> Philippe Aronson (Traducteur)

ISBN : 8493802700
Éditeur : 13e Note Editions (2011)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Dans la lumière déclinante des utopies hippies, Bobby Stark, un adolescent de 16 ans, orphelin de père, abandonne sa virginité à la fille d'un coiffeur manchot, s'enfuit vers San Francisco, évite de justesse viol et violence et tente de survivre à la folie d'un monde en... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par trust_me, le 06 novembre 2011

    trust_me
    Bobby Srark n'est pas un adolescent verni, c'est le moins que l'on puisse dire. Son père s'est jeté sous un tramway, sa mère fait régulièrement des stages à l'hôpital psychiatrique pour y subir des électrochocs et sa sœur s'est fait la malle au Canada avec un déserteur. Cerise sur le gâteau, il vient de se faire virer de sa prépa et doit retourner à Pittsburgh dans l'appartement familial. Un retour aux sources douloureux et un avenir des plus sombres qui s'annonce pour celui qui se qualifie de « garçon de seize ans acnéique et sexuellement détraqué ».
    Alors que la guerre du Vietnam bat son plein, Bobby rêve de partir pour San Francisco, lieu de débauche et de perdition où toutes les utopies semblent pouvoir se réaliser. Grâce à Michelle, son amour d'enfance devenue Hare Krishna (avec sari, crâne rasé et catogan), Bobby fait le grand saut. La fuite vers Frisco de ce duo improbable va malheureusement virer au cauchemar…
    Jerry Stahl frappe fort avec Perv, un roman picaresque et décapant. Son héros est un poissard complet qui accumule les échecs et les rencontres hautes en couleur. Tout le charme (si l'on peut dire !) du texte repose sur cette galerie de personnages hors normes croisant la route de Bobby. de Sharon la nymphomane à Mr Schmidlap le tatoueur manchot, de Howard et Henrietta, les retraités séniles à Varnish et Meat les hippies psychopathes, Bobby attire comme un aimant les freaks les plus barrés que l'on puisse imaginer.
    La narration à la première personne renforce la sensation de désarroi du jeune homme. Totalement perdu, revenant sans cesse avec nombre de flashbacks sur les épisodes les plus affligeants de son enfance, Bobby tente de comprendre comment il en est arrivé là. Lucide, drôle malgré lui, c'est un héros assez typique de la littérature américaine contemporaine. Et si l'on sourit franchement au début de l'aventure, le tragique de la situation ne fait par la suite qu'empirer jusqu'au chapitre final où l'apparente légèreté laisse place à une véritable angoisse et à un sentiment de malaise pour le lecteur.
    Avec Perv, Jerry Stahl révèle un sens aigu de la cruauté doublé d'une ironie mordante. Une plongée truculente et déjantée dans l'Amérique sous acide des années 70. Âme sensible s'abstenir.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/11/rentree-litteraire-20..
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 06 septembre 2011

    encoredunoir
    Nous sommes en 1970, Bobby Stark à 15 ans et est interne dans une école privée. Tout bascule le jour où il perd son pucelage, en même temps que deux camarades, avec la très accueillante Sharon et que le père de cette dernière, un coiffeur manchot, débarque pendant que les trois gamins libidineux sont à la recherche de la capote que Bobby a perdu DANS Sharon.
    À partir de ce moment, rien ne sera plus jamais pareil. Renvoyé de son école, Bobby, orphelin de père, doit rejoindre sa mère maniaco-dépressive à Pittsburgh. Une épreuve qu'il ne pourra pas supporter bien longtemps. La rencontre fortuite de Michelle, pour laquelle il avait le béguin depuis la maternelle, va entraîner Bobby à fuguer pour prendre la route direction Haight Ashbury, en stop. Mais le rêve hippie est déjà déclinant et l'on ne sait jamais si l'on va tomber sur les Merry Pranksters ou sur Charles Manson.
    Épopée tragi-comique, chronique douce-amère d'une Amérique déboussolée qui perd ses illusions, Perv, est un récit à la fois d'une grande force comique – pour peu que l'on apprécie le deuxième, voire le troisième degré en la matière – et d'une grande intensité dramatique. Raconté à la première personne par le héros devenu adulte mais qui essaie de nous faire ressentir sa naïveté de l'époque, le récit mêle habilement l'innocence et l'inadaptation sociale du jeune Bobby et le cynisme empreint de tendresse du Bobby actuel envers cet ancien lui, gauche et trop soucieux des conventions pour être un vrai rebelle.
    Comme dans ses autres romans, Jerry Stahl nous offre de fort beaux passages, comme touchés par la grâce, et se montre aussi habile dans les moments d'émotion subtilement décalés (« Je n'avais jamais voué à quiconque avoir souhaité la mort de ma mère, et M. Schmidlap ne devait que rarement avoir eu l'occasion de faire des câlins avec son moignon. À nous, nous formions un petit club très fermé ») que dans des scènes d'une violence glaçante.
    Dépourvu de nostalgie, ce roman jette un regard à la fois acerbe et attendri sur des années 1970, agitées mais pas forcément si belles que ça, où l'Amérique semble partir à la dérive et où, sous le verni de la recherche d'amour universel, personne ne semble prêt à s'accepter tel qu'il est.
    Perv est un beau livre. Et puisque je découvre avec lui les éditions 13E Note, je précise que c'est aussi un bel objet.



    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-perv-une-histoire-d-amour-..
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Citations et extraits

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  • Par trust_me, le 06 novembre 2011

    La mort vaincra car : Regarde mon père. Il travaillait comme un malade, et il a fini écrasé par un tramway.
    La mort vaincra car : Bordel, même Hemingway s’est enfourné le canon d’un fusil dans la bouche.
    La mort vaincra car : Pourquoi ne pas se défoncer toute la journée puisque la vie n’est qu’une succession d’emmerdes meurtrières.
    La mort vaincra car : Quand tu y penses, à quoi bon devenir avocat, médecin, ou n’importe quoi d’autre alors que, finalement, être vivant n’est rien qu’un prélude à la mort.
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