AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2070131343
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 4.08/5 (sur 168 notes)
Résumé :
Lorsque Jens le Postier arrive au village, il est accueilli par Helga et le gamin qui le détachent de sa monture avec laquelle il ne forme plus qu'un énorme glaçon. Sa prochaine tournée doit le mener vers les dangereux fjords du Nord. Il ne pourra pas les affronter sans l'assistance d'un habitué des sorties en mer.
Le gamin, lui, découvre la poésie et prend peu à peu conscience de ses désirs. Il ira «là où l'Islande prend fin pour laisser place à l'éternel hi... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr
Critiques, Analyses & Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
gouelan
gouelan03 octobre 2015
  • Livres 5.00/5
« …il neige, la couleur blanche nous vient du ciel, la tristesse des anges, mais les anges, qu'est-ce donc qui les afflige ? »
Et nous, qu'est-ce qui nous afflige ?
Le gamin, qui vient d'entrer dans un univers chaleureux de lettres et de poésies, encore peu habitué à ce confort, va devoir partir en voyage. Il accompagne le postier Jens, un géant bourru et avare de mots. Un périple qui les emmène là où l'Islande prend fin pour laisser place à l'éternel hiver .
Dans ce désert glacé, les hommes s'accrochent à la vie depuis mille ans. Où mieux que dans cet endroit peut-on trouver les raisons que l'homme a de continuer à vivre, malgré les tempêtes de neige, de vent, le froid, la mer glaciale avaleuse d'hommes, un hiver sans fin, entrecoupé d'un bref été ?
Et pourtant, ce pays est si beau quand l'herbe verdit.
Le gamin et le postier semblent n'avoir rien en commun. le gamin a besoin de mots et de poésies pour le réconforter ; le postier trouve son refuge dans le silence ; il lui procure la paix.
Errant dans ce blanc immense, ballotés par les vents, seuls au monde, ils vont affronter leurs démons intérieurs, lutter pour leur survie, lutter pour trouver une raison de rester en vie.
Ils trouvent refuge dans des fermes isolées, chez de pauvres gens. La vie est pourtant là, tapie au fond de ces coeurs, malgré le froid, la faim et la solitude. Personne ou presque ne vient troubler leur tranquillité dans ce bout du monde. Ils sont libres et apprécient pleinement les instants de joie qui s'offrent à eux. Une idée simple de la vie.
Sur ce chemin, où la mort rôde, prête à engloutir toute vie qui s'égare, qui cède au réconfort du sommeil, pour ne plus souffrir, ne plus se tourmenter, les deux hommes avancent et cherchent des réponses. Est-on sur terre seulement pour mourir ? Ont-ils droit au bonheur ? Sont-ils capables d'être heureux et de rendre heureux ?
Pour le gamin, les réponses sont dans les livres, les poésies sont des trésors. Celui qui possède tant de livres, ne peut être qu'heureux. Il doute et il continue d'avancer : « celui qui doute va quelque part ». Pourtant certains hommes se perdent parmi tous ces mots et ces lectures ne comblent pas leurs solitudes, au contraire, elles rendent les mots inutiles, car personne n'est là pour les entendre, pour leur donner vie.
Le postier qui se tait, rend le silence dangereux, ses pensées le tourmentent. Les mots pourraient l'apaiser et rendre son monde meilleur.
Ils vont cheminer l'un vers l'autre, sur cette route glissante et glaciale, faite de peurs, de doutes, de tristesse, de regrets, d'espoirs. Mettre des mots sur les tourments, trouver un sens à la vie, s'autoriser à vivre, laisser une chance au bonheur, ouvrir son coeur, ne plus avoir peur, se faire confiance et faire confiance à l'autre, voici aussi ce que représente leur voyage dans ce désert glacé. Il ne s'agit pas seulement de faire parvenir le courrier au bout du monde, mais aussi de trouver une issue par laquelle la vie pourra se faufiler, les atteindre, les sortir de leurs ténèbres. Comme s'il fallait pénétrer les ténèbres pour trouver enfin la lumière.
Quand on referme ce livre, on a qu'une idée en tête, poursuivre la lecture en se jetant sur le 3è tome : « le coeur de l'homme ». Jon Kalman Stefansson est un magicien des mots, il sait les faire vibrer, au son de la musique de la vie. Ils résonnent en nous, font écho à nos propres tourments, nos émotions, nous entrainent vers des contrées belles et sinistres à la fois, vers cette terre de glace, ces fjords, empreints de magie, où la nature dicte sa loi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          383
Missbouquin
Missbouquin02 octobre 2012
  • Livres 4.00/5
Depuis le temps que j'attendais d'attaquer ce nouveau volume de Jon Kalman Stefansson, auteur de Entre Ciel et Terre, un véritable coup de coeur l'année dernière. Ce roman se terminait d'une façon où l'on n'attendait pas forcément une suite, il se suffisait à lui seul. J'ai donc été surprise quand La Tristesse des anges a été publiée et que je me suis aperçue que c'était la suite ! Et pour le coup, celui-ci se termine d'une manière qui ne laisse aucun doute : l'Islandais nous écrit une trilogie.
Sans le savoir à l'avance, je me suis plongée innocemment dans ce nouveau volume, un peu inquiète qu'il n'atteigne pas la puissance du premier. Dès la deuxième page, j'ai été rassurée : l'ambiance était là, le froid aussi, dont le printemps tardif n'arrive pas à débarrasser cette terre gelée qu'est l'Islande. Autant vous dire que j'ai eu froid à cette lecture. Dans le premier tome, c'était le froid de la mer et du blizzard, ici les personnages évoluent pratiquement tout le temps en plein coeur d'une tempête de neige.
La tristesse des anges, dans les légendes populaires, désigne la neige. Et ce symbole inonde le roman, accompagnant le travail de deuil du héros.
En effet, on retrouve le “gamin”, qui après la mort de son ami Barour, s'est réfugié dans un bar où il rend de menu services tout en s'instruisant. “La distance entre Barour et la vie augmente impitoyablement avec chaque journée qui s'écoule, chaque nuit, car le temps est parfois cet infâme salaud qui ne nous donne toute chose qu'afin de mieux venir nous la reprendre. “
La poésie et la littérature sont encore très présentes ici, à mon plus grand plaisir. “La lutte pour la vie fait mauvais ménage avec la rêverie, la poésie et la morue salée sont irréconciliables et nul ne saurait se nourrir de ses rêves.”
Et sa dangerosité est encore soulignée, comme si l'exemple de la mort de Barour, à cause d'un poème, ne suffisait pas comme leçon. “Il n'est pas toujours aisé de supporter la poésie, elle peut entraîner l'être humain dans des directions inattendues.”
J'ai aimé cet hommage à la littérature, j'ai aimé la manière dont l'auteur souligne sa force, y revenant sans cesse, comme dans cette citation magnifique : “Les mots semblent être la seule chose que le temps n'ait pas le pouvoir de piétiner. Il traverse la vie et la change en mort, il traverse les maisons et les réduit en poussière, même les montagnes, ces majestueux amas rocheux finissent pas céder face à lui. Pourtant, il semble que certains mots parviennent à affronter son pouvoir destructeur, la chose est très étrange, certes, ils s'usent un peu, leur surface se patine mais ils résistent et conservent en eux des vies englouties, ils conservent le battement des coeurs disparus, l'écho de la voix d'un enfant, ils sont les gardiens des antiques baisers.”
Dans ce roman du froid, roman des mots, la traversée que vont faire le gamin et le postier, est extraordinaire. Car le courrier doit bien être distribué, même dans les coins les plus reculés. L'occasion d'un voyage qui permettra au gamin de compléter son deuil, et de chercher le sens de sa vie – ce qu'il fait souvent quelques minutes avant de mourir de froid et d'être sauvé in extremis par son compagnon …
Pas trace d'humour ici, mais juste la puissance d'une grande littérature, de mots qui nous balaie et qui, parce que l'auteur vit dans ce pays, disent avec justesse ce qu'était le quotidien (j'imagine qu'il prend place au début du XXe siècle) de ces hommes de l'extrême, au coeur de l'hiver. Un pays de pêcheurs où ces derniers ne savent pas nager et meurent parfois ridiculement; un pays où l'hiver interdit les enterrements et force à vivre avec le cadavre de l'être aimé pendant des mois; un pays où les communications sont coupées durant des semaines et où les nouvelles ne parviennent pas ; un pays où l'alcool est parfois le seul moyen de surmonter ou d'oublier un instant le froid ; un pays qui semble hors du temps.
C'est ce qu'a su traduire Jon Kalman Stefansson en quelques 400 pages. Et c'est ce qui me fait désirer plus que jamais de lire rapidement le dernier volet, publié en 2011 en Islande.
*
“Je ne peux pas travailler aujourd'hui pour cause de tristesse.” On n'ose jamais écrire ce genre de chose, on ne décrit pas les décharges électriques qui se produisent entre deux personnes, au lieu de cela on parle des prix, on s'attache à l'apparence, et non au souffle du sang, on ne se lance pas en quête de la vérité, des vers de poésie qui surprennent, des rouges baisers.”
Parfois les mots sont vains …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
joedi
joedi03 janvier 2015
  • Livres 5.00/5
Après les aventures décrites dans Entre ciel et terre, où le gamin était arrivé au village et a pu rendre le livre à Kolbeinn, vieil homme aveugle, il vit auprès de celui-ci et d'Helga. Il aide au café, fait les courses et le soir il leur fait la lecture. Il s'habitue à cette existence qui sera bouleversée le jour où Jens le postier arrivera au village. Jens doit livrer le courrier dans les dangereux fjords du Nord, le gamin va l'accompagner. Ils devront affronter le gel et les tempêtes de neige, c'est une âpre lutte, vont-ils y survivre ? le coeur de l'homme m'apportera la réponse ...
Dans ce second tome de la trilogie, Jón Kalman Stefánsson a encore réussi à m'envoûter par la force de son écriture et sa poésie.
Commenter  J’apprécie          340
litolff
litolff27 mars 2012
  • Livres 4.00/5
Islande, XIXe siècle, après « Entre ciel et terre » dans lequel un gamin affrontait la mer et la perte cruelle de son mentor, Jon Kalman Stefansson invite son lecteur à le suivre dans les landes désolées du Nord de l'Islande, figées dans un hiver glacial. le gamin (le même) s'est réchauffé le corps et le coeur dans un foyer accueillant mais il va repartir pour épauler Jens le postier, qui ne peut affronter seul les fjords dangereux dans sa tournée du Nord.
Arc-boutés contre le vent qui souffle en tempête, la neige qui s'abat sans discontinuer, le froid glacial qui les étreint, le gamin et Jens font face aux éléments, déterminés à livrer le courrier au péril de leur vie.
Dans la même veine que « Entre ciel et terre », l'auteur poursuit sa quête sur le sens de la vie, la stérilité d'une existence exempte d'amour et offre au lecteur ébloui des pages sublimes et glacées, pleines de poésie et de questionnement philosophique. C'est très beau.
Commenter  J’apprécie          290
JeanPierreV
JeanPierreV16 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
Nouveau voyage au pays du froid, des tempêtes de neige, de le poésie, et de l'amour des mots...Et Jón Kalman Stefánsson, sait nous prendre par la main, nous faire rêver avec ses personnages, nous faire partager leurs émotions, le froid, la rudesse du pays, son amour pour l'Islande.
"Entre Ciel et Terre", roman qui m'avait permis de découvrir cet auteur, ne laissait pas soupçonner que les aventures de ce gamin connaitraient une suite : "La tristesse des anges". Quelques jours supplémentaires dans la vie de ce gamin, qui, parce qu'il connait la mer, accompagne Jens le postier, dans sa livraison du courrier, dans le Nord, vers le froid...
Quand un auteur met en scène au fil de ses ouvrages un personnage récurrent, on peut craindre qu'au fil des ouvrages que la veine du succès initial s'épuise et que notre plaisir de lecteur soit moindre...Ce n'est pas le cas avec "La Tristesse des Anges"...on découvre une Islande moins maritime, l'Islande des montagnes, des falaises abruptes, des tempêtes de neige, du froid, aussi mortel, tout aussi dangereux que la mer. Et des Islandais, Jens le Postier notamment, pas du tout marins dans l'âme, mais tout autant taiseux et secrets, que Báròur ce marin mort de froid en mer pour avoir oublié sa vareuse à terre pour quelques vers de poésie qui lui trottaient dans la tête dans "Entre Ciel et terre"
Jón Kalman Stefánsson nous fait encore une fois partager son amour des mots, son amour des livres et il faut reconnaitre qu'il a été très bien servi encore une fois par Éric Boury son traducteur. Tous deux nous livrent "...un livre dont les mots ne restent pas immobiles sur la page, mais qui s'envolent et nous donner des ailes, même s'il nous manque l'air pour voler", un livre comme les aiment Maria, une pauvre paysanne qui les accueille et dont la petite maison est emplie de livres..
Une gamin qui accompagnera Jens le postier, géant taciturne, ils se sauveront mutuellement la vie au cours de ce voyage dans le froid, la neige, "La tristesse des anges", troisième personnage du roman, toujours présente, dans ce pays de légende, de superstitions "Les embûches sont déjà nombreuses quand on traverse cette lande et il n'est pas utile que s'y rajoutent les revenants, les tempêtes sont redoutables mais les revenants bien pires. On en revient toujours au même point : il est plus compliqué de lutter contre l'homme que contre les forces naturelles". Ils apprendront à s'estimer, à s'épauler, à devenir indispensables l'un pour l'autre. Un géant, un gamin, un taiseux, un bavard, un marin, un arpenteur de chemins...tout les oppose, sauf l'estime réciproque l'un pour l'autre qu'ils éprouveront
Très belle métaphore que cette tempête de neige pour décrire la vie, ses embuches, une vie que l'on franchit mieux si on peut s'appuyer sur quelqu'un qui vous aidera à en surmonter les difficultés...tantôt on aide, tantôt on est aidé, tantôt devant, tantôt derrière. Une vie au cours de laquelle ont doit rester vigilant, attentif, en éveil...nombreuses sont les difficultés que nous pouvons rencontrer, nombreuses sont ces petites phrases choc de Jón Kalman Stefánsson pour nous tenir en éveil
Une leçon de vie "L'être humain est capable d'oublier la plupart des choses ou de les nier en fermant les yeux plutôt qu'en les ouvrant et il est toujours plus facile de détourner les yeux plutôt que de regarder car celui qui regarde est forcé de reconnaître ce qu'il voit, ensuite il n'a d'autre choix que de l'affronter"
Petite auto-dérision de l'auteur décrivant un de ses personnages : "Jón, celà n'a rien de grand, et c'est tellement commun qu'en réalité il y a bien longtemps que ce n'est plus un nom. Ce Jón est soulagé de n'en avoir reçu d'autre en baptême, voilà un nom qui n'attire pas l'attention...."
N'y portez pas attention..Jón Kalman Stefánsson est un auteur qui doit attirer votre attention...et j'espère que mon plaisir sera identique avec le dernier livre de cette trilogie "Le coeur de l'homme"
A bientôt donc

Lien : http://mesbelleslectures.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          181

Les critiques presse (3)
Telerama23 janvier 2013
Ce livre, qui fait suite à Entre ciel et terre, est un merveilleux hommage à la littérature. Il décrit aussi la lutte quotidienne des villageois pour survivre dans la « tristesse des anges », surnom de la neige qui tournoie et qui tue.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress16 novembre 2011
Difficile de ne pas être saisi par un univers où le feu brûle sous la glace, où les émotions ne demandent qu'à affleurer.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte18 octobre 2011
Dans un pays où les éléments naturels dominent l'être humain et l'éprouvent rudement, les mots sont le refuge, l'espoir, la force, le soutien inébranlable, l'expression du bonheur et de la joie, la conjuration de la peur. Dans ce roman, ils sont pour nous, lecteurs, le reflet grandiose et sensible, sans artifice, de l'hiver éternel et de la rencontre de personnages à la fois mystérieux et envoûtants, bruts mais fascinants, d'une beauté inaltérée encore. Un livre à l'état pur.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations & extraits (152) Voir plus Ajouter une citation
claraetlesmotsclaraetlesmots27 novembre 2011
Je ne peux pas venir travailler aujourd'hui pour cause de tristesse.
J'ai vu ces yeux hier et ne puis, pas conséquent, venir au travail.
Il m'est impossible de venir aujourd'hui car mon époux est si beau quand il est nu.
Je ne viendrai pas aujourd'hui car la vie m'a trahi.
Je ne serai pas à la réunion car il y a une femme qui prend un bain de soleil devant chez moi et sa peau scintille.
Jamais on n'ose écrire ce genre de choses, on ne décrit pas les décharges électriques qui se produisent entre deux personnes, au lieu de cela on parle des prix, on s'attache à l'apparence, et non au souffle du sang, on ne se lance pas en quête de la vérité, de vers de poésie qui surprennent, des rouges baisers; on dissimule notre impuissance et notre résignation par une numération de données factuelles
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
VALENTYNEVALENTYNE24 septembre 2015
Incipit :
Quelque part dans l’aveuglante tempête de neige et le froid, le soir tombe, la nuit d’avril s’immisce entre les flocons qui s’accumulent sur l’homme et sur les deux chevaux. Tout est blanc de neige et de givre, pourtant, le printemps approche. Ils avancent péniblement contre le vent du nord qui est plus fort que toute chose en ce pays, l’homme se penche en avant sur sa monture, cramponné à la longe de l’autre animal, ils sont entièrement blancs, recouverts de glaçons. Probablement ne tarderont-t-ils pas à se changer en neige, le noroît les emportera avec lui avant que le printemps ne vienne. Les chevaux s’enfoncent dans la neige molle, celui de derrière porte une forme indistincte, une malle, un tas de poissons séchés ou peut-être deux cadavres et l’obscurité s’épaissit, sans toutefois devenir aussi noire que du goudron, c’est malgré tout avril et ils progressent grâce à cet entêtement aussi admirable que vain, caractéristique de ceux qui vivent à la limite du monde habitable. Certes, il est toujours tentant de renoncer à la lutte, nombreux sont d’ailleurs ceux qui le font, et laissent le quotidien les couvrir de ces flocons jusqu’à s’y retrouver figés : fini les aventures, il suffit de s’immobiliser et de laisser la neige s’accumuler sur soi dans l’espoir qu’un beau jour le temps se lèvera et que le ciel sera à nouveau limpide. Mais les chevaux et l’homme continuent d’opposer résistance, ils continuent d’avancer même si rien d’autre ne semble avoir plus d’existence dans l’univers que cette tempête, le reste a disparu, de telles chutes de neige gomment les directions et jusqu’au paysage, même si de hautes montagnes se cachent à l’arrière des flocons, avec leurs sommets qui nous privent d’une grande partie de ciel, et ce, jusque lors des meilleures journées où tout est bleu et transparent, où il y a des oiseaux, des fleurs et sans doute du soleil . Ils ne lèvent pas même la tête lorsque le pignon d’une maison sort brusquement de la tempête opaque pour venir à leur rencontre. Bientôt, c’est un deuxième pignon qui apparaît. Puis un troisième. Et un quatrième. Ils continuent leur marche pénible comme si nulle vie, nulle chaleur ne les concernait plus et que rien ne leur importait que ce mouvement mécanique, on distingue d’ailleurs une lueur entre les flocons et la lumière est un message que vous envoie la vie. Les trois arrivent à une grande maison, le cheval qui porte le cavalier s’approche au plus près des marches, lève son pied droit, frappe vigoureusement celle d’en bas, l’homme marmonne quelque chose et l’animal cesse, puis ils attendent. Le premier cheval se tient droit, les oreilles dressées, tandist que celui qui le suit baisse la tête, comme plongé en une profonde méditation, les chevaux pensent à nombre de choses, ils sont en cela ceux qui, dans le règne animal, se rapprochent le plus des philosophes.

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
ElGatoMaloElGatoMalo13 juillet 2015
Les voici enfin arrivés à l'hôtel, le sol craque sous leurs pieds, au dehors la tempête s'affole, les poursuit de ses hurlements tandis qu'Helga ferme la porte.
Finalement, il n'est pas si difficile de s'en débarrasser.
De cette tempête si immense qu'elle emplit l'existence et menace les vies ; il suffit d'une porte, une fine planche de bois, pour s'en isoler, l'exclure. N'y aurait-il pas là quelque chose à apprendre à propos de l'homme confronté à ses sombres turbulences ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
joedijoedi02 janvier 2015
il se laisse également aller à se parler et à se réciter quelques vers, car il est dans la vie de chaque homme des moments où seules quelques lignes de poésie peuvent lui permettre de s'orienter : d'une manière incompréhensible, certains vers renferment en leur profondeur à la fois l'essence, le bon sens, la route à suivre, la résignation face au monde et ce, même si le poète qui les a composés a passé sa malheureuse vie perdu au creux de la paume d'un géant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
gouelangouelan01 octobre 2015
Il existe une certaine parenté entre la merde et Dieu, l’herbe pousse sur la merde, elle verdit et illumine le monde, elle nous maintient en vie au cours de l’hiver et Dieu agit de même pour nous. Ce ne doit pas être un bien grand péché de confondre le Seigneur et la merde, mais tout de même, en guise de pénitence, une plaque de neige gelée cède sous les pieds du gamin, brusquement, il n’a plus que l’air pour le soutenir, lequel n’a jamais soutenu personne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Videos de Jon Kalman Stefansson (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jon Kalman Stefansson
Jón Kalman Stefánsson - Eitthvað á stærð við alheiminn
autres livres classés : islandeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Etes-vous incollable sur la littérature scandinave ?

Qui est l'auteur du roman "Bruits du cœur" ?

Herbjørg Wassmo
Jens Christian Grondhal
Sofi Oksanen
Jostein Gaarder

15 questions
75 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature scandinaveCréer un quiz sur ce livre
. .