ISBN : 9782213634340
Éditeur : Fayard (2011)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 46 notes) Ajouter à mes livres
En 2006, une bande de délinquants de banlieue enlève un jeune homme et exige une rançon à sa famille. Le montant réclamé est beaucoup trop élevé pour le milieu modeste dont la victime est issu, mais le choix des agresseurs s’est porté sur lui car il est juif et supposé ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 01 mai 2012

    mariech
    L'horrible fait divers du gang des barbares dont l'auteur a simplement changé le nom des différents protagonistes .
    Petite parenthèse , la jeune fille qui a servi d'appât dans cette affaire a récemment défrayé la chronique et a ruiné la carrière du directeur de prison où elle purgeait sa peine .
    Morgan Sportès nous montre des jeunes immatures , attirés par le miroir aux alouettes de l'argent gagné facilement , des jeunes qui ne savent pas faire la différence entre réalité et fiction , qui vivent comme s'ils s'agissaient d'un feuilleton à la télé .
    Présentés comme ' le gang des barbares ' c'est pourtant d'êtres humains dont il s'agit et certains même ont des regrets .
    Mais qui est vraiment le commanditaire Yacef versus Yousouf ?
    Un mythomane , un dangereux psychopathe ,?
    En tout cas , au fil des pages , on se rend compte qu'il n'a aucune organisation , il croit dur comme fer que tout va se passer comme il l'a décidé , c'est également , le seul a vouloir la mort de la victime .
    Après son horrible forfait , il essaye de se réfugier en Côte d' Ivoire , chez ses frères ( comme il le dit ) , comme si il n'avait pas pensé qu'actuellement il n'y a plus de distance qui protège les assassins . La facilité avec laquelle il est retrouvé donne froid dans le dos , et pose la question ' Ne pouvez -t-on pas sauver Elie ( Ilyan ) ?
    La victime dès le début est ' l'autre ' , l'ennemi auquel on se s'identifie pas , dès que l'on a affaire à l'autre , la victime n'est plus une personne , on peut donc l'oublier , ' la nier ' , la frapper , la torturer .
    Plus cela se passe mal pour la demande de rançon , plus Yacef torture sa victime . Certains de ses amis ont d'ailleurs peur de lui .
    Et en tant que lecteur , on assiste impuissant à la montée de l'horreur , pris au piège par une lecture dont je me suis demandée ce qu'elle pouvait apporter , un malaise chez moi , une fascination morbide pour d'autres .
    Je suis ressortie sonnée de cette lecture dont j'avais entendu des comparaisons avec Truman Capote et son livre ' de sang froid ' mais cela n'a rien à voir , car T. Capote essaye de voir l'humain derrière les monstres , le remords .
    Ici , on est dans une énumération clinique, , glaçante .
    Quelques éléments m'ont troublé , l'auteur décrit les lieux comme une banlieue qui a gardé un visage humain alors qu'on n'imagine plutôt un lieu déshumanisé .
    Un témoignage implacable sur l'emprise s'un meneur sur un bande de jeunes , dur la place de l'argent ;. D'ailleurs , un jeune à qui on demande s'il aurait tué pour de l'argent , réponds oui spontanément , puis se rends compte et dit ' Je suis pitoyable '; un autre ' Tête de craie ' se retire avant la fin , en croyant ' gommer ' sa participation , il recommence sa vie à zéro ; la aussi dans une pensée magique , ' Je me retire , je n'ai donc rien fait , on ne pas vu . Ces jeunes sont incapables d'anticiper les conséquences de leurs actes . En prison , il prends conscience de ce qu'il a fait et éprouve des remords .
    Une lecture éprouvante qui me hantera longtemps .

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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 22 novembre 2011

    Seraphita
    Elie, 23 ans : pour Yacef, son geôlier et tortionnaire, c'est déjà l'autre. Yacef, 25 ans, « Cerveau du gang des Barbares », selon l'expression que lui donneront les médias. L'autre – le barbare : deux hommes à qui l'on a ôté la qualité d'êtres humains. Pourtant ce seront bien deux hommes que le hasard et l'absurdité mettront en présence jusqu'à la fin, la mort brutale et insensée, pour l'un, la prison, pour l'autre.
    « Tout, Tout de Suite » : un roman ? Comment qualifier le genre de ce livre choc écrit par Morgan Sportès et qui a obtenu le Prix Interallié ? En dépit d'un avant-propos que l'auteur a voulu explicite, je me suis posé cette question tout au long de ma lecture. A partir de faits réels sordides (« En 2006, un citoyen français musulman d'origine ivoirienne a kidnappé et assassiné, dans des conditions particulièrement atroces, un citoyen français de confession juive » [avant-propos, p. 9]), Morgan Sportès a voulu « réélabore[r] ces faits, à travers [son] imaginaire, pour en nourrir une création littéraire, une fiction » (p. 9). Il qualifie donc son livre comme un roman. Pourtant, ce qui frappe, c'est que le ton qu'il emploie semble extrêmement réaliste et glace d'emblée le lecteur. Morgan Sportès déploie sur plus de 300 pages le déchaînement de violence qu'anime un groupe d'individus, mené par un leader que la raison a manifestement déserté, avec un luxe de détails froids et réalistes, qui donne l'impression d'assister à une autopsie glaciale - glaçante, de faits qui nous interpellent « sur l'évolution de nos sociétés » (p. 9).
    Oter la qualité d'être humain à l'autre : Elie est l'autre pour Yacef dès qu'il l'enlève. En lui retirant sa qualité d'être humain, il l'a sans doute déjà condamné à mort, dès le départ. Quand Yacef devient un barbare (ainsi le qualifieront les médias), lui aussi perd son humanité. Certes, il a commis des actes sordides, destructeurs, qui, au final, ont abouti à la mort tragique et absurde d'un jeune homme. Pour autant, pour tenter de comprendre, comme a voulu le faire Morgan Sportès ici, ce que ces faits tragiques nous disent sur l'évolution de nos sociétés, il convient, dans un premier temps, de ramener le « barbare » à sa condition humaine première. Comprendre, tenter de mettre du sens (même si tout cela paraît bien insensé), ce n'est nullement cautionner les faits. C'est peut-être, au final, vouloir mettre en lumière la part obscure tapie au fond de soi-même. « Je est un Autre », écrit fort justement Arthur Rimbaud en 1871…
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 13 septembre 2011

    ChezLo
    Yacef de Bagneux a acquis une petite expérience dans un créneau du banditisme. Avec son entourage, ses copines, ses connaissances, son réseau de petits gars désoeuvrés, il se spécialise dans le kidnapping avec l'espoir toujours d'une belle rançon à la clé. Envoyer une fille draguer la cible, obtenir son numéro de téléphone, l'attirer dans un guet-apens, contacter les caïds endurcis du 93 pour porter la victime à la planque, nommer les gamins et les potes qui seront chargés de surveiller le kidnappé, obtenir les contacts de son entourage qu'il faudra faire chanter. Tout est rôdé, son plan machiavélique dont il est si fier, même s'il se heurte parfois à la vigueur non prévue des cibles, ou leur non coopération, doit marcher coûte que coûte afin qu'il rembourse ses dettes et paie ses sujets des belles sommes promises. Alors cette fois, on va viser Elie, vendeur dans une boutique de téléphone, mais surtout Juif, dont évidemment entouré d'une famille et d'une communauté aisée qui seront prêts à tout pour le sortir de l'enfer qu'il lui réserve...
    On ne lit pas "Tout, tout de suite" pour son style littéraire, sinon on est grandement déçu. On peut lire ce livre, ce roman non fictionnel, ce fait divers à peine romancé, comme un policier à suspense, même si on en connaît l'issue tragique. On fait bien de le lire comme un état des lieux gravissime, comme le décorticage minutieux, résultat d'un travail d'enquête (un travail que les journalistes devraient avoir les moyens de faire ?) de très grande haleine, qui nous permet de revenir à tête reposée et avec l'ensemble des éléments factuels, sur un fait divers qui a bien sûr fait sensation mais qui malgré tout nous a été raconté par la presse de façon très superficielle.
    Jour après jour, en commençant bien avant l'affaire de l'enlèvement d'Ilan Halimi par Youssouf Fofana et ses acolytes en 2006, Morgan Sportès décrit grâce à l'enquête, aux dépositions, aux indices récoltés, comment tout cela s'est déroulé, avec qui et où (les lieux sont toujours décrit avec précision et replacés dans le réel).
    Le gang des barbares, avait surnommé la presse, une expression sensationnelle pour les media qui caricature les protagonistes en s'éloignant de la vérité. Il s'agit plutôt d'un fou fébrile, Youssouf Fofana qui apparaît nerveux, très mal organisé, mauvais en orthographe, ayant une fausse confiance en lui-même, entouré de quelques caïds d'expérience auxquels il devra faire appel, et d'une nuée de jeunes qu'il manipule en faisant miroiter des sommes variables. Des filles influençables, des gamins de 17 ans, ou des pères de famille qui traînent dans la cité. Sa petite armée crédule de petits bras. Des garçons qui auront bien plus de scrupules que leur chef, qui feront pour certains preuve d'empathie envers la victime qu'il doivent garder séquestrée dans un appartement puis un local technique, aussi froids l'un que l'autre : il leur arrive de lui acheter de la nourriture avec leurs propres sous, de lui parler malgré l'interdiction du chef, de nouer une relation humaine, d'acheter des couettes pour le réchauffer, d'acheter du "faux-sang" pour produire une photo-chantage d'Elie/Ilan défiguré demandée par Yacef/Youssouf. Ces "gardiens" qui se relayent pendant 3 semaines au lieu de 3 jours, sont les exploités de celui qui voudrait venger les exploités du monde. Autour de Yacef/Youssouf, peu d'amitié, peu de rapports "vrais" et au final, beaucoup de trahison, d'abandon devant sa folie qui se fait de plus en plus visible et dangereuse.
    Un livre qu'on ne lâche pas, tout en étant effaré de ce personnage effrayant par son incompétence et ses passages à l'acte, à toute son inorganisation, ses machinations bancales... Et malheureusement, on croit percevoir des ratages impardonnables de la police, dus à une stratégie un peu trop rigide...
    La dissection effarante (.......)
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ygounin, le 07 mai 2012

    ygounin
    Ce livre m'a traumatisé. Avec "Limonov" et "Rien ne s'oppose à la nuit", je le place parmi les meilleurs de l'année.
    Morgan Sportès reconstitue l'histoire du Gang des Barbares qui avait défrayé la chronique début 2006. On se souvient que cette bande dirigée par Youssouf Fofana avait kidnappé puis tué Ilan Halimi, un jeune homme d'origine juive.
    La monstruosité des criminels donne froid dans le dos. Monstruosité d'autant plus terrifiante que la bêtise semble être son moteur. L'antisémitisme qui caractérise leur acte n'est rien qu'un a priori stupide : les Juifs sont riches et forment une communauté solidaire donc en kidnapper un est la garantie d'une belle rançon.
    Cette bande de criminels a des comportements de pieds nickelés qui seraient presque risibles s'ils n'étaient pas aussi graves. Ainsi le rapt réussi de Ilan Halimi succède à une série de tentatives d'enlèvements pitoyablement ratés par manque d'organisation.
    Cette bande de petits délinquants, dealers à la sauvette, livreurs de pizza, pour certains mineurs encore, est mue par l'avidité. Ils veulent "Tout, Tout de Suite". Parmi eux, quelques filles qui servent d'appât (Morgan Sportès avait déjà consacré un livre "L'Appât" - adapté à l'écran par Bertrand Tavernier avec la sublime Marie Gillain - à une affaire similaire au début des années 90)
    Pas un personnage pour racheter l'autre : alors que le complot a impliqué une masse inouïe de protagonistes, pas un ne s'est dressé pour protester et se désolidariser.
    Pas une explication à leur comportement qui puisse atténuer leur culpabilité : dans "Désintégration" de Philippe Faucon, l'enrégimentement à une organisation terroriste d'un jeune immigré victime de racisme et de déclassement était expliqué voire excusé. Rien de tel sous la plume de Morgan Sportès qui signe un réquisitoire effrayant contre les dérives d'un certain modèle d'intégration à la française.
    Cette radicalité n'est pas plaisante. le refus de tout psychologisme place les auteurs de ce crime odieux dans une altérité inaccessible. La démarche n'est pas sans rappeler celle de Jonathan Littell : comme Maximilien Aue, le "héros" des Bienveillantes, Youssouf Fofana - ici rebaptisé Yacef - nous est décrit cliniquement. Morgan Sportès ne commente pas, ne juge pas, ne propose pas de solution, n'esquisse pas d'avenir. Son roman s'arrête brutalement à l'arrestation - rocambolesque de Fofana en Côte d'Ivoire.
    Le portrait de la barbarie n'en est que plus glaçant.
    Couronné par le prix Interallié, "Tout, Tout de Suite" démontre que, parfois, les prix littéraires visent juste.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Morgan Sportès né en 1947 à Alger, est un écrivain français. Il a publié dix-huit livres, nombre d'entre eux ont été traduits en de nombreuses langues et ont attiré l'attention de personnalités comme Claude Lévi-Strauss ou Guy Debord avec lequel il se lie d'amitié après la publication de La dérive des continents en 1984. Il partage actuellement sa vie entre la rédaction de ses livres et de nombreux voyages de recherche.
    En préambule à son roman Tout, tout de suite qui vient tout juste de paraître, Morgan Sportès nous prévient : « En 2006, un citoyen français musulman d'origine ivoirienne a kidnappé et assassiné, dans des conditions particulièrement atroces, un citoyen français de confession juive. J'appelle le premier Yacef, le second Elie. L'un a 25 ans, l'autre 23. J'ai réélaboré ces faits, à travers mon imaginaire, pour en nourrir une création littéraire, une fiction. »
    L'auteur est donc très clair, ceci est un roman écrit à partir d'un fait divers réel et si vous ne vous souvenez plus exactement de quelle affaire il s'agit, sachez qu'il s'agit de celle que la presse avait baptisée à l'époque, « le gang des barbares ».
    Pour écrire ce livre, Morgan Sportès s'est livré à une véritable contre-enquête, épluchant la presse, interrogeant certains témoins, lisant des documents de source policière etc. Tous ces faits sont la base même de ce récit certifié exact, seuls les dialogues sont de la fiction, la sauce littéraire et le liant qui constitue le roman, la fiction. D'où une avalanche de détails qui ne servent à rien dans le récit mais qui rappellent les rapports de police, comme indiquer le numéro d'une cabine de téléphone public ou préciser qu'une boucherie fait aussi volaille, triperie, charcuterie ! Tous les faits et gestes des protagonistes sont intégralement mentionnés, les noms des rues empruntées, les noms des cybercafés et des commerces où ils entrent.
    Tout est épouvantable dans ce drame car tout est nul. Si le terme « gang des barbares » sonne bien et a fait de beaux titres de presse, il ne correspond pas à la réalité car il n'y a pas de gang. Yacef est un tocard de banlieue avec une grande gueule - mais qui bégaye sous le coup de l'émotion - qui a réussi, grâce à un séjour en prison, à se faire une réputation de petit caïd et se créer une petite cour de plus minables que lui. A peine libéré, « c'est à la société qu'il déclare la guerre. Il veut du fric, vite. » Les barres HLM, les caves et les halls d'immeubles investis pour des trafics en tous genres, les jeunes en sweat-shirts à capuche, le chômage, l'immigration, l'échec scolaire, l'exclusion sociale etc. tel est le décor sordide et connu de cette histoire horrible.
    La bêtise crasse de Yacef laisse pantois et effraie car elle défie les raisonnements logiques. Si la brute enlève Elie, la victime est choisie au hasard, c'est tout simplement parce que juif, il est sensé avoir de l'argent et qu'une rançon pourra être demandée. Sauf que Elie n'est pas d'une famille fortunée. le montant de cette rançon fluctuera à la baisse au fil des trois semaines que durera cet enlèvement.
    Le roman fait plus de 370 pages, mais il se lit à une vitesse hallucinante car le style est sec fait de phrases courtes alignant les faits les uns après les autres, froidement. On connaît la fin puisqu'elle est connue, pourtant on ne peut se retenir de dévorer l'ouvrage pour en venir à bout et être bien certain que Yacef va se faire coffrer. Un thriller sans suspense final mais tout aussi prenant.
    Morgan Sportès ne donne jamais son avis, seules quelques phrases nous interrogent, la tactique policière pour retrouver Elie était-elle la bonne, demande le père de la victime tout en rendant hommage aux membres de la Crim' qui ont « travaillé comme des fous », ce « monstre » comme d'autres du même tonneau n'arrive pas de Mars, il est issu de notre société, qu'elles sont les raisons et les causes d'une telle furie ? La question n'est pas nouvelle, des réponses – incomplètes peut-être - ont été fournies mais que faisons-nous pour que cela change ?
    Un livre coup de poing, à lire bien évidemment.
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Critiques presse (9)


  • Lexpress , le 26 septembre 2011
    Au-delà du "remake" banlieusard (et un peu opportuniste) de L'appât, l'auteur excelle dans la reconstitution presque minute par minute de l'enlèvement et dans la description, jamais manichéenne, des protagonistes - notamment les sbires de Yacef, dépassés par les événements.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 14 septembre 2011
    […] l'écriture manque de personnalité. Et la langue, qui tente de coller à celle des protagonistes, sonne un peu « fabriquée ». […] Ces réserves n'empêchent pas, on l'a dit, une lecture passionnante.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • LeMonde , le 26 août 2011
    Du conte, le livre possède la mécanique implacable, et pas seulement cela : les monstres qui le traversent y sont pareillement impénétrables, mus par une force maléfique et une cruauté qui nous restent profondément mystérieuses.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 26 août 2011
    Le roman de Morgan Sportès présente des qualités évidentes, qui sont essentiellement celles du récit. Fondé sur un travail d'enquête et de documentation considérable, il emporte la conviction par son efficacité.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeMonde , le 26 août 2011
    Tout, tout de suite est un grand texte parce que, justement, il n'est pas un texte littéraire : au diapason très exact de ce qu'il narre, c'est un texte hémorragique qui décrit, par la fuite précipitée des mots et la trépidance du rythme, les convulsions d'une jeunesse qui se vide de son humanité comme on perd son sang.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • LeFigaro , le 26 août 2011
    Morgan Sportès et Emmanuel Carrère puisent dans le réel le matériau de leur nouveau roman. Deux grands livres.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • LesEchos , le 25 août 2011
    « Tout, tout de suite » est bien écrit, mais n'est pas littéraire. Morgan Sportès use d'un style précis, clinique, pour extirper un faisceau de vérités, tenter une ébauche d'explications.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Bibliobs , le 19 août 2011
    «Tout, tout de suite» se veut un «conte de faits», un récit clinique de l'affaire.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 18 août 2011
    Inspirée par le sordide crime de Youssouf Fofana, la fiction-réalité de Morgan Sportès hypnotise le lecteur.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par jalibert, le 12 janvier 2012

    Elie, sur les portraits mortuaires qu'a pris de lui l'identité judiciaire, semble avoir trente ans de plus. Rien n'y demeure de ce jeune homme souriant, naïf, bronzé, en tee-shirt et bermuda de vacances, figurant sur les photos publiées dans les médias du monde entier après son assassinat. C'est le visage d'un adulte. Mais pas de n'importe quel adulte : d'un être qui, en quelques jours, a pu faire le tour de ce que d'autres mettent une vie à cerner : l'horreur humaine. Les ans ne l'ont pas marqué, mais la bassesse d'autrui. Il a passé trois semaines à l'école du mal. Ses yeux clos nous regardent. Ils nous voient sans doute mieux que grands ouverts. Ils nous radiographient. Ces ultimes photos d'Elie ont été montrées aux membres de ce qu'on a appelé, sensationnellement, le "gang des barbares" lors de leur arrestation. Peut-être eût-il fallu les afficher dans la presse, afin que, de son regard mort fixé sur nous, il nous apprît à nous regarder nous-même.
    A part Yacef, leur chef, aucun des autres ne revendique ce meurtre ni les tortures qui l'ont précédé: "On a agi pour l'argent, affirment-ils, il n'était pas question de tuer".
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  • Par ChezLo, le 13 septembre 2011

    Que devient Elie dans cette affaire ? Une chose. Un objet de négoce. Entre l'Etat et un petit voyou. Une sorte de fétiche aussi, sur lequel Yacef, pour passer sa rage, frappe et s'acharne. Une poupée de magie noire qu'on crible d'épingles. Un trésor encore, enterré au fond d'une cave. Un capital dont le récent "propriétaire" enrage de ne pouvoir tirer profit. Cette "marchandise", en effet, ne trouve pas à se "vendre". Sa cote baisse donc. Mais, avec cette cote, c'est la cote même de Yacef qui s'écroule : à ses yeux à lui, comme à ceux des types de sa bande. Lui, le caïd, ne serait-il qu'un charlot ? Ceux de Bobigny, déjà, le laissent choir. (...) Yacef est un général sans armée, ou presque. Il avait suscité toutes sortes de rêves. Ces rêves s'écroulent, comme ceux de la Perrette du pot au lait : le pot au lait en l'occurrence est un jeune homme de 23 ans, crevant de froid, pieds et poings liés, nu, au fond d'une cave obscure.
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  • Par ChezLo, le 13 septembre 2011

    Yacef se lance alors dans un grand numéro. C'est Al Pacino dans Scarface. Il se cogne et recogne la tête contre un mur, rageusement, une fois, deux fois, dix fois. L'appartement résonne de ces coups : sourds.- Qu'est-ce que je... je... je vais faire ? hurle-t-il, se remettant à bégayer. Qu'est-ce que je... je... je vais leur raconter, à ces... ces types (il étouffe un sanglot). Faut que je les paie, sinon ils vont me ni... niquer. Vont me flinguer.
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  • Par Skritt, le 28 juin 2011

    De quoi veut-elle se venger ? Des hommes en général, mais en particulier de ceux qui l'ont violée quand elle avait 13 ans, et plus encore, peut-être, des policiers français qui, l'accusant d'être une provocatrice, avaient dissuadé sa mère de porter plainte.
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  • Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Honnête voyou, Krack, alias Grand Black, ne songe qu’à gagner malhonnêtement son pain. Yacef, « qui mélange tout », foi, politique, finance, participe, comme le dit la formule célèbre, de ce « socialisme des imbéciles : l’antisémitisme ». Le « Juif » incarnant à ses yeux le Capital, devient symbole du monde qui l’oppresse. C’est qu’il n’a pas les instruments intellectuels qui lui permettraient de comprendre ce qui, dans le monde spectaculaire qui est le nôtre, l’opprime en effet.
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La grande librairie 13/10/2011 sur France 5, Morgan Sportès parle de son nouveau roman "Tout, tout de suite"








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