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ISBN : 2070360830
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 1027 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le soleil se leva derrière eux, et alors... Brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l'immense vallée. Al freina violemment et s'arrêta en plein milieu de la route. - Nom de Dieu ! Regardez ! s'écria-t-il. Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 13 août 2012

    Nastasia-B
    Juste un mot : SUBLIME !
    Une fois n'est pas coutume, je vais essayer de faire court car il n'y a pas grand chose à dire si ce n'est : "chapeau l'artiste !"
    Imaginez : Vous vivez de la terre en pleine période de crise (dépression post 1929) dans un sale Oklahoma qui refuse d'offrir de bonnes parcelles. Vous êtes endetté auprès des banques au point de devoir quitter votre terre pour honorer vos créances (je vous conseille à ce propos, si vous ne le connaissez déjà, "L'argent dette" sur Dailymotion ou Youtube). Où allez vous ? Là où tout le monde vous dit que c'est mieux ; la Californie, l'Eldorado en quelque sorte (pour mémoire, voir L'or de Blaise Cendrars).
    Ouais ! La Californie... et toutes les misères qui vont avec et que vous pouvez vous figurer (du garagiste véreux, aux supers propriétaires, toujours prêts à faire travailler à l'œil une main-d'œuvre en souffrance).
    Ce livre dépasse de loin les frontières des États américains, c'est une allégorie de l'immigration en général. Les Africains, Sud-Américains, Asiatiques qui arrivent péniblement au fond d'un container, sur un radeau ou par quelque autre moyen sommaire et dangereux en Europe ou dans n'importe quelle autre terre soi-disant "promise" doivent vivre à peu près la même chose que les Joad des années 30 aux États-unis.
    La magie de Steinbeck, c'est une écriture juste, basée sur un chapitre d'ordre général directement suivi par la mise en situation pour les infortunés Joad. du zéro faute littéraire, un monument de littérature, probablement le plus grand roman du XXème siècle et il s'est même permis le luxe de laisser poindre "le vin de l'espoir" derrière "Les Raisins de la colère". Chapeau l'artiste ! même si ça commence à faire beaucoup de fois que je l'écris, ce ne sera jamais de trop, du moins c'est mon minuscule avis, qui se balance comme une feuille roussie désespérément accrochée au rameau dans un matin gris de novembre, autant dire, pas grand-chose.
    P. S. : même si j'aime assez le film de John Ford de 1940 (donc un an seulement après la sortie du roman), c'est peu dire qu'il est très en-dessous du livre. Vu la densité et la longueur du roman, le réalisateur a choisi de se focaliser sur certains tableaux, il fait notamment l'ellipse de toute la descente aux enfers que constitue le trajet depuis l'Oklahoma jusqu'à la Californie, qui est, personnellement, ce que j'aime le mieux du livre (même s'il m'est difficile de prétendre qu'il existe des endroits que j'aime moins dans ce livre car j'aime absolument tout). Ce film vaut surtout pour l'illustration très réaliste et contextuelle qu'il procure de l'œuvre de Steinbeck.
    N.B. : ce livre est évidemment à L'origine du superbe titre de Bruce Springsteen : The Ghost Of Tom Joad.
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    • Livres 5.00/5
    Par pyrouette, le 29 septembre 2012

    pyrouette
    Il y a d'abord le sentiment d'échec, la culpabilité, le regard sur ce qu'on a perdu, puis le départ. Départ vers une autre vie, une vie meilleure, la promesse d'un eldorado. On se retourne alors une derrière fois vers la terre qui nous a vus naître. le voyage interminable, les premiers morts, la faim, le froid… Mais on y croit toujours parce qu'on a vu les tracts qui promettaient un travail avec un bon salaire. Même si une petite voix nous dit que ce n'est pas normal tous ces gens qui partent dans la même direction. Chacun avec ses rêves dans la tête, tient bon. Puis l'arrivée, la descente aux enfers, la faim, le froid. Pas de maison, peu de travail et le salaire qui ne permet pas de manger à sa faim. Des morts, encore des morts. La cruelle vision des gens du nouveau pays qui ne nous acceptent pas mais qui ont besoin de nous pour le travail. L'inacceptable réalité et l'impossible retour. Alors notre mère qui a toujours tout accepté sans broncher va devenir la citadelle de la famille motivant les uns, câlinant les autres. Mais rien n'y fait, la misère est à nos portes, la désillusion, encore la mort… L'acceptation puis la colère.
    Un récit bouleversant mais terriblement réaliste. Une prose sublime sur la crise de 1929 aux Etats- Unis qui me rappelle insidieusement la crise de notre monde moderne. Une chose n'a pas changée, les banques ont toujours le pouvoir ! Un roman à lire ou à relire, c'est grandiose. A prescrire à tous les intolérants de la Terre.

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2012/09/29/25209349.html#com..
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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 07 octobre 2013

    belette2911
    Un roman qui, malgré ses quelques longueurs, m'a pris aux tripes... Un roman porteur d'un message sur le capitalisme qui, non content d'exploiter l'homme, fait en sorte que toutes les richesses ne soient détenue que par quelques mains (la racaille en col blanc).
    L'industrialisation a beau être pointée du doigt dans ce roman (les tracteurs), ce n'est pas elle qui est citée à comparaître sur le banc des accusés : la machine n'est pas responsable du mal qu'elle fait.
    Non, mais l'auteur dénonce la mauvaise utilisation et le fait que les banquiers - eux, une fois de plus - aient entraînés les plus pauvres à payer leurs erreurs (♫ non, non, rien n'a changé ♪).
    Oklahoma, fin des années 20... 1929 pour être plus précise. Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et les agriculteurs qui avaient emprunté de l'argent aux banques après une récolte merdique, se retrouvent à ne plus savoir honorer leurs dettes puisque aucune de leurs récoltes ne fut vraiment bonne.
    Et que font les banquiers lorsque vous ne savez pas payer vos dettes ? Ils vous saisissent vos biens, vos terres et vous saisissent à la gorge. Ils ont expulsé les fermiers sans aucun état d'âme (et nous savons que cela continue de nos jours)...
    Le passage où les tracteurs charruent les terres des pauvres gens, massacrant au passage leurs maisons de bois est émouvant. C'est toute leur vie qu'on met à bas, leurs terres que l'on massacre, leurs terres que l'on va épuiser en plantant du coton.
    À non, c'est vrai, ce ne sont plus leurs terres, ce sont celles de la banque, de la société, de on-ne-sait-pas-trop-qui, mais le responsable n'est pas "humain" en tout cas. Il est bien plus facile de dire que c'est la Société Machin.
    Chassés de chez eux, ils penseront comme tous les immigrants que leur situation s'arrangera ailleurs - en Californie, ici - puisque des feuillets leur promettent monts et merveilles, notamment du travail à foison. Ces pauvres gens pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d'argent pour vivre. Pauvres fous... (pas en tant qu'insulte, mais en tant que visionnaire de leur futures emmerdes).
    La famille Joad, c'est elle que nous allons suivre sur leur chemin d'exil depuis l'Oklahoma jusqu'en Californie, sur la mythique route 66 qui ne sera pas une partie de plaisir, mais s'apparentera plus à une descente aux Enfers.
    De fait, nous n'avons jamais vu d'immigrants voyager en Rolls. Ici, ce sera un vieux "camion". de nos jours, ce sont des containers, des embarcations de fortune...
    Mais comme Moïse, la terre promise, certains ne la verront jamais, et les autres, ils ne feront que l'avoir rêvée parce qu'on leur a vendu de belles images. Non content de les spolier de leurs terres, on les spolie de leurs rêves d'avoir une vie meilleure.
    Ce livre comporte des passages assez long et j'ai parfois eu dur de continuer le voyage, mais comme les Joad, je me suis accrochée afin de lire ce chef-d'œuvre de Steinbeck, ce pamphlet qui n'épargne pas les banques et qui nous raconte ce que fut la grande dépression de 1929 au travers du voyage d'une famille.
    Il vous prend aux tripes parce que vous vous retrouvez à abandonner ce que fut votre vie, vos affaires, vos amis, vous voyagez sur une route qui a tout du fleuve Styx (celui des Enfers), parce que vous vous retrouvez dans des camps de fortune dressés sur les bords des routes, parce que les promesses de travail vantées par les put**** de prospectus ne sont pas tenues, entrainant les familles déjà démunies à crever de faim parce que sans emploi et sans nourriture.
    Et tout retour en arrière est impossible, c'est marche en avant ou crève en faisant marche arrière.
    La famille Joad, qui ne sera pas au bout de ses peines, va devoir se disloquer, elle crèvera de faim aussi, subira comme d'autres l'injustice et l'exploitation, elle devra faire face à des conditions de survie inhumaines, elle connaîtra le rejet, la discrimination, la mort, la prison,..
    Comme le dit la devise de mon pays, "L'Union Fait La Force" et c'est uni que tout ces opprimés arriveront à s'en sortir. La solidarité étant souvent très forte entre eux (dans le livre).
    Autre paradoxe soulevé par le récit et qui me fait penser à ce que nous vivons toujours : les habitants de Californie ne veulent pas les immigrés mais ils en ont besoin pour le travail... "Travaille et puis casse-toi, pauv'con".
    Bref, un livre à lire, les personnages sont attachants, ce qui est écrit est une partie de l'histoire, malgré quelques longueurs, ça vaut la peine de l'ouvrir, de plus, le style d'écriture est implacable. Dire que depuis, rien n'a changé.


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/9-romans-classiques/#0024
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 03 mai 2013

    fredho
    La famine dévore les visages et les corps des plus pauvres, et la misère peut rendre fou, et pourtant c'est dans le besoin que les plus miséreux viennent en aide aux autres, car eux seuls connaissent la souffrance du manque.
    Oklahoma pendant la grande dépression de 1929, la famille Joad est expulsée de leur propre terre par les représentants des banques, pour ne pas avoir honoré leurs dettes. Ils viennent se réfugier chez l'oncle John et décident ensemble de rejoindre La Californie pour y trouver du travail.
    Pendant ce temps, Tom, un des fils Joad, rentre à la ferme familiale après avoir passé 4 ans en prison pour meurtre. Il est accompagné de l'ancien pasteur Casy qu'il a rencontré sur le chemin du retour. Les deux hommes découvrent la ferme abandonnée ainsi que d'autres fermes, mais un métayer Muley, résigné à rester sur ses terres, les informe de la situation. Ils retrouvent donc toute la famille chez l'oncle John et constate que cette dernière est sur le départ. Bien qu'il soit en liberté conditionnelle, Tom décide alors de les accompagner ainsi que le pasteur.
    Le clan familial a fait l'acquisition d'un camion d'occasion et a bradé quelques effets de la ferme pour constituer un petit pécule. La famille abandonne donc avec nostalgie leur souvenir pour laisser derrière elle leur passé volé.
    Ainsi va débuter le voyage sur la route 66 qui mène vers l'Ouest.
    Sur les grandes routes les gens errent comme des fourmis à la recherche de travail, c'est l'exode vers la Californie, vers un avenir peu certain... de plus la route est longue et difficile.
    De nombreuses familles émigrantes ainsi que les Joad vont connaître la promiscuité des camps de fortune dressés sur les bords des routes. Les promesses de travail diffusées par des prospectus ne sont pas tenues par conséquent beaucoup de familles se voient démunies, sans emploi ni nourriture.
    Mais la misère crée des liens, et toutes ces familles ne formeront qu'une seule famille qui n'a qu'un rêve en commun celui de gagner de l'argent en Californie...
    Pendant ce long périple, la famille Joad va se disloquer mais connaître aussi la faim, l'injustice, l'exploitation, les conditions de survie épouvantables, le rejet et la discrimination.
    Mais Man « La citadelle de la famille » la matriarche, généreuse et solide, pleine d'amour et de souffrance à la fois, va tenter de préserver sa famille unie.
    Dans ce roman, Steinbeck ne condamne pas le progrès de l'industrialisation mais dénonce un mauvais système d'utilisation. Il accuse avec beaucoup de courage la puissance des capitalistes et des droits qu'ils s'octroient pour affamer le peuple, expulser les fermiers sans aucun scrupule ou exploiter les ouvriers...
    Steinbeck dénonce bien sur la misère, la maltraitance, la discrimination et l'injustice mais ne valorise pas pour autant le petit fermier qui a utilisé ses armes pour chasser les Indiens de leur propre terre. Néanmoins il aborde avec beaucoup de sensibilité la solidarité entre les plus pauvres, ces familles regroupées qui forment à eux une société harmonieuse en créant leurs propres règles - « l'union fait la force » -.
    La misère que dépeint Steinbeck dans les « Les raisins de la colère » m'a rappelé celle de « Voyage au bout de la nuit » de Céline, deux chef-d'œuvres qui témoignent à cœur ouvert de la souffrance de l'individu. Deux livres engagés qui marquent à jamais les mémoires.
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    • Livres 5.00/5
    Par mellah, le 14 mars 2013

    mellah
    Quel plaisir de relire Steinbeck ! je ne sais pas si je peux me montrer objectif vis a vis de l'un de mes préférés ?
    une critique bien fondée , bien illustrée du capitalisme sauvage , inhumain , voire esclavagiste , notamment durant les crises , et quelle crise ! le krach de 1929 ,la ou le petit citoyen frileux et pauvre se voyait livrer a lui même, a la providence, délaissé par L'ÉTAT .
    les Joad, une famille de métayers était forcée de quitter leur terre à cause de la sécheresse et de l'endettement au profil de la BANQUE . les Joad se mettaient en route vers la Californie dans l'espoir des jours meilleurs .
    les Joad est un échantillon des familles qui ont souffert dans les états unis et a travers le monde de l'arrogance d'un système conçu pour le bien-être d'une petite minorité égoïste de( banquiers , fermiers et industriels) qui fait le jour et la nuit en manipulant tout pour son compte .
    l'auteur défend les droits fondamentales des travailleurs et des familles comme; l'éducation (l'école), le salaire décent ,le respect des heures de travail .le droit de grève ,le syndicat , le repos ....ce qui lui avait coûté l'étiquette du communisme bien qu'il ait été un libéral de gauche , toutefois l'auteur avait bien précisé :
    « Si vous pouviez savoir que PAINE , MARX , JEFFERSON, LÉNINE furent des effets , non des causes , vous pourriez survivre .Mais cela ,vous ne pouvez pas le savoir .Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « JE » et vous sépare toujours du « Nous ». Avant lui, tolstoï s'est vu attribuer l'étiquette du nihilisme a cause de ces positions favorables a l'émancipation de la paysannerie.
    D'autres thèmes ont été si génialement abordé dans le roman entre autres:
    la religion et l'athéisme (Jim Casy), le péché (John Joad), la superstition (Rosasharn) . l'amour de la famille et de la terre(MAN) , la bravoure( Tom Joad), la passion(AL) , l'espoir .le dévouement .la lâcheté( Connie Rivers )...
    Je crois que l'élément essentiel parmi ces derniers est l'intégrité de la famille qui doit résister a toutes les épreuves. Dans la famille Joad cette tâche a été merveilleusement assumée par MAN qui représente le cerveau et l'équilibre de la famille et TOM en deuxième position.



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Citations et extraits

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  • Par litolff, le 31 mai 2011

    Alors des hommes armés de lances d'arrosage aspergent de pétrole les tas d'oranges, et ces hommes sont furieux d'avoir à commettre ce crime et leur colère se tourne contre les gens qui sont venus pour ramasser les oranges. Un million d'affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.
    Et l'odeur de pourriture envahit la contrée.
    On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer - le maïs fait du bon feu. On jette les pommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les rives pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et on les enterre, et la pourriture s'infiltre dans le sol.
    Il y a là un crime si monstrueux qu'il dépasse l'entendement.
    Il y a là une souffrance telle qu'elle ne saurait être symbolisée par des larmes. Il y a là une faillite si retentissante qu'elle annihile toutes les réussites antérieures. Un sol fertile, des files interminables d'arbres aux troncs robustes, et des fruits mûrs. Et les enfants atteints de pellagre doivent mourir parce que chaque orange doit rapporter un bénéfice. Et les coroners inscrivent sur les constats de décès: mort due à la sous-nutrition - et tout cela parce que la nourriture pourrit, parce qu'il faut la pousser à pourrir.
    Les gens s'en viennent armés d'épuisettes pour pêcher les pommes de terre dans la rivière, et les gardes les repoussent; ils s'amènent dans de vieilles guimbardes pour tâcher de ramasser quelques oranges, mais on les a arrosées de pétrole. Alors ils restent plantés là et regardent flotter les pommes de terre au fil du courant; ils écoutent les hurlements des porcs qu'on saigne dans un fossé et qu'on recouvre de chaux vive, regardent les montagnes d'oranges peu à peu se transformer en bouillie fétide; et la consternation se lit dans les regards, et la colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.
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  • Par jbicrel, le 27 juillet 2012

    Certains représentants étaient compatissants parce qu’ils s’en voulaient de ce qu’ils allaient faire, d’autres étaient furieux parce qu’ils n’aimaient pas être cruels, et d’autres étaient durs parce qu’il y avait longtemps qu’ils avaient compris qu’on ne peut être propriétaire sans être dur. Et tous étaient pris dans quelque chose qui les dépassait. Il y en avait qui haïssaient les mathématiques qui les poussaient à agir ainsi; certains avaient peur, et d’autres vénéraient les mathématiques qui leur offraient un refuge contre leurs pensées et leurs sentiments. Si c’était une banque ou une compagnie foncière qui possédait la terre, le représentant disait : « La Banque ou la Compagnie… a besoin… veut… insiste… exige… comme si la Banque ou la Compagnie étaient des monstres doués de pensée et de sentiment qui les avaient eux-mêmes subjugués. Ceux là défendaient de prendre des responsabilités pour les banques et les compagnies parce qu’ils étaient des hommes et des esclaves, tandis que les banques étaient à la fois des machines et des maîtres. Il y avait des agents qui ressentaient quelque fierté d’être esclaves de maîtres si froids et si puissants. […]Et le représentant expliquait comment travaillait, comment pensait le monstre qui était plus puissant qu’eux-mêmes. Un homme peut garder sa terre tant qu’il a de quoi manger et payer ses impôts; c’est une chose qu’il peut faire.
    Oui, il peut le faire jusqu’au jour où sa récolte lui fait défaut, alors il lui faut emprunter de l’argent à la banque.
    Bien sûr… seulement, vous comprenez, une banque ou une compagnie ne peut pas faire ça, parce que ce ne sont pas des créatures qui respirent l’air, qui mangent la viande. Elles respirent les bénéfices; elles mangent l’intérêt de l’argent. Si elles n’en ont pas, elles meurent, tout comme vous mourriez sans air, sans viande.
    C’est triste mais c’est comme ça. On n’y peut rien.
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  • Par najnaje, le 03 octobre 2013

    Et les grands propriétaires terriens auxquels un soulèvement fera perdre leurs terres_ les grands propriétaires qui ont accès aux leçons de l'histoire, qui ont des yeux pour lire, pour reconnaître cette grande vérité : lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée... et cet autre, qui lui fait pendant : lorsqu'une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin...et cet autre encore, cette petite vérité criante, qui résonne à travers toute l'histoire : la répression n'a pour effet que d'affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s'exerce et de cimenter leur solidarité..._les grands propriétaires terriens se bouchaient les oreilles pour ne pas entendre ces trois avertissements de l'histoire. La terre s'accumulait dans un nombre de mains de plus en plus restreint ; l'immense foule des expropriés allait grandissant et tous les efforts des propriétaires tendaient à accentuer la répression. Afin de protéger les grandes propriétés foncières on gaspillait de l'argent pour acheter des armes , on chargeait des indicateurs de repérer les moindres velléités de révolte, de façon que toute tentative de soulèvement pût être éttoufée dans l'oeuf. On ne souciait pas de l'évolution de l'économique, on refusait de s'intéresser aux projets de réforme. On ne songeait qu'au moyen d'abattre la révolte, tout en laissant se perpétuer les causes de mécontentements.
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  • Par Yantchik, le 09 mars 2011

    Ils restèrent silencieusement accroupis dans le trou noir, au creux du buisson de ronces. Man dit enfin :
    - Comment que j’aurais de tes nouvelles ? Ils pourraient te tuer que j’en saurais rien. Il pourrait t’arriver du mal. Comment que je le saurais ?
    Tom eut un rire gêné :
    - Ben, peut-êt’ que, comme disait Casy, un homme n’a pas d’âme à soi tout seul, mais seulement un morceau de l’âme unique ; à ce moment là…
    - A ce moment là, quoi, Tom ?
    - A ce moment là, ça n’a plus d’importance. Je serai toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où il y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, je serai là. Partout où il y aura un flic en train de passer un type à tabac, je serai là. Si c’est comme Casy le sentait, eh ben dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, je serai là, et dans les rires des mioches qu’ont faim et qui savent que la soupe les attend, je serai là. Et quand les nôtres auront sur leurs tables ce qu’ils auront planté et récolté, quand ils habiteront dans les maisons qu’ils auront construites… eh ben, je serai là. Comprends-tu ? Ca y est, bon sang, v’là que je cause comme Casy. Ca vient de tant penser à lui. Des fois, j’ai comme l’impression qu’il est là, que je le vois.
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  • Par jfb46, le 07 janvier 2011

    Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en "Je" et vous sépare toujours du "Nous".

    Tout simplement Géant !
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