AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Bernard Lortholary (Traducteur)
ISBN : 2253047422
Éditeur : Le Livre de Poche (1988)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 775 notes)
Résumé :
"Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût lui arriver rien de notable sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
Eric7631 août 2015
  • Livres 5.00/5
Les phobies font toujours bien rire ceux qui n'en sont pas atteints.
Qui ne s'est pas amusé aux dépens de la personne qui abandonne en courant son appartement parce qu'une minuscule souris grignote dans la cuisine quelques miettes de gâteaux secs, ou qui refuse de dormir dans une chambre parce qu'une énorme araignée se promène au-dessus du lit, ou encore angoisse à la simple idée de devoir entrer dans une cabine d'ascenseur ?
La vie de notre malheureux héros, Jonathan Noël, va basculer dans l'horreur absolue à cause de l'irruption d'un pigeon, un de ces affreux volatiles qui vous réveillent en roucoulant, souillent les rebords de vos fenêtres, et s'approchent sournoisement de vous quand vous sirotez votre café ou buvez votre petit blanc à la terrasse d'un bar.
Jonathan a eu sa part de traumatismes durant sa jeunesse, et il aspire à cinquante ans sonnés à une petite vie bien tranquille, loin de tous ces gens fourbes et vipérins qui ne l'ont jamais épargné. Il est un rien maniaque aussi ! Un adepte de cette maxime énigmatique, du moins me concernant : « Une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place !!!! » Mais Jonathan est heureux dans cette vie qu'il s'est choisi, qu'il s'est construit petit à petit. Une vie sans accroc, répétitive, et monotone, mais tellement rassurante…
Jusqu'à l'arrivée matinale de cette saleté de pigeon qui va réveiller en lui tous ses mauvais souvenirs de jeunesse. Incapable de relever le défi que lui lance la bestiole ailée, sa journée va vite virer au cauchemar.
La maniaquerie et les obsessions de Jonathan, la monotonie de son existence, sont décrites d'une manière clinique par Patrick Suskïn qui décompose chacun de ses gestes et de ses mouvements. C'est souvent drôle et émouvant.
Un petit reproche, si je peux me permettre. Il manque une cinquantaine de pages à ce livre. La jeunesse de Jonathan si traumatisante n'est pas suffisamment développée. Et surtout, surtout, j'aurai tant voulu « lire » le triomphe de Jonathan qui, au bout du compte, est parvenu à vaincre sa phobie, partager avec lui cette grande victoire sur lui-même et sur les autres, son Austerlitz à lui…
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          382
isabelleisapure
isabelleisapure02 novembre 2014
  • Livres 4.00/5
L'imprévu n'a pas de place dans la vie de Jonathan Noël. Les ennuis, il connait, il a déjà donné : des parents déportés, une épouse qui l'a quitté, alors, maintenant à la veille de la retraite il n'aspire qu'à une chose : la tranquillité.
Cette tranquillité sera mise à mal par l'intrusion d'un pigeon sur le palier de notre ami.
Pris de panique, il s'enfuit.
J'ai lu avec un grand plaisir ce court roman de Patrick Suskind, avant tout pour la qualité de l'écriture. L'auteur réussi à travers un fait anodin à faire monter l'angoisse de son personnage.
De plus, j'ai ri lors de cette lecture car je me suis souvenue qu'il y a quelques années, je m'étais enfui en courant du studio que j'occupais en vacance sur la Côte d'Azur en découvrant qu'un lézard avait osé s'y inviter !
Je n'y suis revenu que quelques heures plus tard, tremblante, à la recherche de l'intrus qui Dieu merci avait eu le temps de prendre la fuite.
Bref, les phobies peuvent être perturbantes et fortement déstabilisantes parfois ce que parvient parfaitement à démontrer Patrick Suskind.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          352
cicou45
cicou4527 août 2012
  • Livres 3.00/5
Jonathan Noël a perdu ses parents très jeunes, sans que le lecteur comprenne vraiment pourquoi, bien que cet épisode se déroulant durant la Seconde Guerre mondiale, on puisse facilement se faire plus ou moins une idée, puis a été envoyé avec sa soeur chez son oncle qui devait les cacher. Mais les cacher de quoi ? Là encore, le lecteur ne peut que supposer. Puis, c'est au tour de sa soeur de disparaître jusqu'à ce que Jonathan décide enfin de reprendre sa vie en main et de s'exiler pour Paris. Paris, la ville de tous les espoirs, ville dans laquelle il trouvera une chambre confortable qu'il a le projet d'acheter et un travail en tant qu'employé de banque. Bref, on pourrait dire que Jonathan a réussi et qu'il est relativement heureux jusqu'au jour fatidique où devant sa porte, il trouva un pigeon. Quoi de plus inoffensif qu'un pigeon me direz-vous ? Eh bien, pour Jonathan, tel n'est pas le cas : c'est comme si tout à coup, sa vie basculait, que ce pigeon, qui le regarda intensément lui avait jeté le mauvais oeil et qu'il était annonciateur du pire. Depuis, Jonathan a peur. Mais peur de quoi au juste ?
Un roman très vite lu, à l'écriture si particulière à Patrick Süskind qui fait que le lecteur ressent les évènements qui arrivent au narrateur, vit en empathie avec lui et en vient même à le plaindre.
Certes, malgré cette écriture prodigieuse, je n'ai pas vraiment accroché dans cette lecture et je n'ai pas ressenti ce petit quelque chose en plus que lorsque j'avais lu "Le parfum" du même auteur. A découvrir !
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          310
Arakasi
Arakasi30 juillet 2013
  • Livres 4.00/5
Jonathan Noël est un petit homme solitaire, mais heureux. Calfeutré dans sa petite chambre de bonne au dernier étage d'un immeuble parisien, il vit presque en dehors du monde réel – monde ô combien terrifiant avec son bruit, sa saleté, ses gens… – ne s'y aventurant que pour gagner sa croûte journalière. Jamais de surprise, jamais d'imprévu, une petite existence réglée comme du papier à musique. Jusqu'au jour où un terrible et passablement ridicule incident vient rompre cette agréable monotonie : un pigeon pénètre à son étage et l'empêche d'accéder aux toilettes. Un pigeon, imaginez-vous ? Un pigeon aux plumes sales, à l'oeil vide, aux excréments puants, aux pattes rouges et crochues ! Un pigeon ! L'arrivée du volatil inopportun va réveiller chez le pauvre Jonathan un tourbillon d'angoisses chaotiques, dont certaines si profondément enfouies qu'il n'en avait pas même conscience avant l'incident.
Vous peinez à comprendre ce qu'est une phobie ? Cet excellent petit roman de Patrick Süskind est fait pour vous. Avec une finesse psychologique confondante, « le Pigeon » nous plonge pour quelques dizaines de pages dans la peau d'un petit bonhomme renfermé, effrayé, mais terriblement touchant. Grâce à l'indiscutable talent de l'auteur, on partage ses terreurs, aussi absurdes soient-elles en apparence, et on plonge en sa compagnie au plus profond de ses traumatismes d'enfance. Une brillante étude sur la névrose et la peur de l'autre : à mettre entre toutes les mains !
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          310
Rebus
Rebus15 août 2015
  • Livres 4.00/5
Ou comment un simple pigeon fait basculer une vie....
Jonathan Noël a une vie très bien rangée, sans un accroc. sans une surprise, la même routine jour après jour, et ça lui convient. Lui, dont les parents ont été déportés pendant la guerre, qui a fait la guerre en Indochine, dont la femme est partie, aspire juste à la tranquillité. La même petite chambre de bonne, le même boulot, Jonathan vit dans ce cocon de sérénité.
Jusqu'au jour où un banal pigeon arrive... Et le si raisonnable, si pondéré Jonathan Noël bascule dans la névrose et la persécution.
Court roman d'une finesse psychologique implacable, à l'écriture juste et fluide, le Pigeon fait écho en nous, dans ces pensées et ces actes parfois totalement imprévus, démesurés et insensés que chaque homme peut commettre. Une lecture percutante.
Commenter    J’apprécie          332
Citations & extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
ArakasiArakasi29 juillet 2013
Il avait penché la tête sur le côté et fixait Jonathan de son œil gauche. Cet œil, un petit disque rond, brun avec un point noir au centre, était effrayant à voir. Il était fixé comme un bouton cousu sur le plumage de la tête, il était dépourvu de cils et de sourcils, il était tout nu et impudemment tourné vers l'extérieur, et monstrueusement ouvert ; mais en même temps il y avait là, dans cet œil, une sorte de sournoiserie retenue ; et, en même temps encore, il ne semblait ni sournois, ni ouvert, mais tout simplement sans vie, comme l'objectif d'une caméra qui avale toute lumière extérieure et ne laisse passer aucun rayon en provenance de son intérieur. Il n'y avait pas d'éclat, pas de lueur dans cet œil, pas la moindre étincelle de vie. C'était un œil sans regard. Et il fixait Jonathan.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          110
mandarine43mandarine4308 août 2011
[ Incipit ]

Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût encore lui arriver rien de notable, sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie.
La plupart des événements de ce genre se situaient, Dieu merci, fort loin dans les temps anciens de son enfance et de sa jeunesse, et il préférait ne plus s'en souvenir du tout, ou bien alors ce n'était qu'avec un extrême déplaisir. Ainsi, un après-midi d'été, du côté de Charenton, en juillet 1942, comme il revenait de pêcher à la ligne - il avait fait un orage, ce jour-là, et puis il avait plu, après une longue période de chaleur, et sur le chemin du retour, il avait ôté ses chaussures, avait marché pieds nus sur l'asphalte chaud et trempé, il avait pataugé dans les flaques, plaisir indescriptible... - il revenait donc de pêcher à la ligne et avait couru à la cuisine, pensant trouver sa mère en train de préparer le repas, et voilà que sa mère n'y était plus, il n'y avait plus que son tablier, jeté sur le dossier de la chaise. Son père lui avait dit que sa mère était partie, elle y avait été obligée, pour un voyage qui durerait assez longtemps.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          50
NadaelNadael06 juin 2010
Il se sentait plus vieux d'au moins vingt ans, et plus petit de vingt centimètres, bombardé qu'il était depuis des heures par l'ardeur extérieure du soleil et l'ardeur intérieure de sa rage qui le liquéfiaient ou le ramollissaient , oui, c'était plutôt une impression de ramollissement qu'il avait, car il ne sentait déjà plus du tout l'humidité de la sueur ; il était ramolli et érodé, chauffé à blanc et écaillé comme un sphynx de pierre au bout de cinq mille ans ; et avant longtemps il serait totalement desséché et calciné et ratatiné et émietté, il tomberait en poussière ou en cendre, à cet endroit où il se tenait encore à grand-peine sur ses jambes, et n'y serait plus qu'un minuscule tas d'ordure, jusqu'à ce qu' enfin un coup de vent violent l'emporte, ou que la femme de ménage le balaye, ou que la pluie l'entraîne.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          90
NadaelNadael06 juin 2010
La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique. Cette façon de poser régulièrement un pied devant l'autre tout en ramant au même rythme avec ses bras, la fréquence accrue de la respiration, la légère stimulation du pouls, les activités oculaires et auriculaires indispensables pour déterminer sa direction et préserver son équilibre, la sensation de l'air qui vous frôle l'épiderme : autant de phénomènes qui, d'une manière tout à fait irrésistible, rameutent et rattachent le corps à l'esprit, et font que l'âme, si étiolée et estropiée qu'elle soit, prend de l'ampleur et grandit.
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          90
HiroyukoHiroyuko26 juillet 2015
Une sorte de sphynx, voilà comment Jonathan - qui, en effet, avait lu un jour quelque chose sur les sphynx dans l'un de ses livres - voyait le vigile : une sorte de sphynx. Son efficacité ne tenait pas à quelque action, mais à sa simple présence physique. C'est elle et elle seule qu'il opposait au bandit potentiel. « Il faudra que tu passes devant moi », dit le sphynx au pilleur de sépultures, « je ne puis pas t’empêcher d’agir, mais il faudra que tu passes devant moi ; et si tu l’oses, alors gare à la vengeance des dieux, et des manes du pharaon ! » Et le vigile, lui, dit : « Il faudra que tu passes devant moi, je ne puis pas t’empêcher d’agir, mais si tu l’oses, il faudra que tu m’abattes, et alors gare à la vengeance des tribunaux, sous la forme d’une condamnation pour meurtre ! »
+ Lire la suite
Commenter    J’apprécie          60
Videos de Patrick Süskind (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Süskind
Adaptation #26 : Le Parfum
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
autres livres classés : littérature allemandeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Le Parfum

Quel est le sous-titre du roman ?

Histoire d'un parfumeur
Histoire d'une femme
Histoire d'un meurtrier
Histoire d'un phéromone

10 questions
2974 lecteurs ont répondu
Thème : Le parfum de Patrick SüskindCréer un quiz sur ce livre
. .