ISBN : 2862310670
Éditeur : Maurice Nadeau


Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres

Ce texte de Jacqueline Starer est paru pour la premiere fois en 1987 aux Editions Maurice Nadeau, Paris.

Cet ouvrage constitue une véritable introduction à l’oeuvre de Keith Barnes.

éditions d'écarts
121 pages – 20 euros/EAN ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par editionsecarts, le 09 septembre 2010

    editionsecarts
    Extrait de la note de lecture de Michèle Duclos
    Poésie/première n° 35 – juillet/octobre 2006
    KEITH BARNES Œuvre Poétique COLLECTED POEMS
    Traduite de l'anglais par Jacqueline Starer. Ouverture de Maurice Nadeau, éditions d'écarts, 2003.
    Les thèmes et l'écriture frappent par leur énergie – une écriture elliptique saccadée chargée d'une forte puissance consonantique. La profondeur recueillie des images rappelle celle des poètes métaphysiques et leur ironie intellectuelle celle de John Donne. Les poèmes d'amour refusent tout épanchement et épithètes élégiaques.
    » never thought I'd cry except it rains so lone – « Je n'avais jamais pensé que je pouvais pleurer / mais il pleut si fort et je me sens si seul ». (p.18)
    Keith Barnes enfant avait vécu les bombardements de la capitale britannique et en avait conçu une haine contre la violence de notre civilisation comme de ses lâchetés 
 
« J'avais cinq ans C'était un merveilleux jeu de risque / un kaléidoscope de sirènes / Des éléphants suspendus au-dessus de la Tamise / apprivoisés dociles qui touchés s'abattaient en flammes / Un jeu de vitres soufflées sur mon oreiller / de pierres propulsées à travers le plafond et le lit (…)» (p.92) « Nous qui sommes nés pendant l'Occupation / savons collaborer choisir Quisling Pourquoi résister ? / Nous avons fait place nette pour le bruit des voitures / ravitaillé les marchés en musique d'aéroport (…)» (p. 89) le très grand mérite de la traduction de Jacqueline Starer est, sans l'alourdir ni l'affadir, de rendre plus abordable cette écriture syntaxiquement très dense.(…)
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par editionsecarts, le 11 septembre 2010

    editionsecarts
    (…)K .B., court récit rétrospectif, est un hymne à la jeunesse et à la joie de vivre libre de toutes les conventions artificielles. Il évite tous les pièges d'une thématique – « il n'y a pas d'amour heureux » – en soi rebattue à travers les siècles par le roman, reprise et prolongée par le cinéma. Souvenir toujours vivant d'un amour fou mais pas fadement idyllique qui traverse sans que la narratrice s'y appesantisse les problèmes matériels, les différences de tempérament, les autres rencontres… autant de mises à l'épreuve victorieusement surmontées.__Ce récit, cette autobiographie d'un amour qui est aussi la biographie hommage à un Poète extrêmement doué, est peut-être plus encore une oeuvre d'art. Nous sommes sensibles à l'authenticité toujours vibrante d'un sentiment qui a su trouver à la fois un ton détaché – aucun pathos – et une écriture claire, sobre, dense, concise, précise et très visuelle et sensorielle – celle-là même du court récit qui se refuse les digressions, les phrases explicatives et les propositions subordonnées comme inutilement encombrées et encombrantes. Les mots, les propositions, les phrases se détachent sur un rythme rapide, incisif :_:_« Elle avait été surprise de sa beauté, de son air de confiance, de don, d'enfance et d'assurance à la fois. Ils avaient fait l'amour, très bien. Et puis, ils avaient rallumé. Tout de suite, des rires, l'entente. Il s'était mis à cueillir des cerises imaginaires sur le mur, tout autour de la lampe. Ils avaient fait l'amour plusieurs fois, cette nuit-là. » (p.21)__La vivacité du sentiment toujours présent est rendue plus vivace encore par des procédés propres au genre du récit et de la nouvelle sans apparaître comme des artifices techniques : annonce au tout début de la fin fatale suivie d'un « flashback » lui dans l'ordre chronologique ; surtout choix de la troisième personne qui permet à la narratrice qui en est aussi l'héroïne de prendre du recul par rapport à son histoire en évitant l'émotion facile. Ce court récit émouvant est aussi une oeuvre d'art, un petit chef d'œuvre.
    Extrait du Coup de cœur de Michèle Duclos / le Journal des Poètes n°3 de 2008

    Lien : http://ecartsmbh.wordpress.com/2010/03/09/jacqueline-starer/
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Citations et extraits

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  • Par editionsecarts, le 25 septembre 2010

    … il portait en son coeur tellement de certitude qu’il manifestait à tous moments le plus grand calme.

    Il agençait son matériau, heure après heure, jour après jour ; il travaillait les mots, les phrases, les poèmes avec la matière de ses émotions, de ses sentiments, de ses sensations et ne se souciait que de la justesse de leur transcription. Il ne planifiait rien ; chez lui, très peu de raisonnement, de logique ou d’intellectualisme. La vie, donc l’écriture était une marche à vue où il suivait ce qu’il appelait son « instinct ». À la fois tourné vers l’extérieur et à l’écoute de lui-même, il n’entrait en action ou ne prenait de décisions qu’après avoir consulté sa voix intérieure.

    À huit ans, avec son grand-père, il peignait ; à douze ans, les premières leçons de piano l’avaient mené à la » Royal Academy of Music » ; à quinze ans, grâce à un Premier Prix de Composition, certains des meilleurs groupes de musique de chambre de Londres jouaient ses oeuvres. Mais après son mariage et surtout après la naissance de sa fille, il avait alors vingt-cinq ans, il avait cessé de composer et brûlé presque tous ses manuscrits. L’année suivante, un jour d’été pluvieux, sur la côte sud de l’Angleterre… tout à coup, porté par une inspiration inattendue, il avait écrit son premier poème « Dévaluation »…

    Il se considérait créateur plutôt que précisément écrivain et disait volontiers que si, un jour, l’écriture devait lui échapper, il se tournerait sans doute vers la sculpture.
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  • Par editionsecarts, le 25 septembre 2010

    K. se sentait fatigué. ( … ) Les vacances avaient été les bienvenues : une maison du XVIIe siècle, dans le Norfolk, entourée de champs et d’herbes hautes, à cinquante kilomètres d’une mer venteuse. Il aimait manier la faux et contempler l’étang et, surtout, se reposait.

    Et elle, photographiait, fixait l’homme pâli au sourire heureux, l’homme et la faux, l’homme et sa tasse de thé sur la plage de galets. Cet été-là, les Américains avaient débarqué sur la lune et il se réjouissait de l’ère nouvelle qui commençait. Plus tard il serait connu comme poète du temps de cet espace.

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