> Françoise Toraille (Traducteur)

ISBN : 2234060206
Éditeur : Stock (2008)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Aleksandar grandit près de Višegrad, dans ce qui est encore la Yougoslavie, quand se produit un drame : la mort de son grand-père Slavko. Celui dont les récits légendaires du communisme l’ont enchanté, et auquel il a fait le serment de transformer la réalité en histoire... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 23 février 2010

    kathel
    C'est un premier roman que j'ai trouvé très original, très riche, qui donne envie d'en relire des passages dès la dernière page tournée. Il est extrêmement inventif, tant du point de vue de la langue que de celui des histoires qui s'enchaînent sans laisser au lecteur le temps de souffler. Je trouve que l'auteur est un véritable conteur. Son personnage principal, Aleksandar, jeune garçon puis jeune homme né de père serbe et de mère bosniaque dans une Yougoslavie en plein conflit, évolue dans une atmosphère parfois loufoque et tragique, sur fond de musiques tsiganes, comme dans un film d'Emir Kusturica : un mari trompé se met en rage parce que son rival l'a battu à un jeu vidéo, de nouveaux WC sont inaugurés, un mariage tourne au drame, un autobus glisse sur un lac gelé, la guerre est représentée par un match de foot entre parties ennemies… Il y a sa rivière, la Drina, qui est un personnage à part entière, du grand-père qui s'y noie un soir de beuverie au silure tiré de l'eau et portant barbe et lunettes !
    Mais ce n'est pas que cela, le narrateur est souvent nostalgique, écrivant ou lisant des lettres émouvantes de personnes perdues de vue, essayant de cacher la douleur de l'exil, retrouvant ses dessins d'enfant inachevés. Il faut s'accrocher à certains passages, sans fil conducteur apparent pour nous guider, mais la magie, c'est que plus on avance dans la lecture, plus on adore ce roman, et que le fil est retrouvé soudain. Aleksandar établit des listes de tout ce qui lui manque de Visegrad, la ville dévastée de son enfance, enfance qu'il qualifie d'inachevée, enfance où il aurait voulu être le magicien du possible et de l'impossible, et surtout il raconte, pour tenir la promesse faite à son grand-père de ne jamais arrêter de raconter. Pour le plus grand bonheur du lecteur...

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-23230699.html
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 01 janvier 2011

    Lencreuse
    Lorsque le jeune Aleksandar perd subitement son grand-père, Slavko, il ne sait pas encore que cet événement n'est que le premier signe des grands changements qui vont bouleverser son pays et sa vie. Slavko, ce grand-père raconteur d'histoires en tout genre, communiste convaincu tout entier dévoué à Tito a tiré sa révérence, devant la télé, pendant que Carl Lewis battait le record du monde de vitesse. Sa mort laisse un immense vide dans le cœur et la vie d'Aleksandar qui va apprendre au fil des années à se séparer de ce qui faisait jusqu'ici sa vie. Car en Yougoslavie, on démonte les statues de Tito. En Yougoslavie, Serbes et Croates s'affrontent dans une guerre qui laissera à jamais des traces dans ce peuple autrefois uni. Aleksandar voit peu à peu les voisins s'en aller, vers un ailleurs incertain mais loin de la guerre. Et dans les années 90, lui aussi quitte son pays qui perd son nom et son âme pour se réfugier en Allemagne. Une nouvelle vie à se construire, difficilement, avec toujours au cœur des manques et des souvenirs d'enfance.
    Avec les mots et les yeux d'Aleksandar, on traverse le conflit de l'ex-Yougoslavie et la brutalité d'un exil forcé, on touche avec lui la fin d'un monde, celui de l'enfance et on l'accompagne dans la construction d'un autre, celui d'un adulte qui tente de combler les manques. Un récit que l'on imagine, que l'on sait habité par la propre expérience de son auteur. Un récit qui fourmille d'histoires, celle avec un grand H et toutes les autres nées des souvenirs et de l'imagination d'un enfant. Un fourmillement qui amène parfois des confusions et quelques longueurs, notamment dans la dernière partie (que je trouve répétitive en regard du début du livre). Mais le tout reste un joli roman où j'ai pris plaisir à plonger malgré tout.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 19 octobre 2008

    Bunee
    Le Soldat et le Gramophone a été pour moi un vrai coup de coeur.

    Dans ce livre, l'auteur explore ses souvenirs d'enfance qui naissent avec lui vers Visegrad, au sein de feue la Yougoslavie.

    On commence par un première rencontre, avec la mort, celle de son grand père qu'il adore, d'une crise cardiaque devant le record du monde de C.Lewis. le petit Aleksandar est alors persuadé d'être un magicien très puissant, qui peut ramener son grand père merveilleux conteur à la vie, il suffirait qu'il retrouve le chapeau en papier qu'il a confectionné et orné d'étoiles et de lunes.

    Aleksandar nous raconte ensuite de nombreux épisodes de l'histoire familiale, lumineuse et heureuse, des historiettes, hautes en couleurs, parfois droles ou dramatiques, ses dialogues avec le fleuve, ses rédactions à l'école qui desesperaient ses maitres d'école ... Il est à l'instar de son grand-père, un conteur magnifique! Cependant on peut sentir poindre et grandir, derrière ses portraits colorés de l'enfance, une ombre inquiétante, nourrie de colère et d'intolérance.

    La situation s'assombrit, en effet: le conflit éclate, la guerre et ses exactions se rapprochent. L'enfant en est le témoin impuissant, et garde en tête comme roue de secours son gout pour l'inachevé.

    Puis l'exil en allemagne, l'adaptation, et la quete de la petite fille d'a coté, avec qui il se cachait, qui doit être quelque part à Sarajevo. Elle devient peu à peu un fantome dont l'existence s'étiole, à l'image du souvenir du pays natal.

    C'est assez bien écrit, en tout cas de façon très belle, sensible et touchante, c'est un récit spontané qui vous envahit vraiment. Une superbe expérience littéraire

    Lien : http://lelabo.blogspot.com/2008/10/sasa-stanisic-le-soldat-et-le.html
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par FraHau, le 21 novembre 2010

    FraHau
    J'ai adoré Aleksandar, le héros de ce roman, que je suppose en partie autobiographique. Aleksandar, serbe par son père, bosniaque par sa mère, grandit à Visegrad, quand éclate la guerre. Ce roman, c'est son regard d'enfant sur les événements qui touchent ses proches, tous si hauts en couleurs, regard débordant de tendresse. Ce n'est pas un roman triste, non : c'est drôle, sensible, nostalgique, on rit, on pleure aussi, c'est spontané comme un regard d'enfant puis de jeune homme, c'est vivant, ça sonne si juste.
    Pas de haine. Non. Juste un regard... Mais la violence comme arrière plan, qui brise hommes et rivière. Et tout ce que l'on devine...
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par tessgeffroy, le 21 mars 2009

    tessgeffroy
    Un livre merveilleux !
    tous les sentiments sont présents et contés avec une telle justesse, douceur, poésie....
    je peux dire qu'il m'a fait vibré du début a la fin !
    c'est le 1er livre du prix télégramme 2009 que je lis, j'espère en trouver d'autres aussi bon !
    bravo a l'écrivain qui sait tant décrire ces émotions et nous les faire partager !
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 23 février 2010

    Je ne sais pas combien de temps je suis resté ainsi avec mes pensées, devant le cercueil de grand-père. Je ne sais pas quand j’ai échappé au poids des mains de mon père ni quand j’ai fait en courant le tour de la tombe qui sentait la terre humide. Ni quand j’ai mis sur ma tête le chapeau aux étoiles jaunes et bleues qui tournoient autour du croissant de lune, alors qu’au matin du jour où, malgré toute magie, il était mort le soir venu, grand-père m’avait expliqué que ce ne sont pas les étoiles qui tournent autour des lunes, mais les lunes autour des étoiles. Combien de temps ai-je ainsi pointé le bout de ma baguette vers l’étoile à cinq branches, à la tête du cercueil, combien de temps me suis-je débattu quand on a voulu m’éloigner ? Je ne sais plus ce que j’ai crié, ni combien j’ai pleuré ! Pardonnerai-je jamais à Carl Lewis d’avoir usé tout mon pouvoir magique pour son record du monde, si bien qu’il n’en est plus rien resté pour grand-père ? Tout ça pour ces 9 secondes 86 au soir du 25 septembre 1991, au soir du soir où on n’a pas pu entendre du haut du Megdan une mère chuchoter à son fils : Tu as eu un grand-père qui t’aimait, il ne sera plus jamais là. Mais son amour pour nous est infini, son amour ne disparaîtra jamais. Aleksandar, maintenant, tu as un grand-père infini.
    Nous nous étions fait une promesse d’histoires, maman, avait acquiescé le fils d’un air résolu en fermant les yeux comme pour faire de la magie sans baguette ni chapeau, une promesse toute simple : ne jamais arrêter de raconter.
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