> Éric Boury (Traducteur)

ISBN : 2070122549
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 59 notes) Ajouter à mes livres
"Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d’autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le cœur et il e... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 24 décembre 2011

    litolff
    En Islande, au XIXe siècle, des pêcheurs affrontent quotidiennement la mer, les vents déchaînes et le froid pour aller chercher la morue qui les fera vivre... ou mourir : la mer est cruelle et impitoyable...
    Mais même les pêcheurs peuvent aimer les mots, la lecture et la poésie et c'est ce qui perdra Bardur qui a oublié sa vareuse en essayant de retenir des vers de "Paradis Perdus".
    Un récit sombre et beau qui interroge sur la vie, le pourquoi de la vie, sa brièveté, ses aléas et sa fragilité, sur l'amitié, sur les gens que nous aimons et qu'il nous faut chérir tant qu'il est encore temps ; une quête métaphysique écrite et traduite de façon magistrale et poétique, tendre et envoûtante.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par maevedefrance, le 16 avril 2012

    maevedefrance
    Un roman magistralement écrit comme on en voit peu. Une poésie à couper le souffle, une originalité stylistique incontestable (on passe du style direct libre au style indirect, de l'interpellation à la narration, de l'humour à la gravité sans que cela ne gêne en rien la lecture). Un régal !
    Une histoire toute simple et ô combien romantique : un pêcheur expérimenté, Bardur, le seul et unique ami du gamin (qui n'a d'autre nom que celui-ci) meurt en mer lors d'une sortie un jour de tempête de neige, sur la terrible Mer Glaciale, parce qu'il a oublié de prendre sa vareuse... Cet homme était absorbé par la lecture du Paradis perdu de Milton, dans une édition de 1928, dont une traduction est arrivée jusqu'en Islande.Son propriétaire n'est pas Bardur, mais un vieux capitaine : "Milton était aveugle, tout comme le capitaine, c'était un poète anglais qui a perdu la vue à l'âge adulte. Il composait plongé dans les ténèbres et c'était sa fille qui transcrivait ses poèmes. (...) Des vers composés au creux des ténèbres qui jamais ne désertaient ces yeux, tracés par la main d'une femme, traduits en islandais par un pasteur doté d'une bonne vue, mais qui vivait parfois dans un tel dénuement qu'il n'avait pas de papier pour écrire et qu'il devait se contenter du ciel au-dessus de la vallée de la Hörga en guise de feuille".
    Ne se remettant pas de cette terrible perte, le gamin n'aura qu'une obsession : rendre le livre à son propriétaire et se tuer... Enfin, du moins c'est ce qu'il croit. Mais la vie n'est pas aussi triste... Il croise furtivement une jeune femme qui l'impressionne : "elle n'est qu'un iceberg, pense-t-il, un iceberg couvert d'ours polaires qui vont me dévorer". Mais elle est aussi et surtout "la pluie qui arrose le désert, le soleil radieux qui illumine les coeurs et elle est la nuit qui console"...
    D'une histoire toute simple, Jon Kalman Stefansson en fait un enchantement et aborde avec brio le questionnement sur la vie et la mort, la quête d'un sens à l'existence.
    Un roman qui hante le lecteur une fois terminé...
    Ca va sans dire que je vais lire la suite des aventures du gamin, dans La Tristesse des Anges. Il a déjà écrit six livres. Entre Ciel et Terre est le premier traduit en français.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par raton-liseur, le 22 novembre 2011

    raton-liseur
    Un beau livre âpre et plein de poésie. Même au XIXème siècle, même dans un petit village de la côte islandaise, même des pêcheurs qui travaillent dans des conditions très dures peuvent aspirer à la culture, à la lecture et, surtout, peuvent se poser des questions existentielles. Quel est le sens de la vie, s'il en est un ? Faut-il même vivre, ou mieux vaut-il mettre fin à toute cette absurdité ? Absurdité, j'ose le mot, car ce livre a comme un goût d'Albert Camus en plus froid, plus humide et plus salé. C'est l'absurdité traitée de façon plus poétique, mais aussi par petites touches qui créent une vision impressionniste de la difficulté à vivre, plus qu'elles n'apportent de l'eau au moulin de ma réflexion.
    Ce livre promettait beaucoup, j'en attendais peut-être trop et je ne peux donc m'empêcher d'être un peu déçue. Déçue de voir que l'auteur a soigneusement évité les moments où la narration aurait pu devenir difficile, comme la mort de Bárður, dont seul l'avant et l'après sont évoqués. Déçue d'avoir trouvé que la seconde partie, trop éparpillée, n'était pas à la hauteur de la première.
    Ce livre me laissera donc une impression mitigée, d'un auteur trop poétique et allusif pour moi, mais c'est un style qui peut plaire à d'autres lecteurs qui ont peut-être une plus grande sensibilité que moi. Je veux tout de même signaler cette première page, qui ouvre le livre et en donne le ton : « Nous sommes presque uniquement constitués de ténèbres ». Il se trouve que c'est tout simplement le titre du premier chapitre, mais voir cette phrase se détacher, seule, sur la première page, m'a mise en arrêt et m'a fait plonger immédiatement dans le livre. Dommage que mon attention ne se soit pas maintenue ainsi tout du long.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 14 août 2011

    pile
    Bárður est mort d'avoir trop aimé la poésie de Milton. Hanté par les vers de « Paradis perdu » qu'il tentait de se réciter mentalement, il a oublié d'emporter sa vareuse avant d'aller pêcher en mer. Malheureusement, une fois pris dans la tempête la poésie ne lui a été d'aucun secours. Et c'est son cadavre que la bateau a finalement ramené au port. le plus jeune de ses compagnons de pêche est particulièrement bouleversé. Pour rendre hommage au pêcheur disparu, il décide de rapporter le recueil de Milton à son propriétaire, le capitaine aveugle…
    Nous sommes en Islande au XIXe siècle, mais cet ancrage dans une réalité historique et géographique est presque anecdotique. Car après le décès du pêcheur, le périple du « gamin » se transforme en quête initiatique et méditation sur la condition humaine. En cela, le roman tend à l'universel.
    Le récit progresse dans deux parties principales. Dans la première, on découvre la vie des pêcheurs au bord d'un fjord entre les montagnes, puis on assiste à la sortie en mer qui sera fatale à Bárður. Dans la seconde, on suit le périple du « gamin » à travers la vallée, puis son arrivée au village où il trouvera finalement sa place. Dans les deux autres courtes parties en italique, ce sont les morts qui s'adressent à nous. Ainsi le roman se situe Entre Ciel et Terre.
    J'ai adoré la première partie, magnifique d'un bout à l'autre. La seconde m'a moins enthousiasmée. le récit des parcours des différents habitants du village m'a moins intéressée et la fin m'a paru plus faible que le début du roman que j'ai vraiment adoré. La prose de Stefánsson est poétique et émouvante. Mais heureusement pour moi, j'ai lu ce roman bien au chaud dans un bon fauteuil, sans craindre de mourir de froid pour cause de lecture passionnée.
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    • Livres 4.00/5
    Par Nadael, le 26 avril 2012

    Nadael
    Les mots ont un pouvoir si grand qu'ils parviennent à emplir l'esprit d'un pêcheur de morues, Barour, fasciné par leur poésie. Ces mots sont ceux de John Milton dans Le paradis perdu, long poème qui évoque l'origine de l'homme, selon l'idéologie chrétienne.
    Nous sommes à la fin du dix-neuvième siècle, en Islande. Chaque sortie sur la Mer glacée est une épreuve, nul ne sait s'il en reviendra indemne. le froid est intense, l'eau gelée, la tempête jamais bien loin. Les pêcheurs bravent constamment les éléments, à leur risque et péril. Barour est expérimenté mais depuis qu'un vieil aveugle lui a prêté le livre de Milton, il ne lève guère les yeux de celui-ci, complètement happé par les vers, qu'il tente de garder en mémoire. Les mots prennent tellement de place en lui que l'homme oubli l'essentiel lors d'une sortie en mer : sa vareuse.
    Contraint d'affronter le froid glacial qui l'enveloppe, Barour succombe. C'est un cadavre gelé que les hommes ramènent à terre. Son jeune ami, le gamin, est inconsolable. Sans famille, un immense chagrin s'abat sur lui. Il décide alors de remettre en main propre le livre à son propriétaire et de se donner la mort, pour rejoindre son seul ami. le voyage qu'il entreprend à travers l'île lui permet de réfléchir sur le sens de l'existence, la solitude, la mort, la fuite du temps, les obstacles qui jalonnent une vie et l'amitié.
    Si le livre de Milton a été fatal à un homme, il constitue également un lien vers la connaissance, l'universel, et vers les hommes et les femmes, bien vivants, que le gamin sera amené à rencontrer dans son périple.
    Voilà un roman, proche du conte initiatique, d'une grande poésie qui nous parle de la condition humaine avec force et simplicité.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-entre-ciel-et-terre-1040..
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Citations et extraits

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  • Par Neigeline, le 20 février 2011

    Celui qui meurt se transforme immédiatement en passé. Peu importe combien il était important, combien il était bon, combien sa volonté de vivre était forte et combien l'existence était impensable sans lui : touché ! dit la mort, alors, la vie s'évanouit en une fraction de seconde et la personne se transforme en passé. Tout ce qui lui était attaché devient un souvenir que vous luttez pour conserver et c'est une trahison que d'oublier. Oublier la manière dont elle buvait son café. La manière dont elle riait. Cette façon qu'elle avait de lever les yeux. Et pourtant, pourtant, vous oubliez. C'est la vie qui l'exige. Vous oubliez lentement, mais sûrement, et la douleur peut être telle qu'elle vous transperce le coeur.
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  • Par Neigeline, le 20 février 2011

    Le temps a bien des visages, la pendule mesure rarement celui qui passe en notre for intérieur et qui constitue la véritable durée de la vie, d'ailleurs, une foule de jours pourrait tenir en quelques heures et inversement, le nombre des années est une échelle peu fiable pour mesurer la durée de la vie d'un homme, celui qui meurt à quarante ans a peut-être vécu bien plus longtemps qu'un autre qui part à quatre-vingt dix.
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  • Par Marsup, le 08 décembre 2010

    «Les mots ont parfois le pouvoir des trolls et ils sont capables d’abattre les dieux, ils peuvent sauver des vies et les anéantir. Les mots sont des flèches, des balles de fusil, des oiseaux légendaires lancés à la poursuite des héros, les mots sont des poissons immémoriaux qui découvrent un secret terrifiant au fond de l’abîme, ils sont un filet assez ample pour attraper le monde et embrasser les cieux, mais parfois, ils ne sont rien, des guenilles usées, transpercées par le froid, des forteresses caduques que le mort et le malheur piétinent sans effort. Les mots sont cependant tout ce que le gamin possède. À part les lettres de sa mère, un pantalon de grosse toile, ses vêtements de laine, trois livres peu épais ou plutôt des fascicules qu’il a emportés avec lui en quittant le baraquement, des bottes de mer et de mauvaises chaussures. Les mots sont ses compagnons les plus dévoués et ses amis les plus fidèles, ils se révèlent pourtant inutiles au moment où il en aurait le plus besoin – il ne parvient pas à ressusciter Bár∂ur […]»
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  • Par pile, le 14 août 2011

    Il veut accomplir quelque chose dans cette vie, apprendre les langues étrangères, parcourir le monde, lire un millier de livres, il veut atteindre l’essentiel, quel qu’il soit, il voudrait découvrir si l’essentiel existe, mais il est parfois difficile de réfléchir et de lire quand on est tout vermoulu après une journée épuisante passée à ramer, mouillé et transi après douze heures passées dans les champs, alors, ses pensées peuvent être tellement lourdes qu’il parvient à peine à les soulever, alors, il est à des lieues de l’essentiel.
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  • Par sentinelle, le 22 juin 2010

    Certains mots sont probablement aptes à changer le monde, ils ont le pouvoir de nous consoler et de sécher nos larmes. Certains mots sont des balles de fusil, d’autres des notes de violon. Certains sont capables de faire fondre la glace qui nous enserre le cœur et il est même possible de les dépêcher comme des cohortes de sauveteurs quand les jours sont contraires et que nous ne sommes peut-être ni vivants ni morts.
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