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ISBN : 2070360830
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 4.41/5 (sur 1279 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Résumé :
Années 1930, Oklahoma. Tom Joad est libéré de prison suite à un homicide involontaire. Il retourne à la ferme familiale mais une mauvaise surprise l'attend : la ferme a été saisie par une banque et sa famille, totalement ruinée, est sur le départ. Elle s... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 13 août 2012

    Nastasia-B
    Juste un mot : SUBLIME !
    Une fois n'est pas coutume, je vais essayer de faire court car il n'y a pas grand chose à dire si ce n'est : "chapeau l'artiste !"
    Imaginez : Vous vivez de la terre en pleine période de crise (dépression post 1929) dans un sale Oklahoma qui refuse d'offrir de bonnes parcelles. Vous êtes endetté auprès des banques au point de devoir quitter votre terre pour honorer vos créances (je vous conseille à ce propos, si vous ne le connaissez déjà, "L'argent dette" sur Dailymotion ou Youtube). Où allez vous ? Là où tout le monde vous dit que c'est mieux ; la Californie, l'Eldorado en quelque sorte (pour mémoire, voir L'or de Blaise Cendrars).
    Ouais ! La Californie... et toutes les misères qui vont avec et que vous pouvez vous figurer (du garagiste véreux, aux supers propriétaires, toujours prêts à faire travailler à l'œil une main-d'œuvre en souffrance).
    Ce livre dépasse de loin les frontières des États américains, c'est une allégorie de l'immigration en général. Les Africains, Sud-Américains, Asiatiques qui arrivent péniblement au fond d'un container, sur un radeau ou par quelque autre moyen sommaire et dangereux en Europe ou dans n'importe quelle autre terre soi-disant "promise" doivent vivre à peu près la même chose que les Joad des années 30 aux États-unis.
    La magie de Steinbeck, c'est une écriture juste, basée sur un chapitre d'ordre général directement suivi par la mise en situation pour les infortunés Joad. du zéro faute littéraire, un monument de littérature, probablement le plus grand roman du XXème siècle et il s'est même permis le luxe de laisser poindre "le vin de l'espoir" derrière "Les Raisins de la colère". Chapeau l'artiste ! même si ça commence à faire beaucoup de fois que je l'écris, ce ne sera jamais de trop, du moins c'est mon minuscule avis, qui se balance comme une feuille roussie désespérément accrochée au rameau dans un matin gris de novembre, autant dire, pas grand-chose.
    P. S. : même si j'aime assez le film de John Ford de 1940 (donc un an seulement après la sortie du roman), c'est peu dire qu'il est très en-dessous du livre. Vu la densité et la longueur du roman, le réalisateur a choisi de se focaliser sur certains tableaux, il fait notamment l'ellipse de toute la descente aux enfers que constitue le trajet depuis l'Oklahoma jusqu'à la Californie, qui est, personnellement, ce que j'aime le mieux du livre (même s'il m'est difficile de prétendre qu'il existe des endroits que j'aime moins dans ce livre car j'aime absolument tout). Ce film vaut surtout pour l'illustration très réaliste et contextuelle qu'il procure de l'œuvre de Steinbeck.
    N.B. : ce livre est évidemment à L'origine du superbe titre de Bruce Springsteen : The Ghost Of Tom Joad.
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    • Livres 5.00/5
    Par pyrouette, le 29 septembre 2012

    pyrouette
    Il y a d'abord le sentiment d'échec, la culpabilité, le regard sur ce qu'on a perdu, puis le départ. Départ vers une autre vie, une vie meilleure, la promesse d'un eldorado. On se retourne alors une derrière fois vers la terre qui nous a vus naître. le voyage interminable, les premiers morts, la faim, le froid… Mais on y croit toujours parce qu'on a vu les tracts qui promettaient un travail avec un bon salaire. Même si une petite voix nous dit que ce n'est pas normal tous ces gens qui partent dans la même direction. Chacun avec ses rêves dans la tête, tient bon. Puis l'arrivée, la descente aux enfers, la faim, le froid. Pas de maison, peu de travail et le salaire qui ne permet pas de manger à sa faim. Des morts, encore des morts. La cruelle vision des gens du nouveau pays qui ne nous acceptent pas mais qui ont besoin de nous pour le travail. L'inacceptable réalité et l'impossible retour. Alors notre mère qui a toujours tout accepté sans broncher va devenir la citadelle de la famille motivant les uns, câlinant les autres. Mais rien n'y fait, la misère est à nos portes, la désillusion, encore la mort… L'acceptation puis la colère.
    Un récit bouleversant mais terriblement réaliste. Une prose sublime sur la crise de 1929 aux Etats- Unis qui me rappelle insidieusement la crise de notre monde moderne. Une chose n'a pas changée, les banques ont toujours le pouvoir ! Un roman à lire ou à relire, c'est grandiose. A prescrire à tous les intolérants de la Terre.

    Lien : http://pyrouette.canalblog.com/archives/2012/09/29/25209349.html#com..
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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 07 octobre 2013

    belette2911
    Un roman qui, malgré ses quelques longueurs, m'a pris aux tripes... Un roman porteur d'un message sur le capitalisme qui, non content d'exploiter l'homme, fait en sorte que toutes les richesses ne soient détenue que par quelques mains (la racaille en col blanc).
    L'industrialisation a beau être pointée du doigt dans ce roman (les tracteurs), ce n'est pas elle qui est citée à comparaître sur le banc des accusés : la machine n'est pas responsable du mal qu'elle fait.
    Non, mais l'auteur dénonce la mauvaise utilisation et le fait que les banquiers - eux, une fois de plus - aient entraînés les plus pauvres à payer leurs erreurs (♫ non, non, rien n'a changé ♪).
    Oklahoma, fin des années 20... 1929 pour être plus précise. Les cultures ont été anéanties par le Dust Bowl (tempête de sable) et les agriculteurs qui avaient emprunté de l'argent aux banques après une récolte merdique, se retrouvent à ne plus savoir honorer leurs dettes puisque aucune de leurs récoltes ne fut vraiment bonne.
    Et que font les banquiers lorsque vous ne savez pas payer vos dettes ? Ils vous saisissent vos biens, vos terres et vous saisissent à la gorge. Ils ont expulsé les fermiers sans aucun état d'âme (et nous savons que cela continue de nos jours)...
    Le passage où les tracteurs charruent les terres des pauvres gens, massacrant au passage leurs maisons de bois est émouvant. C'est toute leur vie qu'on met à bas, leurs terres que l'on massacre, leurs terres que l'on va épuiser en plantant du coton.
    À non, c'est vrai, ce ne sont plus leurs terres, ce sont celles de la banque, de la société, de on-ne-sait-pas-trop-qui, mais le responsable n'est pas "humain" en tout cas. Il est bien plus facile de dire que c'est la Société Machin.
    Chassés de chez eux, ils penseront comme tous les immigrants que leur situation s'arrangera ailleurs - en Californie, ici - puisque des feuillets leur promettent monts et merveilles, notamment du travail à foison. Ces pauvres gens pensent que, là-bas, ils auront à manger et gagneront assez d'argent pour vivre. Pauvres fous... (pas en tant qu'insulte, mais en tant que visionnaire de leur futures emmerdes).
    La famille Joad, c'est elle que nous allons suivre sur leur chemin d'exil depuis l'Oklahoma jusqu'en Californie, sur la mythique route 66 qui ne sera pas une partie de plaisir, mais s'apparentera plus à une descente aux Enfers.
    De fait, nous n'avons jamais vu d'immigrants voyager en Rolls. Ici, ce sera un vieux "camion". de nos jours, ce sont des containers, des embarcations de fortune...
    Mais comme Moïse, la terre promise, certains ne la verront jamais, et les autres, ils ne feront que l'avoir rêvée parce qu'on leur a vendu de belles images. Non content de les spolier de leurs terres, on les spolie de leurs rêves d'avoir une vie meilleure.
    Ce livre comporte des passages assez long et j'ai parfois eu dur de continuer le voyage, mais comme les Joad, je me suis accrochée afin de lire ce chef-d'œuvre de Steinbeck, ce pamphlet qui n'épargne pas les banques et qui nous raconte ce que fut la grande dépression de 1929 au travers du voyage d'une famille.
    Il vous prend aux tripes parce que vous vous retrouvez à abandonner ce que fut votre vie, vos affaires, vos amis, vous voyagez sur une route qui a tout du fleuve Styx (celui des Enfers), parce que vous vous retrouvez dans des camps de fortune dressés sur les bords des routes, parce que les promesses de travail vantées par les put**** de prospectus ne sont pas tenues, entrainant les familles déjà démunies à crever de faim parce que sans emploi et sans nourriture.
    Et tout retour en arrière est impossible, c'est marche en avant ou crève en faisant marche arrière.
    La famille Joad, qui ne sera pas au bout de ses peines, va devoir se disloquer, elle crèvera de faim aussi, subira comme d'autres l'injustice et l'exploitation, elle devra faire face à des conditions de survie inhumaines, elle connaîtra le rejet, la discrimination, la mort, la prison,..
    Comme le dit la devise de mon pays, "L'Union Fait La Force" et c'est uni que tout ces opprimés arriveront à s'en sortir. La solidarité étant souvent très forte entre eux (dans le livre).
    Autre paradoxe soulevé par le récit et qui me fait penser à ce que nous vivons toujours : les habitants de Californie ne veulent pas les immigrés mais ils en ont besoin pour le travail... "Travaille et puis casse-toi, pauv'con".
    Bref, un livre à lire, les personnages sont attachants, ce qui est écrit est une partie de l'histoire, malgré quelques longueurs, ça vaut la peine de l'ouvrir, de plus, le style d'écriture est implacable. Dire que depuis, rien n'a changé.


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/9-romans-classiques/#0024
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    • Livres 5.00/5
    Par Kassuatheth, le 04 mai 2014

    Kassuatheth
    J’ai lu ce livre pour la première fois il y a 50 ans presque jour pour jour (novembre 1964), j’ai vu le film une dizaine de fois et, j’ai choisi Les raisins de la colère parmi mes livres pour une île déserte. Pourquoi? Tout simplement parce que ce roman est tellement dense que je suis persuadé de ne pas avoir encore tout découvert..
    Je ne tenterai pas de vous convaincre que Les raisins de la colère est un chef d’œuvre, presque tous ceux qui m’ont précédé l’ont fait. Je ne vous parlerai pas non plus des réalités économiques décrites. Là aussi, ceux qui m’ont précédé ont fait du bon travail. Je vais me concentrer sur deux aspects seulement du roman sachant qu’il y en a beaucoup plus. On va se partager le travail.
    Le premier aspect, est cette dualité que l’auteur met en opposition entre le mépris et la méchanceté des gens bien pensant et de l’autre un groupe de personnes qui démontrent constamment leur humanisme. Cet extrait exprime très bien le mépris et. Je vais m’en contenter pour ne pas trop allonger la critique.
    – Tu penses, on n'est pas piqués, nous deux. Ces sacrés Okies de malheur, ils n'ont pas un sou de jugeote, et pas un grain de sentiment. C'est pas des êtres humains ces gens-là, moi j' te le dis. Jamais un être humain ne supporterait une crasse et une misère pareilles. Ils ne valent pas beaucoup mieux que des chimpanzés…
    De l’autre côté, nous voyons tous les gestes d’entraide, les partages de la dernière bouchée, le refus de donner pour ne pas humilier la personne qui est pauvre, le père qui se sacrifie pour son enfant et cet honneur auquel ils tiennent…
    Le deuxième aspect, c’est l’évolution de la famille Joad. Avant l’éclatement de la famille traditionnelle, il y avait une structure précise : l’homme était le pilier de la famille et, chacun avait sa place et, même le grand père, avait encore le premier droit de parole même s’il n’était plus actif. Ils avaient aussi tout un ensemble de valeurs que chacun devait respecter.
    Tout au long de la route, on voit les familles se regrouper et, sans voter quoi que ce soit, établir des règles de fonctionnement pour que tous et chacun soient respectés. La mère a pris une plus grande place mais elle le dit elle-même, ce n’est que temporaire. Même si on est encore dans le malheur, on sait que quelque chose doit et va arriver.
    La fin de ce roman est sublime et illustre à merveille la valeur que l’auteur donne à ces personnes.
    Cela ne fait pas partie de ma critique, mais est-ce quelqu’un sait ce qui est advenu de ces centaines de milliers de personnes. Sont-elles retournées chez elles ou se sont-elles intégrés à la population locale?
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    • Livres 5.00/5
    Par mellah, le 14 mars 2013

    mellah
    Quel plaisir de relire Steinbeck ! je ne sais pas si je peux me montrer objectif vis a vis de l'un de mes préférés ?
    une critique bien fondée , bien illustrée du capitalisme sauvage , inhumain , voire esclavagiste , notamment durant les crises , et quelle crise ! le krach de 1929 ,la ou le petit citoyen frileux et pauvre se voyait livrer a lui même, a la providence, délaissé par L'ÉTAT .
    les Joad, une famille de métayers était forcée de quitter leur terre à cause de la sécheresse et de l'endettement au profil de la BANQUE . les Joad se mettaient en route vers la Californie dans l'espoir des jours meilleurs .
    les Joad est un échantillon des familles qui ont souffert dans les états unis et a travers le monde de l'arrogance d'un système conçu pour le bien-être d'une petite minorité égoïste de( banquiers , fermiers et industriels) qui fait le jour et la nuit en manipulant tout pour son compte .
    l'auteur défend les droits fondamentales des travailleurs et des familles comme; l'éducation (l'école), le salaire décent ,le respect des heures de travail .le droit de grève ,le syndicat , le repos ....ce qui lui avait coûté l'étiquette du communisme bien qu'il ait été un libéral de gauche , toutefois l'auteur avait bien précisé :
    « Si vous pouviez savoir que PAINE , MARX , JEFFERSON, LÉNINE furent des effets , non des causes , vous pourriez survivre .Mais cela ,vous ne pouvez pas le savoir .Car le fait de posséder vous congèle pour toujours en « JE » et vous sépare toujours du « Nous ». Avant lui, tolstoï s'est vu attribuer l'étiquette du nihilisme a cause de ces positions favorables a l'émancipation de la paysannerie.
    D'autres thèmes ont été si génialement abordé dans le roman entre autres:
    la religion et l'athéisme (Jim Casy), le péché (John Joad), la superstition (Rosasharn) . l'amour de la famille et de la terre(MAN) , la bravoure( Tom Joad), la passion(AL) , l'espoir .le dévouement .la lâcheté( Connie Rivers )...
    Je crois que l'élément essentiel parmi ces derniers est l'intégrité de la famille qui doit résister a toutes les épreuves. Dans la famille Joad cette tâche a été merveilleusement assumée par MAN qui représente le cerveau et l'équilibre de la famille et TOM en deuxième position.



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Citations et extraits

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  • Par MOTUS, le 26 novembre 2014

    Je ne baptiserai pas. Je travaillerai dans les champs, dans les champs verts, et je resterai près des gens. Je n'essaierai plus de rien leur enseigner, rien. Je vais essayer d'apprendre. J'apprendrai pourquoi les gens marchent dans l'herbe ; je les entendrai parler, je les entendrai chanter. J'écouterai les enfants manger leur bouillie. J'écouterai les maris et les femmes faire gémir les matelas la nuit. Je mangerai avec eux et j'apprendrai. (ses yeux étaient humides et brillants.) Je me coucherai dans l'herbe, ouvertement et honnêtement, avec toutes celles qui voudront de moi. Je veux sacrer et jurer et entendre la poésie des gens qui parlent. C'est tout cela qui est saint, tout cela que je ne comprenais pas. Toutes ces choses-là sont de bonnes choses.
    -Amen, dit Man.
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  • Par MOTUS, le 26 novembre 2014

    Sacré bon dieu ! On ne vous a pas encore traité d 'okie" ?

    -"Okie"? fit Tom. Qu'est ce que c'est que ça ?

    - Ben, dans le temps, c'est un surnom qu'on donnait à ceux de l'Oklahoma. Maintenant, ça vous revient à vous traiter d'enfant de putain.

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  • Par MOTUS, le 26 novembre 2014

    Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.

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  • Par MOTUS, le 26 novembre 2014

    Peut-être bien que les hommes n'ont qu'une grande âme, et que chacun en a un petit morceau.

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  • Par MOTUS, le 26 novembre 2014

    Mais c'est pas seulement des objets de rebut que vous achetez, vous achetez aussi des vies de rebut. Et en plus... vous verrez... vous achetez de la rancoeur.

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Extrait (en VOST) : Les raisins de la colère de John Ford (1947) tiré de l’œuvre de John Steinbeck








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