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> Héloïse Esquié (Traducteur)

ISBN : 2207256006
Éditeur : Denoël (1999)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 278 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 04 juin 2013

    andman
    A lire les critiques enthousiastes des uns et des autres j'étais impatient de découvrir « Just Kids ».
    Comme vous, j'ai été captivé par les écrits intimistes de Patti Smith et comprends maintenant un peu mieux le cheminement qui a conduit cette femme, d'apparence si frêle, au firmament de la scène rock des dernières décennies.
    Deux éléments ont été déterminants dans le destin hors du commun de cette artiste aux multiples facettes :
    - son amour précoce pour la littérature et notamment son attirance pour les auteurs romantiques français,
    - sa rencontre à 20 ans avec un jeune homme de son âge, Robert Mapplethorpe, qui allait devenir quelques années plus tard un photographe de renom international.
    « Just Kids » décrit la genèse de cette relation fusionnElle entre deux êtres en recherche d'identité artistique dans le foisonnement culturel des sixties-seventies. Voici les grandes lignes de leur parcours de vie :
    La lecture, seul véritable moyen d'évasion, tient une place de choix dans les loisirs de Patricia. Une enfance pauvre mais heureuse non loin de Philadelphie avec déjà un tempérament de leader dans les jeux et une adolescence avec un goût marqué pour la danse.
    A 16 ans Elle découvre émerveillée les écrits de Rimbaud et l'adopte « comme son compatriote, son frère et même son amant secret ».
    A 19 ans Elle met au monde un enfant qu'Elle confie quelques mois plus tard à une famille aimante et met le cap sur New-York en juillet 67.
    Elle a décidé, Elle sera artiste !
    C'est à Baudelaire qu'Elle pense quand la faim la tenaille durant cet été de vagabondage newyorkais, pour lui aussi la nourriture faisait souvent défaut.
    C'est à Jean Genet qu'Elle pense lorsqu'Elle commet de menus larcins « esthétiques », des crayons de couleur dont Elle ne peut se passer.
    Sa rencontre fortuite avec Robert Mapplethorpe la marquera à jamais. Issu également d'une famille modeste, Robert est artiste dans l'âme et convaincu, comme Elle, de voir des choses que les autres ne voient pas. Elle a trouvé l'alter ego dont Elle avait maintes fois rêvé. le serment de se protéger mutuEllement les lie à jamais.
    Leur soif insatiable de connaissances (poésie, dessin, graphisme, peinture, photographie), leur galères au quotidien (logement, nourriture), leur débrouillardise (petits boulots, récupération d'objets hétéroclites pour la confection de colliers) sont relatés sans fioriture par une Patti Smith visiblement très à l'aise aussi dans l'écriture.
    L'homosexualité de Robert, assumée quelques mois après leur rencontre, fait basculer leur relation amoureuse en amitié indéfectible.
    Enfants de la beat generation dont ils s'approprient les codes, Patti et Robert auront la chance d'habiter le fameux Chelsea Hotel avec sa faune de clients-artistes à l'année, cet univers baroque devient leur nouvElle université avec ses professeurs Gregory Corso, Allen Ginsberg et William Burroughs.
    La fréquentation assidue du célèbre club Max's Kansas City, haut lieu de la culture underground, leur permet de nouer des contacts en tout genre.
    Patti et Robert étaient aux bons endroits au bon moment et forcément le talent tôt ou tard se remarque ; ainsi débuteront-ils, chacun de son côté, une carrière de renommée internationale mais sans jamais se perdre de vue.
    Robert Mapplethorpe est mort du sida à New-York le 9 mars 1989.
    CElle qui fut son amante et finalement son amie pour la vie est venue plusieurs fois de Détroit le soutenir dans son dernier combat.
    Les dernières rencontres avec Robert sont empreintes d'une poésie bouleversante…
    « Just Kids » nous rappElle avec sobriété, que l'amour de l'Art n'est en définitive qu'une profession de foi en l'humanité, l'amour de l'Art c'est l'amour de l'Autre.
    Chapeau l'artiste !

    P.S. : Horses, Easter, Wave, Trampin' m'ont accompagné dans la lecture de Just Kids. Jamais peut-être ne les avais-je appréciés avec autant de bonheur, une écoute toute en profondeur et en émotions.
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    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 01 janvier 2015

    nadejda
    Finir l’année 2014 en commençant la lecture de « Just kids » et commencer 2015 en la terminant que demander de plus ? Rien, la joie est totale.
    J’ai revécu bien des souvenirs de ma jeunesse car j’ai, à peu d’années près, le même âge que Patti Smith, et ses disques m’ont accompagnée ainsi que ceux de Dylan, des Doors, de Janis Joplin, des Rolling stones. Avec « Just Kids » elle nous permet de revivre, au gré des rencontres et des amitiés, comme celles faites au Chelsea Hôtel, l’explosion de créativité des années 1970 à New-York dans tous les domaines.
    J’aime la simplicité, le courage dans l’adversité et l’honnêteté de cette femme qui a su aimer passionnément et rester fidèle à cet amour pour Robert Mapplethorpe même après s’en être éloignée. Il a été un amant mais aussi un frère jumeau, à la fois ange et démon, ressemblant un peu à Jim Morrison.
    Fidèle en fait à elle-même, au chemin qu’elle avait entamé en quittant sa famille pour New-York et l’inconnu, sûre que sa vie se jouait là où elle allait, Patti Smith saura garder une force intérieure qui lui évitera de tomber dans l’autodestruction de nombres de ses proches
    J’aime sa façon de sentir et voir des signes dans des incidents qui se produisent sans que ce soit vraiment de la superstition mais plutôt un façon de lire et d’enchanter la vie. Et de Robert, elle dit aussi qu’ «il était maître dans l’art de transformer l’insignifiant en divin »
    Elle termine en s’adressant au lecteur :
    « Je pourrais encore écrire un grand nombre d’histoires sur Robert, sur nous. Mais c’est celle-ci que j’ai racontée. C’était cette histoire qu’il voulait que je raconte, et j’ai tenu ma promesse. Nous étions pareils à, Hansel et Gretel, partis à l’aventure dans la forêt noire du monde. Il y eut des tentations, des sorcières et des démons dont nous n’avions jamais rêvé, il y eut des splendeurs que nous n’avions que devinées. Personne ne pouvait parler pour ces deux jeunes êtres, ni approcher la vérité des jours et des nuits passés ensemble. Seuls Robert et moi pouvions la raconter. Notre histoire, comme il l’appelait. En s‘en allant, il m’a laissé la tâche de vous la conter. »
    Je n’ai rien à ajouter sinon merci pour cette belle histoire écrite à deux.
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 01 juillet 2012

    carre
    Je ferme le livre de Patti Smith,le coeur serré par l'émotion. La rencontre fusionnel de deux êtres, qui se reconnaissent dès le premier regard, partagé par une seule et unique ambition, consacrer leur vie à l'art. Cette plongée nous entraine au coeur de la création dans les années soixante, soixante-dix à New York, avec les périodes de vaches maigres, le ventre criant famine, les petits boulots, les plans démerdes, les piaules miteuses pour se poser mais loin de tout découragement l' osmose totale entre Robert Mapplethorpe et la native du New Jersey, convaincus de leur talent.Patti Smith raconte cette période avec un sens narratif magnifique, avec au hasard des rencontres un casting hallucinant : Janis Joplin, Andy Warhol, Allan Ginsberg, Jim Morisson, Jimi Hendrix, Sam Shepard, Bob Dylan ...). Son amour pour la poésie et Rimbaud, avec ce pélérinage improbable à Charleville, l'insouciance d'une époque que beaucoup paieront de leur vie dans les années quatre vingt et l'arrivée du sida. Un témoignage pour tenir une promesse faite à son double artistique. Sincère, bouleversante, pleine de pudeur la promesse est tenue et de quelle manière.
    Merci Patti si je peux me permettre.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lorraine47, le 06 août 2014

    Lorraine47
    Un artiste n'aurait pu rêver plus bel hommage de sa muse!
    A travers une biographie intimiste où chaque mot est pesé, Patti Smith relate sa relation avec l'homme qui joua tous les rôles pour elle: amant, compagnon, chevalier servant, pygmalion... la liste est infinie.
    J'ai rarement été autant émue à la lecture d'une biographie et il m'est difficile d'exprimer en quelques mots pourquoi! Cela tient sûrement à l'époque, la fin des années 60 et le début des années 70, toile de fond de ce récit, où liberté rimait avec créativité, sexualité, spiritualité. Rien ne semblait impossible à qui voulait vivre de l'art et en faire la quête d'une vie. Patti Smith relate avec authenticité l'optimisme fou qui les portait sans cacher les affres de la faim qui les taraudait parfois ni les démons auxquels Robert Mappelthorpe s'est brûlé les ailes.
    Patti et Robert ont créé de concert: dessins, poésies puis chansons pour elle, collages et photographies pour Robert. Leur stimulation réciproque nous laisse les plus beaux albums de Patti et les merveilleuses photos noir et blanc de Robert!
    Because the night belongs to lovers! Merci Patti pour cette belle preuve d'amour.
    Vous avez jusqu'au 21 septembre pour vous rendre au musée Rodin, admirer les photos de Robert au cas où vous auriez manqué l'exposition qui a eu lieu au Grand Palais jusqu'en juillet dernier. Indéniablement un des plus grands photographes de ce XXème siècle.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 24 avril 2013

    caro64
    On ne présente plus Patti Smith, chanteuse et performeuse, "poétesse électrique", incarnation de l'héroïne rock rebelle et libre. Avec Just Kids, elle revient sur ses jeunes années et avant tout sur son histoire d'amour avec Robert Mapplethorpe, grand photographe décédé en 1989. Deux enfants terribles de la scène artistique New-Yorkaise aux parcours indissociables, qui ont pour point commun d'avoir bousculé les codes pour forger leur identité et devenir des figures majeures du rock pour l'une et de la photo pour l'autre.
    Dans ce récit autobiographique, Patti Smith se souvient… Tout commence par sa rencontre avec Robert en 1967: l'amour, la vie de bohème, ses vaches maigres et ses joies dans le New-York de la fin des années 60, les coups durs où il faut s'accrocher l'un à l'autre, le travail acharné du couple pour trouver leurs voies artistiques respectives, les rencontres avec les figures de la contre-culture (Allen Ginsberg, William Burroughs, Sam Shepard, Janis Joplin, Lou Reed, Jimi Hendrix… ) aussi bien qu'avec les marginaux hauts en couleur du Chelsea Hotel non loin de la Factory de Warhol … Jusqu'au début de la reconnaissance, puis de la gloire, moment où leur identité s'affirme en même temps que leurs chemins se séparent.
    Patti Smith raconte avec pudeur et émotion ces années où tout a commencé. Admirablement bien écrit, le style limpide de la poétesse du rock, férue d'Arthur Rimbaud, nous emporte. Et si l'on referme ce livre la gorge nouée, c'est parce qu'elle parvient à nous faire ressentir la nostalgie du temps de l'innocence, ce temps où avec Robert, ils étaient "juste des gamins". Quelques photos d'époque agrémentent ce récit passionnant, accentuant la plongée dans l'ambiance des années 1970. Un magnifique témoignage sur une histoire d'amour peu ordinaire. Elle lui promit d'écrire un jour leur histoire. Just Kids est cette belle, très belle promesse tenue. Il a remporté aux États-Unis le prix national du livre non fictionnel (National Book Award for Nonfiction) en 2010 et, l'année suivante en France, le prix du livre rock : : preuve si besoin était de la qualité littéraire de ce texte.
    A lire en réécoutant bien sûr les albums de Patti Smith, surtout les trois premiers, "Horses" en tête ! Et aussi son dernier, "Banga" (2012), vraiment très réussi. Il nous prouve qu'à 65 ans elle n'a rien perdu de son incroyable talent.
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Citations et extraits

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  • Par andman, le 30 mai 2013

    En regardant Jim Morrison, j'ai eu une réaction étrange. Tout le monde autour de moi semblait cloué, mais moi, j'observais le moindre de ses mouvements dans un état d'hyperconscience froide. Je me souviens de cette impression bien plus nettement que du concert. J'ai senti en voyant Jim Morrison, que j'étais capable d'en faire autant. Je ne saurais dire ce qui m'a fait penser ça. Rien dans mon expérience, ne me permettait de me dire que ce serait jamais possible, pourtant j'ai nourri cette prétention. J'ai ressenti à son égard à la fois de l'attrait et un certain mépris. Je sentais sa gêne profonde aussi bien que sa suprême assurance.
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  • Par andman, le 01 juin 2013

    On dit que les enfants ne font pas la distinction entre les objets vivants et inanimés ; je crois au contraire que si. Un enfant fait dont à sa poupée ou à son soldat de plomb d'un souffle de vie magique. L'artiste anime ses œuvres de la même façon que l'enfant anime ses jouets. Que ce soit pour l'art ou pour la vie, Robert insufflait aux objets son élan créateur, sa puissance sexuelle sacrée. Il transformait un porte-clefs, un couteau de cuisine ou un simple cadre de bois en œuvre d'art. Il aimait son travail et il aimait ses objets.
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  • Par caro64, le 24 avril 2013

    J’ai jeté la veste sur mon épaule, façon Frank Sinatra. J’étais habitée par les références. Il était habité par l’ombre et la lumière.

    "C’est revenu", a-t-il dit.

    Il a de nouveau pris quelques clichés.

    "Je la tiens".

    - Comment tu le sais?
-
    - Je le sais, c’est tout.’

    Il a pris douze photos ce jour-là.

    Quelques jours plus tard, il m’a montré la planche-contact.

    - "Dans celle-ci, il y a la magie", a-t-il affirmé.

    Lorsque je la regarde aujourd’hui, ce n’est pas moi que je vois. C’est nous.

    (passage du livre qui décrit le shooting au cours duquel fut prise la photo de l'album "Horses" par Robert :
    http://www.civilianglobal.com/wp-content/uploads/2012/12/Patti-Smith-Horses.jpg )


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  • Par andman, le 29 mai 2013

    J'avais vécu dans un monde de livres, écrits pour la plupart au XIXe siècle. Même si je m'étais préparée à dormir sur des bancs, dans le métro ou dans des cimetières jusqu'à que je trouve du boulot, la faim qui me tenaillait constamment me prenait au dépourvu. J'avais beau n'avoir que la peau et les os, j'avais un métabolisme élevé et un solide appétit. Le romantisme ne suffisait pas tout à fait à apaiser mes besoins de nourriture. Même Baudelaire devait manger. Ses lettres contenaient de nombreux cris de désespoir dus à son manque de viande et de bière brune.
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  • Par alicejo, le 09 février 2011

    C'était l'été de la mort de Coltrane. L'été de "Crystal ship". Les enfants fleurs levaient leurs bras vides et la Chine faisait exploser la bombe H. A Monterey, Jimi Hendrix mettait le feu à sa guitare. "Ode to Billie Joe" passait en boucle sur les grandes ondes. Des émeutes éclataient à Newark, Milwaukee et Detroit. C'était l'été d'Elvira Madigan, l'été de l'amour. Et dans cette atmosphère instable, inhospitalière, le hasard d'une rencontre a changé le cours de ma vie.
    C'est l'été où j'ai rencontré Robert Mapplethorpe.
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Que lisent les écrivains ? (10/11) François Cusset présente Glaneurs de rêves de Patti Smith .
Que lisent les écrivains ? Onze d'entre eux, invités de la fête du livre de Bron, nous confient leur dernier coup de coeur. François Cusset nous recommande Glaneurs de rêves de Patti Smith (Gallimard). Historien des idées, François Cusset est l?auteur de plusieurs essais majeurs comme French Theory (La Découverte 2003) ou Une histoire (critique) des années 90 (La Découverte 2014), dont il fut le directeur éditorial. Réalisation : Michel Abescat, Pierrick Allain, Christine Ferniot Pour suivre nos vidéos, abonnez-vous à la chaîne Télérama ou rejoignez-nous sur : https://www.facebook.com/Telerama https://twitter.com/Telerama?








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