> Edmond Michel-Tyl (Traducteur)

ISBN : 2070362280
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
- Le soleil va bientôt se coucher.
A la nuit, ceux de la ville vont peut-être laisser passer nos hommes, mais nous, ils nous arrêteront. Ils veulent notre peau. Alors, je veux que tu t'en ailles, dès que la nuit tombera, et que tu retournes en ville. - Pourquoi ?... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par steppe, le 28 avril 2012

    steppe
    Syndicalisme et communisme.... le sujet, ne m'intéressait pas plus que ça. Car souvent lié à de longues démonstrations idéologiques, trop didactiques et peu objectives.
    J'oubliais qu'il s'agissait de Steinbeck.
    J'oubliais ce talent hors du commun à plonger dans le coeur des hommes pour en rapporter la substance même de leur réalité, mais surtout, de leurs aspirations.
    Le sujet pouvait paraître austère, voire propagandiste mais il n'en est rien.
    Encore un petit bijou du maître.
    Il dénonce à coups de plume acérée le militantisme outré, la manipulation des "partis", mais le fait avec le talent qu'on lui connaît de laisser parler les hommes plutôt que d'extrapoler autour d'eux.
    Les deux personnages principaux, sont d'une complexité au delà de toute idéologie. Implacables en ce qui concerne leur but, prêts à tout exploiter, à manipuler, et forts de leurs certitudes quand au bien fondé de leurs actions.
    Ils apparaissent comme 2 marionnettistes qui utilisent les travailleurs comme l'on utilise des objets.
    La fin qui justifie les moyens est l'un des thèmes principaux du roman.
    L'un des moments phares du récit, où l'on pose pour de bon la question de la légitimité de l'utilisation du malheur d'autrui pour convaincre, est l'enterrement du vieux Jon,militant qui, selon les dires de Mac, aurait aimé que sa mort serve la cause.
    Car tout est bon pour ces 2 militants afin de justifier les risques qu'ils font encourir aux grévistes pour peu qu'ils les servent.
    Donc, ce livre est un pamphlet contre l'aveuglement de l'idéologie communiste qui pousse à sacrifier le militant autant que l'ouvrier sans couleur. Peu importe la victime si elle sert la cause.
    Mais c'est aussi, 2 ans avant "Les raisins de la colère" une vibrante allégorie
    de la vie des journaliers agricoles. La peinture hyper réaliste comme toujours chez Steinbeck d'un monde sans fard, sans fioritures. le combat quotidien pour juste arriver à subvenir à ses besoins essentiels : manger, dormir, se protéger de la pluie, combattre la maladie.
    Le quotidien des pauvres dont le travail enrichit les déjà riches.
    Une peinture sans concession du militantisme outré dont ont fait preuve certains "amis du peuple", sûrs pourtant du bien fondé de leurs actions.
    Mais, et c'est là tout le talent de Steinbeck, encore une fois, ces 2 communistes sans coeur apparemment, finissent soit ébranlés dans leur conviction de la légitimité de leurs actions, soit morts.
    Sans nul doute ce récit annonce "Les raisins de la colère" .
    Et jamais écrivain n'aura su avec autant de justesse, de réalisme et d'émotion dépeindre ce monde rude et âpre des ouvriers agricoles.
    Ce qu'au départ j'appréhendais comme une lecture obligatoire, s'est révélé être une délectation de plus face au talent de Steinbeck pour nous livrer des portraits d'hommes hyper réalistes que ça soit face à leur combat, leurs faiblesses, leurs revirements, leur profonde humanité.
    La profondeur de l'humanité, oui, c'est ça le thème récurrent de l'œuvre de Steinbeck. Ici comme dans "Des souris et des hommes" ou bien encore comme dans " Les Naufragés de l'autocar", il aime cette humanité, nous le dit et omet parfois de nous dire pourquoi, mais, en le lisant, ça coule de source.
    L'homme est aussi faible que fort, autant beau que laid, le meilleur et le pire. A l'est d'Eden, et ici, jamais jugé, jamais condamné, juste observé et livré au lecteur....
    Mais, oui, c'est Steinbeck, et je ne suis pas objective....
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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    Je n'ai pas relu ce livre récemment mais je puis vous dire qu'il m'a laissé un souvenir fort et indélébile. Un roman écrit tout en subtilité où il n'y a pas de bien ou de mal, malgré le fait qu'on sache très bien de quel côté se place Steinbeck dans l'éternel combat employeur-employé. de mémoire, je crois que Mac, un syndicaliste qui a déjà pas mal d'heures de vol au compteur en qualité d'agitateur forme une nouvelle recrue du syndicat. La lutte ouvrière apparaît juste et salutaire au regard du traitement lamentable réservé aux salariés et saisonniers de tous poils. Les deux syndicalistes essaient de s'infiltrer parmi des saisonniers pour faire germer les graines de la révolte. L'auteur décrit bien la finesse sociale qu'il faut déployer pour d'abord "passer inaperçu" dans un groupe humain établi puis "se faire bien voir" pour mieux tourner l'opinion publique à soi. Ce qui m'a le plus passionné est l'espèce de tournant où, pour les syndicalistes, le but n'est plus l'amélioration des conditions de vie des pauvres bougres qui les entourent mais bien le message politique véhiculé jusqu'au fanatisme et d'où ce titre extrêmement à propos: "En un combat douteux". La violence des scènes est certes omniprésente mais plus encore que le physique, la violence des sentiments déployés est absolument prodigieuse entre les protagonistes. Tous ceux qui, un jour, de près ou de loin, ont eu une ferveur communiste et ont tenté deux ou trois actions locales trouveront un fulgurant intérêt à ce rude mais puissant roman social. La morale de cet ouvrage pourrait être: "Pour qui œuvre le syndicalisme?"
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par DrJackal, le 30 janvier 2011

    DrJackal
    Jim, et Mac deux nouveaux adhérant dans un syndicat assez radical. Et finissent par se retrouver en grève contre les grands proprietaires locaux qui réagissent de façon plus ou moins violante.
    Steinbeck arrive comme a son habitude a montré la misère, les combats et les peines des travailleurs tout en restant spectateur de son roman, bien qu'ici Doc semble représenté en partie sa façon de penser.
    Se roman m'a fait penser a Zola et son Germinal, avec l'amour de l'homme et la dureté de sa vie retranscrit tel qu'elle. A lire absolument
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par coraline83100, le 16 juillet 2011

    coraline83100
    Dans les années 1930, les ouvriers agricoles sont des travailleurs itinérants qui bossent dur dans les grands vergers. Mac, un communiste doit partir pour une mission : provoquer la grève de ces travailleurs. Avec lui, Jim, nouvel adepte du parti. Un grand combat commence dans lequel tout le monde ne s'en sortira pas sain et sauf.
    Jim et Mac tenteront de mener à bien leur mission, mais dans quel intérêt ?
    Cette longue grève est en réalité un long combat que mènent tous ces travailleurs, sous la direction de Jim et Mac.
    Un livre riche en rebondissement et péripéties, loin d'être ennuyeux. Captivant.
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    • Livres 1.00/5
    Par sunnynouna, le 20 novembre 2011

    sunnynouna
    Lecture obligatoire en philosophie... Moi qui adore lire, là ça a été "En un combat douloureux" pour finir ce livre !
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Citations et extraits

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  • Par steppe, le 18 avril 2012

    - Et vous, Lisa, quelle solution proposez-vous ?
    - Quoi ? fit-elle en sursautant.
    - Qu'est-ce qu'il vous faudrait pour être heureuse ? expliqua-t-il.
    - Je voudrais bien avoir une vache, dit-elle. Du beurre, du fromage que je ferais moi-même.
    - Jamais eu de vache, Lisa ?
    - Si, quand j'étais petite, nous en avions une. J'allais boire du lait tout chaud. Ce serait bon pour le petit.
    .....

    - Jamais eu de vache Jim ? demanda Burton .
    - Non.
    - Je n'ai jamais pensé aux vaches en tant qu'animaux contre-révolutionnaires, murmura Burton.
    - De quoi parlez-vous, Doc ? Je ne comprends pas.
    - De rien. Je n'ai jamais été heureux. J'ai été médecin au front, pendant la guerre. On amenait un des nôtres avec la poitrine traversée, puis un Allemand aux gros yeux, une jambe arrachée. Je travaillais sur eux comme sur du bois. Parfois, lorsque c'était fini, quand je ne travaillais plus, j'étais malheureux, comme à présent. Je me sentais seul.
    - Vous ne devriez penser qu'au résultat, Doc, dit Jim. De toutes ces luttes, sortira du bien qui justifie les moyens.
    - Jim, je voudrais en être sûr. Si j'en crois ma jeune expérience, la fin n'est jamais très différente des moyens, au moins quant à sa nature. Bon Dieu, Jim, il ne peut naître que violence d'une chose édifiée dans la violence.
    - Je ne crois pas, dit Jim. Toutes les grandes choses ont commencé par la violence.
    - Il n'y a pas de commencements, dit Burton, ni de fins. Il me semble que l'homme s'est engagé dans une lutte terrible, aveugle, pour s'arracher à un passé dont il ne se souvient pas, vers un futur qu'il est incapable de prévoir et de comprendre. L'homme a affronté et vaincu tous les ennemis possibles, à l'exception d'un seul. Il est incapable de remporter une victoire sur lui-même. L'humanité se déteste elle-même.
    - Nous ne nous détestons pas nous mêmes, dit Jim. Nous détestons le Capital qui nous tient asservis.
    - De l'autre côté de la barricade, il y a aussi des hommes Jim. L'homme se déteste lui-même. Les psychologues prétendent que cette haine balance l'amour de soi, dans le coeur de chacun de nous. Nous nous combattons nous-mêmes et nous ne pouvons l'emporter qu'en tuant chacun des autres. Je me sens tout seul Jim. Je n'ai rien que je puisse haïr.

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  • Par steppe, le 18 avril 2012

    - Bien sûr, dit le petit homme, hochant la tête ; tout se tient. tous les types voudraient travailler dans de meilleures conditions, être heureux. Ils ne comprennent pas qu'on ne peut pas être heureux tout seul : il faut que les autres le soient en même temps que vous.
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  • Par Gregory_Lemarchand, le 18 décembre 2011

    Mac entra sans bruit, comme s'il s'évadait du vacarme extérieur.
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