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ISBN : 2070360830
Éditeur : Gallimard (1972)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 1938 notes)
Résumé :
Résumé :
Années 1930, Oklahoma. Tom Joad est libéré de prison suite à un homicide involontaire. Il retourne à la ferme familiale mais une mauvaise surprise l'attend : la ferme a été saisie par une banque et sa famille, totalement ruinée, est sur le départ. Elle s'apprête à partir en Californie, avec l'espoir de trouver un emploi et de vivre dignement.
La famille Joad, partagée entre la peine de devoir quitter "la terre de ses pères" et l'espoir d'une v... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (145) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B13 août 2012
  • Livres 5.00/5
Juste un mot : SUBLIME !
Une fois n'est pas coutume, je vais essayer de faire court car il n'y a pas grand chose à dire si ce n'est : « Chapeau l'artiste ! »
Imaginez : Vous vivez de la terre en pleine période de crise (dépression post 1929) dans un sale Oklahoma qui refuse d'offrir de bonnes parcelles. Vous êtes endetté auprès des banques au point de devoir quitter votre terre pour honorer vos créances (je vous conseille à ce propos, si vous ne le connaissez déjà, L'Argent Dette sur Dailymotion ou Youtube). Où allez vous ? Là où tout le monde vous dit que c'est mieux ; la Californie, l'Eldorado en quelque sorte (pour mémoire, voir L'or de Blaise Cendrars).
Ouais ! La Californie... et toutes les misères qui vont avec et que vous pouvez vous figurer (du garagiste véreux, aux super propriétaires, toujours prêts à faire travailler à l'oeil une main-d'oeuvre en souffrance).
Ce livre dépasse de loin les frontières des États américains, c'est une allégorie de l'immigration en général. Les Africains, Sud-Américains, Asiatiques qui arrivent péniblement au fond d'un container, sur un radeau ou par quelque autre moyen sommaire et dangereux en Europe ou dans n'importe quelle autre terre soi-disant "promise" doivent vivre à peu près la même chose que les Joad des années 30 aux États-unis.
La magie de Steinbeck, c'est une écriture juste, basée sur un chapitre d'ordre général directement suivi par la mise en situation pour les infortunés Joad. du zéro faute littéraire, un monument de littérature, probablement le plus grand roman du XXème siècle et il s'est même permis le luxe de laisser poindre "le vin de l'espoir" derrière "les raisins de la colère". Chapeau l'artiste ! même si ça commence à faire beaucoup de fois que je l'écris, ce ne sera jamais de trop, du moins c'est mon minuscule avis, qui se balance comme une feuille roussie désespérément accrochée au rameau dans un matin gris de novembre, autant dire, pas grand-chose.
P. S. : même si j'aime assez le film de John Ford de 1940 (donc un an seulement après la sortie du roman), c'est peu dire qu'il est très en-dessous du livre. Vu la densité et la longueur du roman, le réalisateur a choisi de se focaliser sur certains tableaux, il fait notamment l'ellipse de toute la descente aux enfers que constitue le trajet depuis l'Oklahoma jusqu'à la Californie, qui est, personnellement, ce que j'aime le mieux du livre (même s'il m'est difficile de prétendre qu'il existe des endroits que j'aime moins dans ce livre car j'aime absolument tout). Ce film vaut surtout pour l'illustration très réaliste et contextuelle qu'il procure de l'oeuvre de Steinbeck.
N.B. : ce livre est évidemment à l'origine du superbe titre de Bruce Springsteen : The Ghost Of Tom Joad.
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andman
andman01 avril 2016
  • Livres 5.00/5
En cette fin des années trente où les terribles effets de la Grande Dépression tardent à s'estomper, le sort du petit fermier de l'Oklahoma n'est guère enviable.
Plus encore que les périodes de sécheresse qui n'en finissent pas d'épuiser une terre déjà appauvrie par le manque de rotation des cultures, l'apparition des premiers tracteurs à chenille va porter le coup de grâce aux petits propriétaires terriens. Les récoltes insuffisantes ne leur permettent pas d'investir dans les nouvelles technologies et voilà bon nombre d'entre eux, déjà lourdement endettés, contraints de céder au grand capital leur lopin de terre poussiéreux.
Ils s'en vont, par familles entières, rejoindre les cohortes d'anciens métayers et de journaliers attirées par la riche Californie à l'arboriculture fruitière gourmande en main-d'oeuvre.
Les Joad, douze miséreux sur trois générations entassés dans un vieux camion brinquebalant, ont dû se résoudre eux aussi à tout quitter du jour au lendemain.
La fameuse route 66 de la migration vers l'ouest doit les conduire sur plusieurs milliers de milles jusqu'à la terre californienne bénie des Dieux. L'espoir de bientôt travailler, de pouvoir enfin manger à leur faim, de recouvrer un semblant de dignité, les fait avancer coûte que coûte vers cet Eldorado de la dernière chance.
Leur courage inébranlable suffira-t-il à triompher de la poisse qui trop souvent colle aux basques des plus démunis ?
Les raisins de la colère”, paru en 1939, relate une des pages les plus douloureuses de l'histoire des États-Unis.
John Steinbeck ne s'est pas contenté de décrire de façon romanesque les dérives et les conséquences du productivisme à outrance. Il a pris soin d'intercaler tout au long de l'intrigue de courts chapitres explicatifs à seule fin d'orienter la réflexion du lecteur. Pas le moins du monde rébarbatifs, ils sont écrits avec inspiration même si de tant à autre on sent poindre l'exaspération de l'auteur face aux aberrations et aux injustices les plus criantes de son époque.
Les nombreux dialogues, traduits de l'américain avec une incroyable justesse, rendent la famille Joad attachante et donnent du rythme au roman.
Le personnage de Man, qui protège tant qu'elle peut ses six enfants, est bouleversant d'abnégation et de pragmatisme. Citadelle familiale et refuge inexpugnable pour les siens, Man du tréfonds de son être sent gonfler et mûrir peu à peu “Les raisins de la colère”...
La prose de cette fresque historico-romanesque est absolument délicieuse, elle a la saveur particulière des oeuvres qui à l'évidence passent à la postérité.
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cmpf
cmpf04 juin 2015
  • Livres 5.00/5
Steinbeck a dit qu'il ne méritait pas le prix Nobel de littérature qui lui a été attribué en 1962. Dans ce cas, à mon avis, beaucoup ne l'ont sans doute pas mérité. Quand bien même il n'aurait écrit que ce chef d'oeuvre, il ferait partie des plus grands.
En tout cas ce titre est allé étoffer ma liste de livres pour une ile déserte ; celle ci changera sans doute au fil du temps mais il ne sera pas parmi les premiers à devoir céder sa place.
Dès les premières lignes, j'ai été époustouflée par la qualité de la prose de Steinbeck. J'avais lu il y a très longtemps Des souris et des hommes mais je n'ai pas souvenir qu'il m'avait autant remué. Moindre maturité sans doute.
La description de la terre, des cultures en train de mourir, le discours des agents de la banque et des propriétaires pour chasser les métayers. Comme celle des vendeurs de voitures d'occasion, des propriétaires de Californie, tout est vraiment très fort. L'évocation de toutes les difficultés auxquelles
les Okies doivent faire face, et qui n'en sont pas vraiment à leurs yeux puisque de toute façon ils ne peuvent faire autre chose qu'aller droit devant, est si réaliste, qu'on ressent la fatigue, la poussière, la volonté tendue jusqu'à la dureté.
Le drame des fermiers chassés de leurs fermes par le Dust Bowl et le rachat de leurs terres par les banques est vu à la fois à travers la famille Joad et quelques personnages qui partagent leurs destins quelques jours ou quelques semaines, mais aussi par la masse de tous les migrants, dans des chapitres où sans personnaliser les dialogues, Steinbeck fait revivre les scènes que tous ont connu face aux commerçants, aux propriétaires.
Tous ces pauvres savent ne pouvoir compter que sur eux-mêmes : « le seul genre de gouvernement qu'on ait qui s'appuie sur nous, c'est la marge de bénéfices. »
Le personnage de Man, cette femme forte, autour de laquelle la famille gravite comme les planètes autour de leur soleil, même si ce sont les hommes qui dirigent, au moins en principe, est particulièrement remarquable. Elle est avec l'un de ses fils, Tom, la charpente de la famille, les deux seuls à s'effacer toujours devant les besoins du groupe.
J'ai été à de nombreuses reprises frappée par la modernité du propos ou son intemporanéïté. C'était en Amérique du Nord dans la décennie 1930, mais cela aurait pu se passer n'importe où, n'importe quand. Quelques transpositions et le propos reste juste et d'actualité.
Une notion qui revient souvent c'est le changement que constituent pour les hommes de ne plus travailler eux-mêmes la terre, de ne plus la toucher que ce soit dans les grandes plaines où les tracteurs retournent la terre ou en Californie où les fermiers sont devenus des commerçants, qui ne la travaillent pas eux-mêmes et parfois ne la connaissent pas. Je ne connais pas le reste de l'oeuvre de Steinbeck et je ne sais pas comment cela s'articule avec d'autres opinions, mais j'ai fort envie de le savoir.
Voilà un avis que je donne très rarement, c'est peut-être même la première fois, mais si vous ne l'avez jamais lu, courez chez votre libraire ou à défaut à la bibli la plus proche. Pour ma part, je suis allée me procurer un autre Steinbeck, et ce ne sera pas le dernier.
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pyrouette
pyrouette29 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Il y a d'abord le sentiment d'échec, la culpabilité, le regard sur ce qu'on a perdu, puis le départ. Départ vers une autre vie, une vie meilleure, la promesse d'un eldorado. On se retourne alors une derrière fois vers la terre qui nous a vus naître. le voyage interminable, les premiers morts, la faim, le froid… Mais on y croit toujours parce qu'on a vu les tracts qui promettaient un travail avec un bon salaire. Même si une petite voix nous dit que ce n'est pas normal tous ces gens qui partent dans la même direction. Chacun avec ses rêves dans la tête, tient bon. Puis l'arrivée, la descente aux enfers, la faim, le froid. Pas de maison, peu de travail et le salaire qui ne permet pas de manger à sa faim. Des morts, encore des morts. La cruelle vision des gens du nouveau pays qui ne nous acceptent pas mais qui ont besoin de nous pour le travail. L'inacceptable réalité et l'impossible retour. Alors notre mère qui a toujours tout accepté sans broncher va devenir la citadelle de la famille motivant les uns, câlinant les autres. Mais rien n'y fait, la misère est à nos portes, la désillusion, encore la mort… L'acceptation puis la colère.
Un récit bouleversant mais terriblement réaliste. Une prose sublime sur la crise de 1929 aux Etats- Unis qui me rappelle insidieusement la crise de notre monde moderne. Une chose n'a pas changée, les banques ont toujours le pouvoir ! Un roman à lire ou à relire, c'est grandiose. A prescrire à tous les intolérants de la Terre.
Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2012/09/..
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Kassuatheth
Kassuatheth04 mai 2014
  • Livres 5.00/5
J'ai lu ce livre pour la première fois il y a 50 ans presque jour pour jour (novembre 1964), j'ai vu le film une dizaine de fois et, j'ai choisi Les raisins de la colère parmi mes livres pour une île déserte. Pourquoi? Tout simplement parce que ce roman est tellement dense que je suis persuadé de ne pas avoir encore tout découvert..
Je ne tenterai pas de vous convaincre que Les raisins de la colère est un chef d'oeuvre, presque tous ceux qui m'ont précédé l'ont fait. Je ne vous parlerai pas non plus des réalités économiques décrites. Là aussi, ceux qui m'ont précédé ont fait du bon travail. Je vais me concentrer sur deux aspects seulement du roman sachant qu'il y en a beaucoup plus. On va se partager le travail.
Le premier aspect, est cette dualité que l'auteur met en opposition entre le mépris et la méchanceté des gens bien pensant et de l'autre un groupe de personnes qui démontrent constamment leur humanisme. Cet extrait exprime très bien le mépris et. Je vais m'en contenter pour ne pas trop allonger la critique.
– Tu penses, on n'est pas piqués, nous deux. Ces sacrés Okies de malheur, ils n'ont pas un sou de jugeote, et pas un grain de sentiment. C'est pas des êtres humains ces gens-là, moi j' te le dis. Jamais un être humain ne supporterait une crasse et une misère pareilles. Ils ne valent pas beaucoup mieux que des chimpanzés…
De l'autre côté, nous voyons tous les gestes d'entraide, les partages de la dernière bouchée, le refus de donner pour ne pas humilier la personne qui est pauvre, le père qui se sacrifie pour son enfant et cet honneur auquel ils tiennent…
Le deuxième aspect, c'est l'évolution de la famille Joad. Avant l'éclatement de la famille traditionnelle, il y avait une structure précise : l'homme était le pilier de la famille et, chacun avait sa place et, même le grand père, avait encore le premier droit de parole même s'il n'était plus actif. Ils avaient aussi tout un ensemble de valeurs que chacun devait respecter.
Tout au long de la route, on voit les familles se regrouper et, sans voter quoi que ce soit, établir des règles de fonctionnement pour que tous et chacun soient respectés. La mère a pris une plus grande place mais elle le dit elle-même, ce n'est que temporaire. Même si on est encore dans le malheur, on sait que quelque chose doit et va arriver.
La fin de ce roman est sublime et illustre à merveille la valeur que l'auteur donne à ces personnes.
Cela ne fait pas partie de ma critique, mais est-ce quelqu'un sait ce qui est advenu de ces centaines de milliers de personnes. Sont-elles retournées chez elles ou se sont-elles intégrés à la population locale?
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litolfflitolff31 mai 2011
Alors des hommes armés de lances d'arrosage aspergent de pétrole les tas d'oranges, et ces hommes sont furieux d'avoir à commettre ce crime et leur colère se tourne contre les gens qui sont venus pour ramasser les oranges. Un million d'affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.
Et l'odeur de pourriture envahit la contrée.
On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer - le maïs fait du bon feu. On jette les pommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les rives pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et on les enterre, et la pourriture s'infiltre dans le sol.
Il y a là un crime si monstrueux qu'il dépasse l'entendement.
Il y a là une souffrance telle qu'elle ne saurait être symbolisée par des larmes. Il y a là une faillite si retentissante qu'elle annihile toutes les réussites antérieures. Un sol fertile, des files interminables d'arbres aux troncs robustes, et des fruits mûrs. Et les enfants atteints de pellagre doivent mourir parce que chaque orange doit rapporter un bénéfice. Et les coroners inscrivent sur les constats de décès: mort due à la sous-nutrition - et tout cela parce que la nourriture pourrit, parce qu'il faut la pousser à pourrir.
Les gens s'en viennent armés d'épuisettes pour pêcher les pommes de terre dans la rivière, et les gardes les repoussent; ils s'amènent dans de vieilles guimbardes pour tâcher de ramasser quelques oranges, mais on les a arrosées de pétrole. Alors ils restent plantés là et regardent flotter les pommes de terre au fil du courant; ils écoutent les hurlements des porcs qu'on saigne dans un fossé et qu'on recouvre de chaux vive, regardent les montagnes d'oranges peu à peu se transformer en bouillie fétide; et la consternation se lit dans les regards, et la colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.
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jbicreljbicrel27 juillet 2012
Certains représentants étaient compatissants parce qu’ils s’en voulaient de ce qu’ils allaient faire, d’autres étaient furieux parce qu’ils n’aimaient pas être cruels, et d’autres étaient durs parce qu’il y avait longtemps qu’ils avaient compris qu’on ne peut être propriétaire sans être dur. Et tous étaient pris dans quelque chose qui les dépassait. Il y en avait qui haïssaient les mathématiques qui les poussaient à agir ainsi; certains avaient peur, et d’autres vénéraient les mathématiques qui leur offraient un refuge contre leurs pensées et leurs sentiments. Si c’était une banque ou une compagnie foncière qui possédait la terre, le représentant disait : « La Banque ou la Compagnie… a besoin… veut… insiste… exige… comme si la Banque ou la Compagnie étaient des monstres doués de pensée et de sentiment qui les avaient eux-mêmes subjugués. Ceux là défendaient de prendre des responsabilités pour les banques et les compagnies parce qu’ils étaient des hommes et des esclaves, tandis que les banques étaient à la fois des machines et des maîtres. Il y avait des agents qui ressentaient quelque fierté d’être esclaves de maîtres si froids et si puissants. […]Et le représentant expliquait comment travaillait, comment pensait le monstre qui était plus puissant qu’eux-mêmes. Un homme peut garder sa terre tant qu’il a de quoi manger et payer ses impôts; c’est une chose qu’il peut faire.
Oui, il peut le faire jusqu’au jour où sa récolte lui fait défaut, alors il lui faut emprunter de l’argent à la banque.
Bien sûr… seulement, vous comprenez, une banque ou une compagnie ne peut pas faire ça, parce que ce ne sont pas des créatures qui respirent l’air, qui mangent la viande. Elles respirent les bénéfices; elles mangent l’intérêt de l’argent. Si elles n’en ont pas, elles meurent, tout comme vous mourriez sans air, sans viande.
C’est triste mais c’est comme ça. On n’y peut rien.
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jfb46jfb4607 janvier 2011
Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en "Je" et vous sépare toujours du "Nous".

Tout simplement Géant !
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najnajenajnaje03 octobre 2013
Et les grands propriétaires terriens auxquels un soulèvement fera perdre leurs terres_ les grands propriétaires qui ont accès aux leçons de l'histoire, qui ont des yeux pour lire, pour reconnaître cette grande vérité : lorsque la propriété est accumulée dans un trop petit nombre de mains, elle est enlevée... et cet autre, qui lui fait pendant : lorsqu'une majorité a faim et froid, elle prendra par la force ce dont elle a besoin...et cet autre encore, cette petite vérité criante, qui résonne à travers toute l'histoire : la répression n'a pour effet que d'affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s'exerce et de cimenter leur solidarité..._les grands propriétaires terriens se bouchaient les oreilles pour ne pas entendre ces trois avertissements de l'histoire. La terre s'accumulait dans un nombre de mains de plus en plus restreint ; l'immense foule des expropriés allait grandissant et tous les efforts des propriétaires tendaient à accentuer la répression. Afin de protéger les grandes propriétés foncières on gaspillait de l'argent pour acheter des armes , on chargeait des indicateurs de repérer les moindres velléités de révolte, de façon que toute tentative de soulèvement pût être éttoufée dans l'oeuf. On ne souciait pas de l'évolution de l'économique, on refusait de s'intéresser aux projets de réforme. On ne songeait qu'au moyen d'abattre la révolte, tout en laissant se perpétuer les causes de mécontentements.
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YantchikYantchik09 mars 2011
Ils restèrent silencieusement accroupis dans le trou noir, au creux du buisson de ronces. Man dit enfin :
- Comment que j’aurais de tes nouvelles ? Ils pourraient te tuer que j’en saurais rien. Il pourrait t’arriver du mal. Comment que je le saurais ?
Tom eut un rire gêné :
- Ben, peut-êt’ que, comme disait Casy, un homme n’a pas d’âme à soi tout seul, mais seulement un morceau de l’âme unique ; à ce moment là…
- A ce moment là, quoi, Tom ?
- A ce moment là, ça n’a plus d’importance. Je serai toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où il y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, je serai là. Partout où il y aura un flic en train de passer un type à tabac, je serai là. Si c’est comme Casy le sentait, eh ben dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, je serai là, et dans les rires des mioches qu’ont faim et qui savent que la soupe les attend, je serai là. Et quand les nôtres auront sur leurs tables ce qu’ils auront planté et récolté, quand ils habiteront dans les maisons qu’ils auront construites… eh ben, je serai là. Comprends-tu ? Ca y est, bon sang, v’là que je cause comme Casy. Ca vient de tant penser à lui. Des fois, j’ai comme l’impression qu’il est là, que je le vois.
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Extrait (en VOST) : Les raisins de la colère de John Ford (1947) tiré de l’œuvre de John Steinbeck
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