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Critiques sur Maus (L'intégrale) (59)


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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson le 12/02/2012


    « Je veux être traité comme un être humain. »
    Celles et ceux qui me lisent, l'ont déjà remarqué : je ne lis pas de BD. Je n'y suis pour rien, chez moi, c'était un genre pas fréquentable, ce n'était pas de la lecture !!! Alors, je suis une inculte indécrottable, car même libérée depuis longtemps des injonctions en matière de lectures, il ne vient absolument pas à l'idée d'en lire, ni, pire encore, de m'intéresser à ce qui se fait dans le domaine.
    Parmi toute une liste d'ouvrage, il m'a fallu consulter, peser, réfléchir…forcément, je ne connaissais rien de son contenu. J'ai donc choisi, et bien choisi. Je n'imaginais pas que la BD pouvait être sérieuse, grave, et de qualité supérieure à bon nombre de "vrais livres".
    Art Spiegelman a choisi de mettre en image l'histoire de es parents et plus généralement, de raconter l'Holocauste. Tout part, d'un fils (l'auteur) qui rend visite à son père, Vladek à qui demande avec insistance de mettre sa mémoire à nu.
    Nous assistons donc à un chassé-croisé entre le présent, et le passé. du passé, nous apprenons, ou réapprenons l'histoire d'un génocide, mais d'une manière plus originale grâce à l'image. J'ai trouvé cela bien réussi. le graphisme, tout en noir et blanc, est très réaliste. L'originalité tient dans la manière de présenter les personnages sous formes d'animaux : les juifs sont des souris, d'où le titre Maus, les allemands, des chats (faut-il y associer le jeu macabre du chat et de la souris ?), les polonais sont des cochons…. Les dessins sont souvent à couper le souffle, dignes des meilleures photographies de l'époque qu'il m'a été donné de voir.
    Du présent, nous apprenons la relation, difficile, conflictuelle, entre un père et son fils. Un fils complexé par la mort en déportation d'un frère ainé.
    « La photo n'a jamais fait de caprices ni posé le moindre problème…c'était l'enfant modèle et moi le casse- pieds. C'était perdu d'avance. »
    Une relation difficile entretenue par le suicide inexpliqué de la mère, et très tôt remplacée par une belle- mère assez mal appréciée. Ce père est présenté comme un grand-père capricieux, facilement tenté par le chantage médical, et dont la relation particulière avec l'argent est poussée jusqu'à la caricature. Mais au fond, quand on connait l'histoire de cet homme, on comprend un peu plus.
    Présenté, ici, en intégralité, l'ouvrage était à l'origine paru en deux tomes. Chacun des tomes est également découpé en chapitre, pour une lecture facile et aérée.
    Ce fut pour moi une agréable découverte qui offert une journée de lecture bénéfique, instructive, profonde, et originale à la fois. J'en avais bigrement besoin.



    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2012/02/maus-lintegrale.html

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par milado le 19/05/2012


    Un témoignage indirect d'un fils de survivants d'une grande objectivité. Sans faux-semblant, Art Spiegelman nous fait part de ses états d'âme, des difficultés de communication avec son père, il s'interroge et nous interroge sur l'héritage que nous laisse la génération qui a (sur)vécu (à) l'holocauste.
    Un ouvrage tout simplement INDISPENSABLE.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



  • Par lalistedemafa le 09/04/2012


    Il faut être sincère ...le graphisme n'a rien d'attirant, l'album paraît sombre, en gribouillis, les personnages des petites souris ne sont pas des plus beaux quand on y jette le 1er coup d'oeil. J'ai tenu à lire cet album d,abord pour les éloges que j'ai lu à son propos mais passé quelques pages...j'ai tout oublié et je me suis retrouvé entre New York et L'Europe de L'Est des années 30-40.

    Et là, je ne l'ai plus lâché. Il est vrai que Maus n'est pas un album qui se lit par ci, par là...par à coup! c'est une oeuvre qui nous habite. A près de 300 pages, c'est avec Vladek que nous sommes; nous écoutons son histoire. une histoire que nous connaissons mais qui nous laisse tout de même sans voix, qui nous secoue à l'intérieur, une histoire que j'ai lu en tremblotant parfois. elle fait froid dans le dos. Une histoire qui a fait travaillé ma mémoire. Une histoire pour ne pas oublier la souffrance d'un peuple, la souffrance de tous ces peuples qui ont vécu des atrocités.

    Vladek a épousé Anja, issue d'une famille riche, il auront un fils: Richieu. Vladek se décrit comme un homme assez débrouillard et Anja comme une femme douce et intellectuelle. La guerre va séparer cette famille et ils seront déportés à Auschwitz et Birkenau tandis que leur fils mourra, tué par sa tante qui refuse d'être déportée.



    Ce qui frappe dans cette lecture, de prime abord, c'est le choix d'un album comme média pour un récit aussi lourd puis le choix de personnages animaux. Au fur à mesure de ma lecture, le choix de la souris pour les juifs et le chat pour les Nazis a pris toute sa pertinence. J'ai été impressionnée par ce récit rempli de courage, d'inventivité, de persévérance.

    Le personnage de Vladek est impressionnant, il s'est "organisé" (ce mot a pris une nouvelle signification pour moi) dans les camps de concentration de manière incroyable. Il a fait preuve d'une persévérance presque à tout épreuve. Mais nous réalisons au fur et à mesure qu'il paye encore sa survie. Il porte en lui, indélébile (comme ses numéros qui les ont marqué dans les camps), les traces de la guerre et des camps. Son avarice, sa manie de conserver de ne pas gaspiller, frise l'obsession. Art, second fils de Vladek et auteur de l'album, est pris entre une personnalité qu'il abhorre et un père qu'il aime. C'est émouvant de voir leur relation et triste de percevoir la colère qui habite Art et la solitude de Vladek suite au suicide de la mère, Anja. Il y a une telle incompréhension entre Art et ce père, avare, nerveux et raciste. le récit des années de guerre semble être le seul point qui les rallie...le seul moment où ils ne se disputent pas! C'est triste.

    la structure narrative est excellente, nous nous laissons porter par ce récit lentement avec des allers-retour si fluide que nous devenons triste à voir le peu de pages qui reste. Puis tout d'un coup, j'ai réalisé que j'étais emportée par l'histoire... ces petites souris sont devenues plus expressives, le tracé de crayon plus clair et j'ai compris que Spiegelman a été ingénieux dans son choix...c'est alors que j'ai porté plus attention aux graphismes et que je l'aimé. J'ai aimé que parfois certaines images du passé étaient incluses dans le présent. Par exemple, lorsqu'Vladek évoque les Juifs pendus qui avait essayé de tuer des allemands à Auschwitz. Leurs jambes apparaissent dans les bois( à la place des branches d'arbres) alors que Vladek et Art sont dans la voiture en Floride. C'est un procédé qui fait penser à des flashback et révèlent avec finesse comment Vladek le vit. Son passé envahit son présent à chaque jour!

    Les réflexions autour de ma lecture sont infinies: la question de la mémoire collective, comment la préserver? Peut on réellement comprendre les faits qui se sont déroulés dans cette période? Comment une personne peut aller aussi loin dans la violence, le massacre et une autre aussi loin dans la survie? Mais c'est aussi un devoir de mémoire pour les souffrances de tous les peuples comme ceux de l'esclavage, par exemple. Je me suis souvenue d'une commémoration pour la fin de l'esclavage lors d'un séjour Martinique qui m'avait tant appris sur le commerce triangulaire, la vie dans les plantations. La souffrance de tout un peuple, la violence d'un autre. C'est encore ça, la puissance de Maus: cette capacité de nous interpeller au plus profond de nous même, de ne pas oublier que la vie, c'est le devoir de tous! C'est ce que j'ai ressenti, moi!



    Art Spiegelman signe une oeuvre très intime, il partage son histoire, sa mémoire et c'est poignant. C'est terrible même! Il y a tant à dire sur cet album. Je pense que le mieux, est encore de le lire!

    C'est une lecture que je recommande ABSOLUMENT!!!!!!


    Lien : http://lalistedemafa.over-blog.com/article-maus-l-integrale-art-spie..

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Perdre-son-temps le 03/03/2011


    Que dire de plus... À propos de ce témoignage d'un survivant de la Shoah, tout a été dit.
    C'est aussi un livre formidable sur la relation père-fils, on le dit moins.

    Je me souviens très bien, le jour même quand je me suis offert ce livre, c'était en été et je suis allé m'allonger dans un parc, sur l'herbe, pour commencer ma lecture.
    Il y avait pas mal de monde, des enfants qui jouent, un marchand de glace et beaucoup de chiens.

    Dans le prologue, même ambiance, des enfants jouent dehors. le père D'Artie, rescapé des camps, explique à son gamin ce que c'est d'avoir peur, oui mais avoir peur vraiment tout le temps. Au bout de deux heures, je me suis relevé pour rentrer chez moi, tout trempé par l'humidité de l'herbe, et de ma propre transpiration. Plus un chat dans ce parc, le silence. J'ai eu un peu froid, je n'avais pas pris de pull. J'avais terminé la lecture du tome 1.

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette le 25/04/2011


    Bande dessinée d'Art Spiegelman. Ce volume comprend Mon père saigne l'histoire et C'est là que mes ennuis ont commencé.

    Préface de Marek Halter : "Qu'y a-t-il de commun entre une bande dessinée et la Shoah ? "Zahkor" ! souviens-toi en hébreu. Cette injonction apparaît quelques 169 fois dans le texte biblique, comme si les sages réunis à Yavné, vers la fin du premier siècle, pour compiler les textes et les chroniques qui allaient composer le Livre des livres, avaient pressentis le rôle primordial dévolu à la mémoire dans le destin d'un peuple appelé à la dispersion et à l'exil. Art Spiegelman est le fils d'un des survivants des ghettos polonais. Né à Stockholm en 1948, il vit à New York et dessine des B. D. Maus, son livre, est l'histoire d'une souris dont le chat a décidé d'avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l'obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz. Mais Maus est également le récit d'une autre traque, celle d'un père par son fils pour lui arracher l'histoire de sa vie de juif entre 1939 et 1945 et en nourrir sa propre mémoire, se conformant ainsi à l'obligation de se souvenir. de transmettre aussi. Et avec quelle énergie ! Car de la rencontre peu naturelle de la B. D. et de la Shoah naît un choc. le choc d'une forme réputée mineure pour un événement majeur. Tout comme Woody Allen a su, avec ses images en noir et blanc, nous désintoxiquer du cinéma pour mieux nous le faire voir, Art Spiegelman parvient à effacer de notre souvenir les récits un peu fatigués de la Shoah pour leur substituer un montage neuf, contemporain et fort. D'où la réussite de Maus, cette oeuvre de la première génération "d'après". Grâce à l'art de Spiegelman, le destin de Maus ne cessera de nous hanter."

    Mon père saigne l'histoire (du milieu des années 30 à l'hiver 1944) - Art Spiegelman demande à son père de raconter son histoire, sa rencontre avec sa mère Anja et les années noires de la seconde guerre mondiale. Art a le projet de dessiner cette histoire en collant au plus près :"Je veux raconter ton histoire, comment ça s'est vraiment passé." (p. 25). Vladek Spiegelman retrace alors sa jeunesse en Pologne, son mariage avec Anja, ses fabriques de tissus, sa capture en tant que prisonnier de guerre et toutes les combines qu'il a "organisées" pour faire vivre et sauver sa famille et celle de son épouse. du ghetto à Auschwitz, Vladek tente de survivre.

    Art fait de son père un portrait sans concession. Il montre comment le vieil homme a gardé les habitudes de la guerre, entre récupération et économies avaricieuses. "Sur certains points, il est exactement comme les caricatures racistes du vieux juif avare." (p. 133) Vladek est un vieil acariâtre bougon, remarié sans amour avec Mala après le suicide d'Anja. le père d'Art jauge le quotidien à l'aune de son expérience de la guerre et d'Auschwitz. Irrémédiablement marqué, dans sa chair et dans son âme, par la Shoah, Vladek ne peut concevoir la légèreté de la nouvelle génération.

    Et c'est là que mes ennuis ont commencé (de Mauschwitz aux Catskill et au-delà) - La seconde partie s'ouvre sur une réflexion d'Art face à son oeuvre. Il se demande sous quels traits animaux il peut représenter les Français. Il remet en question le choix de son expression :"Il y a tant de choses que je n'arriverai jamais à comprendre ou à visualiser. J'veux dire la réalité est bien trop complexe pour une B. D. ... Il faut tellement simplifier ou déformer." (p. 176) Entre le postulat historique et sa représentation artistique et graphique se creuse un fossé qu'Art doute pouvoir combler. Se dessinant homme derrière un masque de souris, il montre son appartenance à un groupe, mais également les distances qu'il prend avec celui-ci.

    Dans la seconde partie, Vladek poursuit le récit de son passage à Auschwitz. Il décrit comment, à force de combine et de chance, il a réussi à obtenir des places privilégiées et des avantages. Les images des camps sont connues, mais mises en bande dessinée, elles acquièrent une nouvelle épaisseur et une nouvelle vitalité. Les marches de la mort, la fin de la guerre et le retour au pays sont autant de thèmes déjà vus, mais le traitement que leur impose Art Spiegelman permet de les voir avec un oeil nouveau.

    Cette bande dessinée a l'épaisseur et la forme d'un roman. Découpée en chapitres, elle est également mémoires et confessions d'un vieil homme, testament et récit des origines pour le fils. Insérée à mi-parcours, on découvre une autre bande dessinée d'Art Spiegelman, celle où il illustre le suicide de sa mère. Mise en abîme de la mort eet du récit familial, cette production met en scène des êtres humains perdus, solitaires et effrayants. Dans Maus, le recours à l'animal permet de se sauver un peu de l'horreur de la représentation.

    Les souris sont les Juifs, les chats sont les Allemands, les cochons sont les Polonais, les chiens sont les Américains, etc. Je m'interroge sur le choix de la souris. Certes, la faiblesse de l'animal face au prédateur félin ne fait aucun doute. Mais j'y vois aussi une reprise des idéaux nazis : les juifs sont une vermine trop nombreuse qu'il faut exterminer. Quand les juifs cherchent à se déguiser, ils portent des masques de cochon pour se fondre la masse "honnête" de la population. Les juifs ne sont pas des citoyens au même titre que les Allemands ou les Polonais. Ils sont autre chose, autrement.

    Les [S] des phylactères ressemblent aux S allemands du sigle SS. Ils zèbrent sans cesse les paroles, éclatent la parole en éclair de mots et font écho aux bombardements et aux coups. La peur suinte des pages. le dessin en noir et blanc renforce cette impression de monde manichéen : sans cesse le personnage peut basculer dans le néant. Les mots parfois s'agencent en phrases laconiques dont la logique est évidente :"Beaucoup ont eu des plaies à cause du froid. Dans les plaies du pus, et dans le pus des poux." (p. 55) L'horreur physique et les conséquences dramatiques de la saleté sont ici exprimées en termes factuels, irrémédiablement logiques. La langue de Vladek est caractéristique des émigrés : il inverse certaines parties de phrase et commet des erreurs. Il abuse des pronoms : en cela j'ai vu une nécessité de toujours mettre l'humain au centre, d'insister sur la personne en faisant mention d'elle sous toutes ses formes grammaticales.

    La place du fils et, plus généralement, des générations issues des survivants, est fortement interrogée. "Je dois me sentir coupable quelque part d'avoir eu une vie plus facile qu'eux." (p. 176) Ici parle la culpabilité du survivant et ainsi s'exprime le poids intemporel et inaliénable du souvenir. Entre le père et le fils, les relations sont souvent tendues. Art en veut à son père de vivre comme si la guerre allait frapper et Vladek ne sait vivre que dans la crainte et le ressentiment. Art reste un enfant qui se sent incapable d'être à la hauteur des attentes de son père. Quand on apprend la mort de Vladek, la tension retombe. Art reprend le récit, délivré du poids de l'approbation paternelle, et il achève plus aisément la mise en images de l'existence de son père.

    Pas facile de parler de cette oeuvre qui a déjà fait couler tant d'encre... Cette bande dessinée ne peut pas être saisie en une seule et première lecture. Il faudra y revenir pour mieux saisir certaines subtilités. Si les textes de Primo Levi et de Robert Anthelme m'ont fortement marquée, l'image d'Art Spiegelman a également fait impression pour longtemps.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par MissAlfie le 26/03/2012


    L'histoire du père commence en 1936 en Pologne, lorsqu'il rencontre Anja, la mère d'Art Spiegelman. Il ne nous raconte pas que la guerre, que les camps de concentration. Il raconte la montée du nazisme, la crainte grandissante chez les juifs qui voient les persécutions croître un peu partout, que ce soit en Pologne ou dans les pays voisins. C'est toute la guerre qui nous est racontée par Art Spiegelman, tout le quotidien des Juifs qui sentent la menace grandir, qui voient leurs semblables se faire rafler, qui tentent de se cacher, de trouver des solutions pour ne pas partir dans ces endroits mystérieux d'où personne ne semble revenir.

    Graphiquement, l'oeil s'habitue rapidement au trait noir et blanc de Spiegelman. Les personnages sont représentés par des animaux, qui eux-mêmes représentent différents groupes nationaux, notamment en référence à la propagande nazie qui représentait les polonais comme des porcs et les juifs comme des souris, si j'en crois les infos glanées ici et là. Graphiquement, peu de choses différencient les personnages d'un même groupe. On se repère par les dialogues, l'image ne raconte pas à elle seule l'histoire comme ce peut être le cas dans d'autres BD, l'image vient servir le récit.

    Maus est une bande dessinée qui se lit doucement, avec laquelle il faut prendre son temps, la laisser reposer puis la reprendre, ce sont près de 300 pages qui racontent, une fois encore, la barbarie humaine, pour que l'Homme n'oublie pas, pour que l'Homme ne renouvelle pas.


    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2011/05/08/20967724.html

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par lunch le 05/08/2011


    Artie vient rendre visite à son père. Nous sommes alors en 1978, et cela fait quelques temps qu'il ne l'a pas vu. Depuis le suicide de sa femme Anja dix ans plus tôt, son père Vladek Spiegelman, s'est remarié. Avec une autre Juive, Mala, qui a elle aussi survécu aux déportations en Pologne.
    À l'occasion de cette visite, Artie reparle de son projet d'écrire un livre sur la vie de son père durant la seconde guerre mondiale, et lui demande de lui confier son histoire.

    Maus est un bouquin magnifique et ce pour tout un tas de raisons. La critique lui a par ailleurs montré ô combien le témoignage qu'il laissait était important.
    Le premier opus, Mon Père saigne l'Histoire, est paru en 1987. L'année suivante, il obtient l'Alph-Art du meilleur album étranger lors du festival d'Angoulême. Une consécration pour une bande dessinée.
    Le second tome, Et c'est là que mes ennuis ont commencé, paraît en 1992 et clôt le diptyque. Une sortie là aussi honorée par l'Alph-Art du meilleur album étranger d'Angoulême, mais pas seulement. Car Maus se voit aussi décerner le prix Pulitzer, une récompense unique jamais attribuée à une autre bande dessinée.

    Art Spiegelman a travaillé 8 ans sur le tome 1. Il a tout d'abord recueilli le témoignage de son père, prenant des notes ou enregistrant leurs entretiens. Vladek Spiegelman est mort en 1982. Ce livre n'est pas seulement un hommage à l'homme, c'est aussi un témoignage fort sur la Shoah durant la seconde guerre mondiale. Un travail de longue haleine, délicat et complet.

    La suite à lire sur BenDis...


    Lien : http://bendis.uldosphere.org/index.php?p=bds&motor=1&titre=maus

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par ennapapillon le 28/04/2012


    Cela faisait longtemps que j'avais envie de lire cette bande dessinée mais j'avais un peu peur de me lancer... J'avais tord car même si c'est une histoire terrible, la bande dessinée est très abordable et forte.

    Cette histoire en raconte deux : celle de la montée du nazisme en Pologne, la vie des juifs à cette période et leur persécution et Auschwitz au travers du témoignage de Vladek Spiegelman, le père de l'auteur mais aussi la relation entre Art Spiegelman et son père à l'époque où il recueille son témoignage et commence l'écriture de "Maus".

    J'ai trouvé le témoignage historique poignant, le rendant très "vivant", réel... Mais j'ai aussi beaucoup aimé la partie contemporaine et la manière dont au-delà de l'histoire juive, l'auteur cherche à recueillir des informations sur sa famille, les relations compliquées avec son père qui n'est pas un homme facile, la culpabilité d'être le fils qui n'a pas connu les camps mais qui doit quand même "vivre avec".

    J'ai aussi apprécié que ce ne soit pas "romantique"... Je m'explique : le père, n'est pas un personnage idéalisé, malgré ce qu'il raconte, la terrible épreuve, il n'en est pas moins un vieil homme acariâtre. Ce qu'il a à raconter en est encore plus poignant, je trouve, il nous raconte une vérité incroyable...

    C'est un récit fort, instructif, dur et utile. A lire!


    Lien : http://ennalit.canalblog.com/archives/2012/04/28/24037302.html

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Lonewolf le 15/10/2011


    Maus… La première fois que j'ai lu cette œuvre, j'étais au lycée. Je fouillais le petit coin BD, et je tombe sur une intégrale de Maus. La couverture fut déjà un choc visuel, quelque chose qui vous attire l'œil et vous force à ouvrir et lire le contenu. Deux souris face à un mur, une croix gammée avec au centre un visage de chat qui est clairement celui d'Adolf Hitler. le chat qui chasse la souris, Hitler qui chasse les Juifs d'Europe. le ton est donné, nous entrons dans ce qui est sans doute la période la plus sombre de l'Histoire.

    Je n'avais pas relu Maus depuis cette époque. Mais, tout comme Persépolis que j'ai découvert au même moment (il était quand même bien fourni en BD, ce CDI), l'œuvre est restée gravée dans ma mémoire, tellement ce fut un choc, et a continué de me suivre toutes ces années. Aujourd'hui, une dizaine d'années plus tard, j'ai acheté mon propre exemplaire de cette intégrale, que j'ai relu avec le même plaisir et la même émotion que quand j'étais ado.

    On entend parfois que la BD n'a pas d'intérêt, est pour les enfants, n'est pas de la vraie littérature, et j'en passe… Si vous connaissez quelqu'un qui tient ce genre de discours, mettez-lui immédiatement Maus sous le nez, et je vous garantis qu'il viendra vous présenter ses plus plates excuses le lendemain. Seule bande dessinée à avoir obtenu le Prix Pulitzer, en 1992, elle nous entraîne directement au cœur même de la barbarie nazie et de l'enfer des camps.
    À travers les souvenirs d'un survivant, nous comprenons mieux l'ampleur et l'horreur de la Shoah, sans tomber dans le larmoyant ou l'accusateur. Juste des faits, à travers un survivant qui a aussi ses faces sombres.
    L'analogie des hommes à des animaux, où Spiegelman détourne ainsi la propagande nazie de l'époque (oui, Jospeh Goebbels, Ministre de la Propagande, a fait représenter les Juifs comme des rats et souris, et les Polonais comme des cochons, comme le fait ici Spiegelman dans une autre optique), offre la distance nécessaire pour garder un certain recul, mais on ne peut s'empêcher d'être empathique face à ce qui est traversé.

    Mais c'est aussi une histoire familiale, celle d'une difficile relation père-fils, d'un fils qui a toujours couru après son père… Et l'auto-analyse d'un auteur, jamais remis du suicide de sa mère, et qui porte difficilement, comme sans doute tant d'autres, son statut de “fils de survivant”. Doit-on se sentir coupable de vivre dans un environnement relativement “facile”, par rapport à cette période ? Dure question…

    Maus, c'est aussi un peu d'humour, de la tendresse, des souvenirs… C'est la vie. Un hymne à la vie, à la liberté, et au courage de ceux qui ont tout fait pour survivre avec leurs familles.
    Un choc visuel et émotionnel, voilà qui résume le mieux.

    Maus n'est pas une simple BD.
    C'est une œuvre à part entière, un chef-d'œuvre, un élément majeur du 9e art, et surtout une pierre importante sur le mur du devoir de mémoire. C'est à lire absolument, pour ne pas oublier jusqu'où l'Homme peut aller dans la barbarie, et jusqu'où il peut aller pour survivre, tant qu'il a l'espoir avec lui.


    Lien : http://feathersheaven.unblog.fr/2011/10/15/maus-integrale/

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Epytafe le 14/10/2011


    Il y a Primo Levi, il y a Elie Wiesel, il y a les ouvrages des historiens, les visites des camps, les photos, les films, les documentaires, les pièces de théâtre...

    Et il y a Maus, une oeuvre majeure, probablement ce qu'on a produit de mieux concernant cette période tellement noire de l'histoire qu'elle en reste incompréhensible, inabordable, indiscible.

    Maus est un chef-d'oeuvre !

    Au minimum !

    critique de qualité ? (7 votes positifs)






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