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> Simone Balayé (Éditeur scientifique)

ISBN : 207037632X
Éditeur : Gallimard (1985)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un roman cosmopolite et européen qui évoque la France, l'Angleterre et l'Italie à l'aube du romantisme dans la diversité de leurs mœurs et de leurs cultures. L'histoire d'une femme, la poétesse Corinne, qui inaugure le débat sur la condition féminine, sur le droit de la... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 4.00/5
    Par stcyr04, le 12 mars 2013

    stcyr04
    Corine ou l'Italie est le tribut d'amour et d'admiration que Madame de Staël rend à ce pays, patrie des beaux-arts, de la nature exubérante et du ciel serein. Avec son style grandiose qui rappelle un autre grand contemporain - Chateaubriand -, elle conte le penchant chaque jour plus fort qui unit deux êtres, Corinne et Lord Nevil, que tout semblait séparer.
    En effet, Corinne représente l'amour à l'italienne, l'amour-passion, les sentiments exaltés et magnifiés; alors que Lord Nelvil est le parangon de l'amour-raison, le respect des convenances, des moeurs des ancêtres, la pudeur dans les émotions toute britannique. Cette oeuvre parait être un roman à clef tant Corine incarne une manière de Madame de Staêl idéalisée, et les évènements de la vie de son héroïne semblent correspondre à ce qu'elle-même a vécu.
    Trois villes y sont principalement détaillées, à savoir Rome, Naples,Venise, mais aussi Florence, Milan et Bologne. Quelques pages sont absolument sublimes de sensibilité et par leur force pathétique, notamment celles qui, paradoxalement, semblent être très largement tirées d'oeuvre du père de l'artiste, qui n'était autre que Jacques Necker, ministre sous Louis XVI. J'ai lut avec une délectation toute particulière les pages consacrées à Naples et ses alentours et le récit de l'histoire de Lord Nelvil. Néanmoins j'introduirai ici, un bémol : à mon avis les pages consacrées à l'amour tout platonique entre les deux protagonistes et les affres de la séparation prochaine sont un peu lassantes; on y trouve une certaine outrance dans l'expression des sentiments qui caractérise la période romantique. Ce livre est précurseur en matière de féminisme, car l'héroïne du roman est une femme qui revendique son indépendance, qui a bravé les convenances par désir d'accomplissement personnel, qui ne s'est pas réfugiée dans le mariage pour y éprouver la sécurité et qui assumera ces choix jusqu'à leur ultimes conséquences. de la grande et belle littérature.
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Citations et extraits

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  • Par stcyr04, le 10 mars 2013

    « Ah ! qu'il faut peu de chose pour rendre défiants d'eux-mêmes un père, une mère avancés dans la vie; ils croient aisément qu'ils sont de trop sur la terre. A quoi se croiraient-ils bons pour vous, qui ne leur demandez plus de conseils? Vous vivez en entier dans le moment présent; vous y êtes consignés par une passion dominante; et tout ce qui ne se rapporte pas à ce moment vous paraît antique et suranné. Enfin, vous êtes tellement en votre personne, et de coeur et d'esprit, que, croyant former à vous seul un point historique, les ressemblances éternelles entre le temps et les hommes échappent à votre attention, et l'autorité de l'expérience vous semble une fiction, ou une vaine garantie destinée uniquement au crédit des vieillards et aux dernières jouissances de leur amour-propre. Quelle erreur est la vôtre! Le monde, ce vaste théâtre, ne change pas d'acteurs; c'est toujours l'homme qui s'y montre en scène; mais l'homme ne se renouvelle point; il se diversifie ; et comme toutes ses formes sont dépendantes de quelques passions principales dont le cercle est depuis longtemps parcouru, il est rare que, dans les petites combinaisons de la vie privée, l'expérience, cette science du passé, ne soit la source féconde des enseignements les plus utiles.
    « Honneur donc aux pères et aux mères, honneur à eux, honneur et respect, ne fût-ce que pour leur règne passé, pour ce temps dont ils ont été seuls maîtres et qui ne reviendra plus ; ne fût-ce que pour ces années à jamais perdues, et dont ils portent sur le front l'auguste empreinte.
    « Voilà votre devoir, enfants présomptueux, et qui paraissez impatients de courir seuls la route de la vie.Ils s'en iront, vous n'en pouvez douter, ces parents qui tardent à vous faire place ; ce père dont les discours ont encore une teinte de sévérité qui vous blesse: cette mère dont le vieil âge vous impose des soins qui vous importunent: ils s'en iront, ces surveillants attentifs de votre enfance, et ces protecteurs animés de votre jeunesse; ils s'en iront, et vous chercherez en vain de meilleurs amis; ils s'en iront, et dès qu'ils ne seront plus, ils se présenteront à vous sous un nouvel aspect; car le temps, qui vieillit les gens présents à notre vue, les rajeunit pour nous quand la mort les a fait disparaître; le temps leur prête alors un éclat qui nous était inconnu: nous les voyons dans le tableau de l'éternité où il n'y a plus d'âge, comme il n'y a plus de graduation; et s'ils avaient laissé sur la terre un souvenir de leurs vertus, nous les ornerions en imagination d'un rayon céleste, nous les suivrions de nos regards dans le séjour des élus, nous les contemplerions dans ces demeures de gloire et de félicité; et, près des vives couleurs dont nous composerions leur sainte auréole, nous nous trouverions effacés au milieu même de nos beaux jours, au milieu des triomphes dont nous sommes le plus éblouis».
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  • Par stcyr04, le 10 mars 2013

    « Nous marchons dans la vie, environnés de pièges et d'un pas chancelant ;
    nos sens se laissent séduire par des amorces trompeuses; notre imagination nous égare par de fausses lueurs ; et notre raison elle-même reçoit chaque jour de l'expérience le degré de lumière qui lui manquait et la confiance dont elle a besoin.
    Tant de dangers unis à une si grande faiblesse; tant d'intérêts divers, avec une prévoyance limitée, une capacité si restreinte ; enfin tant de choses inconnues et une si courte vie : toutes ces circonstances, toutes ces conditions de notre nature, ne sont-elles pas pour nous un avertissement du haut rang que nous devons accorder à l'indulgence dans l'ordre des vertus sociales!...... Hélas! où est-il l'homme qui soit exempt de faiblesses ? Où est-il l'homme qui n'ait aucun reproche à se faire? Où est-il l'homme qui puisse regarder en arrière de sa vie sans éprouver un seul remords ou sans connaître aucun regret ? Celui-là seul est étranger aux agitations d'une âme timorée, qui ne s'est jamais examiné lui-même, qui n'a jamais séjourné dans la solitude de sa conscience. »
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  • Par stcyr04, le 07 mars 2013

    Croyez-moi, mon cher Nelvil, si vous voulez faire des sottises, faites-en qui soient réparables ; mais pour le mariage il ne faut jamais consulter que les convenances. Je vous parais frivole ; hé bien, néanmoins je parie que dans la conduite de la vie je serai plus raisonnable que vous. Je le crois aussi, répondit lord Nelvil ; et il n' ajouta pas un mot de plus. En effet, pouvait-il dire au comte d' Erfeuil qu' il y a souvent beaucoup d' égoisme dans la frivolité, et que cet égoisme ne peut jamais conduire aux fautes de sentiment, à ces fautes dans lesquelles on ne sacrifie presque toujours aux autres ? Les hommes frivoles sont très-capables de devenir habiles dans la direction de leurs propres intérêts, car, dans tout ce qui s' appelle la science diplomatique de la vie privée comme de la vie publique, l' on réussit encore plus souvent par les qualités qu' on n' a pas, que par celles qu' on possède. Absence d' enthousiasme, absence d' opinion, absence de sensibilité, un peu d' esprit combiné avec ce trésor négatif, et la vie sociale proprement dite, c' est-à-dire la fortune et le rang, s' acquièrent ou se maintiennent assez bien
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  • Par stcyr04, le 11 mars 2013

    Il n'y a rien de si facile que de se donner l'air très moral, en condamnant tout ce qui tient à une âme élevée. Le devoir, la plus noble destination de l'homme, peut être dénaturé comme toute autre idée, et devenir une arme, offensive, dont les esprits étroits, les gens médiocres et contents de l'être se servent pour imposer silence au talent et se débarrasser de l'enthousiasme, du génie, enfin de tous leurs ennemis. On dirait, à les entendre, que le devoir consiste dans le sacrifice des facultés distinguées que l'on possède, et que l'esprit est un tort qu'il faut expier, en menant précisément la même vie que ceux qui en manquent ; mais est-il vrai que le devoir prescrive à tous les caractères des règles semblables? Les grandes pensées, les sentiments généreux ne sont-ils pas dans ce monde la dette des êtres capables de l'acquitter?Chaque femme comme chaque homme ne doit-elle pas se frayer une route d'après son caractère et ses talents? Et faut-il imiter l'instinct des abeilles, dont les essaims se succèdent sans progrès et sans diversité ?
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  • Par stcyr04, le 07 mars 2013

    Le langage de la poésie diffère tellement de celui de la prose, que, dès les premiers vers, l' attention est commandée par les expressions mêmes qui placent pour ainsi dire le poète à distance des auditeurs. Ce n' est pas uniquement à la douceur de l' italien, mais bien plutôt à la vibration forte et prononcée de ses syllabes sonores, qu' il faut attribuer l' empire de la poésie parmi nous. L' italien a un charme musical qui fait trouver du plaisir dans le son des mots presque indépendamment des idées ; ces mots d' ailleurs ont presque tous quelque chose de pittoresque, ils peignent ce qu' ils expriment. Vous sentez que c' est au milieu des arts et sous un beau ciel que ce langage mélodieux et coloré s' est formé. Il est donc plus aisé en Italie que partout ailleurs de séduire avec des paroles sans profondeur dans les pensées, et sans nouveauté dans les images. La poésie, comme tous les beaux arts, captive autant les sensations que l' intelligence.
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