Un livre... inclassable : d'abord ai-je aimé ou non ? Ai-je tout compris ? Ai-je bien fait de persévérer dans cette lecture qui m'amenait je ne sais où ?
Oui, pour sûr. Mais lu en une petite soirée (en ayant failli abandonner faute de pouvoir comprendre ce que je lisais au début !), le livre m'a occupé l'esprit absolument toute la nuit. Je ne décrochais plus des flashbacks une fois que le livre terminé, j'aie eu tout compris... : avec les révélations finales, on ne peut que méditer sur les pourquoi et comment du reste du livre : le lecteur lambda que je suis n'avais rien subodoré et ne savait trop dans quelle galère de lecture il s'embarquait).
La langue utilisée : Une langue effectivement et une syntaxe très particulières - et sans à voir avec des "canadianismes", simplement une langue... d'un autre temps, d'un autre monde, sans ponctuation précise et calquée sur ce que pense l'enfant narrateur principal, un langage puisé dans les repères de cet enfant, qui, découvre-t-on vite, sont ceux d'un autre âge.
L'époque du récit ?
Franchement le lecteur lambda patauge ! Mais au fil du récit, (tenir bon !!!), avec ça et là des indices temporels ou physiques, nous réalisons que nous sommes bien dans un environnement réel et non un récit fantastique, à une époque plutôt contemporaine qu'au Moyen-Age, et que les personnages vivent/ont vécu en plein isolement et décalage temporel, isolements tels... que cela m'a fait penser à l'enfant sauvage (dans des conditions et proportions différentes bien sûr).
Ces enfants/ados sont d'un autre temps ! et quand un des frérots franchit l'enceinte au-delà de la pinède et se rend, pour la première fois, au village chercher un cercueil pour le papa mort : c'est ubuesque !
On se demande si l'auteur ne se fiche pas du lecteur tellement les situations sont grotesques (je rappelle qu'à ce stade, on ne connaît pas la fin, et on patauge sec dans la choucroute !). Ainsi croisant des gens vêtus de noir puisqu'il y a (aussi) enterrement au village, le frérot s'étonne de l'accoutrement de ses "semblants", et ne sachant s'adresser aux gens puisqu'il n'en a jamais croisés, il lance à une vieille villageoise un très sincère "Que Dieu t'assiste vieille pute" !
Des indices d'une vie en-dehors de la normale :
Donc les deux frérots (sont-ils bien ados ?) : - l'un porté sur l'écriture et les romans de chevalerie, - l'autre sur le tripotage de ses parties, ... se retrouvent seuls avec le cadavre de leur père suicidé, dans ce qui ressemble à une masure mal entretenue, et qui se révèle être un antique et immense château (avec galerie des ancêtres, salle de bal, argenterie, piano à queue, écuries...).
Mais la famille (le père et les deux frérots) n'ont toujours vécu que dans la cuisine attenante construite avec le père de leurs propres mains. Et le père avait instauré un cadre de vie immuable, des règles, des ordres suivis à la lettre chaque jour par les frérots sans poser de questions.
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