ISBN : 2221113780
Éditeur : Robert Laffont (2010)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
La cérémonie du congrès est extraordinaire : il s'agit d'un procès en impuissance durant lequel le mari est sommé d'honorer publiquement son épouse. En 1685, dans une atmosphère de haines religieuses et d'intrigues financières, Guillaume Vallade, héritier d'une riche ch... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 28 août 2011

    Malaura
    1685 : pressions et persécutions contraignent les protestants à fuir la France. En aidant une famille protestante à quitter le pays, Guillaume Vallade, issu d'une riche lignée de bâtisseurs du roi, rencontre Jehanne et l'épouse.
    Bien que convertie "de bouche", celle-ci demeure une fervente huguenote de coeur.
    Le couple s'installe non loin de Versailles mais la famille de Guillaume ne voit pas d'un bon oeil cette union.
    Afin de discréditer le jeune homme, sa belle-soeur Louise lui intente un procès d'impuissance.
    Guillaume et sa femme doivent alors se soumettre à la cérémonie dite du "congrès"...
    Dragonnages, révocation de l'Edit de Nantes, persécutions religieuses...Le règne de Louis XIV ne fut pas que "flamboyant".
    L'auteur y ajoute un aspect judiciaire totalement méconnu et encore bien moins reluisant : la cérémonie du "Congrès"..ou comment un couple est sommé de prouver la légitimité de son mariage en pratiquant l'acte de chair devant un parterre de religieux, de médecins et de bourgeois et se soumettre à l'injonction obscène "Dresser, pénétrer, mouiller" afin de montrer à tous la virilité effective de l'époux.
    Une parodie de justice délirante, complètement ubuesque et malheureusement réelle, que Jean-Guy Soumy réussit à aborder sans voyeurisme, avec gravité, pudeur et même poésie.
    Un roman historique sombre, émouvant, délicat, empreint d'une belle sensibilité.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lapublivore, le 31 décembre 2010

    lapublivore
    1685, Guillaume Vallade, héritier d'une lignée d'architectes du roi, héberge dans sa demeure de la Creuse une famille de protestants qui ont refusé d'abjurer, et les accompagne dans leur fuite, dans l'atmosphère de révocation de l'Edit de Nantes et de chasse aux protestants, des dragonnades sous Louis XIV. Une membre du groupe, Esther – mariée et protestante, dont il tombe amoureux – lui demande comme ultime service, avant de s'enfuir sur un bateau, de visiter sa soeur Jehane afin de la rassurer quant à leur sort.
    Guillaume va donc la voir, et une relation intime s'installe entre eux. Elle accepte de l'épouser, pour le meilleur et surtout pour le pire : lors de leur installation à Versailles, des jalousies de famille et des complots de cour vont les entraîner vers ce qui était à l'époque le procès de l'infamie : Le Congrès, c'est à dire un procès en impuissance, où le couple devra subir, pour éviter la dissolution de leur mariage, une enquête humiliante et des examens médicaux outrageants. Comble de la procédure, ils seront sommés de s'unir charnellement devant un parterre de prêtres, juges, médecins, et courtisans de la cour. Guillaume devra donc en public répondre à l'injonction suivante : « dresser, pénétrer, mouiller »….
    C'est une procédure écclesiale, supprimée en 1677, dont j'ignorais totalement l'existence. Terriblement cruelle et éprouvante, on imagine ce qu'ont dû vivre les couples qui y étaient soumis.
    Je me suis beaucoup attachée au personnage de Jehane, qui refuse de fuir, et affronte les événements avec beaucoup de dignité.
    C'est un livre vraiment marquant et pas glauque du tout : au contraire, il est très délicat malgré un thème qui pourrait le rendre loudingue.
    Outre la narration d'un terrible procès, l'auteur décrit très bien les paysages de la Creuse, la vie des limousins, qui étaient les principaux ouvriers bâtisseurs à cette époque, les habitudes des courtisans, la magnificience du roi et de la construction du château de Versailles.


    Lien : http://lapublivore.wordpress.com/2010/12/30/le-congres-jean-guy-soum..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par akahama, le 23 janvier 2012

    akahama
    Le Congrès est un roman historique surprenant, qui lève le voile sur un aspect peu traité du XVIIème siècle français: les luttes d'influence entre grandes familles bourgeoises. Comme toujours lorsqu'il s'agit de pouvoir et d'influence, la morale n'a pas droit de cité et les adversaires du narrateur n'hésitent pas à recourir à un dispositif juridique honteux pour amener l'opprobre sur lui et sa famille. Le Congrès est d'autant plus révoltant que l'auteur dépeint avec réalisme l'état d'esprit des personnages principaux, purs, peut-être même naïfs, qui subissent la pire humiliation que l'on puisse imaginer. Celle-ci va crescendo, jusqu'au moment où le couple se trouve, par un procédé tout à fait légal, et sous les yeux d'une foule vicieuse, contraint à prouver que le mariage dans lequel ils vivent est effectivement consommé.
    Humain et révoltant, Le Congrès est une lecture enrichissante, même si elle n'est pas indispensable.
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    • Livres 3.00/5
    Par sylvaine01, le 19 janvier 2012

    sylvaine01
    le résumé de la 4ème de couv est un peu réducteur, l'histoire ne se limite pas à la scène du congrès qui n'est qu'un passage anecdotique du livre. Les personnages évoluent avec L Histoire dans le contexte de la révocation de l'Édit de Nantes. le récit est sombre et dur, le livre se lit trop vite, à lire mais pas forcément à acheter.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 29 avril 2012

    BVIALLET
    En 1685, le jeune Guillaume Vallade, fils d'un des architectes du roi Louis XIV et sa femme Jehanne sont accusés par certains membres de sa famille qui lorgnent l'héritage de Guillaume d'avoir contracté une sorte de mariage blanc, non consommé et donc non valide aux yeux de l'Eglise et susceptible d'être annulé. Il faut dire que Jehanne est une protestante convertie « de la bouche », que l'histoire se passe juste après la révocation de l'Edit de Nantes, les dragonnades et la fuite vers la Hollande ou vers l'Angleterre de nombreux réformés. Après une instruction plus qu'indiscrète, ils devront subir l'épreuve du Congrès, sorte d'ordalie ou de jugement de Dieu d'ordre sexuel. Devant juges, médecins et matrones, Guillaume, nu sur un lit en compagnie de sa femme, devra « dresser, pénétrer, mouiller ». Parviendra-t-il à traverser cette épreuve humiliante et prouver sa bonne foi ? Leur couple y résistera-t-il ?
    Un livre prenant et plongeant le lecteur dans une époque intolérante, fanatique et par certains côtés inhumaine et qui est totalement incompréhensible pour nos sensibilités actuelles. L'amour de Guillaume pour Jehanne repose néanmoins sur des bases ambiguës car au début de l'histoire, il tombe amoureux de sa soeur et se rabat sur Jehanne un peu par défaut. Les chapitres se répondent sur le style « avant-après ». Autant la partie « avant » est intéressante, autant « l'après », la vie d'un paria solitaire qui tente vainement de dialoguer avec un loup semble lassante et artificielle. Une demi-réussite.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 29 janvier 2010

    L'idée qu'il vient pour moi est absurde. Que pourrait bien me vouloir le loup ? Pourtant, elle m'a traversé dès le premier instant. Il y a si longtemps que plus personne ne s'engage entre les deux murets de pierres sèches qui mènent à la masure où j'ai choisi de me retrancher. Personne, sauf lui. Que sait-il de ma honte, de ma colère ? Il fallait bien que quelque chose arrivât. Que quelqu'un vînt. Que ce soit un loup ne me dérange pas. Je ne suis plus regardant, j'en ai perdu le droit. Je suis un homme prêt à admettre l'inconcevable pour peu que les mots qui le disent ne sortent pas des lèvres d'un prêtre, d'un juge ou d'un médecin.
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