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Par Nanne le 19/02/2009
Les enfants tziganes, débraillés, flânaient rue Matejska en faisant la manche pour s'acheter de la barbe à papa et lorgnaient d'un œil envieux les enfants gadjé qui faisaient des tours de manège ou de balançoire. Les enfants tziganes s'arrêtaient près des vitrines des jouets ou devant la pâtisserie, alléchés par l'odeur de tartes qui sortaient du four et du chocolat chaud, le nez collé contre la vitrine derrière laquelle se bousculaient les petits gadjé avec leurs ours en peluche et leurs poupées, les garçons en blouse de marin et les filles en robe rose, avec des nœuds dans les cheveux ; [...] Face à une telle injustice, Andrejko n'arrivait pas à trouver le sommeil et passait des nuits entières à sangloter ; les doigts crispés sur la croix de sa mère, il écrasait ses larmes sur ses joues sales.
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Jusqu’à là-bas, où finissaient les rails et se dressaient les touffes de laine de brebis, avec leurs cerisiers isolés et leurs églantiers rouge sang le long des sentiers poussiéreux, où paissaient les chevaux à la crinière humide de rosée matinale ; où s’alignaient des meules et des granges pleines de foin odorant ; où s’élevaient des forêts millénaires et des bocages anciens ; où, par les chaudes nuits d’été, scintillaient les feux follets, la mousse dorée et le bois des souches en décomposition ; où, à l’automne, les feuilles se couvraient d’or avant de tomber et les versants dénudés se voilaient timidement d’un lacis de brindilles nues, de petits fils d’or et de cuivre tout fins, avant que le gel n’enferme les fontaines à septuple tour, que les habitants ne dégagent d’étroits sentiers dans les congères entre les maisons et que n’apparaissent, derrière le village, des empreintes de loups dans la neige.
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Par Nanne le 19/02/2009
Pour donner à Andrejko le bon exemple, l'oncle ne chôma pas, même cette nuit-là. Il disparut à deux ou trois reprises dans le train où régnait le silence et lorsqu'au matin, à Prague, il sortit de ses poches des papiers d'identité et qu'il compta des billets de banque tout froissés, cela sembla au petit Andrejko tout à fait naturel.