ISBN : B0000DWY6Z
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Comment échapper à des poursuites judiciaires sans trahir personne pour se disculper?

Dans le mutisme qu'il s'impose devant le juge d'instruction, Jean Lacombe entrevoit une solution. On le trouve fou de s'obstiner dans le silence?

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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par nanougo44, le 31 janvier 2012

    nanougo44
    Jean Lacombe est incarcéré à la prison de Fresnes à Paris depuis 11 mois, lorsqu'avec son avocat, il décide de plaider la folie, se plongeant dans le silence, refusant de répondre au juge en charge de son dossier, et se servant de l'article 64 du code pénal:  « Il n'y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action. »
    Persuadé qu'interné et reconnu comme fou, et non comme coupable, sa libération ne sera qu'une question de jours. Mais à son grand et effroyable étonnement, il va découvrir un milieu qui lui fera presque regretter la prison. L'hôpital psychiatrique de Meulin, endroit répugnant où il partagera sa vie avec une trentaine d'autres « fous », le laissant sans cesse sur ses gardes, rempli de peurs et d'inquiétudes. Il va d'abord subir 15 jours d'isolement total, une sorte de thérapie testée par le médecin-chef, sur tous les nouveaux arrivants. Cette période se révèlera, plus tard, comme faisant partie des moments les plus heureux se son séjour dans cet asile. Car cet isolement, bien qu'enfermé et coupé du monde, lui procurera une certaine sensation de liberté, avant d'être transféré avec les autres, dans le Quartier III, où la notion de liberté semblera s'évanouir et sans aucun sens.
    L'impression d'avoir débarqué dans un autre monde, dans un autre pays:
    « Je suis un explorateur, seul, au centre d'une île inconnue, au milieu d'une peuplade ignorée. Je vais marquer mes observations sur des feuilles de carnet que j'enfermerai dans une bouteille, et, un jour, je les jetterai à la mer afin que le monde apprenne... »
    Entouré de meurtriers, de schizophrènes, de paranoïaques, de psychotiques, de psychopathes, il passera ses journées à éviter le pire et à remettre en question son sort, à garder les rituels d'une routine qui font de lui un homme « normal » et qui lui permettent de vivre dans cet enfer en latence, tout en laissant paraître sa pseudo folie dans un monde où l'anormal est normal et le normal suspicieux. Un travail difficile sur lui-même pour éviter que les autres découvrent sa supercherie sans, non plus, passer pour un fou dangereux, ce qui l'empêcherait de sortir comme il l'a prévu. de grands moments d'extrême solitude, où sa seule motivation deviendra les visites de sa femme et l'espoir de sa libération. Sa femme, Colette, qu'il imaginait, depuis toujours, comme naïve et faible mais qui se révèlera d'un grand soutien et d'une grande force en lui conseillant de se considérer comme un voyageur qui découvre un nouveau pays et n'est que de passage.
    On découvre, avec horreur, le système psychiatrique des années 50 . « Gardiens-infirmiers » n'ayant de médical que leurs noms, locaux d'une vétusté et d'une crasse dépassant les limites du supportable avec des odeurs ( mélange de transpiration, de manque d'hygiène, et même de sécrétions de toutes sortes) à vous faire suffoquer, des hommes traités pire que des bêtes, mangeant du rôti avec des cuillères en métal, n'ayant le droit à la douche qu'une fois par semaine...et encore... lorsque que la chaudière est en état de leur fournir de l'eau chaude ou presque et à qui on impose des activités digne d'enfants de maternelle: dessin, peinture, bricolage, collage, coloriage, lecture de livres pour enfants et ne bénéficiant pratiquement d'aucun soin psychiatrique:
    « Voyez quels remèdes magnifiques que le temps et son synergique, la patience ![...] La Nature prend son temps. Faisons comme elle, prenons le nôtre... »
    Oui c'est ça ! Parquons les comme des bêtes à apprivoiser en ne leur donnant que le minimum pour survivre et en les enfermant dans un enclos (c'est le mot utilisé dans le texte) et en les surveillant, comme on surveille une cour de récré, pour ne pas qu'ils s'entretuent ! Mais même fous, les Hommes ne sont pas des bêtes et gardent une part de raison et de lucidité.
    La lecture n'est pas facile car avec ses 500 pages de l'épaisseur de papier à cigarettes et écrit en « pattes de mouches », mais j'ai vraiment accroché à cette histoire-documentaire assez glauque, parfois dérangeante et révoltante, romancée, certes, mais écrite grâce aux notes d'un interné, par un médecin, André Soubiran, désireux de mettre le doigt sur le manque d'humanisation, à cette époque, à l'intérieur des « asiles » (oups !... « hôpitaux psychiatriques » plutôt ! Autant pour moi !)
    Un livre vraiment très intéressant que je conseille à tous les fans de « Vol au-dessus d'un nid de coucou »
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Citations et extraits

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  • Par nanougo44, le 30 janvier 2012

    Hein ! Quelle diversité ! Quelle richesse ! Le fou est individualiste. Chacun ici, a son style personnel: chacun dans ce royaume, est un roi solitaire. Qui voulez-vous que je vous présente encore ? L'homme qui a mangé la cervelle de sa femme ? Celui qui accuse la sienne de le tromper avec des chiens ? Celui flagellait ses voisines et couchait probablement avec sa fille ? Celui qui a abattu huit personnes à la mitraillette au cours d'une hallucination ? Celui qui a dépecé, vivant, un petit garçon ? Choisissez ! Et il y en a d'autres. Tous ces messieurs sont là, prêts à vous serrez fraternellement la main.
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  • Par nanougo44, le 27 janvier 2012

    Autour de moi, d'un bout à l'autre des deux rangées de lits, sous une lumière triste, tout était figé. Pas un geste, à peine un frissonnement. Au lieu d'en jaillir, la clameur semblait littéralement peser sur une série de visages collés à plat, au bout des lits; elle écrasait ces visages aplatis contre l'oreiller et tous semblables, mous, étalés, imprécis parmi la grisaille des draps. Rien ne vivait sur ces faces sans contour que les bouches noires; elles paraissaient, dans la pénombre, autant de blessures ouvertes par l'explosion d'une irresistible fureur.
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  • Par nanougo44, le 28 janvier 2012

    Rien, absolument rien qui pût empêcher les murs d'être exactement nus, jaunes, lisses; rien qui se rapportât à l'occupant; rien qui pût même laisser supposer qu'il y en eût un ! L'évidence s'imposait qu'il n'y avait enfermé ici qu'un corps ne m'appartenant même plus. Le corps d'un homme qui n'était plus rien...
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  • Par nanougo44, le 30 janvier 2012

    J'avais souvent envie de rire lorsque je les voyais ainsi, tueurs, dépeceurs, escrocs, déserteurs, cleptomanes, épileptiques, pédérastes, se confier tout bas avec des mines de fillettes qui font les importantes.
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Rencontres insolites
Pierre CHARPY et Henri MARQUE annoncent des rencontres improbables comme thème de cette émission. Que se passerait-il si Salvador DALI rencontrait l'académicien et économiste Jacques RUEFF ? Que se passerait-il si l'écrivain et médecin André SOUBIRAN rencontrait l'écrivain et diplomate Roger PEYREFITTE ? Interview d'André HALIMI autour de questions posées à chacune des personnes sans...








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