ISBN : 226616113X
Éditeur : Pocket (2005)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
En 1955, au début de la déstalinisation, Alexandre Soljenitsyne est exilé dans un village du Kazakhstan après huit ans de goulag. Il apprend alors qu'il est atteint d'un mal inexorable dont le seul nom est un objet de terreur. Miraculeusement épargné, il entreprendra qu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 30 novembre 2011

    Aaliz

    Cela faisait longtemps que je voulais lire Soljenitsyne. J'ai même Une Journée d'Ivan Denissovitch qui dort dans ma PAL depuis une éternité. Il aura fallu l'occasion d'un partenariat pour que je me plonge enfin dans un de ses romans.
    Autant j'étais motivée au départ que je ne sais pas du tout ce qu'il s'est passé mais je suis complètement passée à côté de ce livre. J'ai mis plus de deux semaines à en venir à bout laissant filer plusieurs jours d'affilée sans l'ouvrir. Je me suis un peu ennuyée mais je crois que toute la faute n'en revient qu'à moi-même. Je pense que je n'étais pas dans les bonnes conditions pour le lire, quelques petits soucis du quotidien me turlupinant la tête …
    Qu'ai-je donc retenu tout de même de ma lecture ?
    Tout d'abord, l'histoire se passe dans un hôpital d'un des pays de l'ex-URSS et plus particulièrement dans la section réservée aux malades atteints du cancer. L'action (si on peut parler d'action …) se déroule en 1955 soit deux ans après la mort de Staline.
    On y suit le quotidien de plusieurs personnages très différents. Au détour de ces diverses tranches de vie, Soljenitsyne nous dépeint la vie sous le stalinisme, de l' « ennemi de l'Etat » condamné au camp puis à l'exil au fervent patriote chargé de dénoncer le moindre manquement au devoir des employés de son entreprise. Si différents et pourtant tous égaux devant la maladie, ils ont le même ennemi à combattre : le cancer.
    J'ai vu dans le choix de ce contexte hospitalier la volonté de l'auteur de réaliser une métaphore assimilant le cancer au stalinisme, celui-ci étant le cancer rongeant la société soviétique. Toutefois, de la même façon que le cancer se combat et que renaît pour les malades l'espoir de la guérison, on assiste à la même époque à un renouveau de la société suite à la mort de Staline. En effet, les choses semblent commencer à changer et Soljenitsyne parvient avec talent à nous montrer cette évolution si faible puisse-t-elle être encore à ce moment-là. La métaphore se retrouve jusque dans le climat avec l'arrivée du printemps coïncidant avec la sortie de l'hôpital de mon personnage préféré Kostoglotov.
    Bourru, enragé et entêté, Kostoglotov a été arrêté alors qu'il n'était encore qu'à l'université et condamné au camp pour son activité au sein d'un groupe d'étudiants soupçonné de représenter une menace pour l'Etat. Après le camp, il est exilé loin de chez lui sur une terre hostile à laquelle il finit par s'habituer et s'attacher, jusqu'à son cancer, raison pour laquelle il obtient un laissez-passer lui permettant de se rendre à l'hôpital de Tachkent. Il partage sa chambre avec plusieurs autres malades dont un certain Roussanov. Alors lui, je l'ai détesté. Imbu de lui-même, arrogant, il prétend tout savoir et se croit supérieur à tous car lui est membre du Parti. Avant d'entrer au pavillon des cancéreux, il était chargé de surveiller étroitement les employés de la société pour laquelle il travaillait et dénonçait le moindre faux-pas. Soljenitsyne nous décrit à travers ce personnage la psychologie de ceux qui ont contribué au fonctionnement du stalinisme ainsi que les procédés qu'ils employaient pour purger la société de ses « éléments dangereux ».
    Suite : http://booksandfruits.over-blog.com/article-le-pavillon-des-cancereux-alexandre-soljenitsyne-90625579.html

    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-le-pavillon-des-cancereu..
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    • Livres 4.00/5
    Par Litterature_et_Chocolat, le 11 janvier 2012

    Litterature_et_Chocolat
    Un monstre sacré de la littérature russe!
    .
    Je rêvais de (re)lire mes classiques, à commencer par la littérature russe dont j'avais oublié jusqu'à la mélodie et l'univers angoissant. Lire Soljenistyne, c'est s'assurer un délicieux moment de lecture, une plongée inquiétante dans le communisme des années 1950 et surtout, une fascinante exploration de l'âme humaine.
    .
    .Le style de Soljenitsyne est une merveille pour les puristes : dénué de fioritures, habillé de phrases courtes, illustré de mots choisis avec soin, le tout enrobé dans une ponctuation qui rythme parfaitement la lecture… Derrière une écriture au paroxysme d'une apparente simplicité se cache une maîtrise sans faille des codes littéraires classiques qui font la grande littérature. Vous l'aurez compris : dans mon panthéon des écrivains, Alexandre Soljenitsyne trône à la droite de Simone de Beauvoir.
    .
    Quant à l'histoire, c'est un régal : on erre, effaré, dans les méandres du communisme d'après-guerre. Dans ce pavillon des cancéreux, on cherche l'étincelle d'humanité qui égayera les journées des patients; est-ce la peur engendrée par le régime? Les Russes sont-ils moins enclins à laisser parler leurs sentiments? Toujours est-il que les rapports humains, chez Soljenitsyne, ont cette particularité d'osciller entre dureté, froideur et indifférence. A quelques exceptions près cependant : des personnages attachants qui semblent posséder ce petit supplément d'âme, ou qui savent auprès de qui aller le chercher, entraînent le lecteur dans des échanges d'une grande humanité.
    .
    Soljenitsyne n'en finit pas de sonder les méandres de la nature humaine, de traquer la force vitale chez ces hommes qui se meurent, terrorisés, agrippés à l'espoir que les rayons, les piqûres ou l'amputation les sauveront du mal terrifiant qui les ronge. Dans le dortoir du pavillon 13, il n'existe plus ni soldat, ni cadre du parti, ni étudiant : il n'y a que des hommes réduits à leur plus simple expression, dénués des artifices que confèrent la richesse et le pouvoir, contraints d'admettre que face à une issue fatale, la mort réussit où le communisme échoue : les inégalités s'effacent.
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  • Par akahama, le 27 novembre 2011

    akahama
    Les hommes et les femmes qui entrent au pavillon des cancéreux, pavillon numéro treize, ironie du sort, n'ont aucune garantie d'en sortir un jour. A l'intérieur, la tumeur, le cancer, quel que soit le nom que l'on veut lui donner, semble remettre tout le monde d'accord. L'égalité entre les hommes qui constitue l'objectif du communisme paraît enfin atteinte. Toutefois, les hommes qui entrent là y entrent avec un passé, le récit de leur parcours individuel fonde la description, critique, d'une époque et d'une société. Au cœur de l'ouvrage, la liberté bien sûr, tant chérie des hommes et complètement absente du monde construit par Lénine puis par Staline. Cette liberté, elle est aussi absente du pavillon des cancéreux, où un corps médical sincère et sûr de son fait prend les décisions à la place des patients, sans leur communiquer la moindre information sur leur état de santé, et où on envoie les mourants s'éteindre à l'extérieur au profit des statistiques d'un système qui n'admet aucune faille.
    Tout au long du roman, l'atmosphère est pesante. Il faut dire que le cancer est dans cette œuvre un personnage à part entière, dont la présence est loin d'égayer l'ambiance. Le pavillon des cancéreux étant un pavé (plus de 750 pages dans l'édition lue), sa lecture a pu parfois s'avérer pénible, tout simplement parce que les sujets abordés ne sont pas réjouissants.
    La lecture éprouvante d'une œuvre intelligente, marquante, et admirablement bien construite.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Rakovyï korpus
    Traduction : A. et M. Aucouturier, L. & G. Nivat, J-P. Sémon
    Ces derniers jours, je me suis branchée sur "Le Pavillon des cancéreux", que je ne connaissais pas. Bon Dieu ! Quelle merveille ! Quelle veine romanesque et pourtant, comme l'intrigue prend tragiquement pied dans l'Histoire stalinienne et post-stalinienne !
    Impossible, dès lors qu'on a commencé ce livre, d'abandonner ces personnages : depuis Paul Roussanov, fonctionnaire obtus ayant sa carte au Parti et ayant dénoncé (entre autres) un couple d'innocents pour s'emparer de leur appartement (Boulgakov aussi a impitoyablement dénoncé cette pratique ignoble) jusqu'à Kostoglotov, le double de l'auteur dans le roman, tous nous agrippent le coeur. Perso, j'ai lu ce roman en une journée et demie - et pourtant, c'est un "pavé." Et j'en redemande !
    Résumer l'intrigue demanderait un temps dont je ne dispose pas aujourd'hui. Grosso modo, l'action se situe en 1955 - Staline est mort en 1953 et l'entreprise de déboulonnage du "Petit-Père des Peuples" est en cours - dans un hôpital kazakh, plus précisément dans la section de cet hôpital où l'on soigne les personnes atteintes du cancer. Celui-ci étant, comme la plupart des maladies, absolument insensible aux distinctions sociales et politiques, les malades que nous présente Soljenitsyne représentent en fait la société soviétique stalinienne : à Roussanov, le dénonciateur sans états d'âme que seule la crainte de la Mort amène à s'interroger sur ses pratiques passées, s'oppose la figure de Kostoglotov, ancien sergent de l'Armée rouge qui, pour avoir osé critiquer Staline, se retrouva au bagne avant de voir sa peine commuée en une relégation à perpétuité. le duel est puissant et, en dépit des apparences, c'est Kostrogotov qui en sortira vainqueur.
    Autre figure à retenir : celle de Choulabine. Atteint d'un cancer du rectum, celui-ci explique à Kostrogotov que, si l'existence imposée aux bagnards du goulag et aux relégués fut épouvantable, la vie de ceux qui s'inclinèrent sans rien dire et laissèrent Staline perpétrer ses crimes sans tenter au moins une révolte.
    Et puis, bien entendu, il y a l'équipe soignante et l'on apprend avec ahurissement que, sur cinq chirurgiens payés par l'Etat soviétique dans cet hôpital, deux seulement sont à même de pouvoir exercer. Les trois autres n'ont de chirurgien que le titre et le salaire confortable, qu'ils ont acquis par protection ... Edifiant, non ? ...
    En un mot comme en cent, "Le Pavillon des cancéreux" est si fort que, du coup, j'ai relu la fameuse "Journée d'Ivan Denissovitch", qui lança la renommée de Soljenitsyne, et que je compte combler mes lacunes sur le Prix Nobel de Littérature 1970 en lisant par la suite "LE PREMIER CERCLE" et l'intégrale de "L'archipel du goulag." ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par BlueGrey, le 27 août 2009

    BlueGrey
    De prime à bord, l'ouvrage paraît austère : 430 pages qui traitent de tumeurs, sarcomes et autres mélanoblastomes, cela n'a rien d'engageant... Or, ce pavé se lit avec une étonnante facilité ! L'écriture recourt à tous les tons (l'ironie, la raillerie, l'humour, l'harangue, la méditation intérieure...) et les langages se mêlent avec autant de virtuosité que de puissance.
    Dans l'URSS des années 1950, au pavillon des cancéreux, la maladie, insensible aux différentiations sociales ou politiques, fait se côtoyer des individus que tout oppose. Filles de salles, médecins, patients, par les regards croisés des personnages aux passés divers et aux idéologies distinctes, Soljénitsyne expose un échantillonnage de la société russe à un moment charnière de son histoire : les prémices de la déstalinisation, juste après la mort du "petit père des peuples". Ainsi, le camarade Roussanov, communiste convaincu, fonctionnaire obtus maniant la dénonciation, est l'exemple type de l'exploitation sans vergogne du système. Avec ses aspirations bourgeoises, il incarne l'échec de l'idéologie communiste. Quant à Kostoglotov (personnage en grande partie autobiographique) après avoir vécu les purges staliniennes, la guerre, le goulag et la relégation, il incarne toutes les victimes d'un système perverti.
    Soljénitsyne multiplie les personnages, les points de vue, les détails des plus prosaïques aux plus métaphysiques, et démontre la multiplicité des destinées humaines mais leur unicité devant la mort. Face à un mal réputé incurable, chacun se dévoile, oscille entre peur, résignation, révolte, espérance... Et s'il est bien question de maladie, il y est aussi et surtout question d'humanité. Car à travers le microcosme d'une chambre d'hôpital, c'est de l'humanité entière dont Soljénitsyne nous parle, de ses rêves, de ses espoirs, de ses doutes, autour de la question obsédante de savoir « ce qui fait vivre les hommes ».
    « Cela faisait six mois que je souffrais comme un martyr, j'en étais arrivé le dernier mois à ne plus pouvoir rester ni couché, ni assis, ni debout sans avoir mal, je ne dormais plus que quelques minutes par vingt-quatre heures, eh bien, tout de même, j'avais eu le temps de réfléchir ! Cet automne-là, j'ai appris que l'homme peut franchir le trait qui le sépare de la mort alors que son corps est encore vivant. Il y a encore en vous, quelque part, du sang qui coule mais, psychologiquement, vous êtes déjà passé par la préparation qui précède la mort. Et vous avez déjà vécu la mort elle-même. »
    « Nous avons beau nous moquer des miracles tant que nous sommes en bonne santé, en pleine force et en pleine prospérité, en fait, dès que la vie se grippe, dès que quelque chose l'écrase et qu'il ne reste plus que le miracle pour nous sauver – eh bien, ce miracle unique, exceptionnel, nous y croyons ! »
    « - Très-très bon cliché ! Très-très bon ! Il n'y a pas lieu d'opérer !
    Et la malade reprenait courage : son état n'était pas seulement bon, mais très-très bon !
    Or si le cliché était très bon, c'est qu'il dispensait d'en refaire un autre, et montrait de façon indiscutable les dimensions et les limites de la tumeur. C'est aussi qu'il était désormais trop tard pour opérer. »
    Alors oui, les thèmes abordés sont graves et sombres, mais il se dégage de ses pages une bonhomie souriante des plus réjouissante !

    Lien : http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2009/03/09/le..
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 29 mai 2012

    «Et pourquoi lire ? Pourquoi, si on doit tous crever bientôt ?»
    La balafre de «Grandegueule» frémit.
    «C'est justement parce qu'on doit tous crever qu'il faut se dépêcher. Tiens, prends.»
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  • Par Luniver, le 29 mai 2012

    Nizamoutdine Bakhramovitch avait aussi insisté pour que l'on ne gardât pas les malades condamnés. Leur mort devait survenir, autant que possible, hors de l'hôpital; cela libérerait de nouveaux lits, épargnerait un spectacle pénible aux malades qui restaient et améliorerait les statistiques, ces malades étant rayé non pour raison de décès, mais avec mention : «Etat aggravé.»
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  • Par BlueGrey, le 27 août 2009

    Cela faisait six mois que je souffrais comme un martyr, j'en étais arrivé le dernier mois à ne plus pouvoir rester ni couché, ni assis, ni debout sans avoir mal, je ne dormais plus que quelques minutes par vingt-quatre heures, eh bien, tout de même, j'avais eu le temps de réfléchir ! Cet automne-là, j'ai appris que l'homme peut franchir le trait qui le sépare de la mort alors que son corps est encore vivant. Il y a encore en vous, quelque part, du sang qui coule mais, psychologiquement, vous êtes déjà passé par la préparation qui précède la mort. Et vous avez déjà vécu la mort elle-même.
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  • Par Piling, le 20 juillet 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    Le pavillon des cancéreux portait... le numéro treize. Paul Nikolaïovitch Roussanov n'avait jamais été superstitieux et il n'était pas question qu'il le fût, mais il ressentit une pointe de découragement, lorsqu'il lut sur sa feuille d'entrée : pavillon treize.
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  • Par BlueGrey, le 27 août 2009

    - Très-très bon cliché ! Très-très bon ! Il n'y a pas lieu d'opérer !
    Et la malade reprenait courage : son état n'était pas seulement bon, mais très-très bon !
    Or si le cliché était très bon, c'est qu'il dispensait d'en refaire un autre, et montrait de façon indiscutable les dimensions et les limites de la tumeur. C'est aussi qu'il était désormais trop tard pour opérer.
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Pierre DAIX à propos de "Le chêne et le veau"
Invité de Bernard PIVOT, Pierre DAIX, auteur du livre "Ce que je sais de Soljenitsyne", retrace la carrière de SOLJENITSYNE, raconte la confidentialité dans laquelle a été écrit "Le chêne et le veau", résume l'ouvrage, puis évoque l'univers concentrationnaire soviétique.








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