On va commencer par ce qui est négatif, c'est à dire pas grand chose. Il manque peut-être le tout petit supplément d'âme qui ferait de cet excellent livre le pur chef-d'œuvre auquel
John Steinbeck nous a si souvent habitué.
Pour le reste, c'est du vrai bonheur, prenez place sans crainte dans l'autocar. L'auteur psychanalyse chacun des personnages et donne comme presque toujours un certain suspense à son histoire. On ne s'ennuie jamais, on sourit, parfois même, on rit, grâce à cette caméra embarquée aux tréfonds des âmes et des attentes humaines.
Juste une petite indication du synopsis. Juan Chicoy, brun mexicain, la petite cinquantaine bien conservée, tient une sorte de station service/relais de bus au croisement de deux axes routiers principaux de l'état de Californie (rien de surprenant puisque l'auteur parle presque exclusivement de la Californie dans ses romans).
Le bus de Juan est tombé en panne et les passagers ont été obligés de dormir tant bien que mal à la station service, pas adaptée pour recevoir tant de personnes. Au petit matin, tout le monde est d'une humeur de chien et la femme de Juan, Alice, plus encore que les autres, étant ultra jalouse et devinant des maîtresses partout, frise la crise de nerfs et s'en prend donc plus que de raison à sa petite employée Norma...
Je vous laisse en chemin au milieu de cette pétaudière absolument succulente où les rebondissements successifs ne vont pas arranger les affaires de quiconque. En tous les cas, un bien bon moment de littérature, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.