> Jean-Michel Boissier (Traducteur)
> Roland C. Wagner (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070320529
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Et si, écoeuré par la défaite allemande en 1918, Adolf Hitler avait émigré aux Etats-Unis ? S'il s'était découvert une vocation d'écrivain de science-fiction ? S'il avait rêvé de devenir le maître du monde et s'était inspiré de ses fantasmes racistes et belliqueux pour ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 22 septembre 2010

    Walktapus
    Le Rêve de fer est un livre provoquant et stimulant, et ce serait faire injure à Spinrad que d'y voir une simplette critique du nazisme.
    Imaginez un monde divergent où un certain Adolf Hitler émigre aux Etats-Unis après la première guerre mondiale. Il devient alors illustrateur, spécialisé dans les couvertures de SF des magazines pulp de l'époque (le vrai Hitler s'adonnait à la peinture). Puis il produit son premier roman de science-fiction : Rêve de fer. Tout ça est expliqué dans la notice biographique du début du livre.
    Ensuite commence le roman proprement dit. Sensé être écrit par cet Adolf Hitler uchronique amateur de science-fiction, c'est une sorte de transposition en SF de l'imaginaire nauséabond de notre Hitler historique : une poignée d'êtres humains génétiquement purs affrontent des mutants à la fois monstrueux et manipulateurs, et essaient de sauver la race pour ensuite conquérir l'univers à l'aide de clones génétiquement parfaits.
    Rêve de fer présente la particularité de ne pas être intéressant par le récit en lui-même : de bout en bout sur le mode ironique, il est court, basique, et grossit le trait.
    Non. Son intérêt est d'ouvrir toute une réflexion sur les structures mentales qui sous-tendent la SF, surtout celle des années 20 à 40, en imaginant un Adolf Hitler parallèle s'y adonnant et y trouvant un réceptacle naturel pour ses fantasmes. Une manière très habile et hautement originale de pointer du doigt des choses sans les dramatiser, et de provoquer en nous une réflexion sur un genre en particulier, pas seulement sur les schémas qui poussaient des auteurs à écrire ces oeuvres, mais aussi sur ceux qui font que le public les appréciaient.
    Et je ne pense pas que cette réflexion ait perdu de son actualité aujourd'hui, même si c'est peut-être plus à la fantasy qu'il faudrait s'intéresser.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par HK, le 03 juillet 2011

    HK
    L'intérêt d'une telle oeuvre, qui est évidemment à lire constamment au second degré, c'est le rapprochement qu'elle fait entre le nazisme et l'heroic fantasy. A bien y réfléchir, Spinrad ne fait pas foncièrement fausse route. L'élitisme qui est mis en avant dans la plupart des ouvrages du genre, n'est pas sans rappeler celui du national socialisme. Volonté de puissance, interdiction de céder à toute faiblesse... Des héros parfaits, sans peur et sans reproche, qu'aucun danger si grand soit il ne peut effrayer. Et parfois assez immoraux, à l'instar d'Elric et maintenant de Feric Jaggar..
    Il faut avoir le cœur bien accroché pour achever la lecture car le roman est parsemé de scènes violentes et « gore » très explicites. Quand il est affirmé qu'Adolf Hitler est responsable d'une telle œuvre, on ne peut que sourire. Un Adolf Hitler sous acide alors ou au stade terminal de sa syphilis tant le récit est halluciné, morbidement exalté. Certains évènements et figures de la deuxième Guerre Mondiale sont identifiables mais passés au prisme déformant de la science-fiction.. Par exemple « La nuit des longs couteaux » puisque Feric Jaggar, comme Hitler, en viendra à se débarrasser de ses premiers soutiens mais d'une manière somme toute assez différente. Aussi, Himmler deviendra Remler et Goebbels, Bogel ...
    Je pense donc qu'au-delà du caractère résolument provocateur de l'œuvre, il s'agit avant tout d'y voir la condamnation d'un genre littéraire tout entier (l'heroic fantasy) qui s'est essentiellement bâti, à l'instar du nazisme, sur des modèles et idéaux de toute puissance.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 17 mai 2012

    BVIALLET
    Après avoir participé à la première guerre mondiale, Adolf Hitler émigre en 1919 aux Etats-Unis où il fréquente un obscur groupuscule, appelé « Nationaux-Socialistes », qui disparaît aux alentours de 1923 peu de temps avant le grand coup de force communiste qui prend la domination totale de la planête. Il se consacre à l'écriture d'un roman de science-fiction « Le seigneur du svastika » qui raconte la montée au pouvoir d'un certain Féric, obsédé par la nécessité de purification de la race humaine laquelle a été atteinte de dégénérescence suite à une longue infestation par irradiation nucléaire. Des hordes de mutants, monstres divers et baveux, peaux-bleus, hommes-perroquets etc… menacent d'envahir Heldon, le dernier bastion des purhommes, grands, blonds, aux yeux bleus et supérieurement intelligents. Féric parviendra-t-il à éloigner la menace ?
    Etonnante uchronie et terrifiante parodie, ce roman est surtout une fable politique qui permet à Spinrad d'exposer la plupart de ses thèmes favoris : le totalitarisme et tous ses avatars (Zind, le royaume des mutants et des métis, est une décalque caricaturale de l'Union Soviétique de l'époque stalinienne), l'eugénisme, l'euthanasie, le rejet de l'autre, la folie de la guerre et jusqu'aux dangers du clonage. On notera au passage que ce texte, visionnaire par cet aspect, parut en 1972. Roman troublant surtout, car biaisé par sa forme et sa présentation elles-mêmes. Qui parle ? le présentateur du début, Roland C. Wagner, bien politiquement correct ou Hitler et sa paranoïa morbide (la montée au pouvoir aussi loufoque que fantaisiste est passionnante, la description des combats et batailles contre les monstres plutôt longuette) ou finalement Homer Whipple qui nous la joue hyper-freudienne avec ses symboles phalliques et homophiles dans une conclusion pseudo-psychanalytique ? Derrière ces trois faux-nez, se cache bien sûr notre malicieux auteur qui ne manque pas d'humour et de dérision et qui arrive à nous divertir avec les pires horreurs… Un chef d'œuvre qui n'a pas pris une ride.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par hupomnemata, le 04 janvier 2011

    hupomnemata
    En tout premier lieux, Rêve de fer est une Uchronie: que serais le monde si Hitler avait émigré au USA, porté par sa passion pour la s.f. La réponse, elle est écrite dans la postface du livre, mais qui est une postface fictive puisque son auteur commente le livre de science fiction d'Hitler, pas la fiction de Spinrad. Si Hitler n'avait pas été en Allemangne dans les année 30, il semblerait que le nazisme aurait trouvé une terre fertile aux États-Unis. Ici, l'uchronie permet d'avancé une hypothèse: personne n'est à l'abris de ce fléau.
    En second lieux, une mise en Abime, le livre dans le livre. Cela rend les motifs temporels et historique de ce livre aussi beaux et attrayant que ceux d'un K. Dik avec le maitre du haut chateaux.
    Et puis il y a le livre, Norman spinrad réussis ce tour de force: entré dans la tête d'un malade, dans sa logique, sa paranoïa, son homosexualité refoulé. Une vrais décharge électrique.
    Habituellement, les livre Spinrad trouvent leurs intérêts dans leurs qualités critique bien articulé aux ingrédients d'une bonne histoire. Ici, ces deux caractèristiques sont à leur sommet, mais ce n'est pas pour cela que c'est un livre agréable à lire. En effet, Hitler est aussi mauvais écrivain qu'il était mauvais peintre (répétition, l'action traine en longueur, ect....) mais cela contribue à la cohérence du projet.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Gusseuh, le 25 avril 2010

    Gusseuh
    Attention, livre polémique !!
    Son aura culte, son humour couillu, sa révolte enragée font aujourd'hui encore mouche.
    Car ici, Spinrad tape sur la SF et la Fantasy qui se complaisent dans la violence, les conflits, le manichéisme, l'ordre établi...
    Spinrad se fout de tout ça, s'en moque, et démolit l'establishment en imaginant le roman ultime d'un auteur de SF pas comme les autres.
    Outrancier, jubilatoire, un bouquin hors norme, qui défit le temps, et reste un impact en pleine poire, 30 ans après sa parution.
    Alors certes, vous me direz que l'on aime ou on déteste. Certes. Mais ici, c'est autant l'idée, géniale et cynique, de transformer la représentation la plus cinglante de la folie humaine en auteur de SF réactionnaire et teigneux, que la qualité du bouquin, parodie futuriste, déjantée et crapoteuse de Mein Kampf.
    Spinrad fait rarement dans la dentelle, mais il n'a jamais été aussi loin dans le mauvais esprit que dans ce bouquin. Lisez-le ! Faites-vous mal !
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Citations et extraits

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  • Par Pamw, le 27 septembre 2007

    4ème de couverture:
    Et si, écoeuré par la défaite allemande en 1918, Adolf Hitler avait émigré aux Etats-Unis? S'il s'était découvert une vocation d'écrivain de science-fiction? S'il avait rêvé de devenir le maitre du monde et s'était inspiré de ses fantasmes racistes et belliqueux pour écrire "Le seigneur de Svastika", un roman couronné par de prestigieux prix littéraires?



    Etonnante uchronie et terrifiante parodie, "Rêve de fer" est une dénonciation sans appel et sans ambiguïté du nazisme.
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  • Par Durdane, le 29 septembre 2008

    Bien que le spectre de la domination communiste mondiale puisse inspirer au lecteur simple le désir d'un chef modelé sur le héros du Seigneur du Svastika, à tout prendre nous avons la chance qu'un monstre comme Ferric Jaggar demeure à jamais enfermé dans les pages de la science-fiction, rêve enfiévré d'un écrivain névrosé nommé Adolf Hitler.
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  • Par pitivier, le 24 décembre 2010

    Feric apparaissait, de la tête aux pieds, comme l'humain génétiquement pur qu'il était. Cela, et cela seul, lui rendait supportable son interminable exil dans la promiscuité de la racaille borgravienne : les quasi-humains étaient obligés de reconnaitre sa pureté génétique. La vue de Feric remettait mutants et métis à leur place et, en général, ils s'y tenaient.
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