> Philippe Giraudon (Traducteur)

ISBN : 2080689134
Éditeur : Flammarion (2006)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 44 notes) Ajouter à mes livres
A Londres en 1820, lord Geoffroy Loveall recueille un nourrisson. En l'adoptant sa mère et lui espèrent déjouer les plans de leur cousins qui souhaitent hériter du domaine familial. Lady Loveall s'aperçoit avant de mourir que l'enfant est un garçon mais sir Geoffroy per... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 14 avril 2008

    Woland
    Misfortune
    Traduction : Philippe Giraudon
    C'est dans l'une de ses chansons, "Miss Fortune", que l'auteur a puisé l'inspiration pour ce roman qui a pour cadre l'implacable époque victorienne. Les relations hétérosexuelles n'y étaient déjà pas vues d'un bon oeil, alors, l'homosexualité, voire pire : la bisexualité, surtout masculine, on devine aisément quels jugements on portait alors sur elles - quand on acceptait d'en parler, évidemment.
    Cet épais roman, illustré çà et là (lettrines des chapitres et cartes) par Wesley Stace lui-même, évoque les grandes productions littéraires de l'époque dickensienne. Il en a les thèmes de base : l'enfant illégitime et rejeté qui aurait dû mourir mais est recueilli par un bienfaiteur inattendu ; les jalousies des autres héritiers du bienfaiteur ; une captation d'héritage et, bien entendu, un retournement de situation qui sauve le héros.
    Le prologue, qui voit le jeune Pharaoh, petit valet à tout faire d'une faiseuse d'anges, traverser un Londres terrifiant de misère pour aller se débarrasser sur un tas d'ordures du supposé cadavre d'un nouveau-né, ainsi que les trois premières parties, qui racontent dans l'ordre le sauvetage du nourrisson par un jeune aristocrate qui rêve d'avoir un enfant - une fille - sans se voir contraint de procréer, l'installation du nouveau-né (en qualité de bébé mâle) à Lovehall, le récit de son enfance et de son adolescence avec ses premières réflexions qu'il ne peut manquer de se faire sur son identité sexuelle et enfin le triomphe des Affreux Héritiers à la mort de lord Lovehall, tout cela est très bien mené et dans la droite ligne de ces histoires dont raffolaient les victoriens - et que nous continuons de célébrer, mais modernisées, sous la forme des soap-operas américains.
    Là où ça commence à pécher un peu, c'est dans les deux dernières parties, lorsque Rose (le héros-héroïne) s'enfuit de Lovehall, puis finit par être accepté par la moitié de sa famille "adoptive" qui désapprouve les agissements des Affreux Héritiers. Rapatrié à Londres chez ces braves gens, il y retrouve sa mère adoptive (afin que sa "fille" eût une véritable enfance, lord Lovehall avait épousé sa bibliothécaire) et la famille de l'intendant du domaine. Signalons d'ailleurs qu'il est amoureux de la fille de l'intendant, qui fut, avec son frère, Robert, sa compagne de jeux : Sarah. La romance s'affirme et personne n'y trouve rien à redire bien que Rose préfère s'habiller en femme. Sarah se retrouve même très vite enceinte.
    De rebondissement en rebondissement, il appert, à la fin du livre, que Rose est bel et bien un descendant direct des seigneurs de Lovehall. du coup, les Affreux Héritiers doivent lui restituer ses biens. Et tout est bien qui finit bien. Dans l'épilogue, Rose Old Lovehall meurt, quasi centenaire et n'ayant jamais renoncé à sa double nature, induite plus par l'éducation que par sa nature physique.
    Ca se dévore plus que ça ne se lit, l'auteur tient son héros en haleine de bout en bout mais certains détails font tiquer. Par exemple le fait que, à Londres, Rose puisse déambuler habillée en femme. Elle le fait voilée, certes mais il lui arrive de retirer ce voile. Selon moi, à l'époque victorienne, un sergent de ville aurait été tout de suite appelé par une bonne âme : le livre escamote ce problème.
    De plus, si la réflexion sur l'identité sexuelle (naturelle et/ou conditionnée) est très, très intéressante, on reste tout de même sceptique sur l'absence de tendances homosexuelles chez Rose. Adolescente, elle manifeste une attirance envers Sarah mais pour le lecteur, qui sait bien que Rose est en vérité de sexe masculin, il n'y a là aucune trace de lesbianisme.
    Il existe cependant une scène très ambiguë - la seule qui évoque une homosexualité possible - lorsque Rose révèle à son cousin qu'elle appartient en fait au même sexe que lui.
    Bref, un bon roman populaire, qu'on prend un réel plaisir à lire mais qui, à mes yeux en tous cas, ne tient pas toutes ses promesses.
    PS : le style est assez dense et respecte, lui aussi, l'ambiance générale. ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par luocine, le 04 juillet 2011

    luocine
    L'été, j'aime bien lire des bons romans, un peu longs qui m'entraînent dans des univers différents du mien. Je n'aime pas trop les romans historiques, je traînais donc dans ma bibliothèque préférée (à Dinard) et la bibliothécaire, m'a proposé celui-ci, en me disant « ce n'est pas ton genre mais ça peut te plaire ».
    Elle a gagné, je m'y suis plongée et je n'en suis sortie que quatre jours plus tard.
    C'est un roman pastiche des romans Victoriens.
    Tout y est : les bas fonds de Londres, la richesse et la décadence de la noblesse anglaise, les histoires compliquées d'héritage et l'enfant que l'immonde oncle croyait avoir assassiné et qui réapparaît. Et même le Happy End final. On a tous lu des histoires similaires dans son enfance ou adolescence.
    Cela permet de soutenir l'intérêt du lecteur , car l'histoire est touffue et souvent sordide , mais le côté novateur et passionnant de ce roman, c'est la construction de la personnalité de Rose Des circonstances exeptionnelles ont obligé cet enfant puis adolescent à garder l'apparence d'une fille alors qu'il était un garçon. Et cela pendant 17 ans !!

    C'est très bien raconté, on s'attend toujours à une catastrophe qui arrivera finalement.


    Les différents cadres où se passe l'action sont très importants pour ce roman, j'ai vraiment cru que ce château était réel, il correspond à des images tellement classiques vues au cinéma ou dans des illustrations que, finalement, il existe bien dans l'imaginaire de chaque lecteur.
    Il y a un passage où j'ai lâché prise, c'est lorsque le personnage arrive en Turquie pour retrouver la source d'Hermaphrodite, j'ai alors lu en diagonale.


    Si cet été vous avez envie d'un roman ,celui-là n'a d'autres ambitions que de vous embarquer dans la fiction et dans vos souvenirs de Dickens, en même temps il vous fera réfléchir sur la construction de la personnalité d 'un être humain.




    Lien : http://luocine.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par Lulu_Off_The_Bridge, le 02 juin 2011

    Lulu_Off_The_Bridge
    Sur la trame d'un roman d'apprentissage ultra-classique, qui connaît d'ailleurs fort bien ses classiques et s'en amuse (des bas-fonds dickensiens au château-labyrinthe à mi-chemin entre Walpole et Mervyn Peakes, en passant par les mythes grecs à défaut de la Lorraine), avec une galerie de personnages très typés XIXe – ce que l'on pense être le XIXe du moins, à savoir des jeunes gens hyper sensibles et spleenétiques, de charmantes ingénues pleines de bons sens, etc., Wesley Stace parvient à éviter de nombreux écueils, avec une certaine finesse.
    Roman victorien en apparence, qui fait la part belle aux motifs d'époque – les frictions causées par la mise en présence des opposés (homme/femme, riche/pauvre), l'espace traité comme un personnage qu'il s'agisse des rues de Londres ou du château familial, les types de personnages et le goût de la péripéties – dans des références souvent appuyées ; mais roman moderne où le cadre historique présente juste ce qu'il faut d'incongru et de décalé pour ne pas avoir l'air d'un exposé de 6è, où le nœud gordien n'est plus le corps social, mais le corps familial d'une part et le corps physique, intime, d'autre part. Rien de révolutionnaire, certes, mais l'ensemble est rondement mené.

    Lien : http://luluoffthebridge.blogspot.com/2011/02/book-freak-session-xii-..
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 03 juillet 2009

    LiliGalipette
    Roman de Wesley Stace.
    Le jeune Lord Loveall ne s'est jamais remis de la mort de sa soeur Dolorès. Vivant avec son souvenir, il ne songe pas à fonder une famille, ce que lui reproche sa mère. le jour où il trouve un bébé abandonné, il croit que tout est réglé. le bébé est un garçon, mais dans sa folie, Lord Loveall l'élève comme une fille. Rose Loveall grandit dans un monde d'amour et de secrets. Jusqu'au jour où les premières révélations retentissent.
    Je me suis interrogée un moment sur ce livre. L'auteur est-il un fou ou un génie? Ou les deux... Sans cesse, la narration semble tirer le lecteur vers le secret, puis se dérobe. Ce texte est excellent, l'histoire originale, et l'atmosphère de mystère qui plane est délicieuse. le malaise du personnage principal est palpable. Je relirai ce texte, c'est certain.
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    • Livres 5.00/5
    Par aventuresheteroclites, le 11 août 2010

    aventuresheteroclites
    Lu en VO.
    C'est un roman très ambitieux (sur le plan du style, du sujet, du genre) ET qui a les moyens de sa politique. C'est documenté, malicieusement écrit, j'ai été ultra soufflée.
    C'est le compte-rendu d'un parcours initiatique, de petite fille innocente et heureuse, d'un jeune homme à la puberté difficile, puis d'un être adulte : homme/femme/ni l'un ni l'autre/les deux? Passionnant!

    Lien : http://aventuresheteroclites.wordpress.com/2010/08/11/wesley-stace-m..
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Citations et extraits

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  • Par line70, le 27 mars 2011

    «En cette vie, nous pouvons, dans une certaine mesure, jouer n'importe quel personnage de notre choix.» Ainsi parlait Boswell. C'est le dictionnaire de Johnson qui m'a rappelé cette phrase. J'ajouterai qu'on peut recommencer sa vie à tout instant que l'on a choisi. Aujourd'hui, par exemple, mais jamais demain. On ne peut pas attendre jusqu'à la fin de sa vie pour la changer. Il faut le faire dès maintenant.
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  • Par luocine, le 04 juillet 2011

    Sa mère ne s’intéressait pas aux enfants, et encore moins aux siens qu’à ceux des autres. Elle détestait les toucher….. À ses yeux, l’enfance n’était que l’état ennuyeux après lequel la conversation devenait possible. Encore faut-il avouer que Lady Loveall avait plus besoin d’un muet admirateur que d’un interlocuteur.

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  • Par luocine, le 04 juillet 2011

    Pour la première fois de ma vie, j’éprouvai un sentiment qui me serait familier à l’avenir : celui d’essayer en vain de convaincre une personne de la réalité d’un fait qu’elle ne pouvait pas comprendre.



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  • Par luocine, le 04 juillet 2011

    Après avoir porté le deuil de son époux - une année en noir, deux en gris puis encore deux en gris clair-, lady Loveall était passé directement à celui de sa fille, puis à celui de sa sœur, avec qui elle était brouillée. Quand elle eut épuisé les ressources des autres, elle porta son propre deuil.

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  • Par sentinelle, le 29 septembre 2010

    Toute réponse évidente est un mensonge.
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