Il y a deux façons de lire ce livre : savoir ce qui l'a inspiré ou pas. Je connaissais l'inspiration (pour cause de billets de lecture pas toujours très discrets, voire tout simplement de la 4ème) mais pas l'univers précis (et pour cause, le mix SF / horreur dont le livre se réclame n'est absolument pas ma tasse de thé. Si besoin était, ce livre en est la preuve définitive).
Dans le second cas, j'imagine que l'on peut trouver l'auteur génial pour peu que l'on soit porté sur le mix susnommé (en tout cas, Somoza, dans sa postface, se félicite de son travail - en même temps, on n'est jamais mieux servi que par soi-même...).
Bref, si j'accorde deux étoiles à ce livre c'est essentiellement parce qu'il m'a embarqué dans un univers tout à fait improbable alors que je souffrais horriblement des dents (et donc qu'il m'a permis de penser à autre chose, de râler contre les "âneries" de l'intrigue, en rire aussi de temps à autre, je le reconnais. Toutes mes excuses aux amateurs du genre, mais bon, ce type d'univers délirant me fait marrer, et pas de façon charitable).
J'ai été déçue par le manque d'ambition de l'auteur. A trop vouloir rendre hommage, il a oublié de puiser dans ses propres ressources dont il a pourtant fait la preuve avec notamment "
Clara et la pénombre" ou encore "
La Dame n°13". Ce livre est supposé être "flippant" ; je suis une grosse trouillarde (rien que de penser à la fin de "
La Dame n°13" me donne encore des frissons, des années après sa lecture, c'est dire...) et ce roman ne m'a pas stressée un seul instant.
Somoza a le chic pour m'entraîner sur des terrains que je ne fréquente pas et pour me faire apprécier le dépaysement mais, là, il est parti en vrille et moi je l'ai regardé faire son numéro.En outre, le livre souffre de longueurs, en particulier sur la fin. Il m'a fallu parfois relire 3 fois la même phrase pour tenter de démêler le sac de noeuds dans lequel Somoza s'est empêtré lui-même, donnant l'impression de ne plus trop savoir ce qu'il disait (à vouloir créer des intrigues tordues, on finit par ne plus savoir comment s'en sortir...).
Il me reste l'espoir que son dernier roman traduit me fasse oublier ce que je n'oserais nommer un ratage (quoique ?...).