ISBN : 2080666185
Éditeur : Flammarion (1994)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Avec le tome I du Maus d'Art Spiegelman, les lecteurs avaient fait la connaissance de Vladek Spiegelman, Juif polonais rescapé des camps de la mort, et de son fils, Art, dessinateur aux prises avec son père. Le terrifiant parcours de ce dernier et l'Histoire elle-même s... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par alouett, le 02 septembre 2011

    alouett
    Vers la fin des années 70, Art Spiegelman demande à son père, Vladek, de se remémorer les événements douloureux qu'il a vécu pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était alors installé en Pologne, son pays natal.
    Vladek revient donc sur les événements qui ont émaillé sa vie de 1939 à 1945. Ce Juif raconte ses premières expériences amoureuses, ses débuts dans la vie active, l'installation progressive des nazis et ses conséquences : des vexations quotidiennes au génocide. Plus de trente ans après les faits, l'émotion et le traumatisme de l'Holocauste sont intacts.
    « Maus est l'histoire d'une souris dont le chat a décidé d'avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l'obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz.
    Mais Maus est également le récit d'une autre traque, celle d'un père par son fils pour lui arracher l'histoire de sa vie de juif entre 1939 et 1945 et en nourrir sa propre mémoire, se conformant ainsi à l'obligation de se souvenir » (extrait du rabat de couverture).
    -
    « Un chef d'œuvre », « une claque », « un récit bouleversant »… vous avez certainement déjà pu lire ces termes sur l'un des nombreux avis mis en ligne sur cette œuvre. Chaque tome de ce diptyque a reçu un Fauve d'Or à Angoulême (le tome 1 en 1988 et le tome 2 en 1993).
    La première partie du récit, Mon père saigne l'histoire, revient sur les événements qui ont eu lieu de 1939 à l'hiver 1943-1944 : les prémices du conflit, l'enrôlement du héros dans les troupes polonaises (été 1939), sa détention dans les camps de prisonniers de guerre, sa première libération et le retour en famille. En trame de fond, l'auteur montre un quotidien qui se dégrade et l‘inquiétude croissante des juifs polonais à mesure que les troupes allemandes resserrent leur étau sur la population. Bien que le lecteur connaisse l'issue dramatique de cet épisode de l'Histoire, il découvre – la peur au ventre – la vie pendant le ghetto de Sosnowiec (Pologne) en 1942, les Juifs qui luttent silencieusement pour préserver leur humanité, les rafles, l'angoisse… jusqu'à ce mois d'avril 1944 où Vladek Spiegelman et sa femme sont dénoncés et transférés à Auschwitz.
    Le second tome, Et c'est là que mes ennuis ont commencé, se consacre presque totalement au camps. Dix longs mois à lutter pour survivre en magouillant pour tenter de se procurer une miche de pain de pain, une ceinture… que Vladek pourra revendre ensuite au marché noir contre un « présent » destiné à s'assurer la « sympathie » des Capos et obtenir quelques maigres passe-droits. Chaque jour, il s'étonne d'être encore en vie. En fin d'album vient la Libération et la difficulté à reprendre le cours d'une « vie normale ». Pour le lecteur, c'est aussi l'occasion d'entendre ce rescapé sur les stigmates que cette expérience lui a laissé et la manière dont il gère le traumatisme causé par l'Holocauste.
    Art Spiegelman retranscrit fidèlement – et chronologiquement – le témoignage de son père. Quelques pauses sont faites dans le récit biographique de Vladek puisqu'une partie du diptyque est consacrée à la présentation des rapports père-fils. Nous naviguons ainsi entre deux espaces-temps : celui des années 1930 où défilent les horreurs perpétrées par les nazies et celui des années 1970 où un homme (l'auteur) tente de se rapprocher de son père. Chacune de leur rencontre est prétexte (inconsciemment ?) à tisser tardivement des liens inespérés avec un père si distant et si froid. Au passage, ce dernier en profite pour lui transmettre valeurs et traditions juives, prendre son fils à parti dans ses problèmes de couple, le solliciter pour de menus services (bricolage, démarches administratives…). Ainsi, le lecteur découvre à la fois un récit intimiste et un témoignage historique d'une grande portée. Les propos de Vladek sont sincères, touchants. Ils livrent un regard personnel sur un événement majeur de l'histoire sans jamais porter de jugement de valeur sur les actes commis par les bourreaux du peuple juif (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/08/19/maus-spiegelman/
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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 21 août 2011

    colimasson
    Après l'évocation de la vie des juifs dans les ghettos, le tome 2 de la série Maus s'attarde sur les camps de concentration – Auschwitz pour Vladeck, le père d'Art, et Birkenau pour Anja, sa mère-, passant de la mort, de la maladie et de la souffrance à l'espoir, qui culmine lors de la libération des juifs à la fin de la guerre.
    Le récit se fait plus haletant que dans le premier tome. La mort rôde partout. Pour survivre dans les camps, il faut être rusé, comme Vladeck n'hésite pas à le répéter. Il faut savoir user de ses talents, de la moindre de ses connaissances, que ce soit en tant que zingueur, que cordonnier, ou qu'il s'agisse de la maîtrise de l'anglais, pour trouver de l'intérêt aux yeux de ceux qui ont du pouvoir et pour trouver à manger. Il faut détenir les informations qui sont utiles : savoir se placer à l'extrême gauche d'un bataillon de juifs lorsque les allemands arrivent pour remplir leurs fourgons, car ils auront probablement déjà assez de monde lorsqu'ils arriveront à la moitié du bataillon ; se placer au bon endroit de la file lors de la distribution de la soupe au navet, de façon à ne pas avoir le bouillon inconsistant du début, sans risquer de trouver la casserole vide lorsque vient son tour de se faire servir. Mais le hasard joue également un rôle non négligeable dans la survie des déportés, et la terreur que ceux-ci ont supportée, Art Spiegelman arrive à nous la faire ressentir sous la forme d'une tension qui ne faiblit pas à un instant, même si on la sait ridiculeusement moindre à celle ressentie en réalité.

    Parallèlement à ce récit d'un rescapé des camps de concentration, Art Spiegelman inclut de nombreuses pages de réflexion sur son travail d'écriture. Il commence à rédiger le tome 2 de la série en 1986, quatre ans après la mort de Vladeck. Entre-temps, son fils est né, et le premier tome de la série a été publié et a rencontré un grand succès. Art Spiegelman subit de nombreuses pressions de la part des journalistes et des hommes d'affaires qui le harcèlent pour adapter son ouvrage sous forme cinématographique. Cette cupidité le dépossède et renforce encore son sentiment de culpabilité vis-à-vis de ce qu'a subi son père. Comment arriver à devenir quelqu'un lorsque l'on a été élevé par un rescapé de la seconde guerre mondiale ? Et comment ne pas se sentir coupable lorsqu'on arrive à devenir quelqu'un malgré ce qui est arrivé à son père ? Ce sont les questions que se pose Art Spiegelman dans cet ouvrage, et auxquelles il essaie de répondre avec toute la sincérité dont il peut faire preuve.

    Avec un recul d'un demi-siècle, Art Spiegelman livre un point de vue neuf sur la Shoah et sur ses implications sur les générations suivantes. Son talent est si grand qu'il parvient même à transférer à son lecteur sa culpabilité. A-t-on le droit d'éprouver tant de plaisir à lire le récit de ce qui fut la tragédie d'un jeune homme ? Sans doute pas, mais il est impossible de faire autrement…


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-maus-tome-2-et-c-est-la-que-..
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    • Livres 5.00/5
    Par ignatus-reilly, le 29 juin 2011

    ignatus-reilly
    Tout a déjà été dit sur cet ouvrage...
    Un sujet difficile : la déportation des juifs pendant la seconde guerre mondiale
    Un support singulier : la bande dessinée
    Le résultat est un chef d'œuvre plusieurs fois récompensé.
    Art Spiegelman raconte l'histoire de sa famille, des juifs polonais, pendant les années 1939 à 1945.
    Pour ce faire, il fait de son père, Vladek,le héros de la BD et l'interviewe et ainsi par bribes lui fait raconter ce qu'il a vécu. cela se passe dans les années 70.
    Vladek est un type impossible avec un sale caractère.
    Mais cela le rend tellement humain, tellement proche de nous.
    Mais il a fait preuve d'un courage impressionnant pendant ces terribles années. c'est un survivant, un miraculé.
    C'est ce qui fait la force de cet ouvrage : Vladek n'est pas magnifié. C'est ce qui rend son histoire d'autant plus dramatique.
    Art, quant à lui, essaye de comprendre ce qu'a enduré son père. Il essaye de dépasser son sentiment de culpabilité, son sentiment d'être uniquement un vivant.
    Ce livre est aussi l'histoire d'un réconciliation entre le père et le fils.
    Avoir choisi des animaux pour représenter les humains rend l'histoire plus poignante encore et plus universelle.
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    • Livres 5.00/5
    Par oghango, le 26 octobre 2009

    oghango
    Maus, c'est le témoignage d'un survivant de l'holocauste raconté par son fils. le medium choisi n'atténue en rien l'impact émotionnel et l'intérêt historique de ce récit. S'il fallait n'en retenir qu'une, cette œuvre est LA preuve que la bande dessinée est un art à part entière. Ce n'est pas pour rien que cette BD a été récompensée par un prix Pulitzer aux États-Unis.
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 02 septembre 2011

    Je sais que c’est dément, mais d’une certaine manière je voudrais avoir été à Auschwitz AVEC mes parents ; comme ça je pourrais vraiment savoir ce qu’ils ont vécu !… Je dois me sentir coupable quelque part d’avoir eu une vie plus facile qu’aux
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  • Par colimasson, le 21 août 2011

    « Mickey Mouse est l’idéal le plus lamentable qui ait jamais vu le jour… De saines intuitions incitent tous les jeunes gens indépendants et toute la jeunesse respectable à penser que cette vermine dégoûtante et couverte de saletés, le plus grand porteur de bactéries du règne animal, ne peut être le type animal idéal… Finissons-en avec la tyrannie que les Juifs exercent sur le peuple ! A bas Mickey Mouse ! Portez la croix gammée ! »
    Article de journal, Poméranie, Allemagne, milieu des années 30
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  • Par colimasson, le 21 août 2011

    La première partie de Maus parut en septembre 1986, après 8 ans de travail. Ce fut un grand succès d’estime et commercial. Il va paraître au moins quinze éditions à l’étranger. J’ai eu 4 propositions sérieuses d’adaptation en série télévisée ou en film de mon livre (j’veux pas). En mai 1968, ma mère s’est suicidée… (sans laisser de lettre !). Ces derniers temps, je me sens déprimé.
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  • Par colimasson, le 21 août 2011

    - Votre père avait peut-être besoin de montrer qu’il avait toujours raison –qu’il pouvait toujours survivre- parce qu’il se sentait coupable d’avoir survécu.
    - Peut-être.
    - Et il a transféré sa culpabilité sur vous, le vrai survivant…parce qu’il n’y avait pas de risque.
    - Hum… Et vous, vous vous sentez coupable d’avoir survécu aux camps ?
    - Non… Seulement triste.
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  • Par colimasson, le 21 août 2011

    La nuit, je devais me lever pour aller aux toilettes. C’était toujours plein, tout le corridor, de gens morts, empilés. On pouvait pas passer… Il fallait passer sur leurs têtes, et c’était terrible parce que c’était tellement glissant, la peau, tu pensais toujours que tu allais tomber. Et ça chaque nuit, c’était.
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Angoulême 2012 - Interview Art Spiegelman (2/3)
Interview d'Art Spiegelman par Jean-Luc Hees (2e partie) - Conférence de Presse du 39e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême - 6 décembre 2011, Paris.











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