> Marianne Millon (Traducteur)

ISBN : 274276657X
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 67 notes) Ajouter à mes livres
"La n° 7 Empoisonne, récitait le vieux, tandis que l'enfant lisait, sans un seul murmure, sans une seule erreur. La n° 8 Conjure... La n° 9 Invoque... La n° 10 Exécute... La n° 11 Devine... La n°12 Connaît. - II s'arrêta et sourit. Ce sont les dames. Elles sont treize, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 12 septembre 2011

    Malaura
    Parce qu'ils font toutes les nuits le même cauchemar qui les terrorise, un professeur de littérature au chômage et une mystérieuse clandestine hongroise se retrouvent plongés dans une histoire fantastique des plus terrifiantes.
    Assistés d'un vieux médecin, ils découvrent l'existence d'une secte millénaire de sorcières qui utilisent la poésie pour assouvir leur soif de destruction.
    Projetés dans une réalité qui les dépasse ils devront faire face à la cruauté inouïe des "13 Dames" du Verbe…
    Une œuvre singulière et fantasque, pleine d'une imagination débridée et fantaisiste.
    On se laisse pleinement envoûter par ce suspense fantastique où la poésie devient arme de torture et de destruction, où le pouvoir des mots est synonyme de barbarie cruelle et raffinée, où la réalité se désagrège sous les vers de Shakespeare ou de Keats.
    Le psychiatre espagnol José Carlos Somoza, à qui l'on doit l'étourdissante « Caverne des idées », excelle dans la construction des univers troubles, déformés, surréalistes, un peu comme si l'on naviguait, ébahi, dans une toile de Dali, avec cette impression de réalité altérée, truquée, modifiée par l'emploi d'un fantastique échevelé qui vient fausser la donne d'un réel terne et immobile.
    Porté par une écriture fluide et colorée, un style imagé très visuel, un sens du rythme effréné, « La Dame n°13 » est un roman pour le moins original qui tient totalement en haleine.
    Aussi, l'on ne saurait trop reprendre à son compte ses quelques vers de Dante pour avertir le lecteur : « Vous y entrez ici, laissez toute espérance »…
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 17 avril 2012

    Woland
    La dama número trece
    Traduction : Marianne Millon
    Ici aussi, un gros roman : cinq-cent-cinquante-et-une pages. Somoza a un faible pour les pavés, probablement parce que les histoires qu'il imagine ressemblent à des labyrinthes aux méandres infinis. "La Dame N° 13" ne manque pas à la règle mais à ce jour, ce livre reste pour nous l'un des moins convaincants de son auteur.
    Le thème pourtant a de quoi séduire un grand lecteur puisqu'il s'agit du pouvoir des mots et tout particulièrement du pouvoir de la poésie. le héros du roman, jeune professeur de lettres en dépression, poète à ses heures, possède une merveilleuse bibliothèque, remplie exclusivement d'ouvrages où les plus grands poètes voisinent avec les moins connus. Dans cet univers qu'on pourrait croire voué à la douceur et à la beauté, au pire à celles, tristement suaves, de la nostalgie et du regret puisque, deux ans plus tôt, notre homme a perdu son épouse, Beatriz, dans des circonstances tragiques, des ombres sinistres et à première vue incompréhensibles commencent à s'infiltrer sous la forme d'un cauchemar récurrent. Une grande maison solitaire, un assassinat atroce, une errance fantomatique dans la maison à la recherche de ... de quoi, exactement ?
    La répétition du cauchemar pilonne de façon insupportable le cerveau de Salomón Rulfo, puisque tel est le nom de notre héros. le malaise et, disons-le, la peur, atteignent un tel degré qu'il songe même à se confier à un médecin. Surtout quand il apprend, aux informations télévisées, qu'un crime s'est effectivement déroulé dans une maison absolument semblable à celle qu'il voit dans ses rêves. Mais quand il se résout à pénétrer dans cette étrange demeure, à la porte de laquelle est gravée une citation de "La Divine Comédie" : "lasciate ogni speranza / laissez ici tout espoir", il ne se doute pas que les événements vont l'aspirer dans une aventure incroyable où la pitié ne sera jamais de mise pour les vaincus.
    L'idée est plus qu'intéressante : elle est belle et tout amateur de littérature est tenté d'y croire - ne connaissons-nous pas, au plus intime de notre être, la merveilleuse puissance des mots ? Maintenant, est-ce la manière un peu trop "éclatée" dont elle est traitée ou la trop grande froideur du personnage féminin principal ? A moins que cette façon exclusivement négative et souvent atroce d'utiliser un pouvoir dont lui-même a pu apprécier, à divers moments de son existence, l'indicible générosité, ne parvienne pas à convaincre réellement le lecteur pur et dur, celui qui, tout comme Salomón et tout comme "les Dames", ne saurait vivre loin des bibliothèques et de leurs hôtes éternels ? ...
    C'est à cette explication que nous nous arrêterons tout en vous recommandant néanmoins de lire "La Dame N° 13", lequel demeure tout de même un bon roman d'épouvante à défaut de se révéler aussi complexe que "Clara et la Pénombre" ou encore "La Caverne des idées." ;o)
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Chaplum, le 16 mars 2008

    Chaplum
    Rulfo vit reclus depuis que sa fiancée est décédée quelques années plus tôt. Enseignant, spécialisé en poésie, il vivote sans emploi, se réfugiant dans le réconfort de l'alcool.
    Cependant, depuis quelques temps, des cauchemars récurrents viennent troubler sa solitude et sa retraite volontaire. Il rêve d'une maison blanche à colonnes dans laquelle une femme a été horriblement torturée et dont la tête coupée lui demande de l'aide. Par hasard, il découvrira que ce meurtre a réellement été commis. En se rendant sur les lieux du crime, il fera connaissance avec Raquel qui, comme lui, a été attirée dans la demeure par une force qui la dépasse.
    A partir de là, les deux jeunes gens seront entraînés sur la piste d'une secte composée de treize dames, qui, depuis la nuit des temps, inspirent les poètes de par le monde, de Virgile à Dante, en passant par Milton. Leur but n'est pas d'enrichir le monde de l'art mais bien d'exercer leur domination, par la création de “vers de pouvoir”, qui, dans La Bouche des dames, deviennent de véritables instruments de torture ou éléments de maîtrise des choses et des hommes.
    Rulfo et Raquel, avec l'aide d'un vieux médecin décident de détruire les dames, dont les actes ne causent que souffrance, peur et misère partout où elles passent.
    L'auteur nous plonge dans une ambiance que seuls les écrivains hispanophones savent distiller : remplie de mystère, de poésie, de brumes, d'énigmes, … Elle est d'une importance capitale pour le déroulement de l'histoire, tout comme les décors, qui sont très recherchés et décrits avec minutie. L'écriture de Somoza, tout en originalité, permet de nous transporter dans ces lieux, de les sentir comme si on se trouvait en compagnie des personnages et qu'on vivait leurs aventures. Cette écriture est d'ailleurs parfois un peu déroutante, notamment dans les libertés que le romancier prend avec la ponctuation ou la mise en page.
    J'ai été époustoufflée par ce livre. Je n'avais jamais rien lu de pareil. C'est magnifique et en même temps ce qu'il raconte est horrible. C'est difficile d'expliquer.
    J'ai été séduite dès les premières pages même si la véritable magie n'opère réellement que passé la moitié du roman. J'ai alors été envoutée par le son des mots de l'écrivain cubain. Je me suis sentie comme tiraillée entre deux sentiments contradictoires : d'une part, lâcher le livre devenait impossible avant de découvrir le dénouement final ; d'autre part, lire ce roman d'une traite demande une énergie débordante tant l'histoire est riche en émotions, rebondissements et horreurs qui nous prennent aux tripes.
    En conclusion, j'ai adoré. Somoza est doté d'une imagination créatrice incomparable et originale. Si je devais retenir un point négatif, j'évoquerais l'une ou l'autre pirouettes littéraires qui frôlent l'éxagération vers la fin du roman mais cela reste tellement anecdotique que cela ne gâche en rien le bonheur de la lecture.
    J'ai été à ce point séduite, que à peine la dernière page finie, je me suis précipitée dans une librairie pour me procurer Clara et la pénombre.

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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ahez, le 20 mai 2012

    ahez
    La Dame n°13 de José Carlos Somoza est une véritable surprise. Exactement le livre que je n'aurais pas acheté toute seule. Heureusement, j'ai des amies de bons conseils et fines lectrices.
    Le héros, Salomon Rulfo est un professeur de lettres passionné de poésie. Depuis plusieurs nuits, il est hanté par un cauchemar que rien n'arrête: le meurtre d'une femme. Epuisé, il se rend sur les lieux du crime où il rencontre Raquel, une clandestine hongroise, d'une beauté extraordinaire qui a seulement en commun avec lui ses cauchemars. Ils sont accueillis par le vers "Laissez toute espérance, vous qui entrez" ce qui laisse présager de la suite. Leur enquête les met sur la piste des Dames, inspiratrices des poètes depuis l'aube des temps.
    Horreur, fantastique terrifiant, réflexion littéraire, voici les ingrédients d'un roman qui ne se lâche pas une seconde. L'auteur invente un nouveau rapport à la poésie. Les mots ne sont pas seulement musique, ils sont "carmen", paroles magiques, envoûtement comme les Anciens l'avaient pressentis. Dans La Bouche des Dames, ils dépassent notre réalité et nous entraînent dans un monde fantastique violent et terrifiant. Les descriptions des corps torturés - à la limite du soutenable- , les instants de terreur pure bouleversent les convictions littéraires les plus affirmées. Il souffle sur la poésie un vent de folie inhumaine, une démesure qui n'est pas sans rappeler les prophétesses antiques. Chaque vers prononcé par les dames est un écho dans notre mémoire, nous terrifie d'autant plus et nous pousse à trouver le salut au bout des pages. La tension du suspens est parfaitement menée jusqu'à la résolution finale.
    Un seul bémol peut-être serait à propos du dernier chapitre qui casse un peu le rythme et semble inutile. J'aurai peut-être aimé finir sur l'apothéose finale, sans résolution, dans une suspension infernale.
    Un livre à lire d'urgence, que j'ai prêté et qui emporte un vif succès.

    Lien : http://ahezcess.canalblog.com/archives/2011/03/23/20537985.html
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    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 12 juin 2008

    sentinelle
    Quel est le point commun entre un poète malheureux et une jeune prostituée hongroise ? Un même cauchemar. Lorsque les médias s'emparent du meurtre d'une riche propriétaire, que Salomon Rulfo et Raquel reconnaissent comme celle qui habite leurs nuits, leurs pas les mèneront chacun de leur côté à l'entrée d'un solennel portail métallique d'une vaste propriété. Sur un rectangle en pierre situé à côté du portail figurent ces quelques mots : « Lasciate Ogni Speranza ». Il s'agit de l'un des vers que Dante plaça aux portes de l'enfer : « Laissez toute espérance vous qui entrez ». Curieux message de bienvenue qui n'empêchera pas nos visiteurs de pénétrer clandestinement dans l'étrange demeure de la victime Lidia Garetti entrevue dans les médias.
    Ainsi débute ce roman qui mélange les genres : thriller, roman noir, fantastique et même parfois un peu gore. Sans trop dévoiler la suite, nos protagonistes seront lancés sur la piste de 13 Dames qui inspirent depuis des siècles les plus grands poètes, certaines d'entre elles étant même passées à la postérité : Laure, qui inspira Pétrarque ; la dame brune de Shakespeare ; Béatrice, celle de Dante. Mais qui sont-elles vraiment ? Des muses, des membres d'une secte, des sorcières, des gorgones ? Quels que soient leurs noms, elles sont avant tout des figures féminines puissantes et perverses qui utilisent la puissance des vers comme des armes destructrices et mortelles.
    Le pouvoir des mots ! José Carlos Somoza, écrivain mais aussi psychiatre, est bien placé pour saisir l'impact des traces que peuvent laisser les mots entendus dans l'enfance ou sortis de La Bouche d'un parent, ami ou connaissance. Sous le couvert de la sorcellerie, La Dame n°13 nous livre une plaisante illustration de l'utilisation du langage comme outil de pouvoir et de domination… ce ne sont pas les politiciens, les religieux, les psychologues ou les philosophes qui le contrediront. Ni Aristote, qui considérait la puissance des mots comme « la forme la plus subtile de la violence ».
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Citations et extraits

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  • Par Sesheta, le 14 octobre 2010

    Elle tourna soigneusement les pages, penchée en avant, la lumière de la lampe plongeant sur le texte. Elle ne s'arrêtait pas à la beauté des mots, la netteté des strophes, l'importance des poèmes ou de leur possible signification. Ce n'était pas ce qu'elle tentait de capter. Elle voulait qu'un vers la BLESSÂT. Elle voulait découvrir dans un mot des reflets de couteau, le fil de la lame de rasoir, la dureté du diamant. Elle voulait trouver un poignard de syllabes pour le plonger dans la poitrine de Saga. Elle était à la recherche d'une balle en argent, d'une ligne qu'elle pourrait charger dans la chambre de sa bouche afin de la tirer sur Saga entre les deux yeux.

    (p.512)
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  • Par Woland, le 17 avril 2012

    [...] ... La nuit précédente, Rulfo avait dit à Ballesteros que les poètes qui avaient composé des vers de pouvoir étaient relativement peu nombreux. Il avait raison dans l'ensemble. Mais il existait des degrés très subtils. Oma Khayam avait un seul vers dans tous les "Robayat", mais son effet était tel qu'il compensait largement ce manque. Pedro Salinas et Jorgé Guillén, qui n'avaient jamais été inspirés par les dames, hébergeaient d'authentiques bombes dévastatrices dans l'espace de deux ou trois lignes. Byron avait écrit une strophe à l'incroyable pouvoir de destruction, mais il fallait la réciter à l'envers.

    Cependant [Raquel] pensa qu'elle ne pouvait perdre son temps avec les plus faibles. Elle devait aller voir directement chez les dangereux.

    Le jeune et maladif Isidore Ducasse par exemple, célèbre pour son pseudonyme de comte de Lautréamont, et ses "Chants de Maldoror." Il y avait tant de pouvoir dans ces poèmes en prose que, d'après ce qu'elle se rappelait, une seule vie humaine ne suffisait pas à tout utiliser. Elle trouva une édition originale brochée et la posa sur la table. A côté, elle vit un exemplaire de "The Tower and Other Poems" de Yeats. Elle se rappela que Yeats avait été inspiré par Incantatrix [l'une des Treize Dames], qu'il avait vue pour la première fois en rêve dans son enfance, à Sligo, et ensuite, adolescent, debout sur un promontoire rocheux cerné par les vagues, languissante et vaporeuse comme de l'écume de mer. Elle devait aussi emporter Lorca. Elle supposa que Rulfo devait posséder une bonne édition du "Romancero gitan."

    Elle sentait un noeud à la gorge et avait envie de pleurer. Tous ces noms lui rendaient visite, accompagnés de mystérieux souvenirs.

    Elle se voyait elle-même en train de regarder à travers les yeux d'un chat tandis que T. S. Eliot composait "La Terre Vague." Elle se rappelait avoir parlé aux aveugles Borges et Homère. Elle conservait une vague réminiscence de tuniques et de torches au cours d'une cérémonie avec Horace. Un jour John Donne avait essayé de l'embrasser. Une fois elle avait observé Vicente Aleixandre dans son sommeil, et à une autre époque et ailleurs, elles avait découvert les yeux de Wordsworth parmi une multitude de gamins jouant en plein air.

    Il en avait parfois été autrement. Mais rien de cela n'avait d'importance maintenant. N'avait-elle pas tout abandonné pour une seule chose ? ... [...]
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  • Par Sesheta, le 14 octobre 2010

    Puis il comprit que cette apparence était elle aussi une illusion, une illusion friable. Les dames pouvaient être des louves, des guépards, des serpents ou des chouettes. En fait, elles ne possédaient pas une seule forme, c'étaient des choses qui habitaient dans les interstices du langage, des logogriphes profonds.

    (p. 496)
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  • Par Woland, le 17 avril 2012

    [...] ... Le trajet fut silencieux. Rulfo ne desserra les dents que pour demander la permission de fumer et, de temps en temps, guider le médecin à travers le labyrinthe d'allées solitaires à l'aide d'un plan. Ballesteros comprit qu'ils n'avaient rien à se dire en dehors de l'étrange affaire qui les avait réunis. En outre, l'absence de dialogues lui permit de réfléchir. A la différence de Rulfo, il se considérait comme un homme prudent. Il était étonné de la rapidité avec laquelle il s'était mis à faire confiance à cet inconnu, de même que du caractère insolite de sa propre idée d'aller voir subitement la maison. Pour ce qui était du premier point, cependant, toute son expérience professionnelle lui disait que Rulfo n'était pas fou et ne mentait pas. Il pouvait se tromper mais il essayait de ne tromper personne : sa pâleur était légitime et il semblait aussi déconcerté, aussi exposé à l'incompréhensible que lui. Quant à sa propre idée d'aller voir la maison ... Bon, il soupçonnait qu'à son âge, il pouvait encore se surprendre lui-même.

    C'était un quartier résidentiel situé à l'extérieur de la ville. Les noms des rues évoquaient des contes de fées : "allée des Araucarias", "rue des Ormes" ... Mais le paysage, malgré la végétation et le silence, démentait immédiatement cette apparence : murs immenses, grilles, vigiles, alarmes et caméras entouraient tout, cachant les maisons à la vue. Ces dernières étaient à leur tour dissimulées de façon très variable, juste un peu cachées pour les petites, presque invisibles dans le cas des grandes, comme si le degré d'intimité avait présenté un plus grand luxe qu'un système domotique complet.

    L'allée des Marronniers était étroite et effectivement flanquée de marronniers, le sol tapissé de feuilles. La lumière du soir était moribonde quand Ballesteros gara sa Volvo devant le numéro 3. C'était le dernier de la rue, de sorte qu'il formait à lui seul une petite place. Un mur d'une hauteur considérable et un solennel portail métallique se chargeaient de décourager les curieux. Des rafales de vent agitaient les feuilles, en leur donnant de délicates impulsions, comme des cordes de cithare. Quelque part un grand chien, peut-être un dogue, aboya.

    - "Nous sommes arrivés," dit Ballesteros sans nécessité. Puis il descendit de voiture et s'approcha du portail métallique avec Rulfo. "Par où le dénommé Robledo [l'assassin] est-il entré ?

    - D'après toutes les hypothèses, il a sauté par dessus le portail, s'est introduit dans la propriété, puis il a forcé une fenêtre. Lidia Garetti n'avait pas fait installer d'alarme." ... [...]
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  • Par Sesheta, le 14 octobre 2010

    Une alarme retentit, affolée, engloutissant le bruit de verre brisé. Quelqu'un venait de forcer les portes de ce centre psychologique privé, non pas pour y entrer, mais pour en sortir.

    (p.481)
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