> Alexis Fouillet (Traducteur)

ISBN : 2847201467
Éditeur : Gaïa (2009)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
En mission à Oslo, Varg Veum met la main sur une vieille photo représentant quatre hommes attablés devant café et cognac. Quatre convives qui ne sont rien moins qu’un entrepreneur norvégien en vogue, un éminent financier, un magnat de l’industrie d’armement suédoi... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par LN, le 05 mars 2012

    LN
    J'ai aimé Varg Veum, son humour, son intégrité, son humanité, son endurance. C'est un héros discret mais attachant. Les autres personnages sont tout aussi bien cernés, dotés d'un contour psychologique trop souvent absent de certains romans policiers, ils sont ici des personnages en prise avec leur époque, crédibles psychologiquement parlant, à l'image de cette jeune Marit, jeune femme seule dans le Oslo des années 90, attendant vainement quelques miettes amoureuses venues de son amant, homme marié influent.

    « Mais son expression mélancolique, renforcée par les notes tristes de la chaîne hi-fi, la trahit. Ce n'était pas une fille d'Oslo de 1935 ou 1936. Sous la peau, elle avait l'Oslo des années 90 : sombre, agressif et déséquilibré. Rues obscures rendues acides par les gaz d'échappement ; passages souterrains aux murs couverts de graffitis racistes ; le bruit d'une bouteille brisée, le froufrou métallique d'une chaîne, le soupir à peine audible d'un cran d'arrêt qui s'ouvrait : aussi loin que possible des pistes immaculées, aussi loin du Sognsvann que Manhattan. » (p. 250)

    A travers cette intrigue et ces personnages, Gunnar Staalesen nous livre une vision de la Norvège des années 90 (le roman est sorti là-bas en 1993) assez sombre : un système qui part à la dérive, une violence latente omniprésente, une pièce bouffonne se jouant en coulisses régie par des pantins incompétents…

    « Les années 70, c'étaient celles des Maoïstes, les années 80 celles de la vague de droite, qui nous a tous rejetés sur la côte dans les années 90, les membres en petits morceaux et la nuque brisée. A qui appartiendront les années 90, Dieu seul le sait. (…)
    Ce que tu vois là-dedans, Ove, c'est tout autre chose qu'une remise à zéro des compteurs historiques. C'est une civilisation en pleine déconfiture, la recherche perverse qu'a la société d'abondance d'un renouvellement constant de ses besoins d'excitants, un besoin de divertissement sans mesure. Et il est adapté à un monde où l'argent, c'est le pouvoir, et où la vie n'a plus de valeur propre. » (p. 291)

    L'enquête policière frôle tous ces milieux liés au pouvoir et est menée avec brio, les chapitres courts permettant de ferrer le lecteur en captant toute son attention.

    La narration, pour ne rien gâter, sait être à la fois lyrique, philosophique, sertie dans une construction impeccable à l'image de cette ultime phrase qui répond en écho à la première phrase du roman :

    « La mort a de nombreux déguisements. Elle est venue me voir un jour de début septembre, sous le nom de Mons Vassenden. » (Première phrase)

    « Mais ainsi va la vie. On ne peut pas se payer de garde du corps contre la mort. Personne n'en a les moyens. Et on reçoit rarement une lettre d'avertissement avant que tout ne soit terminé.
    La mort a de nombreux déguisements. Mais on ne les reconnaît pas tous. Pas avant qu'il soit trop tard. Ça, il me l'avait appris, en tout cas, le héraut de l'automne. » (Fin du roman)

    Du grand Staalesen...

    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-les-chiens-enterres-ne-mor..
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    • Livres 3.00/5
    Par joedi, le 05 mai 2012

    joedi
    Le héros de Gunnar Staalesen, Varg Veum, le privé norvégien, se retrouve mêlé à des morts étranges. Des meurtres qui passent pour des suicides car, pour certains, on ne trouvera aucune preuve susceptible de les qualifier d'assassinats.
    Varg Veum découvre une photo de quatre hommes et cherche les points communs qui les relient entre eux. Va-t-il les trouver avant qu'ils ne soient tués ?
    Varg Veum rentrera-t-il indemne à Bergen ?
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    • Livres 5.00/5
    Par Livrespourvous, le 09 mars 2010

    Livrespourvous

    Et nous voilà repartis pour une nouvelle enquête de Varg Veum.
    Je l'ai déjà écrit, Gunnar Staalesen est un excellent écrivain de romans policiers. Et ces romans se dégustent comme un verre d'aquavit. Au début, doucement car c'est rugueux, puis plus rapidement, la saveur remontant.
    Varg Veum doit accompagner à Oslo, Mons Vassenden, un homme au bout du rouleau, qui doit rembourser un créancier véreux du milieu.
    Lors de la transaction, Veum croise une femme qu'il a connue jeune. Mais le hic est double : elle est en principe morte depuis longtemps et les cadavres s'amoncèlent autour d'elle.
    L'enquête rameute et remue les souvenirs et le passé, déménage souvent et Veum se retrouve bien vite dans une position périlleuse. D'autant que comme d'habitude, il agace ou gêne profondément la police.
    Les chiens enterrés ne mordent pas se lit d'une traite, sans retenue, avec jubilation.
    La fin est comme toujours chez Staalesen, douloureusement diabolique.

    Lien : http://livrespourvous.centerblog.net
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    • Livres 4.00/5
    Par PierreF, le 29 avril 2011

    PierreF
    J'avais un peu abandonné Gunnar Staalesen après la lecture du premier de la série, Le Loup dans la bergerie. Celui-ci m'a réconcilié avec cet auteur nordique. Intrigue, personnages et construction y sont très bien faits. Et l'analyse sur les dérives de la société norvégienne y sont subtiles. A lire pour réfléchir, voire un peu plus et d'ailleurs, j'en ai plusieurs qui m'attendent dans la bibliothèque. Les spécialistes de l'auteur me conseillent Anges déchus. Vous le verrez donc apparaître bientôt sur Black Novel

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-une-idee-de-lecture-pour-le..
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Citations et extraits

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  • Par joedi, le 30 avril 2012

    1964 fut une drôle d'année, une espèce de yole suspendue dans les eaux froides des années 50. L'équilibre avait été rétabli après la crise cubaine et l'assassinat du président Kennedy. Aux Etats-Unis, Lyndon B. Johnson était élu avec une majorité écrasante. En Union soviétique, on rangeait Khrouchtchev au placard et on sortait Brejnev et Kossyguine d'un tiroir fleurant bon la naphtaline. Les Beatles chantaient qu'ils ne pouvaient pas s'acheter d'amour, et ils avaient raison, comme toujours.
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  • Par joedi, le 30 avril 2012

    Le serveur revint avec la bouteille et un verre imposant. Il y versa un peu de vin que je goûtai, je hochai la tête et il remplit le verre. Le vin était rond comme une paysanne russe, mûr comme une madone et aussi virginal qu'une danseuse de cabaret sicilienne.
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  • Par joedi, le 01 mai 2012

    Un baiser, c'est la caresse la plus intime qui soit. Faire se rencontrer des organes génitaux, c'est à la portée de n'importe quel animal. Le baiser, c'est la lettre de noblesse de l'être humain.
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  • Par joedi, le 30 avril 2012

    Il pleuvait ici d'une autre façon qu'à Bergen. Dans le Vestland, la pluie se présente sous la forme d'une engueulade démesurée ou de douces caresses sur la peau, d'une douche d'abondance venue d'endroits paradisiaques, quelque part au-dessus des nuages. Ici, elle entaillait la peau comme des lames de rasoir usées, elle dessinait des lignes gelées sur votre visage et vous picotait comme après une attaque aux gaz lacrimogènes. Il y avait quelque chose de maladroit et de franchement grossier dans la façon dont il pleuvait à Oslo : on aurait pu croire que les dieux de la météo, se refusant à admettre qu'ils laissaient aussi de temps à autre tomber quelques gouttes sur la capitale, ne le faisaient donc que de façon précipitée et brutale.
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  • Par joedi, le 04 mai 2012

    Une atmosphère de Baume du tigre, de Nifluril et de vaseline emplissait Louises gate du côté nord de Bislett, où les coureurs, classés par heure probable d'arrivée, trépignaient comme autant d'étalons excités devant ce que leur apportait le printemps. Il y avait des étalons de tous les âges, du poulain au vieux gris, et tout autant de genres, du jeune animal chancelant au vieux et massif cheval de trait. Il y avait aussi pas mal de juments, et il était étonnant de constater à quel point le flirt était absent de leurs pensées. Ils n'étaient pas venus pour ça, ni les étalons ni les juments.
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