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> Jean Cholley (Autre)

ISBN : 2070706346
Éditeur : Gallimard (1986)


Note moyenne : 3.98/5 (sur 83 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Mort en 1916 à quarante-neuf ans, Natsume Sôseki vécut aux confins de la psychose la déchirure dont pâtirent tous les intellectuels nés avec la révolution industrielle, politique et culturelle du Meiji. Formé aux lettres classiques chinoises, au haïku, mais envoyé en An... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par andman, le 21 septembre 2013

    andman
    Miaou ! Miaou ! Contrairement à mes congénères et amis du quartier, Kuro un gros matou un peu bourru et Mikeko une gracieuse petite chatte, Je suis un chat sans nom.
    La maîtresse de maison et les fillettes m'ignorent, la bonne m'a en horreur, seul mon maître m'apprécie et me caresse.
    Ce dernier est un drôle d'animal qui fait des gargouillis d'oie étranglée dès le matin. Il est professeur et quand il revient de l'école il s'enferme dans son bureau ; son entourage le croit studieux mais en fait il s'endort aussitôt. Les livres qu'il entasse autour de lui font penser qu'il est un peu savant mais, détrompez-vous, ils sont rarement ouverts…
    Ses amis, Meitei et Kangetsu, lui rendent souvent visite et les trois hommes adorent s'écouter parler : ils sont toujours dans la surenchère, c'est à celui qui racontera avec pédanterie l'histoire la plus loufoque. Ils se réfèrent constamment aux auteurs étrangers et se croient obligés de les citer, lorsque l'un parle les autres ne savent jamais s'il dit vrai ou s'il affabule, ils sont vraiment très perturbés. A voir tout cela d'un œil de chat, quelle tristesse !
    A leur décharge, il faut dire que l'ère Meiji transforme radicalement le pays depuis quatre décennies. le Japon encore moyenâgeux au milieu du siècle dernier s'occidentalise à marche forcée et en ce nouvel an 1905 la guerre russo-japonaise qui fait rage perturbe de surcroît les esprits.
    La période n'est pas facile pour ces intellectuels mal dans leur peau dont l'horizon se rétrécit au profit des politiques et affairistes de tout poil. S'il est dans l'air du temps de railler la civilisation occidentale, de se rattacher aux traditions ancestrales, encore faut-il éviter le ridicule d'une analyse simpliste et stérile.
    Tapi dans mon coin j'observe ces êtres à deux pattes pérorer à qui mieux mieux.
    C'est drôle, c'est affligeant, à peine croyable !
    Toutes griffes rentrées, en faisant patte de velours et bouffer mes 88 880 poils, je vous invite à découvrir cette prose féline, cette satire nipponne qui interpelle et parfois même défrise les moustaches.
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    • Livres 4.00/5
    Par EMOTION, le 10 mai 2012

    EMOTION
    " Je suis un chat" et pas n'importe quel chat même s'il y a des antécédents dans la littérature: je parle des hommes, de mon maître, des intellectuels pédants qui l'entourent, des hommes d'affaires étroits. Je suis un chat à l'ironie facile tant ces hommes du début de l'ère meiji sont ridicules. Pourtant je leur ressemble parfois et je rêve même que je suis un tigre.
    Un plaisir de lecture malgré la longueur du livre et les caractères très petits de cette édition de gallimard dans la collection au titre parlant: connaissance de l'orient. Nous apprenons beaucoup sur cette période qui a vu les idées occidentales, liberté et personnalité entre autres, pénétrer la civilisation japonaise. Nous apprenons aussi que les hommes apparaissent bien laids aux chats en raison de cette "protubérance " au milieu du visage et de cette absence de poils sur l'ensemble du corps.
    On rit et sourit fréquemment dans ce livre: mentionnons l'histoire de ce moine zen qui a fait preuve d'un courage stupéfiant lors d'un violent orage, courage qui a subjugué le commun des mortels jusqu'à ce que l'on s'aperçoive qu'il était sourd. Eh oui, même nos actes les plus nobles ont parfois des soubassements moins glorieux!
    Comme dit le chat , les hommes ouvrent souvent la bouche pour tuer le temps même s'ils n'ont rien à dire; alors je vais arrêter mon laïus et conseiller aux amoureux du japon ( qui ne l'auraient pas déjà fait) de savourer ce livre qui rappelle certains romans picaresques, avec un héros hors du commun: le chat.
    Et n'oubliez pas qu'un miroir est l'objet par excellence des imbéciles qui adorent s'y contempler du haut de leur arrogance!!!
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 19 juin 2013

    caro64
    "A un oeil non averti, les chats semblent tous les mêmes, sans aucune différence ni particularité personnelle, mais quand on entre dans leur société, on s'aperçoit qu'elle est passablement compliquée, et que le diction des hommes "autant de têtes, autant d'avis" s'y applique directement. le regard, l'aspect du nez, la fourrure, la façon de marcher, tout a ses particularités. Depuis le port des moustaches jusqu'à la mesure dans laquelle on laisse pendre sa queue, en passant par la façon de dresser ses oreilles, il n'y a rien qui soit uniforme. Beauté et laideur, goûts et dégoûts, élégance et vulgarité, tout existe bel et bien en mille et mille nuances".
    Ainsi, avec ce doux ton, le chat qui n'avait pas de nom nous invite à découvrir sa condition féline, et par jeu de miroir, la condition humaine dans le Japon de l'ère Meiji (1868-1912), cette période de basculement brutal entre une société féodale et le monde moderne.
    Recueilli par un vieux professeur de littérature anglaise, notre ami mène sa vie de chat avec ses voisins, multipliant les rencontres de personnages haut en couleur et aux conditions si différentes. Parallèlement, il se livre à l'observation cynique de la vie de la maison : le maître Kushami, dépassé par son temps, oisif et solitaire, les étudiants déjantés, aux prétentions philosophiques déplacées ou à la bêtise poussée à l'extrême, les enfants insupportables, sa grande ennemie la bonne O-San, et les nombreux visiteurs aux trait grossiers... Autre cible : une famille remplie de parasites, les Kaneda, des Fenouillard en kimono dont les travers ridicules n'échappent jamais à l'ironie de notre matou. Sa gouaille réjouit et la société japonaise s'écroule sous ses griffes comme un château de cartes, avec ce commentaire : "Il y a dans le bout de ma queue assez d'esprit chevaleresque pour que je puisse m'embarquer dans ces confessions."
    Nasume Soseki était un écrivain japonais de la fin XIXe siècle, il fut professeur de littérature anglaise après avoir vécu en occident. Grand maître de Haiku et auteur de nombreux romans, homme d'une grande culture traditionnelle dans un société en plein bouleversement, il fit de son "chat" son porte parole.
    Une oeuvre très originale et jubilatoire à prendre au premier degré pour tous les amoureux des chats.

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    • Livres 4.00/5
    Par IreneAdler, le 23 juillet 2013

    IreneAdler
    Un chat trouve refuge sous le toit d'un professeur d'anglais. L'animal n'a pas de nom ; ce qui ne l'empêche pas d'observer ces étranges animaux que sont les humains. Et ce n'est pas à leur avantage...
    En prenant les traits d'un matou, Soseki peut se livrer à une critique de la société japonaise alors en pleine ouverture à la culture occidentale. Qui est donnée en exemple, sans vraiment prendre de recul. Or il semblerait que notre auteur n'en soit pas satisfait. il place ses griefs dans la bouche d'un fantasque et asocial professeur d'anglais que personne ne prend au sérieux; Les personnages qui l'entourent sont à l'avenant : un excentrique affabulateur, un pseudo philosophe zen et des étudiants peu dégourdis. Tout ce petit monde, ridicule et vaniteux, évolue sous les yeux attentifs de notre chat, juge de l'espèce humaine à travers cet échantillon. Verdict : lâche, étroit d'esprit, vaniteux (et en tirant fierté), stupide, cupide,... Des opinions (toujours argumentées) qui sont pour certaines toujours d'une actualité brûlante (argent, individualisme, insatisfaction chronique, caractère de l'humain...) alors même que le roman date de 1906.
    Cette mise à distance par le biais du chat m'a fait penser aux Lettres Persanes de Montesquieu : le regard de l'étranger sur la société qu'il est amené à côtoyer (bien que notre félin n"échappe pas à certains travers humains). Et bien souvent je n'ai pas pu m'empêcher de penser au théâtre de boulevard, avec des entrées et des sorties intempestives et fracassantes de la maison du professeur (les lieux du roman sont restreints : maison, bain public, maison des Kaneda, jardin).
    Le roman invite à la réflexion, n'est pas toujours facile à aborder mais prête à sourire et parfois même à rire. Alors c'est sûr, ce n'est pas ce qui est communément appelé une légère lecture d'été mais le lecteur a beaucoup à y gagner.
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 02 juin 2012

    Corboland78
    L'écrivain japonais Natsumé Sôseki est né en 1867 et mort en 1916. Bien que Natsumé soit son patronyme et Sôseki son prénom, c'est sous son prénom qu'il est le plus souvent désigné. Spécialisé en littérature anglaise, il commença par enseigner. de 1900 à 1903, il vécut en Angleterre. de retour dans son pays natal, Sôseki succéda à Lafcadio Hearn à la chaire de littérature anglaise de l'université de Tokyo. Son ouvrage Je suis un chat, parut d'abord en feuilleton dans une revue en 1905 avant de s'achever en 1906 par lassitude de l'auteur, ce qui explique certainement sa construction chaotique et sa fin abrupte.
    Le professeur de littérature anglaise Kushami recueille bien malgré lui un jeune chat abandonné. L'animal sans nom, son nouveau maître ne se souciant guère de le nommer, va devenir le témoin et chroniqueur de la maisonnée où vivent aussi la femme et les trois petites filles du professeur, ainsi que leur bonne.
    Sôseki utilise un procédé narratif ayant fait ses preuves chez d'autres écrivains avant lui, comme par exemple Montesquieu dans ses Lettres Persanes, prendre l'œil complètement neuf et innocent du personnage principal, pour décrire et commenter. L'écrivain qui ne manquait pas d'humour se sert ici d'un chat, ce qui renforce le procédé puisque le fait que ce soit un animal qui commente la vie des hommes renverse les rôles. Cette astuce permet à Sôseki de décrire son pays, Le Japon d'alors, d'un œil critique et emprunt d'une fausse naïveté.
    Il faut dire que l'écrivain vécut quasiment en même temps que l'ère Meiji qui s'étend de 1868 à 1912 et qui symbolise la fin de la politique d'isolement volontaire et le début de la politique de modernisation du Japon. Epoque durant laquelle, Edo devint Tokyo. La modernité induite par cette nouvelle période historique ouvrait des perspectives mais prêtait le flanc à la critique de la part des anciens, comme toujours et partout dans ce genre de situation.
    Le professeur Kushami est de ceux-là, et à mesure qu'on avance dans le roman, des personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres défilent chez l'homme de lettre, ce qui est une belle occasion de dépeindre la société japonaise en pleine mutation. L'ouvrage s'apparente alors plus à un essai, qu'à un roman ; essai qui aborderait de nombreux sujets et thèmes, comme la fin annoncée du mariage ou la progression inévitable des suicides, au fil des digressions dans lesquelles se lancent les visiteurs venant s'entretenir avec le professeur.
    Sosêki, derrière le masque peu dissimulateur du professeur Kushami, développe son mépris pour le monde de l'argent et des affaires où s'engage son pays ainsi que l'activité fébrile qui déjà perce et trahit l'occidentalisation qui s'avance lentement. Par contre, certaines réflexions sur le rôle de la femme sont moins acceptables de nos jours.
    Quant au chat, bien qu'anonyme, il ne manque pas de personnalité pour autant. Il adopte vite le statut social de son maître ce qui lui confère une sorte de snobisme et des connaissances dépassant largement ce qu'on est en droit d'attendre d'un animal, même de compagnie. Doté d'un certain bon sens, il n'hésite pas à juger les autres (« Je sais depuis longtemps que mon maître est un égoïste à l'esprit étroit ») comme lui-même (« le fait que j'ai évolué jusqu'à me considérer comme un membre du monde des hommes indique où est mon avenir »).
    Un livre très intéressant pour son humour sous-jacent et ses descriptions de la vie et des mœurs japonaises de l'époque mais qui parfois s'étire dans de trop longues digressions qui savent aussi être ennuyeuses.
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Citations et extraits

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  • Par andman, le 23 septembre 2013

    Les pattes de chat font oublier leur existence ; on n’a jamais entendu dire qu’elles aient fait du bruit par maladresse, où qu’elles aillent. Les chats se déplacent aussi silencieusement que s’ils foulaient de l’air ou que s’ils marchaient sur des nuages. Leur pas est doux comme le bruit d’un gong en pierre qu’on frappe dans l’eau, doux comme le son d’une harpe chinoise au fond de quelque caverne. Leur marche est parfaite comme l’intuition profonde et indescriptible des plus hautes vérités spirituelles.
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  • Par hupomnemata, le 25 décembre 2009

    On dit que selon un livre appelé Bible ou quelque chose de ce genre, la creation procède de dieu, et qu'ainsi l'homme est également une créature de Dieu. L'homme a donc accumulé ses observations pendant plusieurs millénaires et en même temps qu'il a tendance à trouver du mystère et de l'émerveillement partout, il est de plus en plus enclin à reconnaître l'omniscience et l'omnipotence de Dieu. La raison en est qu'il y a des foules et des masses d'hommes en ce monde, mais il n'y a pas deux qui aient le même visage. Les composants d'un visage sont bien sûr limités, et les dimenssions en sont à peu près les mêmes partout. En d'autres termes, tous les hommes sont faits des mêmes ingrédients, mais le résultat n'est identique nulle part. On ne peut qu'admirer la technique du Créateur qui peut imaginer tant de visages différents avec d'aussi simples matériaux. Cette énorme variété ne peut s'expliquer que par une imagination très originale. Si on considère qu'un peintre, durant toute sa vie, ne pourrait composer en y mettant tous ses efforts que douze ou treize sortes de visages différents, on ne peut s'empêcher d'admirer l'adresse extraordinaire du Créateur qui a entrepris seul la réalisation des hommes. C'est une technique qu'on ne peut en aucun cas trouver dans les sociétés humaines, et on peut sans inconvénient la tenir pour toute-puissante. Sur ce point, l'homme semble se faire petit devant Dieu, et si on se met à sa place, on comprend sa modestie. Toutefois, du point de vue d'un chat, ces faits eux-mêmes peuvent être interprétés omme une preuve de l'incompétence de Dieu. On peut affirmer que s'il n'est pas totalement incompétent, il n'est certainement pas supérieur à l'homme en ce domaine. Car on peut en effet dire que Dieu a créé autant de visages que d'hommes, mais cette infinie diversité faisait-elle partie de son idée de la création, ou bien a-t-il commencé sa création en voulant faire tous les visages identiques, et cela s'est-il soldé par un échec à chaque essai, produisant ainsi la confusion actuelle? Personne n'en sait rien. Si on peut considérer la création de tous ces visages comme un monument du succès de Dieu, ne peut-on pas également penser qu'elle représente les ruines de son échec? Ainsi, il est légitime de parler de toute-puissance, mais rien n'empêche de porter au contraire un jugement d'incapacité.
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  • Par hupomnemata, le 03 janvier 2011

    Ces temps derniers, je me suis mis à faire un peu d'exercice. D'aucuns vont immédiatement m'assommer de sarcasmes:"Qu'est-ce que ce chat se croit pour prétendre qu'il fait de l'exercice?" À ceux-là, je voudrais faire remarquer que jusqu'à une époque récente ils ne comprenaient rien eux-mêmes à l'exercice ou au sport, et qu'ils estimaient que manger et dormir était l'essentiel de leur destinée. Auraient-ils oublié qu'ils passaient leur vie les bras croisés sans arriver à arracher leur fesses à moitié pourries de leur coussin, sous prétexte que l'homme éclairé est celui qui a atteint l'état d'inaction parfaite, et tout cela en assurant d'un air hautain que c'était pour l'honneur de leur maître? Maintenant on nous assène de toutes parts des recommandations stupides telles que: " Prenez de l'exercice, buvez du lait, douchez-vous à l'eau froide, prenez des bains de mer, allez humez les brumes de la montagne quand l'été est chaud." C'est une maladie nouvelle qui s'est propagée de l'occident vers notre Pays des Dieux, et on doit la considérer au même titre que la peste, la tuberculose ou la neurasthénie. Certes, étant né l'année dernière seulement, je n'ai qu'un an et je ne peux avoir aucun souvenir du temps où les hommes ont été frappés par cette maladie. De plus, cela a dû se passer avant que mon existence se précise dans les régions éthérées de ce monde éphémère, mais on peut considérer qu'un ans de la vie d'un chat correspond à dix de la lie d'un homme. Notre vie est deux à trois fois plus brève que celle des hommes, mais si on tient compte qu'un chat peut s'accomplir parfaitement durant ce court laps de temps, on voit qu'il y a erreur sérieuse à estimer de la même façon la vie d'un homme et celle d'un chat. Je n'en veux pour preuve que cette faculté de raisonnement que je possède alors que j'ai à peine un an et quelques mois. La troisième fille de mon maître a trois ans, paraît-il, et son développement intellectuel est d'une lourdeur que je n'arrive pas à qualifier. Elle ne sait rien faire d'autre que pleurer, mouiller son lit et téter sa mère. Je suis hors de toute comparaison avec elle, moi qui déplore déjà l'état de ce monde et m'insurge contre les tendances de notre temps. Il n'y a donc rien de surprenant à ce que j'aie assimilé l'histoire de la gymnastique, des bains de mer et de la thérapeutique du changement d'air. Et s'il se trouve quelqu'un pour être surpris, ce ne peut-être qu'un homme, le stupide infirme à deux pattes.
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  • Par caro64, le 18 juin 2013

    Je suis un chat. D'aucuns se demanderont comment un chat peut décrire aussi fidèlement ce qui se passe dans la tête de son maître. Cela n'a rien de difficile pour un chat, car je suis passé maître dans l'art de lire la pensée. Qu'on ne me demande pas depuis quand, cela n'a aucune importance. Je sais le faire, c'est tout. Quand je dors sur les genoux d'un homme, je frotte doucement ma fourrure lisse contre son ventre. Cela produit une sorte d'électricité qui transmet tout ce qui se passe en lui dans mes yeux et ma tête. L'autre jour, alors que mon maître me caressait gentiment la tête, je l'ai brusquement senti se laisser aller à une envie irrésistible : on pourrait faire un gilet bien chaud avec ma peau. J'ai lu instantanément cette idée impensable dans le fond de son cœur, et je n'ai pas pu m'empêcher de tressaillir d'effroi. Ce n'est pas de tout repos.
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  • Par tamara29, le 14 mai 2014

    Il n'y a rien de plus difficile à comprendre que la psychologie des hommes. Je ne sais pas du tout si mon maître est maintenant en colère ou s'il est joyeux, ou encore s'il cherche l'apaisement dans les livres des philosophes. Considère-t-il le monde d'un oeil sarcastique ou désire-t-il le fréquenter, s'irrite-t-il contre des riens ou s'est-il élevé au-dessus des choses de cette terre ? Je ne peux le dire. Tout cela devient très simple pour nous les chats. Nous mangeons et dormons quand le besoin se fait sentir, nous nous mettons en colère sans aucune retenue et nous miaulons de tout coeur quand l'occasion le demande. Et d'abord, nous ne perdons surtout pas de temps à tenir un Journal. Quel en est le besoin ? Un homme comme mon maître, qui à deux facades, en éprouve peut-être la nécessité pour se délivrer dans l'intimité des aspects de sa personnalité qu'il ne peut montrer aux autres, mais pour nous autres chats, les différentes activités et les divers besoins de notre vie quotidienne sont notre seul Journal. Nous n'avons donc pas la peine de préserver notre vraie personnalité par des procédés aussi fastidieux . Si on a le temps de tenir un Journal, pourquoi ne pas l'employer à dormir sur la véranda ?
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