Ce dyptique a été consacré par de nombreux prix (Prix "Canard" au Festival de Sierre, Meilleur Album étranger au Festival de Breda, Meilleur Album francophone à Durbuy, Prix BD des "Vingt-quatre heures du livre" au Mans, "Alph'Art Coup de Coeur" et Prix de la Presse ("Bloody Mary") au Salon d'Angoulême) et ce n'est pas un hasard.
Le vieux Français, véritable griot de ce road movie, nous narre la croisée des chemins, des destinées de Leila et Célestin, deux adolescents grandis trop vite, dans son bar au milieu du désert. Fuyant chacun le poids de leurs traditions, ils s'aiment dans ce lieu hors du temps avant de se séparer, en quêtes d'eux-mêmes, en se promettant de s'écrire et de se retrouver dans ce lieu qui à vu naître leur amour. le vieux Français reçoit, lit et raconte à qui veut l'entendre les lettres qu'il conserve précieusement en attendant de les donner aux intéressés au moment de leurs retrouvailles. Dans cette attente, tout le monde est au courant de cette passion sauf, ironie du sort, les deux protagonistes. Et l'impatience du dénouement de grandir au fil de la lecture...
C'est n'est qu'une histoire et pourtant, cela ressemble à un témoignage. Les personnages sont bien réels, nous les avons
Tous rencontrés : des vies simples dans un univers tourmenté ; l'amour qui voit toujours le jour malgré l'horreur et l'intolérance. Dans cette oeuvre humaniste, entre
Zola et Kerouac, qui capte tout les contradictions de l'être humain, la description au scalpel de la société se fait au travers des thèmes intemporels et universels du voyage, de la fuite, de l'amour, du choc des cultures, des générations et des civilisations, du poids des traditions et de la difficulté d'intégration. le tout dans un style graphique qui n'est pas sans rappeler les fresques africaines.
C'est tendre et dur, c'est tragique et féérique, c'est laid, c'est beau. C'est tout et son contraire.
C'est la vie. Et on en redemande.
Voilà une des oeuvres incontournables qui font de la bande dessinée un art à part entière.
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