ISBN : 9782742799398
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
Lever de rideau. Ici une bretelle noire glisse sur une peau diaphane, là des yeux mi-clos quémandent un improbable pardon : parure et posture. Elles charment et abusent les sens, elles disent qui est le maître. Si le grand ordonnateur de ce manichéisme visuel s'appelle ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (14)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par sentinelle, le 30 novembre 2011

    sentinelle
    Roman construit essentiellement comme un thriller ‘classique', l'histoire consiste à poursuivre deux dangereux tueurs en série, à savoir le Spectateur et l'Empoisonneur, dans la ville de Madrid légèrement futuriste. Mais c'est la méthode utilisée qui donne toute la saveur et l'originalité de ce roman : on ne poursuit plus la piste des meurtriers mais on les attire à l'aide d'appâts humains initiés aux techniques des Masques, techniques basées sur le décryptage des œuvres de Shakespeare et qui consiste à jouer des scènes en prenant certaines postures afin d'attirer pour ensuite neutraliser le meurtrier. le grand écrivain et dramaturge de l'époque élisabéthaine aurait en effet fournit toutes les clés nécessaires pour décoder le genre humain et l'analyse de ses œuvres aurait permis de dégager une cinquantaine de philias, à savoir des catégories de profils psychologiques particuliers réagissant à certains stimuli spécifiques pouvant être reproduits à la ville comme sur une scène de théâtre. On ne dégaine plus son arme pour neutraliser un psychopathe mais on le paralyse momentanément en lui faisant subir une overdose de plaisir en le matraquant de stimuli adéquats, stimuli engendrant sur sa psyché des effets tout aussi immédiats qu'incontrôlables pour celui qui en subit les conséquences.
    Mais il semblerait que le Spectateur échappe à toute catégorisation : il fait bien partie de la philia de l'holocauste mais pas seulement, ce qui complique la donne et rend ‘la pêche' plus difficile. Diane Blanco, meilleur appât en activité à ce jour et ultime arme secrète d'une méthode ultraconfidentielle du gouvernement, part sur les traces du meurtrier d'autant plus volontiers que sa jeune sœur, appât débutant, vient de se faire enlever…
    Faux-semblant, manipulations psychologiques, règne de l'apparence et des masques, mensonges, impostures, magouilles et dérives en tout genre, l'auteur s'amuse et nous avec, enfin surtout pendant les ¾ du récit. Car le dernier quart va un peu trop dans tous les sens : de rebondissement en rebondissement, on finit malheureusement par passer du grand théâtre Shakespearien au Grand-Guignol tant il abuse des retournements excessifs.
    En conclusion, l’appât de José Carlos Somoza est un roman agréable à lire et très prenant par son inventivité et le côté subversif et provocateur de la méthode utilisée si on veut bien laisser de côté le final abusant d'effets spectaculaires. Il ne reste qu'il arrive à insuffler un certain malaise si pas une certaine fascination et rien que pour ça, il vaut la peine d'être lu pour peu qu'on accepte de jouer le jeu. Un roman que je vois bien adapter au cinéma prochainement tant il s'y prête à merveille.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LaurentM, le 23 mai 2012

    LaurentM
    Le background du roman est, encore une fois, très original : grace à des ordinateurs quantiques, le comportement humain a été disséqué. Une cinquantaine de schémas a été mis en évidence. Ces schémas correspondent aux désirs insconscients des gens. Quand on connait le schéma de quelqu'un, on peut l'influencer en prenant des postures adaptés, en faisant des gestes qui parlent directement à son subconscient. Les appats sont des personnes formées pour identifier le schéma de quelqu'un et pour savoir faire les gestes nécessaires. Somoza a tellement travaillé sur ce background que l'on a l'impression que cela pourrait exister.
    On suit Diana, appat de la police espagnol, à la recherche du spectateur, un monstre qui enlève des jeunes femmes. C'est un livre très particulier situé dans le monde des obsédés sexuels. Il y a une intrigue de folie qui en fait un thriller très efficace avec deux chutes que je n'avais pas du tout vu venir (car l'histoire est assez compliquée et il y a donc 2 chutes).
    Comme toujours avec Somoza (ou avec sa traductrice) c'est très bien écrit et c'est un réel plaisir de lecture. Certains moments sont un peu difficiles du point de vue de l'ambiance mais c'est le sujet qui veut cela.
    Au final, un excellent livre, à la fois original, prenant, un peu dérangant. Vaut vraiment le déplacement !
    Ah, que j'apprécie Somoza :-)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par ajouf, le 10 décembre 2011

    ajouf
    Sentinelle nous dit que l'auteur s'amuse, et nous avec lui, mais que la fin part dans tous les sens.
    Moi, j'ai commencé à m'y ennuyer dès le début, j'ai trouvé que cela partait dans tous les sens dès le début, et j'ai fini par survoler sans plaisir ce récit de 410 pages.
    L'intrigue déjà décrite plus haut, est construite sur une théorie psychologique que l'auteur reconnaît lui-même comme étant uniquement romanesque (c'est un ancien psychiatre).
    Le comportement des individus serait conditionné par un psynome, chacun aurait le sien, entrant dans une des catégories normalisées par un savant-psychologue-policier spécialiste de Shakespeare. On serait d'une « philia » comme on est d'un groupe sanguin. du coup, on est le pire assassin juste parce qu'on est de la « philia » holocauste.
    Cela ne sonne pas très juste, ce n'est pas crédible. Cette théorie littéraire devrait logiquement nous entraîner dans un questionnement sur la responsabilité véritable de l'assassin. Non, en fait, on reste dans le déroulement d'une recherche d'assassin par piégeage, comme pour un renard dévastateur de poulailler. La traque s'effectue sans enquête policière, elle est menée par des services très spéciaux d'agents féminins dont l'action se situe dans des limites un peu floues, entre prostitution et mission suicide.
    Je ne dis pas que c'est un mauvais roman, je dis juste que pour un type comme moi , méfiant à l'égard des certitudes, ce genre de récits décrivant une humanité dont chaque membre est programmé comme un robot, c'est un « masque » qui ne me procure pas plaisir.
    Désolé José Carlos, c'est comme cela, c'est mon psynome.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Plumisa, le 27 mai 2012

    Plumisa
    Après avoir exploré la Grèce antique, l'art, la poésie, la physique, l'écriture et la bible, Somoza consacre cet opus au théâtre et plus particulièrement à Shakespeare dont il connaît l'œuvre sur le bout des doigts.

    Passé maître dans l'art du polar littéraire qui explore la psyché humaine et ses perversions, l'auteur atteint le paroxysme d'une imagination fertile et perverse. Il amène de façon troublante et ingénieuse le lecteur à s'interroger sur les tréfonds de son être et de sa personnalité : ce qui se déclenche en lui au moment où naît le désir pour quelqu'un ; ce qui fait que ce même désir a pu être déclenché en lui à ce moment-là…

    Dans un maniement subtil et parfait de l'écriture et de la langue, il mêle le réel et l'imaginaire, maîtrise l'art de l'ambigüité et celui des métaphores. Ce récit est comme toujours sous la plume de l'auteur : inattendu.

    Malgré tout je concède que ce livre est loin d'être d'un abord facile, il demande qu'on lui consacre du temps car José Carlos Somoza va encore plus loin que dans ces autres écrits, et l'on peut d'ailleurs se demander jusqu'où il sera capable d'aller.
    Fan inconditionnelle de cet auteur, je conçois que pour une première approche de l'univers de cet auteur, il vaut sans doute mieux commencer par « Clara et la Pénombre » ou « La Dame n°13 ».
    A la fin de chacun des romans de Somoza, je pense à sa traductrice Marianne Million qui sait rendre, roman après roman, l'ambiance particulière de l'univers de Somoza et ses subtilités linguistiques.

    Lien : http://isabelle-passions.over-blog.com/article-l-appat-jose-carlos-s..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 11 avril 2012

    Lulu_Off_The_Bridge
    l’appât fonctionne entièrement sur le concept du psynome et du monde comme théâtre. Prenez des notes, vous y verrez plus clair. Somoza invente le psynome sur le modèle du génome, comme un matériel codé propre à chaque individu, non pas génétique mais psychologique. Les psynomes sont classés par catégories nommées « philia », parce que cela correspond à un essentiel désir irrépressible autour duquel se forme l'individu. Soit. le truc, pour choper du criminel frais et dispo la main dans l'estomac de sa victime, c'est de s'adresser directement à sa philia par le biais de stimuli précis. le psynome étant un code, des ordinateurs quantiques se sont chargés de le traduire en différents algorithmes, interprétés comme une série de gestes, attitudes, couleurs, etc., propre à chaque philia. Vous suivez toujours ? Tant mieux, parce que moi, je m'y perds. Quoiqu'il en soit, les appâts sont formés comme des acteurs, ce sont des acteurs capables de mimer et d'être l'ensemble de ces gestes. Un des Nimbus auteurs de la théorie fait de Shakespeare la clé de toutes les serrures, arguant que toutes les philia sont décrites dans l'œuvre du grand Bill. Tout ceci permettant de tisser sans fin le motif de la vie comme une scène, du nécessaire trompe-l'œil qu'est le théâtre, etc. Peu convaincant, au final.
    Malgré son apparente complexité, l'idée de base est assez séduisante. Revenir à l'humain comme solution de salut, mais seulement pour l'objectiver au point de le dénaturer, de nier le concept même de nature attendu que les appâts de haut niveau ne sont que des coquilles vides qui donnent corps à une pantomime sans jamais s'incarner. La métaphore théâtrale, certes un peu lourde et téléphonée, est une idée intéressante aussi, tout comme le fait d'en passer par Shakespeare pour expliquer le monde comme il va (il apparaîtrait autrement que par le biais de citations doctement dispensées et de rapides récits de ses pièces, ce serait encore mieux. Tel quel, l'app(l)at est un peu épais). Mais on ne marche pas, la magie de la scène n'opère pas. Au contraire, j'en garde une impression de froideur, d'ennui poli, malgré certaines scènes de grande violence, dont on se demande si elles ne servent pas juste à contrebalancer l'absence d'émotion que procure la lecture et de réveiller le lecteur. Je me trompe peut-être, mais il m'a toujours semblé que l'intérêt du polar était au contraire de mettre en place une lecture active, un jeu de chat et de souris avec les pistes et les suspects. Ici, le chat s'est barré et la souris tourne en rond. Il y a bien des rebondissements, certains inattendus, mais cela ne suffit pas à maintenir l'intérêt, tout juste l'attention.
    D'un point de vue purement littéraire et romanesque, on glisse souvent dans le lourd, le malaisé, presque maladroit. Je passe sur l'absence totale d'humour, même par inadvertance. Enfin, j'ai été assez gêné par le rendu des scènes de combats : quand un appât se bat, il le fait sans arme, à base de mime et de mouvements savamment calculés. On dirait que par essence, toute tentative de description rendra le passage ridicule, ne peut être qu'incongrue. Imaginez une scène de prise d'otages où, au pic de la tension, les tireurs d'élite se lancent dans un remake de Rabbi Jacob. Personnellement, j'ai piqué un fou rire. Je ne pense pas que c'était l'effet recherché.

    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.fr/2012/04/loupes-jose-carlos-somoz..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • LeMonde , le 28 octobre 2011
    Le livre fait jouer tout à tour tous les ressorts du thriller, fausses fins, faux coupables, résurrection des monstres et valse des masques, dans un crescendo qui évoque davantage le Grand-Guignol que le théâtre élisabéthain, mais selon une logique endiablée propre à son principe de départ, et où le lecteur - vaut-il mieux dire le Spectateur ? - se trouve lui-même impliqué [...].
    Lire la critique sur le site : LeMonde

> voir toutes (2)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par jostein, le 03 janvier 2012

    Je leur parlerai des théâtres, des sous-sols comme celui-ci où les mineurs répètent pour le gouvernement, des garçons et des filles qui s'entraînent pour tenter les fous et de chaque opération â laquelle j'ai participê.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par jostein, le 03 janvier 2012

    Aujourd'hui, chaque crime est une équation que résolvent les ordinateurs quantiques.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir L’appât par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (53)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz