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ISBN : 2070446263
Éditeur : Gallimard (2012)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 149 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 01 juillet 2012

    carre
    Je ferme le livre de Patti Smith,le coeur serré par l'émotion. La rencontre fusionnel de deux êtres, qui se reconnaissent dès le premier regard, partagé par une seule et unique ambition, consacrer leur vie à l'art. Cette plongée nous entraine au coeur de la création dans les années soixante, soixante-dix à New York, avec les périodes de vaches maigres, le ventre criant famine, les petits boulots, les plans démerdes, les piaules miteuses pour se poser mais loin de tout découragement l' osmose totale entre Robert Mapplethorpe et la native du New Jersey, convaincus de leur talent.Patti Smith raconte cette période avec un sens narratif magnifique, avec au hasard des rencontres un casting hallucinant : Janis Joplin, Andy Warhol, Allan Ginsberg, Jim Morisson, Jimi Hendrix, Sam Shepard, Bob Dylan ...). Son amour pour la poésie et Rimbaud, avec ce pélérinage improbable à Charleville, l'insouciance d'une époque que beaucoup paieront de leur vie dans les années quatre vingt et l'arrivée du sida. Un témoignage pour tenir une promesse faite à son double artistique. Sincère, bouleversante, pleine de pudeur la promesse est tenue et de quelle manière.
    Merci Patti si je peux me permettre.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 24 avril 2013

    caro64
    On ne présente plus Patti Smith, chanteuse et performeuse, "poétesse électrique", incarnation de l'héroïne rock rebelle et libre. Avec Just Kids, elle revient sur ses jeunes années et avant tout sur son histoire d'amour avec Robert Mapplethorpe, grand photographe décédé en 1989. Deux enfants terribles de la scène artistique New-Yorkaise aux parcours indissociables, qui ont pour point commun d'avoir bousculé les codes pour forger leur identité et devenir des figures majeures du rock pour l'une et de la photo pour l'autre.
    Dans ce récit autobiographique, Patti Smith se souvient… Tout commence par sa rencontre avec Robert en 1967: l'amour, la vie de bohème, ses vaches maigres et ses joies dans le New-York de la fin des années 60, les coups durs où il faut s'accrocher l'un à l'autre, le travail acharné du couple pour trouver leurs voies artistiques respectives, les rencontres avec les figures de la contre-culture (Allen Ginsberg, William Burroughs, Sam Shepard, Janis Joplin, Lou Reed, Jimi Hendrix… ) aussi bien qu'avec les marginaux hauts en couleur du Chelsea Hotel non loin de la Factory de Warhol … Jusqu'au début de la reconnaissance, puis de la gloire, moment où leur identité s'affirme en même temps que leurs chemins se séparent.
    Patti Smith raconte avec pudeur et émotion ces années où tout a commencé. Admirablement bien écrit, le style limpide de la poétesse du rock, férue d'Arthur Rimbaud, nous emporte. Et si l'on referme ce livre la gorge nouée, c'est parce qu'elle parvient à nous faire ressentir la nostalgie du temps de l'innocence, ce temps où avec Robert, ils étaient "juste des gamins". Quelques photos d'époque agrémentent ce récit passionnant, accentuant la plongée dans l'ambiance des années 1970. Un magnifique témoignage sur une histoire d'amour peu ordinaire. Elle lui promit d'écrire un jour leur histoire. Just Kids est cette belle, très belle promesse tenue. Il a remporté aux États-Unis le prix national du livre non fictionnel (National Book Award for Nonfiction) en 2010 et, l'année suivante en France, le prix du livre rock : : preuve si besoin était de la qualité littéraire de ce texte.
    A lire en réécoutant bien sûr les albums de Patti Smith, surtout les trois premiers, "Horses" en tête ! Et aussi son dernier, "Banga" (2012), vraiment très réussi. Il nous prouve qu'à 65 ans elle n'a rien perdu de son incroyable talent.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 14 février 2011

    LiliGalipette
    Lecture du mois de février sur Babelio ! Retrouvez-nous sur le forum !
    Récit autobiographique de Patti Smith.
    Préambule : "On a dit beaucoup de choses sur Robert et on en dira encore. Des jeunes hommes adopteront sa démarche. Des filles revêtiront des robes blanches pour pleurer ses boucles. Il sera condamné et adoré. Ses excès seront maudits ou parés de romantisme. À la fin, c'est dans son oeuvre, corps matériel de l'artiste, que l'on trouvera la vérité. Elle ne s'effacera pas. L'homme ne peut la juger. Car l'art chante Dieu, et lui appartient en définitive."
    Patti Smith et Robert Mapplethorpe ont à peine 20 ans quand ils se croisent dans le New York de 1967. Patti rêvait "de rencontrer un artiste pour l'aimer, le soutenir et travailler à ses côtés." (p. 24) Robert, lui, "était un artiste, et il le savait. Ce n'était pas une lubie enfantine. Il ne faisait que reconnaître ce qui lui revenait de droit." (p. 25) Les deux jeunes gens, presque des gamins, partagent une histoire d'amour qui durera plus de vingt ans, influençant sans cesse le travail de l'autre. Si la passion amoureuse fait lentement place à l'amitié et à une relation nourrie d'art et d'émulation, ils ont fait le serment de ne pas se séparer et de prendre soin l'un de l'autre, "d'être fidèles, sans cesser d'être libres" (p. 102). Just Kids est le récit que fait Patti Smith de ce lien unique. "Nous nous étions promis de ne plus jamais nous quitter tant que nous ne serions pas tous les deux certains d'être capables de voler de nos propres ailes. Et ce serment, à travers tout ce qu'il nous restait encore à traverser, nous l'avons respecté." (p. 110) Entre eux, c'est plus que de l'amitié, c'est un pacte charnel et spirituel, une interaction artistique et une relation indissoluble pour l'art et par l'art.
    La pauvreté des débuts, les années de galère ponctuées de petits boulots et de combines débrouillardes, les séjours dans des hôtels glauques ou des appartements miteux n'entament que rarement l'incroyable optimisme que nourrissent Patti et Robert. Ils vivent pour l'accomplissement de leur art et se donnent les moyens de la création, quels que soient les risques. "Tels des enfants de Maeterlinck en quête de l'oiseau bleu, nous nous étions aventurés dehors, et nous étions pris dans les ronces sinueuses de nos expériences nouvElles." (p. 100)
    Dans ce témoignage, on découvre comment Patti a poussé Robert vers la photographie, au-delà d'une simple intégration de clichés dans ses constructions, mais véritablement comme un art à part entière. Même si son art tarde à être reconnu, il semble que tout ce que touche Robert se transforme en or. "Que ce soit pour l'art ou pour la vie, Robert insufflait aux objets son élan créateur, sa puissance sexuElle sacrée." (p. 165) Et d'autre part, on assiste au cheminement artistique de Patti qui, pétrie de poésie, se lance peu à peu dans les performances scéniques et à la chanson, constamment épaulée par Robert. le lien artistique ne se distend jamais entre eux. C'est Robert qui crée les couvertures et pochettes des livres et albums que produit Patti. L'influence artistique entre eux est double : "notre relation : artiste et muse, un rôle qui était pour nous deux interchangeable." (p. 295) Les deux gamins qui se sont croisés dans un parc de New-York par une nuit d'été savaient qu'ils deviendraient célèbres et s'encourageaient mutuEllement sur la voie de la réussite. " Mon succès était pour Robert l'objet d'une fierté sans mélange. Ce qu'il voulait pour lui-même, il le voulait pour nous deux." (p. 302)
    L'homosexualité de Robert, d'abord mal assumée par lui comme par Patti, n'entrave finalement pas leur relation mais lui permet d'accéder à une nouvElle incarnation jamais dépourvue d'amour. "Il avait envers les hommes des pulsions dévorantes, mais je ne me suis jamais sentie moins aimée pour autant. Il n'était pas facile pour lui de rompre nos liens physiques, je le savais. Nous restions fidèles à notre serment, Robert et moi. Aucun de nous deux ne quitterait l'autre. Je ne l'ai jamais vu par le prisme de sa sexualité. Mon image de lui est demeurée intacte. Il était l'artiste de ma vie." (p. 189) Patti envisage Robert comme un être à part, non défini par les codes qui sont ceux du reste du monde. Cet homme-là, Elle ne peut s'en passer et Elle n'a pas besoin de lui assigner une place précise. "Robert n'a jamais quitté mes pensées ; il était l'étoile bleue dans la constellation de ma cosmologie personnElle." (p. 307)
    Le changement d'orientation sexuElle de Robert conduit le couple à se séparer sur le plan physique. Chacun connaît d'autres amants et espèrent en d'autres relations. Pour Robert, la rencontre avec Sam Wagstaff, "l'homme qui devait devenir son amant, son mécène, et son ami pour la vie." (p. 242) est déterminante. Il a enfin trouvé un compagnon à sa mesure, solide et passionné par son art. "Ils avaient besoin l'un de l'autre. le mécène pour être grandi par la création, l'artiste pour créer." (p. 275)
    Tout au long de son récit, Patti Smith révèle ses références et artistiques : Rimbaud et ses Illuminations, William Blake, Jean Genet, André Gide, Baudelaire, Diego Rivera, Maïakovski, Bob Dylan et tous les représentants de la Beat Generation. Toute sa création est imprégnée des Oeuvres des monstres sacrés mais se nourrit également de ses rencontres avec les artistes de son temps. Les années 1960-1970 semblent une époque traversée de comètes artistiques et de destins fulgurants. "Abattues, la gloire tant désirée à portée de main, des étoiles éteintes tombaient du ciel." (p. 247) : Jim Morrison, Janis Joplin, Jimi Hendrix, ou Brian Jones laissent des empreintes durables et encouragent les créations. Dans les lieux emblématiques que Patti et Robert fréquentent, le Chelsea Hotel, le Max's Kansas City club, la Factory, El Quixote, la MaMa ou les studios Electric Lady, la foule des célébrités se croise, se reconnaît et s'influence. D'Andy Warhol à The Velvet Underground, tout semble possible dans un monde ouvert à toutes les audaces.
    Patti Smith donne à voir toute la puissance de son imagination et son immense amour des livres, de la prose et des mots. "J'étais complètement éprise des livres. Je voulais les lire tous, et ceux que je lisais généraient de nouveaux désirs." (p. 16) Elle insiste particulièrement - et comment ne pas la comprendre - sur ce qu'Elle doit à Jim Morrison : "c'est lui qui m'avait mise sur la voie de la fusion de la poésie et du rock and roll." (p. 223) "Tel un saint Sébastien de la côte Ouest, il exsudait un mélange de beauté et de mépris de soi, et une douleur mystique." (p. 76)
    Just Kids, ce n'est pas seulement un hommage à Robert Mapplethorpe et encore moins un mémorial en son honneur, c'est aussi un manifeste artistique. Patti ne dissocie pas la vie de la création. Chaque acte entre dans le processus créatif parce qu' "être artiste, c'est voir ce que les autres ne peuvent voir." (p. 23) Patti est sans cesse en quête de signes. Les dates anniversaires de ses proches et des artistes qu'Elle admire sont des jalons et des vademecum quand Elle perd pied. Robert et Elle explorent une nouvElle façon de voir le monde et Robert le répète souvent, "Personne ne voit comme toi et moi." (p. 127). Quand Patti Smith s'engage, Elle le fait complètement. "Ma préférence allait à l'artiste qui transforme son temps plutôt qu'à celui qui se contente de le refléter." (p. 88) Elle ne craint pas d'imposer ses vues et de suivre des voies dangereuses. "Il est de la responsabilité de l'artiste d'équilibrer la communication mystique et le labeur de la création." (p. 297)
    À lire son témoignage voire sa confession, il apparaît que l'artiste est en souffrance constante, tiraillé entre les extrêmes qui le composent et qu'il alimente. La quête que Robert et Patti entreprennent doit les aider à "accepter [leur] nature double et [...] [les] mettre en paix avec l'idée [qu'ils renferment] des principes opposés, la lumière et l'obscurité." (p. 20) Just Kids est finalement le confiteor de l'artiste moderne.
    Le paratexte est riche et émouvant. Les photographies côtoient les reproductions d'Oeuvres, de lettres ou de textes. La photo de la première de couverture a été prise à Coney Island en 1969. Elle a immortalisé deux enfants artistes à l'aube de leur épanouissement, au plus fort de leur beauté. "Nous avons eu de la chance que cet instant soit immortalisé par un appareil photo rustique. C'était notre premier vrai portrait new-yorkais. Qui nous étions." (p. 134) Mais la pièce qui me touche le plus, c'est cElle présentée en quatrième de couverture, une lettre écrite par Robert à Patti, dans leur chambre du Chelsea Hotel en 1969. "Sitting in our room - waiting for you. Thinking of all that we have gone through - knowing we have somehow done it together. And it will always be that way - loving you. We'll have a real home soon one way or another - and it's there that we'll be famous - with or without the rest of the world - just you and me together - drawing, writing and loving each other. For you always - Blue STAR." Cette lettre pleine de promesse est à l'image du récit : fondamentalement optimiste et résolument tournée vers la création.
    Patti Smith n'évoque que peu la maladie qui terrassa Robert à l'âge de 42 ans. Son récit n'est pas une plainte mais un écho tendre aux années passées, un regard posé avec nostalgie sur les instants trop vite envolés d'une jeunesse qui semblait éternElle. On ressort de cette lecture avec des larmes dans les yeux mais également une envie incommensurable d'étoiles.


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/02/14/20371075.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 06 avril 2012

    Corboland78
    Cette chronique ne sera pas classée dans la rubrique « disques » mais dans celle des « livres » car contrairement à ce que vous auriez pu penser, il ne s'agit pas d'un nouvel album de Patti Smith mais d'un bouquin. Non pas une autobiographie, mais plutôt le roman de sa vie.
    Une vie qui débute le 30 décembre 1946 à Chicago (Etats-Unis) où naît Patricia Lee Smith, d'un père ancien danseur de claquettes et employé de bureau dans une usine, alors sa mère qui a abandonné une carrière de chanteuse de jazz pour élever ses quatre enfants, est serveuse dans un restaurant. À l'adolescence elle se détache de son éducation très religieuse que sa mère, une Témoin de Jéhovah, lui a donnée même si elle en conservera toujours une marque profonde qui ressort parfois au détour de son œuvre, et très tôt se passionne pour les arts, que ce soit la poésie, l'écriture ou le dessin.
    Le livre retrace son parcours qui ne peut être dissocié de son mentor Robert Mapplethorpe, amant, meilleur ami et toujours guide artistique, l'homme de sa vie. Car c'est bien lui – Robert - le sujet principal du bouquin, puis Robert et Patti et finalement Patti après son décès tragique.
    Le bouquin peut être lu de différentes manières. Une histoire du rock dans les années soixante-dix, avec ses hauts lieux à New York comme le CBGB et le Max's Kansas City, ses rencontres avec les plus grands musiciens tels Jimi Hendrix, Janis Joplin, Johnny Winter, puis plus tard quand elle se lancera elle-même dans la musique avec la constitution de son groupe et l'enregistrement de son premier single et album. Ou bien encore, sa vie de bohême dans la ville qui ne dort jamais, de St Mark' place au mythique Chelsea Hotel, de Coney Island à Times Square, nous la suivons les yeux grands ouverts, ébahis de revivre avec un tel guide notre jeunesse enfuie.
    Mais il y a aussi les traces de son amour de la littérature et de la poésie et ses propres travaux d'écriture. Ses jobs dans des librairies, les bouquins chinés chez des revendeurs où elle déniche des éditions dédicacées qu'elle peut fourguer pour quelques dollars qui paieront le loyer du loft. le voyage pèlerinage à Charleville-Mézières pour l'amour de Rimbaud, ses rencontres avec William Burroughs, Grégory Corso, Alan Ginsberg et d'autres.
    Tout se mêle et s'emmêle, mais tout s'articule autour de sa rencontre avec Robert Mapplethorpe qui partagera sa vie de longues années et de sa trajectoire artistique à lui. Tous deux pauvres d'argent mais riches d'amour et de foi dans leur destin qui sera artistique ou ne sera pas. Lui deviendra le grand photographe de renommée internationale foudroyé par le Sida, elle l'artiste chanteuse/compositeur/écrivain et militante que tout le monde connaît. Deux biographies dans un seul livre, rien que cela est une affaire.
    Le bouquin est magnifique, bien écrit et riche en détails secondaires dépassant une mémoire normale pour atteindre le niveau enviable d'œuvre littéraire sans pour autant trahir la réalité, mais ce qui émeut profondément c'est la fidélité et l'amour qui liaient ces deux artistes, ce qui transpire de chacune des pages de cet ouvrage. Dois-je ajouter que j'en conseille chaudement la lecture avec Horses le premier CD de Patti Smith en bande son.

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    • Livres 5.00/5
    Par joellesence, le 14 décembre 2012

    joellesence
    Je n'avais pas lu un livre qui m'avait autant bouleversée depuis longtemps. "Just Kids" est le récit -parfois assez dur- de l'adolescence puis de la jeunesse de la poétesse et chanteuse Patti Smith. Sa jeunesse commence dans la peine, elle est enceinte (dans les années 60) et doit accoucher dans le mépris d'un enfant qu'elle abandonnera. Mais Patti est déterminée et ne semble avoir peur de rien. Elle quitte sa famille pour rejoindre New York où elle va connaître la rue, la faim, les nuits dehors... mais aussi la rencontre avec un autre extraordinaire "kid", Robert Mattlethorpe. Ils sont jeunes, ils sont beaux (surtout lui) et ils ont une faim et une soif d'art (de tous les arts) étonnante. Quels artistes deviendront-ils ? Au milieu d'un bric-à-brac invraisemblable (mi religieux mi hippy) fait de récupérations, de bijoux, de papiers, de feuilles à dessins..., ils n'arrêtent pas de créer. Ils se soutiennent l'un l'autre. Quand l'un est faible (sous drogue par exemple) l'autre sera fort. Ils ne se quittent pas et commencent à connaître les Grands des années 60 : Janis Joplin, Sam Sheppard, les peintres de cette époque... Ils ont une foi en l'avenir, ils ont un look... (les photos de ce livre sont admirables). Ce livre des souvenirs de "la Jeunesse" laisse la marque de l'Amour, de l'amitié indéfectible, de l'Art (du fait que l'art élève absolument). Robert devient homosexuel et photographe, Patti poète et chanteuse de Rock, mais ils ne se quitteront jamais. Quand Robert mourra (du sida vingt ans plus tard), Patti réalise la promesse qu'elle lui a faite d'écrire leur histoire, et c'est une élégie. "Sex, drugs and rock'n roll" certes, mais aussi cette croyance absolue que lorsqu'on veut être un artiste, on y parvient. J'ai été fascinée, émue jusqu'à l'âme, par cette histoire éternelle.
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 24 avril 2013

    J’ai jeté la veste sur mon épaule, façon Frank Sinatra. J’étais habitée par les références. Il était habité par l’ombre et la lumière.

    "C’est revenu", a-t-il dit.

    Il a de nouveau pris quelques clichés.

    "Je la tiens".

    - Comment tu le sais?
-
    - Je le sais, c’est tout.’

    Il a pris douze photos ce jour-là.

    Quelques jours plus tard, il m’a montré la planche-contact.

    - "Dans celle-ci, il y a la magie", a-t-il affirmé.

    Lorsque je la regarde aujourd’hui, ce n’est pas moi que je vois. C’est nous.

    (passage du livre qui décrit le shooting au cours duquel fut prise la photo de l'album "Horses" par Robert :
    http://www.civilianglobal.com/wp-content/uploads/2012/12/Patti-Smith-Horses.jpg )


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  • Par alicejo, le 09 février 2011

    C'était l'été de la mort de Coltrane. L'été de "Crystal ship". Les enfants fleurs levaient leurs bras vides et la Chine faisait exploser la bombe H. A Monterey, Jimi Hendrix mettait le feu à sa guitare. "Ode to Billie Joe" passait en boucle sur les grandes ondes. Des émeutes éclataient à Newark, Milwaukee et Detroit. C'était l'été d'Elvira Madigan, l'été de l'amour. Et dans cette atmosphère instable, inhospitalière, le hasard d'une rencontre a changé le cours de ma vie.
    C'est l'été où j'ai rencontré Robert Mapplethorpe.
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  • Par carre, le 23 juin 2012

    "Il ya de l'eau dans les feuilles de laitue, a-t-il dit. Et le pain comblera ta faim".
    Nous avons empiler les meilleures feuilles sur le pain et nous avons mangé joyeusement.
    "Un vrai petit déjeuner de prison, j'ai dit.- Oui, mais on est libres".

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  • Par Poiesis, le 27 juillet 2012

    Cependant, une vibration se faisait sentir, une impression d'accélération. Ça avait commencé avec la lune, ce poème inaccessible. Maintenant, des hommes avaient marché dessus, il y avait des traces de caoutchouc sur la perle des dieux. Peut-être était-ce la conscience soudaine du temps qui passe, le dernier été de la décennie. Parfois j'avais envie de dire pouce et d'arrêter tout ça. Mais arrêter quoi ? Arrêter de grandir, tout simplement, peut-être.
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  • Par LiliGalipette, le 14 février 2011

    "Il avait envers les hommes des pulsions dévorantes, mais je ne me suis jamais sentie moins aimée pour autant. Il n'était pas facile pour lui de rompre nos liens physiques, je le savais. Nous restions fidèles à notre serment, Robert et moi. Aucun de nous deux ne quitterait l'autre. Je ne l'ai jamais vu par le prisme de sa sexualité. Mon image de lui est demeurée intacte. Il était l'artiste de ma vie." (p. 189)
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