ISBN : 2070131343
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.06/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
«Maintenant, il ferait bon dormir jusqu’à ce que les rêves deviennent un ciel, un ciel calme et sans vent où quelques plumes d’ange virevoltent doucement, où il n’y a rien que la félicité de celui qui vit dans l’ignorance de soi.»

Lorsque Jens le Postier... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par EMOTION, le 20 décembre 2011

    EMOTION
    Si vous êtes frileux, attendez le printemps ou même l'été pour lire ce roman ! En effet, dès les premières pages, vous allez pénétrer le monde de la neige, de l'océan glacial, des bourrasques et de la mort qui rôde. Il nous est raconté ici la nécessité de vivre et d'ancrer en nous la volonté permanente d'avancer, quelles que soient les conditions de notre existence. Ce roman est une floraison de citations, de réflexions, de déclarations d'amour. Les marcheurs que sont Jens le postier et le gamin vont rencontrer au cours de leur périple la solidarité, l'ouverture aux autres (tellement nécessaire dans ces conditions extrêmes) mais aussi la peur, cette peur terrible qui peut frapper les hommes les plus courageux devant l'inconnu et l'immensité liquide de l'océan. Nous apprenons au fil des pages ce qui peut lier un homme robuste, un peu brutal parfois, avec un gamin ému par la poésie et les mots, un gamin qui lui a été imposé pour faire sa tournée de postier dans les fjords du Nord. La Tristesse des Anges, ce sont les flocons qui voltigent, ces flocons qui finissent par vous obstruer les yeux, le nez, la bouche. Et quel merveilleux personnage que ce vent qui impose dans les montagnes le silence aux humains, car dans ces lieux il n'y a que lui qui ait le droit de raconter des histoires. Ce livre n'est pas une longue glissade dans la neige mais un affrontement, un combat, violent , impitoyable, où les vivants rencontrent les âmes des défunts et sombrent pour renaître à la vie. Ici tout vous transperce, les bourrasques, les yeux des morts, les mots, les paroles des femmes. Lisez ce livre qui est de la littérature!
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
  • Par trust_me, le 22 janvier 2012

    trust_me
    Nous sommes en avril mais l'Islande est encore sous la neige. Jens le postier arrive au village frigorifié, collé à son cheval par le gel. Avec précaution, on le détache, on le déshabille et on le réchauffe près du feu. Il faut dire que cet homme doit être choyé car il est le seul trait d'union entre la civilisation et cette contrée perdue au bout du monde. Quelques jours plus tard, on demande à Jens de poursuivre sa tournée toujours plus au nord, là où l'Islande prend fin pour laisser place à l'hiver éternel. La lande qu'il doit traverser est balayée par une telle tempête que beaucoup la considèrent comme impraticable. Accompagné du gamin, un garçon d'auberge passionné de poésie et de littérature, Jens se lance dans la tournée la plus difficile de sa carrière.
    Le postier taciturne et le gamin volubile forment un couple aussi improbable que complémentaire. Leur voyage sans fin au cœur d'une incroyable tempête a tout de la tragédie. Dès le départ le lecteur se doute que leur entreprise est vouée à l'échec. Mais l'important n'est pas là. Ce qui compte, ce sont les rencontres qu'ils feront au cours de leur périple, ces maisons isolées, noyées sous la neige, où des familles passent l'hiver au coin du feu dans une sorte de huis-clos pesant. Des gens taiseux et modestes toujours prompt à partager le peu qu'ils possèdent. Mais surtout, ce qui compte, c'est la qualité de l'écriture de Jon Kalman Stefansson. La tristesse des anges est roman très littéraire traversé par des élans poétiques somptueux et une réflexion pleine de finesse sur le sens de l'existence : « Qu'est-ce qui nous afflige – si seulement nous le savions. Nous savons à peine pourquoi nous posons la question, nous savons simplement qu'il y a quelque chose qui nous afflige, que nous ne vivons pas comme nous le devrions. Et la mort nous attend tous. »
    Incroyable tour de force que de décrire pendant plus de deux cents pages le combat de deux hommes en pleine tempête sans jamais donner l'impression de se répéter. La prose est éblouissante, sachant se faire lyrique sans jamais tomber dans le boursouflé. le lecteur frissonne, il est saisi par la dureté du climat et des hommes, par ces caractères de rustres indomptables qui représentent l'âme islandaise. « La vie islandaise dans un mouchoir de poche, nous sommes parfaitement incapables d'exprimer nos sentiments en présence de l'autre : de mon cœur ne t'approche point. »
    Un roman somptueux, hors du temps et des modes. Jon Kalman Stefansson déroule une petite musique qui vous accompagnera longtemps pour peu que vous lui accordiez l'attention qu'elle mérite. de la littérature, quoi.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2012/01/la-tristesse-des-ange..
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 27 mars 2012

    litolff
    Islande, XIXe siècle, après « Entre Ciel et Terre » dans lequel un gamin affrontait la mer et la perte cruelle de son mentor, Jon Kalman Stefansson invite son lecteur à le suivre dans les landes désolées du Nord de l'Islande, figées dans un hiver glacial. le gamin (le même) s'est réchauffé le corps et le cœur dans un foyer accueillant mais il va repartir pour épauler Jens le postier, qui ne peut affronter seul les fjords dangereux dans sa tournée du Nord.
    Arc-boutés contre le vent qui souffle en tempête, la neige qui s'abat sans discontinuer, le froid glacial qui les étreint, le gamin et Jens font face aux éléments, déterminés à livrer le courrier au péril de leur vie.
    Dans la même veine que « Entre Ciel et Terre », l'auteur poursuit sa quête sur le sens de la vie, la stérilité d'une existence exempte d'amour et offre au lecteur ébloui des pages sublimes et glacées, pleines de poésie et de questionnement philosophique. C'est très beau.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 19 septembre 2011

    Sando
    C'est sur une tempête de neige que s'ouvre le roman de Stefansson. Au cœur de cette tempête, un homme, Jens le postier, lutte contre les éléments déchaînés afin de remplir sa mission. Il trouve refuge dans une auberge, accueilli par Helga et Geirprùdur, deux tenancières au caractère bien trempé. Mais à peine sa livraison accomplie qu'une nouvelle tâche attend Jens qui se voit contraint de quitter le village de pêcheurs dans lequel il vient d'arriver pour une contrée encore plus hostile, au fin fond de l'Islande. Accompagné cette fois du gamin (qui ne sera jamais nommé autrement au cours du roman), le voilà reparti à bord d'une embarcation vétuste en direction de la Rive d'hiver.
    Commence alors un étonnant périple pour ses deux hommes, prêts à affronter une nature extrêmement hostile à leur présence. Que ce soit la mer déchaînée, les landes venteuses ou les montagnes enneigées, tous les éléments naturels se dressent contre eux en obstacles infranchissables et meurtriers. D'un côté il y a Jens, véritable colosse, force de la nature solitaire et laconique, et de l'autre, le gamin, gringalet orphelin, rêveur et sensible à la poésie, mais qui fera preuve de beaucoup de courage au cours de son périple.
    « La Tristesse des Anges » est donc le récit d'un combat, un combat inégal et vain de l'homme contre la nature. Mais c'est également un portrait brut et brutal de l'Islande comme terre hostile à la vie et de sa population, renfrognée par le manque de soleil, rendue alcoolique par le froid mais endurcie par des conditions de vie particulièrement rudes. Les hommes y sont robustes, entêtés et s'acharnent à lutter envers et contre tout, et ce, malgré un désespoir absolu et une solitude permanente. On y découvre avec intérêt les habitudes de vie et les habitudes alimentaires des Islandais ainsi que l'importance du rôle de postier. En effet, Jens apparaît au fil du récit comme un collecteur d'informations, un homme qui relie la population au reste du monde pendant les interminables hivers. Mais on y découvre surtout un métier difficile et bien souvent mortel…
    Il est frappant de constater à quel point la mort est courante dans le texte et de fait, à quel point elle est facilement acceptée par les personnages. On ressort de ce voyage anéanti, épuisé par tant de rudesse et par l'absence d'espoir qui le conclut, comme si parfois, l'homme devait juste se contenter d'accepter son impuissance et renoncer à lutter. le texte n'en reste pas moins beau, très poétique et s'avère, pour ma part, être une excellente découverte.
    Un grand merci à Libfly/ Furet du Nord de m'avoir invitée à participer à leur opération de rentrée littéraire !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par MIOP, le 22 mai 2012

    MIOP
    Hymne à l'amour de la lecture dans l'Islande du XIXème siècle.
    Dans la continuité d'Entre Ciel et Terre, on retrouve dans le 2ème volet de la saga consacrée à la vie rurale islandaise du XIXème siècle, le personnage central du "gamin". Avec Jens, le postier bourru et morose, il va parcourir d'immenses paysages sauvages, rencontrer des familles de fermiers aux conditions de vie très dure, en lutte permanente contre les éléments naturels et l'isolement.
    Le récit prend, au fur et à mesure, la forme d'une quête initiatique. Deux êtres que tout oppose vont être obligés de s'unir face à la force dévastatrice de la nature ; l'un se réfugie dans l'effort et la solitude, l'autre dans l'imaginaire, le rêve, la littérature et la poésie.
    Ils apprennent à se connaître mutuellement et à apprivoiser les conditions extrêmes de leur environnement.
    Une histoire où brûle la force des personnages et des sentiments en contraste avec le désert glacé qui les entoure. Magnifique !
    Chrystel
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 16 novembre 2011
    Difficile de ne pas être saisi par un univers où le feu brûle sous la glace, où les émotions ne demandent qu'à affleurer.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Actualitte , le 18 octobre 2011
    Dans un pays où les éléments naturels dominent l'être humain et l'éprouvent rudement, les mots sont le refuge, l'espoir, la force, le soutien inébranlable, l'expression du bonheur et de la joie, la conjuration de la peur. Dans ce roman, ils sont pour nous, lecteurs, le reflet grandiose et sensible, sans artifice, de l'hiver éternel et de la rencontre de personnages à la fois mystérieux et envoûtants, bruts mais fascinants, d'une beauté inaltérée encore. Un livre à l'état pur.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par claracambry, le 27 novembre 2011

    Je ne peux pas venir travailler aujourd'hui pour cause de tristesse.
    J'ai vu ces yeux hier et ne puis, pas conséquent, venir au travail.
    Il m'est impossible de venir aujourd'hui car mon époux est si beau quand il est nu.
    Je ne viendrai pas aujourd'hui car la vie m'a trahi.
    Je ne serai pas à la réunion car il y a une femme qui prend un bain de soleil devant chez moi et sa peau scintille.
    Jamais on n'ose écrire ce genre de choses, on ne décrit pas les décharges électriques qui se produisent entre deux personnes, au lieu de cela on parle des prix, on s'attache à l'apparence, et non au souffle du sang, on ne se lance pas en quête de la vérité, de vers de poésie qui surprennent, des rouges baisers; on dissimule notre impuissance et notre résignation par une numération de données factuelles
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  • Par GabySensei, le 13 novembre 2011

    Je vais bientôt partir pour Copenhague, annonce-t-elle les yeux baissés, l'espace d'un instant. Ses longs sourcils sont deux ailes légères qui reposent sur ses yeux. [...]

    Et voilà.
    Elle va s'en aller.
    Très bien.
    Et loin.
    Au-delà de la mer.
    Incroyablement loin d'ici.
    Ce qui est une bonne chose, alors bon voyage! En quoi cela le concerne-t-il? Il ne s'intéresse pas à elle, il ne la connaît pas, pas du tout même, elle est d'un autre monde, à mille lieues du sien, il y a tout un océan entre elle et lui qu'elle soit à Copenhague ou bien ici.
    Mais tout de même. Elle part. Avec ses yeux! Et ses épaules! Elle part.
    En laissant derrière elle les montagnes.
    Et moi au-dessous.
    Et voilà pourquoi la tristesse s'avance vers moi, quelque part dans le soir, avec son fusil chargé, pour m'abattre comme un chien, se dit-il, persuadé que le cynisme de l'existence aura le dernier mot. Pourquoi ne dis-tu rien? lui demande-t-elle sèchement, à nouveau sur le point de piaffer d'impatience. Et arrête de regarder mes épaules! Ce que tu peux avoir l'air benêt!
    Celui qui se retrouve abandonné sous les montagnes aux pentes vertigineuses peut en réalité dire n'importe quoi, tout bonnement parce qu'il n'a rien à perdre ni, évidemment, à gagner.

    Je ne dis rien car la tristesse est tapie quelque part dans le soir et qu'elle est en route avec un fusil chargé, et si je regarde ainsi tes épaules, c'est parce qu'elles sont plus belles que le clair de lune et que je serais incapables de les décrire, même si je vivais dix siècles, et je...le gamin s'interrompt, les mots viennent brusquement de l'abandonner, une langue entière a été engloutie, ne laissant derrière elle que le silence. Il n'y a maintenant presque plus d'espace entre eux. Il y en a si peu qu'ils respirent le même oxygène, qu'ils se l'échangent et elle a ces épaules, elle le regarde et respire, c'est lui qu'elle respire et tous les mots du monde ont disparu, alors le gamin fait la seule chose qu'il ait à faire: il obéit à ce que lui commande le cœur.

    Ses lèvres tourbillonnent un long moment dans les airs. Elles tournoient dans l'atmosphère dont elles traversent les couches et mettent très longtemps à parcourir l'univers avant d'atterrir finalement en douceur sur des épaules aussi blanches que le clair de lune. Ensuite, il les fait remonter lentement sur la peau et jusqu'au lobe de ses oreilles qui est blanc, rigide et doux, il l'entend qui respire, il sent qu'elle pose sa paume sur son ventre, elle prend sa tête entre ses mains, l'incline un peu vers elle et l'embrasse: ses lèvres sont chaudes et elles sont humides et elles sont, elles sont, elles sont.

    Ensuite, elle retire ses mains de son visage, fait volte-face, retourne d'un pas pressé vers la salle de restaurant, ouvre, quelques bribes s'échappent par la porte; elle entre, referme derrière elle et les mots viennent mourir par terre aux pieds du gamin.
    (P120-122)
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  • Par litolff, le 26 mars 2012

    Depuis toujours, les hommes se sont mis en route, ils se sont précipités vers la mort en laissant derrière eux des femmes et des enfants plongés dans la détresse. Ils oublient que la vie est belle et qu'il est avant tout du devoir de l'être humain de la chérir. Ou plutôt que c'est son unique devoir.
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par estrella_oscura, le 06 mars 2012

    Le gamin baisse à nouveau les yeux sur la lettre, les mots semblent être la seule chose que le temps n'ait pas le pouvoir de piétiner. Il traverse la vie et la change en mort, il traverse les maisons et les réduits en poussière, même les montagnes, ces majestueux amas rocheux, finissent par céder face à lui. Pourtant, il semble que certains mots parviennent à affronter son pouvoir destructeur, la chose est très étrange, certes, ils s'usent un peu, leur surface se patine mais ils résistent et conservent en eux des vies englouties, ils conservent le battement de coeurs disparus, l'écho de la voix d'un enfant, ils sont les gardiens d'antiques baisers. Certains mots forment des gangues au creux du temps, et à l'intérieur se trouve peut-être le souvenir de toi.
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  • Par GabySensei, le 13 novembre 2011

    Je croyais que tu n'allais jamais me répondre, chuchote-t-elle en l'attrapant par la manche pour l'emmener dans un coin où personne ne les voit. Elle porte une robe bleue, d'un bleu céleste, l'un des dieux a arraché un morceau d'azur pour l'envelopper, le ciel se blottit tout contre le haut de son corps et s'évase vers le bas. Elle l'attire dans le coin et s'approche si près qu'il sent sa poitrine se presser contre lui, peut-être est-ce un hasard, peut-être pas, mais ses seins sont durs, et assez gros, enfin il n'est pas sûr, il n'en sait que peu sur les seins, mais il lui plairait rudement de les sentir à nouveau contre lui. Ses cheveux sont relevés en chignon, il regarde ce cou si doux, ces épaules nues, on doit éprouver un certain bonheur à posséder de telles épaules. Nous n'avons pas beaucoup de temps, lui dit-elle à voix basse, une fois qu'elle l'a acculé dans le renfoncement d'où il ne peut s'échapper, d'ailleurs, il ne veut aller nulle part [...] Que peut-il dire pour la calmer, quels mots faut-il pour apaiser cette femme, cette jeune fille dont les yeux ont été taillés dans les montagnes? Qu'est-ce que tu as à regarder mes épaules comme cela? Ses yeux d'un gris rocheux transpercent le gamin, pourtant ils n'ont pas l'air bien méchants en ce moment, et elle ne ferme pas les lèvres, elle a les lèvres rouges, charnues et elles brillent, tout humides, et ces yeux sont venus des montagnes.
    (P118/119)
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"Entre ciel et terre" de Jon Kalman Stefansson Marque-page 27-04-2010








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