse.
    Une ardente patience un livre d'une poésie à couper le souffle !
    Un livre sur une rencontre inoubliable, puissante et profonde. Au hasard des lignes, entre deux mots échangés, une rencontre de l'instant qui apaise le cœur et réconforte l'âme.
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 18 mai 2015

    le_Bison
    Cap sur l'île Noire. J'ai hésité entre le ciré ou le poncho. Pressentiment d'une rencontre déterminante. Tintin et Milou ? Ils sont partis sur d'autres aventures tout aussi pittoresque que la mienne. Non, j'ai pris mon poncho, un disque de Florent Pagny pour la couleur locale, une bicyclette bleue déglinguée. L'île Noir dans l'Antarctique Chilien, la Terre de Feu. Là-bas, la route s'arrête devant l'océan dans l'aube tiède du levant ; c'est l'ultime escale la fin de l'errance avant que j'ose le silence. Ici la vie est comme toutes les autres vies, même valeurs, couleur le ciel se mêle à la poussière je commence à comprendre…
    Qu'y a-t-il à comprendre ? Que la vie est une métaphore.
    Une méta-quoi ?
    Fort, l'ami. Une métaphore. Attends, je t'explique. Tout d'abord, suis-moi à l'auberge. J'y ai enfin trouvé la paix que je cherchais, comme une sensation franche, cette lumière blanche. Ne fais pas attention, c'est juste la jeune et belle Béatriz, dans une blouse de deux tailles plus petites que ne l'exigeaient ses seins éloquents, qui m'amène une pinte bien fraiche pour épousseter la poussière de ces terres. Où en étions-nous l'ami ? Ah oui, la métaphore… Souviens-toi en. Il n'est question que de métaphore sur l'île Noir. de métaphore et de poésie.
    Maintenant que j'ai fait le point sur les métaphores, je te présente Mario Jimenez. Jeune homme, facilement impressionnable par les métaphores, la poésie et l'amour. Qui ne le serait pas à cet âge-là. Déjà que moi, malgré mon grand âge, et cette immense sagesse qui me caractérise, je reste coi devant la belle Béatriz, prêt à la prendre en coït. Mario, le facteur en bicyclette avec pour seul « client », un type un peu rêche au début. Il fait le gars bourru, mais un vrai poète ce type quand on le connait. Pablo Neruda, qui a failli être président du Chili, mais qui a bien été Prix Nobel de littérature. Un sacré gars, bon poète, qui sait comment écrire à une dame et qui en quelques mots loués au jeune Mario, servira d'entremetteur à quelques belles parties de jambes écartées, d'orgasmes fracassant et de pénétrations intimes. Tout est dans la subtilité des hommes et la poésie de l'acte. Plus qu'une métaphore de l'amour, c'est un hymne au plaisir, à la délectation. La jubilation n'est pas loin, par conséquent l'éjaculation aussi. Autre métaphore de la vie, mais celle-ci n'est pas de Pablo Neruda.
    Tout est donc dans la subtilité des mots choisis. Quand le vulgaire sperme se mêle à la coulée de la lave, cela devient une pornographie métaphorique. J'en jubile. du grand roman chilien. Pas à la Coloane, ni à la Sepulveda. Juste à la Skármeta que je découvre, ainsi. Un dernier mot pour finir, si tu le permets. Je te raconte la fin qui comme toutes les fins a son importance. Et ce n'est pas une métaphore, d'ailleurs. Les dernières pages s'arrêtent sur la mort de Neruda, sur la mort d'Allende, sur la mort de la démocratie chilienne… Parce que Antonio Skarmeta n'en est pas moins un militant et un exilé après le coup d'état de 1973.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=8032
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    • Livres 5.00/5
    Par wellibus2, le 04 octobre 2014

    wellibus2
    Ce roman solaire d'une écriture tout en finesse, hommage au poète Pablo Neruda, raconte l 'histoire de l 'amitié entre un tout jeune facteur et un vieil écrivain : le barde Don Pablo, dans le chili des années 70.
    Une "prose poétique " très courte de cent cinquante et quelques pages, lue d'un seul souffle, de peur de ne retrouver le goût du plaisir jubilatoire, du bonheur immédiat que procure ce nanan, cette sucrerie littéraire.
    Un des livres que j'aimerais vous faire aimer.
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 28 septembre 2013

    joedi
    Dans un petit village de pêcheurs, Mario Jimenez renie cette profession et trouve son bonheur grâce à une petite annonce sur la vitre du bureau de poste de l'île Noire. L'annonce est un avis de recrutement pour un facteur avec pour unique client le poète Pablo Neruda.
    Quelle aubaine pour Mario qui voue une grande admiration au Poète !
    Tous les jours, Mario lui apporte son courrier et, au fil du temps, ils deviendront amis.
    Un roman de seulement 156 pages mais d'une qualité supérieure de par sa prose, ses poèmes, ses sentiments très forts. Antonio Skármeta aborde aussi, en filigrane, la situation politique du Chili.
    Ce roman a été adapté au cinéma sous le titre le Facteur et a connu un succès mondial.
    « Une ardente patience », une lecture ardemment conseillée !
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 19 mai 2015

    - Et qu’est-ce qu’il t’a dit, comme « métaphores » ?
    - Il m’a dit… Il m’a dit que mon sourire se déploie comme un papillon sur mon visage.

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  • Par le_Bison, le 10 mai 2015

    - J’ai entendu dire que tu t’adonnes à la poésie ? On raconte que tu fais concurrence à Pablo Neruda.
    Les éclats de rire des pêcheurs explosèrent aussi fort que la rougeur de sa peau : il se sentit étranglé, interloqué, asphyxié, abasourdi, atrophié, malotrus, rustre, incarnat, écarlate, cramoisi, vermeil, vermillon, pourpre, moite, avili, agglutiné, point final. Pour une fois les mots accoururent au galop dans son esprit, mais c’était : « Je voudrais mourir ».
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  • Par le_Bison, le 18 octobre 2014

    - Écoute ce poème : « Ici dans l’Île, la mer, et quelle mer. A chaque instant hors d’elle-même. Elle dit oui, et puis non, et encore non. Elle dit oui, en bleu, en écume, en galop. Elle dit non, et encore non. Elle ne peut se faire calme. Je me nomme mer, répète-t-elle en battant une pierre sans réussir à la convaincre. Alors, avec sept langues vertes de sept tigres verts, de sept chiens verts, de sept mers vertes, elle la couvre, la baise, la mouille et se frappe la poitrine en répétant son nom. »
    Il observa une pose satisfaite.
    - Comment le trouves-tu ?
    - Bizarre.
    - « Bizarre ». Quel critique sévère tu fais !
    - Non, don Pablo. Ce n’est pas le poème qui est bizarre. Ce qui est bizarre, c’est ce que moi j’ai ressenti pendant que vous le récitiez.
    - Mon cher Mario, il va falloir te dépêcher de mettre un peu d’ordre dans tes idées parce que je ne peux pas passer toute la matinée à jouir de ta conversation.
    - Comment vous expliquer ? Pendant que vous disiez ce poème, les mots bougeaient, ils passaient d’un bord à l’autre.
    - Comme la mer, bien sur !
    - Oui, c’est vrai, ils allaient et venaient comme la mer.
    - Ça, c’est le rythme.
    - Et je me suis senti bizarre, parce que tout ce mouvement m’a chaloupé.
    - Tu tanguais ?
    - C’est ça. J’allais comme un bateau tremblant sur vos mots.
    - « Comme un bateau tremblant sur mes mots » ?
    - C’est ça !
    - Sais-tu ce que tu viens de faire, Mario ?
    - Quoi ?
    - Une métaphore.
    - Mais ça ne compte pas, elle m’est venue simplement par hasard.
    - Il n’est pas d’autres images que celles qui sont dues au hasard, fils.
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  • Par le_Bison, le 01 mai 2015

    - Et rappelle-toi que j’ai lu Neruda bien avant toi. Comme si je ne savais pas que quand ça leur chauffe le bas-ventre, tous les hommes font les poètes !
    - Neruda est quelqu’un de sérieux. Il va être président !
    - Quand il s’agit d’aller au lit, ils sont tous pareils, présidents, curés ou poètes communistes. Tu sais qui a écrit : « J’aime l’amour des marins qui donnent un baiser et s’en vont. Ils laissent une promesse et jamais ne reviennent » ?
    - Neruda ?
    - Bien sûr que c’est Neruda. Et toi, tu bois ça comme du petit lait.
    - Je ne vois pas pourquoi tu fais un scandale pour une histoire de baiser.
    - Pour un baiser, non, mais le baiser, c’est l’étincelle qui provoque l’incendie. Tiens, écoute encore ce vers de Neruda : « J’aime l’amour qui se partage entre les baisers, le lit et le pain ». En clair, fillette, ça veut dire que cette chose-là c’est petit déjeuner au lit compris.
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  • Par le_Bison, le 24 avril 2015

    A l’époque qui correspondait chronologiquement au début de cette histoire – laquelle, comme les hypothétiques lecteurs ne manqueront pas de s’en apercevoir, commence dans l’enthousiasme et s’achève sous le signe d’une profonde dépression -, le directeur remarqua que mes incursions dans la vie de bohème avaient dangereusement perfectionné la pâleur de mon teint et décida de m’envoyer faire un reportage au bord de la mer, ce qui me vaudrait une semaine de soleil, d’effluves salins, de fruits de mer, de poisson frais et, en même temps, de contact fructueux pour mon avenir. Il s’agissait d’aller troubler la paix maritime de Pablo Neruda et de dessiner, pour les lecteurs débauchés de notre feuille, quelque chose qui serait comme – je cite – « la géographie érotique du poète » : en clair et en bon chilien, cela signifiait le faire parler, sur le mode le plus primaire possible, des femmes qu’ils s’étaient envoyées.
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