ISBN : 2070360830
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.39/5 (sur 379 notes) Ajouter à mes livres
Le soleil se leva derrière eux, et alors... Brusquement, ils découvrirent à leurs pieds l'immense vallée. Al freina violemment et s'arrêta en plein milieu de la route. - Nom de Dieu ! Regardez ! s'écria-t-il. Les vignobles, les vergers, la grande vallée plate, verte et ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 01 septembre 2011

    Aline1102
    Tom Joad a tué un homme. Il a été condamné à sept ans de prison, mais vient d'être libéré pour bonne conduite, après quatre ans d'emprisonnement.
    Il rentre donc chez ses parents, près de Sallisaw, dans l'Oklahoma. Mais, quand il arrive près de la petite maison des Joad, accompagné par l'ancien pasteur du coin, Jim Casy, il constate que le logement familial est abandonné.
    Les Joad se trouvent chez l'oncle John. Ils ont quitté leur maison après que les tracteurs soient venus les chasser. Ce sont les sociétés agricoles et les banques qui sont propriétaires des champs et ceux-ci doivent être travaillés grâce aux nouvelles machines. Les petits métayers comme les Joad n'ont donc plus de raison d'être.
    La famille Joad a reçu des prospectus expliquant la recherche de main d'oeuvre en Californie et s'apprête donc au grand départ. Tom et Casy les rejoignent à temps pour les accompagner.


    "Les Raisins de la colère" a remporté le Prix Pulitzer en 1940. Depuis, ce roman a fasciné des millions de lecteurs.

    Plusieurs de ces lecteurs trouvent le récit bouleversant d'actualité. Et c'est vrai: j'ai trouvé de nombreuses similitudes entre le texte de Steinbeck et mon cours d'économie politique d'il y a deux ans. A l'occasion d'un module consacré à l'agriculture et aux multinationales, nous avions visionné un documentaire qui donnait plusieurs éléments d'informations sur l'agriculture mondiale:

    - au Brésil, les petits exploitants, qui cultivent à la main des lopins de terre leur appartenant depuis plusieurs générations, sont chassés par les multinationales. Celles-ci regroupent l'ensemble des terrains, les transformant en parcelle de milliers d'hectares et les cultivent mécaniquement, en utilisant énormément d'engrais. Cela rappelle la situation de la famille Joad;

    - les multinationales cultivant des milliers d'hectares peuvent se permettre de vendre une tonne de leur production a un prix extrêmement compétitif; tandis que les agriculteurs africains, par exemple, doivent vendre la même tonne plus cher (puisqu'ils ont plus de difficultés à produire, n'utilisant ni machines ni engrais). Résultat: les multinationales écoulent plus facilement leurs produtits et les petits agriculteurs ne parviennent plus à vivre de leur métier. Ils quittent leurs fermes et rejoignent les villes où ils espèrent trouver un emploi. La plupart du temps ils ne trouvent rien et viennent grossir la population des bidonvilles. Encore une fois, les Joad se retrouvent dans la même situation, notamment lorsqu'ils s'installent à Hooverville.

    Je pourrais continuer comme ça encore longtemps.

    La famille Joad, donc, se retrouve dans une situation particulièrement désespérée. Ils n'ont que peu d'argent et pas beaucoup à manger pour faire le grand voyage jusqu'en Californie. Et on a l'impression que, lorsqu'il quittent leur terre, ils quittent aussi une partie d'eux-mêmes. Ainsi, les membres de la famille Joad commencent à se détacher les uns des autres: certains meurent, d'autres décident de s'en aller et de ne pas continuer le voyage.

    Steinbeck nous offre donc un récit très dur et, dans un sens, violent. le sentiment d'injustice qui s'en dégage est tout simplement révoltant, encore à notre époque. Les Joad, victimes d'un système qui ne veut plus d'eux et qui les dépasse, nous deviennent peu à peu sympathiques; le lecteur s'attache réellement à cette famille et souffre des humiliations qu'ils doivent subir en silence.

    Et ces milliers d'anonymes, ces autres familles en route vers le paradis qu'on leur a promis, sont autant à plaindre. L'impression qui se dégage du récit de leur transhumance est celle d'une certaine extermination, comme si les banques et les sociétés ne souhaitaient qu'une chose: que ces milliers de personnes soient rayées de la carte, qu'elles disparaissent afin de ne plus les gêner. Comme si le seul moyen de s'en débarasser était de les laisser mourir de faim...

    Très émue par ce magnifique roman, je me suis aussi souvenue d'une chanson, que je n'ai pourtant plus écoutée depuis des années: "The Ghost of Tom Joad", de Bruce Springsteen. Inspirée par Les Raisins de la colère (comme Springsteen le précise dans ses remerciements à la fin de l'album), la chanson est aussi touchante que le roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par kenkuro, le 04 août 2011

    kenkuro
    Les Raisins de la colère sont au programme des prépas scientifiques pour la rentrée prochaine. C'est donc un peu contre mon gré que je m'attaque à ce pavé, repoussant malgré moi de plus réjouissantes lectures estivales. Et pourtant ce livre est un chef d'œuvre. Rapidement, je suis happé par l'histoire, et ce à ma grande surprise. Tout au long de ma lecture j'ai cherché à m'expliquer cet engouement. En effet, le roman ne brille pas par son action débridée ou par un suspens haletant qui, s'ils ne font pas nécessairement la valeur d'un livre, peuvent expliquer le plaisir de lecture. J'ai donc questionné l'ouvrage à tel point que lorsque je le lisais, je passais autant de temps à savourer le rythme, l'écriture, le relief des personnages qu'à me reposer en boucle cette question lancinante : pourquoi ce livre me plaît-il ?
    Il est certain que je ne possède pas une réponse complète, et il est heureux que l'attraction de ce livre garde une origine mystérieuse.
    Les Raisins de la colère racontent le périple de la famille Joad, qui entreprend de gagner la Californie dans l'espoir de jours meilleurs après s'être fait expulser de leur ferme d'Oklahoma dans une road-story inédite. En effet, le génie de Steinbeck réside dans la force universelle qu'il confère au livre. Il joue avec brio sur deux tableaux.
    Le premier consiste à raconter avec réalisme et rythme le périple des Joad. Les dialogues sont marqués par une écriture argotique, étonnement plaisante à lire et qui restitue à merveille toute l'énergie de cette famille déterminée et haute en couleur. Les personnages possèdent des rôles « calibrés » : la mère est autoritaire et profondément attachée à sa famille, les hommes travaillent, les enfants s'agitent… Pourtant on se prend d'affection pour cette famille qui n'est en rien stéréotypée : les grands-parents sont gueulards, la mère porte la culotte, le fils a fait de la prison, l'oncle est à moitié fou… Cette ambivalence entre les aspects à la fois particuliers et universels de la famille Joad est symbolique de l'œuvre.
    Le deuxième tableau consiste en effet pour Steinbeck à étendre l'aventure des Joad aux souffrances de tout un pays. Et on sent, au-delà de l'épopée des Joad, comme un grand mouvement, une immense force dont l'évolution dans la protestation contre la dégradation inhumaine de tous ces chercheurs de travail est magnifiquement symbolisée par ces citations, qui font écho au titre :
    « Et la colère fermentait. » puis « dans l'âme des gens, Les Raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines. »
    Steinbeck ne dévoile pas l'éclosion de cette colère et termine son roman sur une image pleine de pitié certes mais qui est aussi porteuse d'un bel espoir, ou quand une femme dont le bébé vient de mourir allaite un homme trop faible pour se nourrir. Cette situation résume bien ce livre : même dans la crasse, la faim et la violence, Les Raisins de la colère décrivent des relations humaines d'une rare intensité, à tel point que dans leur misère on souhaiterait les rejoindre.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cinecirque, le 23 mai 2012

    cinecirque
    Ce roman est dénonciateur, ce roman est révélateur. Dénonciateur de la bêtise humaine, de l'avarice, de l'égoïsme et de la cruauté. Révélateur de la bonté humaine, de la simplicité et de l'extraordinarité de la vie, de l'espoir. Steinbeck dresse ici, sous une plumée acérée, observatrice, poétique, crue et terriblement vivante, les deux extrêmes de l'humain qui n'en forment finalement qu'un seul. Les raisins de la colère sue par tous ses pores, et témoigne de l'intelligence de tout un chacun, du génie de son auteur. Inutile de préciser que, parmi ses nombreuses facettes, on retrouve celle de la satyre sociale et que c'est probablement l'une des meilleurs qui puissent exister. Steinbeck peut en même temps coller au plus près de ses personnages, dévoiler tout l'humanisme qu'il a en lui, pour faire exister cette épopée qui nous apprend la vie, à nous, pauvres créatures inertes qui ne connaissons que la monotonie de la consommation. On apprend donc à connaitre et à s'attacher à chaque personnage au fur et à mesure du roman, à trembler, rager et aimer en même temps qu'eux et pour eux. Pour connaitre l'ampleur de la misère que peut créer la bêtise humaine, pour connaître l'ampleur de l'amour et l'espoir qu'il peut susciter, il est indispensable de lire ce roman, qui n'est rien de moins qu'un manifeste de la vie.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    Juste un mot: SUBLIME!
    Vous vivez de la terre en pleine période de crise (dépression post 1929) dans un sale Oklahoma qui refuse d'offrir de bonnes parcelles, vous êtes endetté auprès des banques au point de devoir quitter votre terre pour honorer vos créances (je vous conseille à ce propos, si vous ne le connaissez déjà, L'argent dette sur dailymotion ou youtube). Vous allez où? Là où tout le monde vous dit que c'est mieux, la Californie, l'Eldorado en quelque sorte (pour mémoire, voir L'or de Blaise Cendrars). Et toutes les misères qui vont avec et que vous pouvez imaginer (du garagiste véreux, aux supers propriétaires, toujours prêts à faire travailler à l'œil une main-d'œuvre en souffrance). C'est une allégorie de l'immigration en général, les africains qui arrivent péniblement en Europe doivent vivre à peu près la même chose que les Joad des années 30 aux États-unis. La magie de Steinbeck, une écriture juste basée sur un chapitre d'ordre général directement suivi par la même chose mais qui arrive aux infortunés Joad. du zéro faute littéraire, un monument de littérature, probablement le plus grand roman du XXème siècle et il s'est même permis le luxe de faire poindre l'espoir derrière le désespoir, "le vin de l'espoir", pourrait-on dire en paraphrasant le titre. Chapeau bas.
    NB: ce livre est évidemment à L'origine du superbe titre de Bruce Springsteen: The Ghost Of Tom Joad.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par PerdreUnePlume, le 12 avril 2011

    PerdreUnePlume
    Après quatre ans de prison pour un homicide involontaire lors d'une bagarre de bal de village, Tom Joad revient au pays.
    Il ne trouve qu'une région désolée par les tempêtes de poussières, des terres saisies par les banques et la ferme familiale prête à être désertée.
    S'en suit un long périple à travers le continent américain, une famille de métayers expropriée comme tant d'autres, les Joad, chassés par les tracteurs et en quête d'une nouvelle vie, d'une Californie prometteuse...
    Long roman que ce récit historique de Steinbeck qui laisse tout loisir à sa formidable plume de s'exprimer.
    Lecture difficile, souvent pénible, et pourtant essentielle encore aujourd'hui aussi bien pour le thème de l'agriculture que pour celui des sociétés modernes et des misères humaines qu'elles engendrent.
    Il faut un petit moment pour pleinement entrer dans ce roman et s'attacher à cette famille ; le temps de saisir le contexte, d'identifier tous les membres qui la composent et de s'habituer à ce jargon paysan et imagé.
    Mais une fois ce pas franchi plus de retour en arrière et le lecteur doit lui aussi affronter les épreuves, les espoirs déçus...
    Pourtant, même si ce roman est sombre c'est indéniable, on ne tombe à aucun moment dans le misérabilisme. Au contraire, on ne peut que s'incliner devant le courage et la détermination qui sans cesse poussent ces "okies" en avant, la ténacité de la mère à préserver l'unité de sa famille et par dessus tout la grande humanité qui continue à animer les uns et les autres à travers une solidarité de tous les instants.
    Steinbeck nous livre donc un récit dur mais pleinement humain, qui sert de toile de fond à bien des messages : le sens de la famille, le rapport de l'homme à la terre et à la richesse, la valeur de la solidarité, la considération des "étrangers", la peur et la cupidité qui pervertissent nos sociétés modernes...
    Un roman riche et éprouvant qui relate la mise à mort d'un mode de vie, la fin d'une ère mais sans offrir de solution.
    Le plus dur dans ce périple, ce ne sont pas finalement les épreuves mais l'absence de rédemption.
    J'aurai voulu - j'ai espéré - une fin, quelle qu'elle soit et sans doute pas heureuse vu l'ensemble du roman, mais qu'il y ait un apaisement, que tout çà s'achève d'une façon ou d'une autre. Mais Steinbeck est encore sur ce point rude et fidèle à son réalisme.
    [Mon avis complet dans la suite...]

    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2011/04/12/Les-raisins-..
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Citations et extraits

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  • Par Valette, le 21 mai 2012

    Je serai toujours là partout, dans l'ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, je serai là. Partout où y aura un flic en train de passer un type à tabac, je serai là.
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  • Par litolff, le 31 mai 2011

    Alors des hommes armés de lances d'arrosage aspergent de pétrole les tas d'oranges, et ces hommes sont furieux d'avoir à commettre ce crime et leur colère se tourne contre les gens qui sont venus pour ramasser les oranges. Un million d'affamés ont besoin de fruits, et on arrose de pétrole les montagnes dorées.
    Et l'odeur de pourriture envahit la contrée.
    On brûle du café dans les chaudières. On brûle le maïs pour se chauffer - le maïs fait du bon feu. On jette les pommes de terre à la rivière et on poste des gardes sur les rives pour interdire aux malheureux de les repêcher. On saigne les cochons et on les enterre, et la pourriture s'infiltre dans le sol.
    Il y a là un crime si monstrueux qu'il dépasse l'entendement.
    Il y a là une souffrance telle qu'elle ne saurait être symbolisée par des larmes. Il y a là une faillite si retentissante qu'elle annihile toutes les réussites antérieures. Un sol fertile, des files interminables d'arbres aux troncs robustes, et des fruits mûrs. Et les enfants atteints de pellagre doivent mourir parce que chaque orange doit rapporter un bénéfice. Et les coroners inscrivent sur les constats de décès: mort due à la sous-nutrition - et tout cela parce que la nourriture pourrit, parce qu'il faut la pousser à pourrir.
    Les gens s'en viennent armés d'épuisettes pour pêcher les pommes de terre dans la rivière, et les gardes les repoussent; ils s'amènent dans de vieilles guimbardes pour tâcher de ramasser quelques oranges, mais on les a arrosées de pétrole. Alors ils restent plantés là et regardent flotter les pommes de terre au fil du courant; ils écoutent les hurlements des porcs qu'on saigne dans un fossé et qu'on recouvre de chaux vive, regardent les montagnes d'oranges peu à peu se transformer en bouillie fétide; et la consternation se lit dans les regards, et la colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.
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  • Par Yantchik, le 09 mars 2011

    Ils restèrent silencieusement accroupis dans le trou noir, au creux du buisson de ronces. Man dit enfin :
    - Comment que j’aurais de tes nouvelles ? Ils pourraient te tuer que j’en saurais rien. Il pourrait t’arriver du mal. Comment que je le saurais ?
    Tom eut un rire gêné :
    - Ben, peut-êt’ que, comme disait Casy, un homme n’a pas d’âme à soi tout seul, mais seulement un morceau de l’âme unique ; à ce moment là…
    - A ce moment là, quoi, Tom ?
    - A ce moment là, ça n’a plus d’importance. Je serai toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où il y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, je serai là. Partout où il y aura un flic en train de passer un type à tabac, je serai là. Si c’est comme Casy le sentait, eh ben dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, je serai là, et dans les rires des mioches qu’ont faim et qui savent que la soupe les attend, je serai là. Et quand les nôtres auront sur leurs tables ce qu’ils auront planté et récolté, quand ils habiteront dans les maisons qu’ils auront construites… eh ben, je serai là. Comprends-tu ? Ca y est, bon sang, v’là que je cause comme Casy. Ca vient de tant penser à lui. Des fois, j’ai comme l’impression qu’il est là, que je le vois.
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  • Par jfb46, le 07 janvier 2011

    Si vous qui possédez les choses dont les autres manquent, si vous pouviez comprendre cela, vous pourriez peut-être échapper à votre destin. Si vous pouviez séparer les causes des effets, si vous pouviez savoir que Paine, Marx, Jefferson, Lénine furent des effets, non des causes, vous pourriez survivre. Mais cela vous ne pouvez pas le savoir. Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en "Je" et vous sépare toujours du "Nous".

    Tout simplement Géant !
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  • Par patouche, le 14 mars 2012

    Elle regardait dans le soleil. Nul mollesse dans sa figure pleine, mais de la fermeté et de la bonté. Ses yeux noisettes semblaient avoir connu toutes les tragédies possibles et avoir gravi, comme autant de marches, la peine et la souffrance jusqu'aux régions élevées de la compréhension surhumaine.
    Elle semblait connaitre, accepter, accueillir avec joie son rôle de citadelle de sa famille, de refuge inexpugnable.
    Et comme le vieux Tom et les enfants ne pouvaient connaitre la souffrance ou la peur que si elle-même admettait cette souffrance et cette peur, elle s'était accoutumée à refuser de les admettre.
    Et comme, lorsqu'il arrivait quelque chose d'heureux ils la regardaient pour voir si la joie entrait en elle, elle avait pris l'habitude de rire même sans motifs suffisants.
    Mais, préférable à la joie, était le calme. Le sang froid est chose sur laquelle on peut compter. Et de sa grande et humble position dans la famille, elle avait pris de la dignité et une beauté pure et calme.
    Guérisseuse, ses mains avaient acquis la sûreté, la fraîcheur et la tranquillité; arbitre, elle était devenue aussi distante, aussi infaillible qu'une déesse.
    Elle semblait avoir conscience que si elle vacillait, la famille entière tremblerait, et que si un jour elle défaillait ou désespérait sérieusement, toute la famille s'écroulerait, toute sa volonté de fonctionner disparaîtrait.
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