ISBN : 2266172468
Éditeur : Pocket (2007)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 93 notes) Ajouter à mes livres
En 1962, pour qu'Une joumée d'Ivan Denissovitch pût être publiée en URSS, Soljenitsyne avait dû consentir à des coupures et, par endroits, remanier le texte original. Voici la version intégrale de ce roman si profondément, si tragiquement russe et qui, cependant, fait m... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 16 août 2011

    brigittelascombe
    "Une journée de passée.Sans seulement un nuage.Presque du bonheur."
    Voilà la philosophie d'Ivan Denissovitch qui a perdu jusqu'à son nom dans l'enfer clos et absurde du camp de travail forcé de la steppe kazakhe.
    Il est Choukov pour ses compagnons d'infortune, il est Matricule CH-854 pour le Tartare qui lui colle trois jours de mitard pour non réveil en cadence, il est vermine,ordure ou cochon pour le corps de garde dont il lave le plancher à grande eau.
    "Merci chef !"
    Il sourit de toute sa bouche édentée par le scorbut lorsque le cachot lui est épargné.
    Faut ouvrir l'oeil! Faut pas se faire remarquer par les salauds!
    Celui qui était un simple paysan de la Russie centrale, deuxième classe condamné pour un espionnage imaginaire à dix ans de bagne, de peur,de froid et de famine, a appris à ses dépens que la survie dans le camp est plus dure que sa vie d'avant, cette douce vie où il travaillait pourtant dur pour élever sa famille.
    Faut trimer pour garder sa dignité malgré l'onglée,les douleurs,la fièvre! Faut marauder un peu de sucre,un bout de pain, un mégot et le planquer dans un trou de sa paillasse pour en ressortir une once de bonheur!
    Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne, qui a vécu onze ans de captivité(de 1945 à 1953) a transmis là un témoignage de la vie des camps sans toutefois parler de sa propre vie,il a su créer un chef d'oeuvre mondialement connu (bien que censuré au départ) avec l'ordinaire d'un bagnard.C'est cet ordinaire où le fouet et le nom de Staline sont juste évoqués qui fait ressortir l'horreur de la situation et l'injustice de la condamnation.
    Nommer l'indicible,dévoiler le caché,décrier l'abject, ce livre, appartenant au mouvement littéraire des années 1960, a sonné comme une délivrance pour ceux qui ont vécu et survécu dans ces camps de travail forcé.
    Les phrases de Soljenitsyne, courtes, émaillées d'argot et de patois russe parlent vrai et accordent encore plus de crédit au récit.Pas de chapitre,pas de souffle,pas de repos ! On les vit ces 17 heures longues et courtes à la fois!
    Ses mots nous touchent.
    C'est tout un pan d'histoire du XX° siècle et une philosophie que transmet ici l'auteur.
    On ne peut qu'admirer le stoïcisme de Choukov, qui prend son petit bonheur du jour dans un quignon de pain rassis,et s'incliner devant sa bonté d'âme alors qu'il ne croit pas en Dieu mais offre sa galette au baptiste Aliocha en prière.
    "Donnez nous notre pain quotidien!"
    Serait il un chrétien charitable ce sans foi dont la loi du coeur est plus forte que la raison?
    Un livre superbe et une belle leçon de courage et de vie!
    Ont suivi Le pavillon des cancéreux,L'archipel des goulags,Le premier cercle. Les chroniques et romans de Soljenitsyne,écrivain soviétique réhabilité en 1957 dénoncent le stalinisme et les atteintes aux droits de l'homme en URSS.
    Déchu de la citoyenneté soviétique et expulsé de son pays en il s'exila aux Etats Unis de 1974 à 1994.Il a obtenu le prix Nobel en 1970.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 31 mai 2008

    Woland
    Odin den'Ivana Denissovitcha
    Traduction : Lucia et Jean Cathala
    Que dire de ce court roman, basé sur des faits authentiques, qui valut à son auteur la reconnaissance mondiale ?
    Tout d'abord qu'il fut remarqué en 1961 par le rédacteur de la revue Novy Mir, Alexandre Tvadorvski.
    Puis que celui-ci, comme beaucoup d'autres, estimait qu'il fallait à tout prix, après la dénonciation des crimes staliniens et du culte de la personnalité par les XXème et XXIIème Congrès du Parti communiste soviétique, évoquer les horreurs du goulag de façon plus hardie que les quelques (rares) scènes d'arrestation montrées (de temps en temps) dans tel ou tel film auquel la censure du Parti n'avait pas bronché.
    C'est ainsi que la manuscrit d'"Une journée d'Ivan Denissovitch" finit par se retrouver entre les mains de Vladimir Lébédiev, conseiller principal de Khrouchtchev à la culture. Or, Lébédiev, fait rare chez un politique, aimait la bonne littérature et, sous réserves de quelques menues coupures dans le texte, il se chargea de lire lui-même le texte au Premier secrétaire. Et peu après, le roman fut édité.
    Dans l'oeuvre de Soljenitsyne, ce roman paraît un tour de force. D'abord, il est bref. Ensuite, bien que les événements relatés soient évidemment des souvenirs de l'auteur, celui-ci parvient à prendre - et à conserver - le recul dont rêve tout écrivain hanté par le besoin irrépressible de retracer par écrit les situations les plus douloureuses qu'il a traversées. Enfin, rien qu'en racontant dix-sept heures de la vie d'un zek au goulag, le romancier trouve le moyen d'entraîner son lecteur dans les profondeurs d'un enfer où Les Démons se nomment Routine, Froid, Faim et Peur.
    Pourtant, pas un instant, Soljenitsyne ne tombe dans le mélo sordide. Il ne fait pas pleurer Margot, c'est le moins que l'on puisse dire. La roublardise paysanne dont Ivan Denissovitch Choukhov est bien obligé de faire montre pour survivre dans le camp où il purge sa peine, fait même sourire plus d'une fois le lecteur qui, d'emblée, se sent le frère de cet homme simple, sans grande instruction mais bon ouvrier, à qui une révolution qu'il ne comprend pas (et à laquelle il ne s'intéresse pas vraiment) a volé une partie de son existence pour des raisons aussi absurdes qu'iniques et qui, dans sa misère, réussit à se satisfaire de menues joies et, mieux encore, à partager celles-ci avec moins malin ou moins chanceux que lui.
    Plus qu'à Tolstoï le théoricien, c'est évidemment à Dostoievski que Soljenitsyne fait ici penser. La langue bien sûr, la façon de l'utiliser et la construction du roman appartiennent au XXème siècle mais, par la générosité de la pensée et par la dimension universelle qu'il donne à son Ivan Denissovitch, Soljenitsyne est bien l'héritier de l'auteur des "Frères Karamazov."
    Rien que cela devrait vous inciter à lire "Une journée d'Ivan Denissovitch" - si ce n'est déjà fait, bien sûr. ;o)
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 05 février 2012

    carre
    Ce récit du dissident Soljenitsyne, raconte la vie au quotidien au goulag. On suit Choukov un des détenus de cette vie concentrationnaire ou plutôt la survie dans ce camp ou humiliations, violences, avilissements, tortures sont le lot quotidien de ces hommes que leurs bourreaux s'ingénuent à déshumaniser.
    On pense bien sur au "Si c'est un homme" de Levi.
    Emouvant, éprouvant le texte de Soljenitsyne est malheureusement la preuve de la folie de tout régime totalitaire (la barbarie pour mettre l'homme au pas).
    Un texte qui montre à quoi sert aussi la lecture, témoigner pour ne jamais oublier. A méditer et à faire passer.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 18 septembre 2010

    lehane-fan
    Au Goulag , rien ne vous est epargné !!! Les brimades se suivent sans repit , le but ultime etant bien sur de vous casser , de vous briser afin que votre volonté soit aneantie , lavée de tout residu anti-patriotique faisant ainsi de vous un homme neuf , fidele aux idees du Soviet Supreme.
    Livre glaçant s'il en est..( sans vilain jeu de mot car bosser par -30 , a moins d'etre un ours polaire..) Une fois l'effort d'immersion accompli ,rendu delicat par la redaction argotique de ce recit d'epoque et qui a necessité , pour ma part , un petit temps d'adaptation , l'on se prend d'affection pour Choukhov , et sa resignation ( comment ne pas l'etre) s'apparentant souvent a une certaine philosophie de vie (de survie serait plus appropriée ).
    La faim , le froid , les maladies , les embrouilles entre prisonniers , et ces comptages qui n'en finissent pas sont ainsi le lot journalier , mensuel , annuel..de ces "reeduques" qui , pour les plus chanceux , ressortiront libres alors que leurs camarades , eux , le feront les pieds devant.

    Un livre puissant , dur , d'une immense tristesse au regard de toutes ces vies sacrifiees au profit d'un ideal socialisme omnipotent...
    Un livre necessaire...
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 07 décembre 2011

    colimasson


    Après Le pavillon des cancéreux, lourd pavé qui s'attachait à décrire chacun de ses personnages dans le moindre détail de ses pensées, grande a été ma surprise de partager une journée avec Ivan Denissovitch.
    Une journée et une centaine de pages devront suffire au lecteur pour s'imprégner de l'univers concentrationnaire des goulags au début des années 1950. A la fresque magnifique et humaine qui s'attardait à détailler les cancéreux du pavillon, ici prévaut l'économie des mots, la distanciation, comme une certaine forme de crainte de l'émotion et du sentiment.
    Ivan Denissovitch est projeté sur le devant de la scène sans que nous ne sachions rien de lui, et après une journée passée en sa compagnie, partageant son quotidien de froid glacial, de famine, de fatigue et de maladie, nous n'en saurons toujours pas davantage (ou si peu) sur son passé ni sur ses valeurs, sur tout ce qui aurait pu le concerner en tant qu'être humain fait d'histoires et de sentiments. Est-ce parce que l'individu est écrasé dans le Goulag que Soljenitsyne refuse de lui donner la moindre singularité ? Les seules caractéristiques qui différencient les prisonniers les uns des autres concernent leurs aptitudes à la survie et à la débrouillardise. Rien à voir avec Le pavillon des cancéreux, qui donnait au moins le droit à ses malades de revendiquer leur passé et leurs sentiments.
    Pour autant que ce style froid et impersonnel traduise à merveille l'inhumanité des Goulags, il m'a rendu ce livre beaucoup plus difficile d'accès que Le pavillon des cancéreux. On a parfois l'impression de lire le planning d'une journée, et même si cette journée est quelque peu particulière puisqu'elle se déroule dans un Goulag, les efforts requis pour ne pas décrocher sont très importants. Et si je suis restée de marbre sur la durée de ma lecture, j'ai toutefois été surprise de me sentir mal à l'aise en tournant la dernière page. La résignation d'Ivan Denissovitch est telle qu'elle ne laisse aucun espoir à l'humanité. La conclusion de ce livre est d'un pessimisme rare et d'autant plus fort qu'il jaillit d'un style journalistique qui tente a priori de rester parfaitement neutre.
    Il faut donc du courage pour entrer dans ce livre, mais il en a fallu certainement davantage à Soljenitsyne pour revenir sur son expérience dans les Goulags. Finalement, le prix à payer pour que tout lecteur puisse s'en imprégner à son tour n'est pas si élevé que ça…


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-une-journee-d-ivan-denissovi..
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Citations et extraits

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  • Par carre, le 05 février 2012

    Ce départ en pleine nuit pour l'appel du matin, par froid de loup, avec le froid au ventre pour la journée entière, il n'y avait pas pire crève-coeur. On en ravale sa langue. Ca vous coupe l'envie de causer entre soi.
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  • Par carre, le 05 février 2012

    Ici, les gars, la loi... c'est la taïga. Mais, même ici, on vit. Ceux qui ne font pas de vieux os, au camp, c'est les lèche-gamelles, c'est ceux qui comptent sur l'infirmerie, c'est ceux qui vont frapper à la porte du grand patron.
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  • Par carre, le 05 février 2012

    Quand on travaille pour des hommes, on en met un coup ; quand c'est pour des cons, on fait semblant.
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  • Par colimasson, le 07 décembre 2011

    Il s’endormait, Choukhov, satisfait pleinement. Cette journée lui avait apporté des tas de bonnes chances : on ne l’avait pas mis au cachot ; leur brigade n’avait point été envoyée à la Cité du Socialisme ; à déjeuner, il avait maraudé une kacha ; les tant-pour-cent avaient été joliment décrochés par le brigadier ; il avait maçonné à cœur joie ; on ne l’avait point paumé avec sa lame de scie pendant la fouille ; il s’était fait du gain avec César ; il s’était acheté du bon tabac ; et au lieu de tomber malade, il avait chassé le mal.
    Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur.
    Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait, d’un bout à l’autre, trois mille six cent cinquante-trois.
    Les trois de rallonge, c’était la faute aux années bissextiles.
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  • Par sarasvati, le 12 avril 2010

    p. 165/
    Le vrai ennemi du prisonnier, c'est le prisonnier son frère. Si les zeks n'étaient pas des chiens entre soi...eh bien, les chefs, ils ne seraient plus de force à les commander.
    ...marche! qu'il crie, le sous-chef d'escorte.
    On arrive au poste de garde.
    Le poste, cinq routes y mènent. Une heure avant, elles fourmillaient de zeks. Le jour qu'on les bâtira en rues, l'endroit du poste et de la fouille deviendra la grand-place. Et de la même façon qu'à présent les colonnes de zeks qui rappliquent du boulot, c'est là que les cortèges se rencontreront pour les fêtes.
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Alexandre SOLJENITSYNE à propos de la crise spirituelle en Occident
Alexandre SOLJENITSYNE conclut cette émission spéciale qui lui est consacrée en s'exprimant (en russe, traduction simultanée) sur la crise spirituelle en Occident, générée par le matérialisme des trois derniers siècles.Puis, Alain JEROME termine l'émission en lui remerciant de sa présence.











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