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> Renée Vavasseur (Autre)
> Marcel Duhamel (Autre)

ISBN : 2070368610
Éditeur : Gallimard (1977)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 125 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une panne oblige les voyageurs d'un autocar à passer la nuit dans une station-service, sur la grande autoroute de Californie. La panne réparée, un nouvel incident immobilise pendant des heures les voyageurs en pleine montagne.
De chacun des naufragés de l'autoca... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 11 juillet 2012

    Nastasia-B
    On va commencer par ce qui est négatif, c'est à dire pas grand chose. Il manque peut-être le tout petit supplément d'âme qui ferait de cet excellent livre le pur chef-d'œuvre auquel John Steinbeck nous a si souvent habitué.
    Pour le reste, c'est du vrai bonheur, prenez place sans crainte dans l'autocar. L'auteur psychanalyse chacun des personnages et donne comme presque toujours un certain suspense à son histoire. On ne s'ennuie jamais, on sourit, parfois même, on rit, grâce à cette caméra embarquée aux tréfonds des âmes et des attentes humaines.
    Juste une petite indication du synopsis. Juan Chicoy, brun mexicain, la petite cinquantaine bien conservée, tient une sorte de station service/relais de bus au croisement de deux axes routiers principaux de l'état de Californie (rien de surprenant puisque l'auteur parle presque exclusivement de la Californie dans ses romans).
    Le bus de Juan est tombé en panne et les passagers ont été obligés de dormir tant bien que mal à la station service, pas adaptée pour recevoir tant de personnes. Au petit matin, tout le monde est d'une humeur de chien et la femme de Juan, Alice, plus encore que les autres, étant ultra jalouse et devinant des maîtresses partout, frise la crise de nerfs et s'en prend donc plus que de raison à sa petite employée Norma...
    Je vous laisse en chemin au milieu de cette pétaudière absolument succulente où les rebondissements successifs ne vont pas arranger les affaires de quiconque. En tous les cas, un bien bon moment de littérature, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par fannyvincent, le 31 juillet 2014

    fannyvincent
    Un vieil autocar un peu fatigué qui tombe en panne, et plusieurs personnes sont ainsi contraintes de passer la nuit dans une station-service. Une fois l'autocar réparé, ils peuvent reprendre la route, mais d'autres incidents se produisent, interrompant leur trajet…
    Sur cette trame, Steinbeck dissèque avec une grande précision les états d'âmes de ses personnages, leurs pensées les plus intimes, leurs pulsions. Ces personnages sont d'horizons divers : on y trouve un chef d'entreprise partant en voyage au Mexique avec sa femme et sa fille, un représentant de commerce, un jeune apprenti mécanicien souffrant d'acné (et surnommé de fait, le boutonneux), une serveuse n'ayant guère confiance en elle et un peu mythomane quittant son job pour Los Angeles, un vieil homme plein de fiel. Tous ces personnages sont rejoints juste avant le départ par une troublante jeune femme qui préfère taire son véritable métier (lequel consiste à se dévêtir et s'asseoir dans une immense coupe de vin), et qui, en raison de sa beauté, fait tourner la tête de tous les hommes. Et conduisant l'autocar, Juan, qui tient par ailleurs avec sa femme Alice la station-service où la plupart des personnages, coincés par la panne de l'autocar, passera la nuit…
    Si ces personnages ont beau être très différents les uns des autres, tous ont néanmoins en commun d'avoir des rêves, des souhaits… mais aussi des désirs. Car ces personnages, plutôt tourmentés, sont en effet assaillis par des pulsions sexuelles, qu'ils arrivent d'ailleurs plus ou moins bien à maitriser. Des rivalités naissent ainsi entre les différents passagers, générées en partie par ces pulsions, installant progressivement dans ce petit groupe d'individus un climat de tension, alourdi par les déboires successifs liés au trajet…
    Steinbeck nous offre en tout cas dans ce roman de très beaux portraits d'êtres humains, évoquant avec beaucoup de subtilité les relations qui peuvent se nouer entre des individus amenés, malgré eux, à se côtoyer lors d'une courte période de leurs vies (presque une parenthèse) …
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    • Livres 4.00/5
    Par petch, le 16 janvier 2013

    petch
    D'abord il y a la couverture de ce folio : un détail de « Essence », tableau d'Edward Hopper, qui met de suite le lecteur dans l'ambiance de ce roman et à l'époque du récit. Une panne d'autocar, des voyageurs en galère pour un soir dans un restaurant station-service, et une parenthèse spatio-temporelle pour chacun des protagonistes, qui vont tour à tour se dévoiler, se libérer, tenter d'assouvir leurs pulsions… John Steinbeck décrit chacun d'eux, avec une ironie féroce et sans concessions. Quand les intempéries s'en mêlent, le redémarrage de l'autocar s'annoncera plus compliqué que prévu. En filigrane, il y a aussi l'histoire émouvante du couple tenant la station-service, Juan et Alice, amants vieillissants dont la raison semble un instant vaciller à l'arrivée des voyageurs en détresse, pour finalement mieux se retrouver.
    Excellent roman, des péripéties qui tiennent en haleine, une bonne dose d'humour et une peinture acerbe et fine de la société américaine (côte Ouest) de l'après-guerre. On passe un excellent moment à la lecture de ce roman. A conseiller !
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    • Livres 4.00/5
    Par marion_b, le 07 juillet 2013

    marion_b
    Sous la lunette extra sensible d'un microscope Steinbeck déshabille délicatement ses personnages. Naufragés fatigués d'un autobus mais aussi de leurs propres histoires, ils vont révéler sans avoir l'air d'y toucher leurs personnalités bien plus complexes que prévus.
    Un petit avant goût du magasine Strip-tease, ce roman éditer en 1949 décortique et analyse en suggérant et en laissant voir.
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    • Livres 4.00/5
    Par LaBiblidOnee, le 24 août 2014

    LaBiblidOnee
    A la croisée des chemins, un autocar tombe en panne près d’une station-service restaurant. Les passagers, contrariés de ce contre-temps, sont contraints de dormir chez les propriétaires qui se retrouvent désagréablement envahis. Inévitablement, s’engagent alors des conversations timides et forcées autour des besoins primaires tout d'abord (l’organisation des nuits et repas). Puis très vite, et de plus ou moins bonne grâce, tout ce petit monde fait plus ample connaissance pour passer le temps - et parce que c’est le propre de l’homme que de se socialiser.

    Du contact rapproché de ces inconnus, tous plus différents les uns des autres, ressortent les fantasmes, les désirs de plaire ou de séduire, les complexes d’infériorité ou de supériorité de chacun, bref : Des jeux de rôles se mettent en place. Des personnages aux facettes d’abord un peu glauques ou primitives nous deviennent peu à peu familiers et parviennent à nous parler : Il y a le chauffeur mexicain un peu séducteur et macho, sa grosse femme très jalouse qui tient le restaurant, puis une famille de bourgeois ayant pris le bus pour l’aventure et côtoyer « la populace », dont le chef de famille veut investir dans tout, la mère a des migraines épouvantables et la fille voudrait séduire le chauffeur d’âge mûr et marié… Mais pimentent également le récit les présences respectives d’un créateur de farces et attrapes, d’un vieux râleur contestataire, d’un apprenti boutonneux en rut, d’une prostituée qui se fait passer pour une dame et de la serveuse du restaurant qui démissionne…

    Une fois le car réparé, tous montent dedans pour rejoindre leurs correspondances respectives au prochain arrêt. Hélas une tempête va de nouveau immobiliser le bus en pleine campagne : Comment ce petit groupe d’hommes et de femmes va-t-il gérer cette proximité forcée et prolongée ? Et surtout comment chacun va-t-il vivre ce moment à l’intérieur de lui-même ? C’est ce que se propose d’explorer STEINBECK dans son ouvrage.

    *****
    A l’occasion d’une sorte de huis clos, c’est donc une facette du lien social et d’une somme d’individualités qu’aborde ici John STEINBECK, et c’est encore avec aisance. J’ai adoré son analyse et interprétation des personnalités de chacun car, même s’il ressort tout naturellement le charme et l’ambiance de l’Amérique de l’époque, on reconnaît dans ce roman des personnages, situations ou comportements éminemment humains et donc transposables, intemporels et universels puisqu’ils sont intérieurs, preuve que l’auteur a su extraire l’essence même de ces rapports pour dresser cette mini-fresque sociale. Voici encore un beau récit, intéressant à la fois pour le thème et la façon de le traiter et que je vous conseille de découvrir !

    Lien : http://onee-chan-a-lu.publicoton.fr/les-naufrages-de-l-autocar-john-..
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 17 décembre 2012

    - Tiens-toi un peu, dit-il. C'était un vrai bordel toute la matinée. Essaye de mettre un peu d'ordre avant que je revienne.
    Le visage d'Alice s'enflamma une seconde et allait répondre quand Juan lui coupa la parole :
    - Sinon un de ces jours, je suis capable de ne pas revenir.
    Elle eut le souffle coupé.
    - C'est que je ne me sens pas bien, gémit-elle.
    - Eh ben, tâche de te sentir mieux, ou en tout cas n'en fais pas un plat. Personne ne supporte les malades bien longtemps. Personne. Mets-toi bien ça dans la tête. (...)
    Alice s'accouda sur la barre médiane de la porte grillagée. De grosses larmes lourdes emplirent ses yeux.
    - Je suis grosse, souffla-t-elle lentement, et je suis vieille. Oh ! Seigneur ! je suis vieille !
    Les larmes coulèrent dans son nez. Elle souffla pour les chasser.
    - Tu peux trouver des jeunesses, fit-elle, mais moi, qu'est-ce que je peux trouver ? Rien du tout. Une vieille pouffiasse.
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  • Par petch, le 16 janvier 2013

    La vieille dame grimpa la marche avec effort et vint s'asseoir dans le fauteuil juste derrière Louie.
    - 'Mande pardon, m'dame, mais cette place est déjà occupée.
    - Comment, occupée ? répliqua-t-elle d'une voix belliqueuse. On ne réserve pas de places, dans les cars.
    - La place est prise, m'dame, répéta-t-il. Vous ne voyez donc pas la valise qui est à côté ?
    Il détestait les vieilles femmes. Elles lui faisaient peur. Elles traînaient derrière elles une odeur qui lui donnait la chair de poule. Elles étaient féroces et sans vergogne et se fichaient éperdument de faire du scandale. Et elles obtenaient toujours ce qu'elles voulaient.
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  • Par najnaje, le 30 mai 2014

    Mr Pritchard usait d'une stratégie bien établie dans ses rapports avec les gens. Il n'oubliait jamais le nom d'un homme riche ou plus puissant que lui, mais il oubliait régulièrement le nom d'un inférieur. Il avait découvert que d'amener un homme à décliner son nom suffisait pour le placer dans une position légèrement désavantageuse. Le fait de prononcer son propre nom dénudait un homme et lui enlevait une partie de ses moyens.
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  • Par nedlo, le 29 mars 2012

    C'était un gamin de dix-sept ans, grêle et efflanqué, avec des épaules étroites, un long nez de fouine et des yeux pâles au réveil, qui tournaient au pers dans la journée. Un duvet doré s'annonçait à son menton et ses joues étaient labourées, creusées et corrodées par l'acné. Entre les plaies cicatrisées, de nouvelles pustules rouges et violacées se formaient constamment, les unes enflant, les autres se vidant. Sa peau brillait de tous les médicaments qu'on lui vendait pour lutter contre ce mal et qui ne lui faisaient jamais aucun bien.
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  • Par Chrystaal, le 01 octobre 2012

    Bernice pouvait elle aussi, se réfugier dans un cercle magique, à l'aide d'un de ces thèmes tabou pour les hommes tels que la maternité ou bien...les règles. Les affaires constituaient le cercle magique de son mari.Elle n'avait pas le droit de s'immiscer dans ces questions. Elle n'y connaissait rien et ne s'y intéressait nullement. C’était le domaine privé de son mari et elle le respectait.

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Extrait (en VOST) : Les raisins de la colère de John Ford (1947) tiré de l’œuvre de John Steinbeck








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