ISBN : 2080660292
Éditeur : Flammarion (1994)


Note moyenne : 4.44/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Maus raconte la vie de Vladek Spiegelman, rescapé juif des camps nazis, et de son fils, auteur de bandes dessinées, qui cherche un terrain de réconciliation avec son père, sa terrifiante histoire et l'Histoire. Des portes d'Auschwitz aux trottoirs de New York se déroule... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par alouett, le 02 septembre 2011

    alouett
    Vers la fin des années 70, Art Spiegelman demande à son père, Vladek, de se remémorer les événements douloureux qu'il a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était alors installé en Pologne, son pays natal.
    Vladek revient donc sur les événements qui ont émaillé sa vie de 1939 à 1945. Ce Juif raconte ses premières expériences amoureuses, ses débuts dans la vie active, l'installation progressive des nazis et ses conséquences : des vexations quotidiennes au génocide. Plus de trente ans après les faits, l'émotion et le traumatisme de l'Holocauste sont intacts.
    « Maus est l'histoire d'une souris dont le chat a décidé d'avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l'obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz.
    Mais Maus est également le récit d'une autre traque, celle d'un père par son fils pour lui arracher l'histoire de sa vie de juif entre 1939 et 1945 et en nourrir sa propre mémoire, se conformant ainsi à l'obligation de se souvenir » (extrait du rabat de couverture).
    -
    « Un chef d'œuvre », « une claque », « un récit bouleversant »… vous avez certainement déjà pu lire ces termes sur l'un des nombreux avis mis en ligne sur cette œuvre. Chaque tome de ce diptyque a reçu un Fauve d'Or à Angoulême (le tome 1 en 1988 et le tome 2 en 1993).
    La première partie du récit, Mon père saigne l'histoire, revient sur les événements qui ont eu lieu de 1939 à l'hiver 1943-1944 : les prémices du conflit, l'enrôlement du héros dans les troupes polonaises (été 1939), sa détention dans les camps de prisonniers de guerre, sa première libération et le retour en famille. En trame de fond, l'auteur montre un quotidien qui se dégrade et l‘inquiétude croissante des juifs polonais à mesure que les troupes allemandes resserrent leur étau sur la population. Bien que le lecteur connaisse l'issue dramatique de cet épisode de l'Histoire, il découvre – la peur au ventre – la vie pendant le ghetto de Sosnowiec (Pologne) en 1942, les Juifs qui luttent silencieusement pour préserver leur humanité, les rafles, l'angoisse… jusqu'à ce mois d'avril 1944 où Vladek Spiegelman et sa femme sont dénoncés et transférés à Auschwitz.
    Le second tome, Et c'est là que mes ennuis ont commencé, se consacre presque totalement au camps. Dix longs mois à lutter pour survivre en magouillant pour tenter de se procurer une miche de pain de pain, une ceinture… que Vladek pourra revendre ensuite au marché noir contre un « présent » destiné à s'assurer la « sympathie » des Capos et obtenir quelques maigres passe-droits. Chaque jour, il s'étonne d'être encore en vie. En fin d'album vient la Libération et la difficulté à reprendre le cours d'une « vie normale ». Pour le lecteur, c'est aussi l'occasion d'entendre ce rescapé sur les stigmates que cette expérience lui a laissé et la manière dont il gère le traumatisme causé par l'Holocauste.
    Art Spiegelman retranscrit fidèlement – et chronologiquement – le témoignage de son père. Quelques pauses sont faites dans le récit biographique de Vladek puisqu'une partie du diptyque est consacrée à la présentation des rapports père-fils. Nous naviguons ainsi entre deux espaces-temps : celui des années 1930 où défilent les horreurs perpétrées par les nazies et celui des années 1970 où un homme (l'auteur) tente de se rapprocher de son père. Chacune de leur rencontre est prétexte (inconsciemment ?) à tisser tardivement des liens inespérés avec un père si distant et si froid. Au passage, ce dernier en profite pour lui transmettre valeurs et traditions juives, prendre son fils à parti dans ses problèmes de couple, le solliciter pour de menus services (bricolage, démarches administratives…). Ainsi, le lecteur découvre à la fois un récit intimiste et un témoignage historique d'une grande portée. Les propos de Vladek sont sincères, touchants. Ils livrent un regard personnel sur un événement majeur de l'histoire sans jamais porter de jugement de valeur sur les actes commis par les bourreaux du peuple juif (..;)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/08/19/maus-spiegelman/
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  • Par colimasson, le 21 août 2011

    colimasson
    « Des amis ? Tes amis ? Enfermez-vous une semaine dans une seule pièce, sans rien à manger, alors tu verras ce que c'est, les amis ! »
    Voici ce que dit Vladeck, rescapé des camps nazis, à son fils seulement âgé de onze ans lorsque celui-ci commence à goûter aux premières bassesses des coalitions humaines lorsqu'elles décident de choisir un bouc-émissaire pour mieux solidifier les liens qui existent entre eux. Art Spiegelman, de nombreuses années plus tard, se souvient encore de cette phrase, et c'est peut-être pour en élucider le mystère, pour mettre la lumière sur une période de son enfance qu'il n'aurait comprise qu'à demi-mot, qu'il décide d'écouter le témoignage de son père sur l'évènement qui l'aura totalement transformé : l'expérience concentrationnaire. Ce témoignage prendra la forme d'une bande dessinée intitulée Maus.
    Tout est très sincère dans la démarche de Spiegelman. Il ne cache pas au lecteur qu'il ne se fait que le simple rapporteur des évènements vécus par son père, et il n'oublie pas de nous faire partager toutes les phases de l'élaboration de son livre, qui passent par des rendez-vous parfois houleux avec son père, lorsqu'il n'assiste pas à des scènes conjugales d'une grande violence entre son père et sa nouvelle femme, Mala, rescapée elle aussi des camps nazis.
    Il s'agit d'une fatalité : les rescapés semblent ne pouvoir fréquenter personne d'autre que ceux qui ont vécu la même expérience qu'eux, et de ceux qui n'en ont rien connu, ils en retirent rétrospectivement un sentiment de supériorité qui s'exprime souvent par des petites phrases anodines, comme celle du début de l'ouvrage. D'ailleurs, Art Spiegelman nous montre très rapidement que Vladeck n'est pas le héros que l'on croit, doté d'une sagesse distillée peu à peu au contact cruel de la réalité des camps de concentration. Très caractériel et s'emportant parfois plus rapidement que son propre fils, certains aspects de son caractère sont même déconcertants et semblent répondre à une logique hors de propos. D'un côté, l'accumulation de déchets dont il espère pouvoir tirer parti (des morceaux de fil de fer…) ; de l'autre, l'élimination des précieux carnets de la mère d'Art ou de son manteau, pas assez sophistiqué pour faire honneur à sa personne.
    Mieux qu'une simple retranscription chronologique des évènements vécus par Vladeck, le fait que ses récits soient entourés des entretiens de lui et de son fils permettent de prendre le recul nécessaire à une lecture rationnelle. le ton n'est pas dénué d'émotion mais il ne tombe jamais dans le pathétique. On lit le récit de Vladeck comme il se replonge dans ses souvenirs, et ce ton a la force et la cruauté de ce qui fut la réalité d'un homme. En revanche, pas d'angoisse ni d'appréhension particulière pour le sort des personnages. Qu'ils aient échappés ou non au sort qui leur était destiné n'importe plus tellement puisqu'au moment de la lecture, cette grande page de l'Histoire a été tournée. Débarrassée de ce souci, j'ai pu appréhender l'histoire de Vladeck d'un point de vue global. Son récit devient universel.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-maus-tome-1-mon-pere-saigne-..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Hindy, le 30 janvier 2011

    Hindy
    Une approche des plus originales d'aborder la seconde guerre mondiale. Génial
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    • Livres 4.00/5
    Par tessgeffroy, le 24 mai 2011

    tessgeffroy
    super B.D, je n'en lis que très rarement mais là, pardon, a ne pas manquer !!!
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 07 août 2011

    - Ton fusil est froid, pourquoi tu ne tires pas ?
    Je ne voyais pas sur quoi tirer mais j’ai fait un trou plus grand et j’ai tiré. Après, les balles sont venues sur moi. J’ai creusé encore ma tranchée, mais j’ai arrêté de tirer. Mais j’ai regardé dans mon fusil et j’ai vu… un arbre ! Et l’arbre bougeait, vraiment ! Bon, si ça bougeait, je devais tirer ! Il a levé un bras pour montrer qu’il était blessé. Pour se rendre. Mais j’ai continué à tirer à tirer et tirer, jusqu’à ce que, à la fin, l’arbre s’est arrêté de bouger. Qui sait, sinon il pouvait me tuer.
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  • Par colimasson, le 07 août 2011

    Dans la cuisine, il y avait un coffre à charbon, large de plus d’un mètre, et dedans j’ai fait un trou pour descendre à la cave. Et là on a fait un mur de briques caché par un tas de charbon. Derrière ce mur, on était un peu en sûreté. Même quand avec des chiens ils sont venus –ils savaient qu’il y avait des juifs là- mais ils n’ont pas pu nous trouver. Les chiens couraient comme des fous. Mais dans le coffre à charbon, que du charbon il y avait ; ils pouvaient pas le soulever. Et la cave, c’était seulement une cave.
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  • Par colimasson, le 07 août 2011

    Alors quand mon frère Marcus a eu 21 ans, mon père l’a fait crever de faim. Déjà Marcus était trop maigre, malade. Et là, quand il est allé à la visite de l’armée, ils l’ont pas pris. Un an après, quand c’était mon tour, pareil il voulait que je fasse, mon père. Ca a été quelque chose de terrible. […] Pendant trois mois pour maigrir, seulement des harengs salés j’ai mangés, et pas d’eau. Et quelques jours avant la visite, pas de sommeil, et rien à manger.
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  • Par colimasson, le 07 août 2011

    - Mon histoire, par cœur je la connais. Et même moi, ça m’intéresse !
    - Ca devrait avoir beaucoup de succès.
    - Oui, un jour tu seras célèbre comme… comment il s’appelle ?
    - Euh ? « Célèbre commet comment-il-s’apelle ?! »
    - Tu sais… le grand dessinateur…
    - Quel dessinateur tu peux bien connaître ? Walt Disney ??
    - Oui ! Walt Disney !
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  • Par colimasson, le 07 août 2011

    Mais Pesach vendait vraiment du gâteau ! Tous ceux qui pouvaient faisaient la queue pour acheter un morceau. Mais tout le ghetto, on a été si malades, tu peux pas imaginer… Une partie de la farine que Pesach a trouvée, c’était pas de la vraie farine, mais de la lessive. Il l’a mise dans le gâteau par erreur.
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Angoulême 2012 - Interview Art Spiegelman (2/3)
Interview d'Art Spiegelman par Jean-Luc Hees (2e partie) - Conférence de Presse du 39e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême - 6 décembre 2011, Paris.











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