ISBN : 2266172468
Éditeur : Pocket (2007)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 112 notes) Ajouter à mes livres
En 1962, pour qu'Une joumée d'Ivan Denissovitch pût être publiée en URSS, Soljenitsyne avait dû consentir à des coupures et, par endroits, remanier le texte original. Voici la version intégrale de ce roman si profondément, si tragiquement russe et qui, cependant, fait m... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Hahasiah, le 22 mars 2012

    Hahasiah
    Mon père m'a offert ce livre il y a déjà quelques années en me disant : "Tu vas voir, il ne se passe rien mais c'est remarquablement écrit".
    J'étais peu enthousiaste à l'idée de commencer ce livre...Un énième livre sur les goulags...J'ai oublié de préciser que mon père est féru d'histoire et que je préfère m'adonner, en général, à d'autres lectures.
    Je dois avouer aujourd'hui que j'ai été saisie par la puissance d'écriture de Soljenitsyne et par son don du "racontage". Il réussit, au travers de cette oeuvre, à nous plonger au coeur d'un goulag et à nous faire partager le quotidien sordide de ses prisonniers. 
    Le personnage de Choukhov, sa volonté de survivre et de faire "durer" ce bout de pain, unique ration journalière, demeurent l'un de mes souvenirs de lectures les plus vivants.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 16 août 2011

    brigittelascombe
    "Une journée de passée.Sans seulement un nuage.Presque du bonheur."
    Voilà la philosophie d'Ivan Denissovitch qui a perdu jusqu'à son nom dans l'enfer clos et absurde du camp de travail forcé de la steppe kazakhe.
    Il est Choukov pour ses compagnons d'infortune, il est Matricule CH-854 pour le Tartare qui lui colle trois jours de mitard pour non réveil en cadence, il est vermine,ordure ou cochon pour le corps de garde dont il lave le plancher à grande eau.
    "Merci chef !"
    Il sourit de toute sa bouche édentée par le scorbut lorsque le cachot lui est épargné.
    Faut ouvrir l'oeil! Faut pas se faire remarquer par les salauds!
    Celui qui était un simple paysan de la Russie centrale, deuxième classe condamné pour un espionnage imaginaire à dix ans de bagne, de peur,de froid et de famine, a appris à ses dépens que la survie dans le camp est plus dure que sa vie d'avant, cette douce vie où il travaillait pourtant dur pour élever sa famille.
    Faut trimer pour garder sa dignité malgré l'onglée,les douleurs,la fièvre! Faut marauder un peu de sucre,un bout de pain, un mégot et le planquer dans un trou de sa paillasse pour en ressortir une once de bonheur!
    Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne, qui a vécu onze ans de captivité(de 1945 à 1953) a transmis là un témoignage de la vie des camps sans toutefois parler de sa propre vie,il a su créer un chef d'oeuvre mondialement connu (bien que censuré au départ) avec l'ordinaire d'un bagnard.C'est cet ordinaire où le fouet et le nom de Staline sont juste évoqués qui fait ressortir l'horreur de la situation et l'injustice de la condamnation.
    Nommer l'indicible,dévoiler le caché,décrier l'abject, ce livre, appartenant au mouvement littéraire des années 1960, a sonné comme une délivrance pour ceux qui ont vécu et survécu dans ces camps de travail forcé.
    Les phrases de Soljenitsyne, courtes, émaillées d'argot et de patois russe parlent vrai et accordent encore plus de crédit au récit.Pas de chapitre,pas de souffle,pas de repos ! On les vit ces 17 heures longues et courtes à la fois!
    Ses mots nous touchent.
    C'est tout un pan d'histoire du XX° siècle et une philosophie que transmet ici l'auteur.
    On ne peut qu'admirer le stoïcisme de Choukov, qui prend son petit bonheur du jour dans un quignon de pain rassis,et s'incliner devant sa bonté d'âme alors qu'il ne croit pas en Dieu mais offre sa galette au baptiste Aliocha en prière.
    "Donnez nous notre pain quotidien!"
    Serait il un chrétien charitable ce sans foi dont la loi du coeur est plus forte que la raison?
    Un livre superbe et une belle leçon de courage et de vie!
    Ont suivi Le pavillon des cancéreux,L'archipel des goulags,Le premier cercle. Les chroniques et romans de Soljenitsyne,écrivain soviétique réhabilité en 1957 dénoncent le stalinisme et les atteintes aux droits de l'homme en URSS.
    Déchu de la citoyenneté soviétique et expulsé de son pays en il s'exila aux Etats Unis de 1974 à 1994.Il a obtenu le prix Nobel en 1970.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 31 mai 2008

    Woland
    Odin den'Ivana Denissovitcha
    Traduction : Lucia et Jean Cathala
    Que dire de ce court roman, basé sur des faits authentiques, qui valut à son auteur la reconnaissance mondiale ?
    Tout d'abord qu'il fut remarqué en 1961 par le rédacteur de la revue Novy Mir, Alexandre Tvadorvski.
    Puis que celui-ci, comme beaucoup d'autres, estimait qu'il fallait à tout prix, après la dénonciation des crimes staliniens et du culte de la personnalité par les XXème et XXIIème Congrès du Parti communiste soviétique, évoquer les horreurs du goulag de façon plus hardie que les quelques (rares) scènes d'arrestation montrées (de temps en temps) dans tel ou tel film auquel la censure du Parti n'avait pas bronché.
    C'est ainsi que la manuscrit d'"Une journée d'Ivan Denissovitch" finit par se retrouver entre les mains de Vladimir Lébédiev, conseiller principal de Khrouchtchev à la culture. Or, Lébédiev, fait rare chez un politique, aimait la bonne littérature et, sous réserves de quelques menues coupures dans le texte, il se chargea de lire lui-même le texte au Premier secrétaire. Et peu après, le roman fut édité.
    Dans l'oeuvre de Soljenitsyne, ce roman paraît un tour de force. D'abord, il est bref. Ensuite, bien que les événements relatés soient évidemment des souvenirs de l'auteur, celui-ci parvient à prendre - et à conserver - le recul dont rêve tout écrivain hanté par le besoin irrépressible de retracer par écrit les situations les plus douloureuses qu'il a traversées. Enfin, rien qu'en racontant dix-sept heures de la vie d'un zek au goulag, le romancier trouve le moyen d'entraîner son lecteur dans les profondeurs d'un enfer où Les Démons se nomment Routine, Froid, Faim et Peur.
    Pourtant, pas un instant, Soljenitsyne ne tombe dans le mélo sordide. Il ne fait pas pleurer Margot, c'est le moins que l'on puisse dire. La roublardise paysanne dont Ivan Denissovitch Choukhov est bien obligé de faire montre pour survivre dans le camp où il purge sa peine, fait même sourire plus d'une fois le lecteur qui, d'emblée, se sent le frère de cet homme simple, sans grande instruction mais bon ouvrier, à qui une révolution qu'il ne comprend pas (et à laquelle il ne s'intéresse pas vraiment) a volé une partie de son existence pour des raisons aussi absurdes qu'iniques et qui, dans sa misère, réussit à se satisfaire de menues joies et, mieux encore, à partager celles-ci avec moins malin ou moins chanceux que lui.
    Plus qu'à Tolstoï le théoricien, c'est évidemment à Dostoievski que Soljenitsyne fait ici penser. La langue bien sûr, la façon de l'utiliser et la construction du roman appartiennent au XXème siècle mais, par la générosité de la pensée et par la dimension universelle qu'il donne à son Ivan Denissovitch, Soljenitsyne est bien l'héritier de l'auteur des "Frères Karamazov."
    Rien que cela devrait vous inciter à lire "Une journée d'Ivan Denissovitch" - si ce n'est déjà fait, bien sûr. ;o)
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par SimoneDracip , le 20 mai 2012

    SimoneDracip
    Où et quand qu'il soit, un camp de concentration reste et restera un camp de concentration. Je retrouve dans les descriptions du Primo Levi ou du Georges Semprun. Particulièrement pour tout ce qui a rapport à la nourriture, son manque, la façon de tromper la faim. Également, des similitudes dans cette soif de vivre coûte que coûte, à force de débrouille. Encore, dans cette solidarité / individualisme forcené pour tirer son épingle du jeu.
    Après, les rouages politiques qui ont conduit ces russes au goulag me rappellent plus l'absurdité kafkaïenne : les peines se rajoutent aux peines, sans explication. Les anciens soldats sont là parce qu'ils ont eu le malheur d'être fait prisonniers par les allemands. Chacun a avoué un espionnage inexistant pour fuir l'absurdité du système stalinien où tout le monde est coupable.
    Un livre édifiant, qui comme tous les témoignages admirablement écrits permet d'effleurer l'enfer qu'ils ont vécu. Ici, la force est dans cette journée unique qu'on imagine se répéter à l'infini.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 18 septembre 2010

    lehane-fan
    Au Goulag , rien ne vous est epargné !!! Les brimades se suivent sans repit , le but ultime etant bien sur de vous casser , de vous briser afin que votre volonté soit aneantie , lavée de tout residu anti-patriotique faisant ainsi de vous un homme neuf , fidele aux idees du Soviet Supreme.
    Livre glaçant s'il en est..( sans vilain jeu de mot car bosser par -30 , a moins d'etre un ours polaire..) Une fois l'effort d'immersion accompli ,rendu delicat par la redaction argotique de ce recit d'epoque et qui a necessité , pour ma part , un petit temps d'adaptation , l'on se prend d'affection pour Choukhov , et sa resignation ( comment ne pas l'etre) s'apparentant souvent a une certaine philosophie de vie (de survie serait plus appropriée ).
    La faim , le froid , les maladies , les embrouilles entre prisonniers , et ces comptages qui n'en finissent pas sont ainsi le lot journalier , mensuel , annuel..de ces "reeduques" qui , pour les plus chanceux , ressortiront libres alors que leurs camarades , eux , le feront les pieds devant.

    Un livre puissant , dur , d'une immense tristesse au regard de toutes ces vies sacrifiees au profit d'un ideal socialisme omnipotent...
    Un livre necessaire...
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 07 décembre 2011

    Il s’endormait, Choukhov, satisfait pleinement. Cette journée lui avait apporté des tas de bonnes chances : on ne l’avait pas mis au cachot ; leur brigade n’avait point été envoyée à la Cité du Socialisme ; à déjeuner, il avait maraudé une kacha ; les tant-pour-cent avaient été joliment décrochés par le brigadier ; il avait maçonné à cœur joie ; on ne l’avait point paumé avec sa lame de scie pendant la fouille ; il s’était fait du gain avec César ; il s’était acheté du bon tabac ; et au lieu de tomber malade, il avait chassé le mal.
    Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur.
    Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois.
    Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles.
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  • Par sarasvati, le 12 avril 2010

    p. 165/
    Le vrai ennemi du prisonnier, c'est le prisonnier son frère. Si les zeks n'étaient pas des chiens entre soi...eh bien, les chefs, ils ne seraient plus de force à les commander.
    ...marche! qu'il crie, le sous-chef d'escorte.
    On arrive au poste de garde.
    Le poste, cinq routes y mènent. Une heure avant, elles fourmillaient de zeks. Le jour qu'on les bâtira en rues, l'endroit du poste et de la fouille deviendra la grand-place. Et de la même façon qu'à présent les colonnes de zeks qui rappliquent du boulot, c'est là que les cortèges se rencontreront pour les fêtes.
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  • Par carre, le 05 février 2012

    Ce départ en pleine nuit pour l'appel du matin, par froid de loup, avec le froid au ventre pour la journée entière, il n'y avait pas pire crève-coeur. On en ravale sa langue. Ca vous coupe l'envie de causer entre soi.
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  • Par colimasson, le 07 décembre 2011

    Dans les camps, que de fois Choukhov s’était rappelé comme on mangeait, dans le temps, à la campagne, des pommes de terre à pleines poêles, la kacha à même la marmite et, encore plus avant, avant les kolkhozes, de la viande, par tranches entières, et quelles tranches, sans compter le lait, qu’on lampait à s’en faire péter les boyaux du ventre. Or, dans les camps, Choukhov avait compris que c’était mal agir. On aurait dû manger en y pensant, en pensant seulement à ce qu’on mangeait, comme il faisait, en détachant de tous petits morceaux avec ses dents, en se les promenant sous la langue, et en les suçant avec le dedans des joues, de sorte qu’on ne perde rien de ce bon pain noir humide et qui sentait si bon.
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  • Par colimasson, le 07 décembre 2011

    Choukhov releva la tête et fit : « Oh ! ». Le ciel était d’un pur ! Et le soleil y avait grimpé, presque en haut de sa course. C’était merveilleux comme le travail fait passer le temps. Choukhov l’avait remarqué qui sait des fois : les journées, au camp, ça file sans qu’on s’en aperçoive. C’est le total de la peine qui n’a jamais l’air de bouger, comme si ça n’arrivait pas à raccourcir.
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Pierre DAIX à propos de "Le chêne et le veau"
Invité de Bernard PIVOT, Pierre DAIX, auteur du livre "Ce que je sais de Soljenitsyne", retrace la carrière de SOLJENITSYNE, raconte la confidentialité dans laquelle a été écrit "Le chêne et le veau", résume l'ouvrage, puis évoque l'univers concentrationnaire soviétique.











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