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> Rose-Marie Vassallo-Villaneau (Traducteur)

ISBN : 2092513001
Éditeur : Nathan (2007)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 162 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
S'il est une chose que j'aimerais savoir, c'est pourquoi ma mère m'a nommée " Enola ".

Enola qui, à l'envers, se lit: alone. En anglais: seule. Et c'est bel et bien seule que je me suis retrouvée le jour de mes quatorze ans, ma mère ayant disparu de notre... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par belette2911, le 17 juin 2013

    belette2911
    ♫"Enola gay, you should have stayed at home yesterday, ♫ Aha words can't describe the feeling and the way you lied"♪... Pardon, j'avais la chanson de OMD en tête...
    J'ai toujours pensé que Sherlock Holmes était le meilleur détective du monde et surtout, le SEUL ! J'ignorais l'existence de sa soeur : Enola Holmes !
    Oui, Mycroft et Sherlock Holmes, le célèbre détective, ont une petite sœur et ils ont respectivement 20 et 27 ans de plus qu'elle.
    Leur père est mort quand elle avait quatre ans et Enola vivait avec sa mère dans la maison familiale, Ferndell Hall, près du village de Kineford.
    On ne peut pas dire qu'Enola et sa Mère ont eu une relation fusionnelle. Elle était même distante. C'était intentionnel car sa mère voulait secrètement l'encourager à s'habituer à vivre de façon indépendante.
    Mais voilà, maman a disparu et les frangins ont décidés de confier la petite sœur à un pensionnat, surtout Mycroft.
    Enola au pensionnat ? Non ! Enola n'est pas Martine qui obéit à Grand Frère et la voilà qui se fait la malle, au nez et à la barbe des frangins...
    Hé oui, je lis aussi des pastiches holmésiens "jeunesse" et j'avoue que je me suis bien plu à lire ce premier tome.
    Géniale idée que d'affubler Mycroft et Sherlock - plus que guindés ici - d'une très jeune sœur qui se tamponne des convenances que les jeunes femmes et jeunes filles anglaises du 19e siècle devaient respecter.
    C'est court, rythmé, drôle, ça se lit en une soirée (200 pages) et je dois dire que c'est de la lecture très agréable quand on est en vacances, les pieds dans l'eau. Les romans ne prennent pas de place dans les valises.
    J'ai apprécié Enola Holmes, ses qualités, ses défauts, son caractère indépendant,... Elle n'hésite pas à se remettre en question, ce qui rend son personnage plausible.
    Par contre, le fait qu'elle se tire de toutes les situations avec des stratagèmes élaborés, alors qu'elle n'a que 14 ans, est parfois un peu "gros".
    Mais bon, on pardonne. Et puis, c'est une Holmes, non ?
    L'avantage est que l'auteur, Nancy Springer, nous ait écrit un pastiche holmésien en créant une héroïne de toute pièce. C'est une Holmes, mais elle est à part tout en étant en même temps proche de Sherlock.
    Du coup cette incursion dans le monde de Sherlock Holmes passe bien parce qu'on a pas une "réécriture" du détective - bien qu'il fasse quelques apparitions - mais une toute autre histoire.
    Le détective n'a pas les projecteurs braqués sur lui, il est dans une semi-ombre, on le croise mais on ne reste pas longtemps avec lui.
    Sa personnalité est respectée, il est taciturne, malade de dépression et se méfie de la gente féminine....
    Comme je vous le disais, nous sommes dans un roman jeunesse mais j'en ai appris plus sur Londres et la société victorienne en lisant ce petit roman qu'en lisant Conan Doyle ! Lui ne parlait pas vraiment du poids que cette société faisait peser sur les femmes.
    Ici, je suis devenue incollable sur les releveurs de popotin, les metteurs en valeur de poitrine, sur les dangers des corsets et autres... Nous avons droit à une vision très pertinente de la condition des femmes au 19ème siècle qui n'était pas rose.
    Enola porte aussi un poids qu'elle ne comprend pas toujours : c'est l'enfant du scandale et de la honte car née tardivement (sa mère avait cinquante ans) et dans la bonne société anglaise c'était simplement inadmissible de tomber enceinte à cet âge là (jaloux qu'elle s'envoie encore en l'air à 50 piges et pas elles ??).
    Point de vue intrigue, ça ne casse pas 3 pattes à un canard (on a une étrange affaire de disparition d'un jeune vicomte de 12 ans) mais le récit est plaisant à lire et la lecture rapide. Le plus intéressant est ce fil d'Ariane qui va nous suivre dans toute la saga.
    L'écriture est simple, facile à lire, pas de style ampoulé ou pédant, un langage clair sans prise de tête (mais pas gnangan non plus).
    Les messages codés étaient bien trouvés et je plains les traducteurs car ce n'est pas toujours facile de traduire tout en respectant le sens des codes ou des noms.

    Le roman ne manque pas d'humour aussi : lorsqu'Elona se retrouve tout près de son frère et qu'il ne la reconnaît pas... Un peu tordu mais hilarant !
    Et c'est parti pour de l'aventure dans un Londres bruyant, malodorant, puant et livré à la plèbe qui plie sous le travail...
    Grâce à son intelligence et sa bravoure, Enola promet de tenir la dragée haute à l'éminent Sherlock Holmes !
    Vivement la suite que je vais m'empresser de lire.


    Lien : http://thecanniballecteur.wordpress.com/2013/06/18/les-enquetes-deno..
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    • Livres 5.00/5
    Par missmolko1, le 01 novembre 2012

    missmolko1
    Les enquêtes d'Enola Holmes, et oui ce cher Sherlock nous avait caché qu'il avait une sœur, s'adresse à un jeune public (à partir de 12 ans) et pourtant moi qui ai 12 ans multiplié par deux j'ai pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman.
    Enola est une jeune fille intelligente, mature et très attachante. Alors certes l'enquête qu'elle nous propose est sans doute un peu simple pour certains lecteurs mais moi j'ai beaucoup aimé surtout les messages codés et autres énigmes.
    L'époque, l'histoire se déroule à la fin du XIXème siècle, est vraiment très bien décrite et offre un vrai voyage dans le temps. J'ai hâte de lire la suite.
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    • Livres 4.00/5
    Par Syl, le 28 mai 2012

    Syl
    Londres, août 1888,
    Le soir dans les bas fonds de Londres, une autre vie s'anime et la misère du monde prend sa véritable dimension. Une silhouette féminine voilée erre dans les rues...
    Quelques jours avant,
    Enola ne sait pas pourquoi sa mère l'a appelée ainsi. Enola signifie "seule" (Alone). Est-ce que ce prénom la destine à la solitude ? Est-ce le leg à une fille, d'une mère réservée, secrète, indépendante, parcimonieuse de son attention maternelle ? Depuis sa naissance, Enola vit en retrait de toute société dans le manoir familial Ferndell Hall, une demeure ancrée dans la campagne de Kineford. Elle y vit avec sa mère, une femme excentrique pour l'époque, et un couple qui assume l'intendance de la maison. de sa famille, il ne lui reste que sa mère et ses deux frères, son père étant décédé lorsqu'elle avait quatre ans. le jour des funérailles est un souvenir lointain qui garde l'image d'une querelle entre sa mère et ses frères aînés qu'elle n'a plus revus depuis.
    Ces questions, Enola se les pose le jour de son anniversaire car pour ses quatorze ans elle se retrouve seule. Sa mère Lady Eudoria a disparu. Perdue dans ses incertitudes, elle n'a qu'un recours, c'est adresser un télégramme à ses deux frères résidant à Londres, Mycroft et Sherlock... Holmes.
    Lorsque les deux hommes arrivent, l'incompréhension est totale. de la résidence qu'ils avaient laissée dix ans plus tôt, il ne reste qu'un domaine sauvage et abandonné... un domaine et une soeur. Leur cadette n'a rien de féminin, elle a poussé comme une plante grossière, non domestiquée et sans tuteur. Si tous deux sont stupéfaits de la situation, leurs comportements à l'égard d'Elona diffèrent. Alors que Mycroft peste et souhaite organiser sans délai le placement de sa soeur dans une pension, Sherlock s'inquiète de la disparition de leur mère et pose sur la jeune fille un regard attendri et curieux. Il faut préciser qu'Enola est un véritable garçon manqué, qui aime monter aux arbres, faire de la bicyclette, courir la campagne, porter des hardes et étudier toutes les matières, des sciences à la littérature.
    Une école de perfectionnement pour jeunes filles... Cette idée terrorise Enola. Un carcan, un emprisonnement, des interdits, des contraintes, de la soumission, une lobotomisation... un corset qui enserrera aussi bien la taille que l'esprit... En peu de temps, Enola envisage de fuir et c'est en trouvant les indices que sa mère lui a laissés avant de partir, qu'elle pourra se permettre d'exécuter son projet. Dans un carnet d'esquisses, elle offre à sa fille un code ingénieux avec le langage des fleurs. Les énigmes la mèneront à des cachettes secrètes dans lesquelles elle a placé une petite fortune en billets ; tout un pécule amassé durant une dizaine d'années.
    Equipée de sa bicyclette, de quelques tenues de rechange dont celle d'une veuve, d'un corset-armure-coffre-fort, de beaucoup de courage, de hardiesse, de liberté, d'imagination et d'inexpérience, Enola s'engage dans une aventure qui changera sa destinée de façon irrémédiable. L'indépendance que sa mère lui a donnée est un cadeau inestimable qu'elle chérit avec reconnaissance et qu'elle compte exploiter, même si cette autonomie semble pesante à certains moments d'introspection.
    Pour Enola, Londres et ses mystères sera un terrain de jeux... et pour Sherlock, Enola sera-t-elle son alter-égo ?
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    • Livres 4.00/5
    Par 100choses, le 12 mars 2014

    100choses
    J'avais envie de découvrir cette série depuis très longtemps mais l'occasion n'était jamais bonne. J'avais même emprunté ce premier volume une première fois il y a quelques mois et il m'était tombé des mains au bout de quelques lignes seulement tellement je n'avais pas adhéré au style. J'avais alors mis ça sur le compte de la traduction et prévu de tenter la VO. Quelques mois plus tard, c'est finalement la VF qui s'est retrouvée à nouveau entre mes mains mais cette fois-ci, j'ai littéralement dévoré la chose pratiquement d'une traite !
    Alors certes, ce premier volume n'est pas sans défauts et Nancy Springer se perd parfois en détails inutiles et fastidieux, comme lorsqu'elle détaille chaque tenue d'Enola par le menu (à la baleine près en fait, nombre et matériau inclus) mais on passe facilement outre. le truc c'est que l'on sent qu'elle a fait des recherches pour donner un contexte crédible à son histoire mais elle n'a pas su s'en détacher suffisamment au moment de la rédaction. A vouloir donner trop de détails pour faire ‘d'époque', elle alourdit l'ensemble et rend certaines pensées ou réflexions du personnage principal peu crédibles, en tous cas pas du tout spontannées.
    De même, on assiste à une suite de péripéties fort improbables, surtout au vu de l'âge et de la condition de l'héroïne et de son jeune compagnon, mais en même temps le récit est rythmé et divertissant si bien que l'on se laisse entraîner dans ce tourbillon d'événements sans trop s'attarder sur ces détails. On est vraiment dans un roman jeunesse à la construction classique avec une succession d'événements dramatiques pas forcément très crédibles mais qui tiennent le jeune lecteur en halène et lui donnent envie d'en savoir plus. Même si avec le recul on trouve cela ‘trop gros', sur le coup on tourne les pages sans s'arrêter et on est littéralement incapable de reposer son bouquin.
    D'autant plus que le lecteur est vraiment impliqué dans l'histoire puisqu'il est invité à déchiffrer en même temps qu'Enola les messages codés laissés par la mère de cette dernière. J'ai trouvé ça très chouette comme idée car qui n'aime pas faire travailler ses petites cellules grises sur un bon vieux cryptogramme ? Surtout qu'ici la difficulté est progressive, le mécanisme bien expliqué ce qui fait que le lecteur est vraiment incité à essayer par lui-même plutôt que de se contenter d'attendre la réponse. Je sais que personnellement, c'est un élément qui m'aurait totalement conquise il y a quelques années et c'est d'ailleurs encore le cas.
    En fait, en rédigeant ce billet, je n'arrive pas à comprendre ce qui m'avait déplu dans le ton de la narration la première fois, parce que j'ai trouvé le récit d'Enola très sympathique à suivre. La demoiselle est vive et astucieuse, intrépide sans en devenir agaçante. Elle réussit à se détacher des contraintes sociales qui l'handicapent sans pour autant se transformer en jeune dévergondée qui n'aurait rien connu d'autre de toute sa vie que les tavernes mal famées de l'East End. Là, elle réussit justement à utiliser les codes de son rang, de son éducation pour devenir un peu plus libre. Un peu comme son grand frère Sherlock, elle choisit d'agir sans se soucier des conventions et créé sa propre profession sans pour autant tomber dans la vulgarité.
    Et puis, ce qui m'a également beaucoup plu c'est que le demoiselle fait preuve de beaucoup d'humour et d'auto-dérision sur sa propre condition. Elle arrive à avoir un recul très intéressant sur le monde dans lequel elle évolue et son époque, je trouve. Elle semble d'ailleurs parfois un peu trop mature sur son âge, surtout après n'avoir rien connu d'autre que le milieu dans lequel elle est née, mais ça n'est pas très grave parce que c'est plaisant à lire.
    Pour en revenir à ses frères, puisque j'évoquais Sherlock plus haut, ils sont finalement très peu présents mais le portrait est plutôt réussi et assez drôle. Il est évident que ce ne sont pas eux les héros ici, même s'ils font sûrement quelques apparitions dans les volumes suivants au vu de la situation…
    Si j'étais très enthousiaste au départ, j'attendais en revanche un peu la fin au tournant, parce que plus l'on avançait, moins il restait de pages et moins l'affaire initiale (la disparition de Mummy Holmes) semblait proche de sa résolution. Finalement tout se met en place même si un certain nombre de questions restent sans réponse : les frères Holmes ont ils abandonnés leur recherches ? Que s'est-il réellement passé au cours des derniers mois/semaines du récit ? Comment Enola a-t-elle mis sur pied tout ce qui est annoncé à la fin ? Cela donne vraiment envie de lire la suite en espérant que l'on aura plus de précisions sur ces divers points.
    Bref, un premier tome clairement destiné à un jeune public mais tout de même très sympathique. Enola est vive, drôle et attachante (on en oublirait presque ses génies de frères !) et la fin est telle que l'on a terriblement envie d'en savoir plus dès le volume refermé !

    Lien : http://wp.me/p3yW3Y-3cr
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    • Livres 3.00/5
    Par afleurdemots, le 21 septembre 2013

    afleurdemots
    Voilà une saga qui me faisait de l'oeil depuis un petit moment déjà. Basée sur une idée originale (l'héroïne n'est autre que la petite soeur du célèbre détective Sherlock Holmes !), cette série dédiée à la jeunesse et se déclinant en 6 tomes rassemblait a priori tous les ingrédients pour me faire succomber : une héroïne futée, des mystères en série, le tout sur fond d'époque victorienne et en présence du célèbre détective de sir Conan Doyle (!)… autant d'éléments annonçant un cocktail on ne peut plus prometteur !
    Pourtant, si sur le papier l'idée est originale, sa mise en oeuvre n'était pas sans risque. S'approprier un personnage aussi emblématique que Sherlock Holmes sans le dénaturer est en effet une entreprise audacieuse. Force est de constater que Nancy Springer ne s'est d'ailleurs pas trop mouillée dans l'exercice, privilégiant certaines facilités scénaristiques et narratives lui permettant de se délester de nombreuses contraintes. L'auteure a par exemple choisi d'écrire son récit d'après le point de vue de la jeune Enola qui, en dépit de son lien de parenté avec Sherlock Holmes, ne connaît finalement que très peu de choses sur son frère. En effet, en raison de leur grande différence d'âge et de la controverse entourant la naissance de la jeune fille, cette dernière a grandi aux côtés de sa mère, presque en ermites, et surtout loin de ses frères aînés. Ainsi, tout ce qu'Enola sait de Sherlock découle de la réputation que s'est taillé le détective au fil des enquêtes qu'il a menées. La disparition de leur mère va donc être l'occasion à la fratrie de se réunir et à Enola de faire connaissance avec ses ainés. Mais autant le dire, les retrouvailles vont être houleuses et les relations entre Enola et ses frères pour le moins tendues, ces derniers jugeant sévèrement l'éducation laxiste (voire absente) dont a bénéficié l'adolescente durant son enfance. En choisissant un contexte familial si particulier, Nancy Springer semble ainsi créer d'emblée et de façon délibérée une distance entre Enola et le personnage de Conan Doyle. Un sentiment renforcé par l'évolution que l'auteure donne par la suite à l'intrigue. En effet, les chemins de Sherlock et d'Enola se séparent rapidement. le détective n'apparait en fin de compte que dans un nombre très réduit de scènes, évitant ainsi à l'auteure d'avoir à gérer des situations délicates.
    Je ne doute d'ailleurs pas que les plus fervents admirateurs du célèbre détective de Scotland Yard soient finalement déçus par le résultat tant les apparitions de Holmes sont rares dans ce premier volume. de là à dire qu'il n'est rien de plus qu'un prétexte à la construction de cette saga, il n'y a qu'un pas. Les références au détective sont en effet finalement très limitées et son rôle dans l'évolution de l'intrigue inexistant.
    Si je déplore l'absence de prise de risque de l'auteure vis à vis du personnage de Sherlock Holmes, ce n'est pourtant pas ce qui m'a le plus dérangée durant ma lecture. Je regrette notamment certaines incohérences dans le scénario rendant l'intrigue parfois bancale. Je n'ai ainsi pas compris pourquoi, la jeune Enola ayant fui le domaine familial pour échapper à la pension et retrouver sa mère disparue, se retrouve tout à coup à aller enquêter sur la disparition du jeune vicomte Tewksbury de Basilwether, occultant totalement la disparition de sa mère de sa mémoire et oubliant par là même ses projets initiaux visant à la retrouver. Dès lors, l'action se concentre en effet sur cette « sous-enquête » qui ne présente pourtant aucun lien avec l'intrigue préalable. Jusqu'au bout, j'ai cru que l'auteure allait justifier ce revirement de situation déconcertant par une révélation abracadabrante reliant les deux enquêtes entre elles… en vain. Au terme de ce premier volet, il apparaît clair que la disparition de la mère d'Enola sert finalement de fil conducteur entre les différents tomes, constituant une enquête de fond dont le dénouement ne sera connu qu'au terme de la saga. « La double disparition » constitue en ce sens un tome d'introduction, sans avancée notable concernant la disparition de la mère d'Enola. de quoi peut-être frustrer certains lecteurs qui se sentiront dupés par une histoire qui tourne finalement en rond.
    Pourtant, en dépit d'autant de choix contestables de la part de l'auteure, j'ai tout de même passé un agréable moment de lecture. le style de Nancy Springer, sans être démesurément brillant, reste très agréable à lire. A l'image de notre jeune héroïne, la plume est vive et enjouée et le récit est suffisamment rythmé pour susciter notre intérêt jusqu'au bout. Qui plus est, on ne peut négliger certains efforts de la part de l'auteure pour dépeindre l'époque victorienne en s'efforçant d'allier réalisme et accessibilité vis à vis du public visé. Misère, insalubrité de Londres, violence, inégalités… sont autant d'aspects évoqués au cours de ce premier tome, et même si l'auteure aurait pu davantage forcer le trait, l'effort est appréciable.
    D'autre part, si on approfondit un peu les évènements de ce premier tome, on peut voir se dessiner une sorte de « morale » à travers les péripéties du jeune vicomte. Alors qu'il jouissait d'une vie très confortable et était choyé par ses parents, le jeune garçon a décidé de fuguer, sans mesurer les conséquences de son acte. Finalement, en se retrouvant dans la rue, confronté à la misère de Londres, il se rend compte qu'il s'est comporté en égoïste et regrettera son geste ainsi que l'inquiétude causée à ses parents.
    Pourtant, là encore, je regrette que Nancy Springer ne soit pas allée plus loin. En effet, si les intentions de l'auteure sont louables, les évènements se succèdent trop rapidement pour que le message soit réellement percutant pour le lecteur. Les personnages sont trop rapidement tirés d'affaire, ne passant que très peu de temps dans les bas-fonds de Londres avant de se retrouver à nouveau en sûreté.
    Impossible enfin de terminer cette chronique sans évoquer le personnage central de cette série, Enola Holmes. La jeune fille se révèle être une adolescente futée, faisant preuve d'un sens de la déduction imparable qui contraste pourtant avec une impulsivité et un manque de finesse tout au long de l'intrigue. A la fois forte (un brin féministe, elle veut prouver que les femmes ne sont pas des êtres stupides) et aussi très sensible (sa mère lui manque terriblement), son caractère ambivalent nous rappelle qu'Enola reste malgré tout une adolescente, à cheval entre enfance et âge adulte, rendant le personnage aussi crédible qu'attachant.

    Lien : http://afleurdemots.nhost.me/?p=506
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Citations et extraits

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  • Par Syl, le 28 mai 2012

    "- (...) jamais je n'irai parfaire mon éducation dans un pensionnat de jeunes filles.
    - Vous irez (...)
    - Je n'irez pas. Donnez-moi une gouvernante s'il le faut, mais je n'irai pas dans un pensionnat. Vous ne pouvez m'y forcer.
    Il radoucit le ton, mais ne céda pas.
    - Je le peux et je le ferai.
    - Et comment donc ? En m'enchaînant pour m'y traîner ?
    Il leva les yeux au ciel.
    - Bien comme sa mère, dit-il au plafond, puis il riva son regard sur moi, d'un air de persécuté si certain d'être dans le vrai que j'en eus le frisson. Sa voix se fit plus douce encore :
    - Ecoutez-moi bien Enola. Je suis votre tuteur légal - et celui de votre mère aussi, d'ailleurs, c'est la loi qui l'affirme. Je peux, si je le veux, vous enfermer dans votre chambre jusqu'à ce que vous vous rendiez à la raison. Je peux prendre toute autre mesure nécessaire pour parvenir à l'objectif souhaité. Qui plus est, en tant qu'aîné, j'ai une responsabilité morale envers vous. Or il tombe sous le sens que depuis trop longtemps vous êtes livrée à vous même. J'interviens peut-être juste à temps. Et vous m'obéirez.
    A cette seconde, il me sembla comprendre - comprendre immensément - ce qu'avait dû ressentir Mère au temps de cette brouille avec ses fils, à la mort de mon père. Et comprendre aussi pourquoi jamais elle n'avait parlé d'aller voir mes frères à Londres ni de les recevoir à Ferndell.
    A cette seconde, il me sembla comprendre ce qui l'avait poussée à soutirer des fonds en cachette, des années durant, à son fils aîné."
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  • Par Gwerelaouen, le 31 juillet 2014

    Toute la pièce est sens dessus dessous. Les deux moitiés d'un corset s'offrent au regard éhontément,ainsi que d'autre accessoire indécent sur le marbre de la table de toilette, sans parler d'un étrange objet qui leur fait écho sur la coiffeuse, sorte de coussin évidé, bourrelet en forme de croissant -comment nommer la chose et que peut-elle bien être? En tout cas, elle est formée d'un fibre blanche qui ressemble fort a du crin de cheval, enroulé, torsadé sur lui-même. Je touche d'un doigt prudent. C'est rêche mais élastique au toucher - et cela ne ressemble à rien.

    J'ai horreur de ne pas comprendre. Je me saisit de la chose et dégringole l'escalier.
    Au rez-de-chaussée, dans le hall d'entrée, Lane astique les boiseries. Je lui présente ma découverte.

    "Lane, s'il vous plaît... J'aimerais savoir : qu'est ceci?"

    En parfait majordome, Lane reste impassible, mais la réponse est un brin embarrassée.

    "C'est un... euh... c'est une... une garniture, Miss Enola. Une parure... d'ajustement."

    Une parure d'ajustement?
    Mais pas pour l'avant, assurément. Pour l'arrière, par conséquent.

    Ah. Je vois.

    Ce que j'ai dans les mains, ici, offert sans vergogne à la vue d'un représentant masculin, fait partie des "ce-que-vous-savez", ces accessoires que la bienséance interdit de nommer.
    [...], bref, du rembourrage de ce qu'on nomme vulgairement un faux-cul...
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  • Par Deuzenn, le 30 mars 2012

    S'il est une chose que j'aimerais savoir, c'est pourquoi ma mère m'a nommée "Enola". Enola, qui, à l'envers, se lit : "alone".
    Mère avait toujours eu un goût marqué pour les messages codés, les énigmes à décrypter. Peut-être avait-elle alors une sorte de pressentiment? Peut-être m'accordait-elle là, fée penchée sur mon berceau, un don équivoque?

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  • Par Gwerelaouen, le 31 juillet 2014

    Il me semblait que ce serait de ma faute s'il lui était arrivée quelque chose. Toujours je me sentais coupable, peu importait de quoi au juste - coupable de respirer, coupable d'exister, coupable d'être née si tard dans la vie de ma mère, au-delà de toute décence, scandale et fardeau à la fois. Et toujours je m'était dit que je réparerait ce tort, une fois adulte. Un jour, je l’espérais de toutes mes forces, je ferais de ma vie un rayon de lumière qui me tirerais à jamais de la disgrâce.
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  • Par Ivy-Rose, le 23 septembre 2013

    non loin de nous, dans le couloir, une porte venait de s'ouvrir, livrant passage à une silhouette qui ne m'était pas inconnue.
    A deux silhouettes qui ne m'étaient pas inconnues.
    Une fraction de seconde, je crus réellement que j'allais perdre connaissance, et pas pour une histoire de corset trop serré.
    Je connaissais ces messieurs.
    L'un d'eux était l'inspecteur Lestrade. [...]
    C'était le second de ces messieurs qui me faisait les jambes molles.
    Un certain Sherlock Holmes.
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