ISBN : 235536057X
Éditeur : Carnets Nord (2012)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Georg Stransky dîne tranquillement avec femme et enfant, quand un étrange projectile perturbe ce moment de paix : une pomme, lancée par la fenêtre. Farce d adolescent ? À première vue, mais au matin, Georg a disparu. Une mise en scène loin de surprendre Lilli Steinbeck,... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Eskalion, le 25 janvier 2012

    Eskalion
    Loufoque ! Déjanté ! Ovni littéraire ! Les qualificatifs ne manquent pas pour parler du dernier roman d' Heinrich Steinfest « le onzième pion » , auteur qui avait déjà été remarqué par la critique pour son précédent roman « requin d'eau douce ».
    Ovni , peut être pas finalement, car les extra terrestres sont sans doute bien la seule chose que l'on ne trouve pas dans ce livre atypique !
    Ce roman est comme une excroissance, un appendice dans le paysage du polar. N'entendez pas par là une verrue, un furoncle ou autre forme disgracieuse qui viendrait gâter le genre que nous affectionnons.
    Non au contraire, il s'agirait plutôt d'une sorte de grain de beauté, ce petit point de fixation sur lequel s'accroche le regard et qui révèle la beauté et donne plaisir à lire.
    Ce roman tend dans des directions que nous n'avons pas l'habitude de côtoyer, ne s'interdit aucune limite, baignant dans le genre policier , caressant la mythologie, tutoyant le fantastique, susurrant la science fiction, il est à lui seul , tout un univers. Et dans celui-ci, point de gravité, tout tourne en tout sens, tantôt palpable, tantôt insaisissable, ce roman esseule son lecteur, l'abandonne en quasi lévitation pour mieux s'en saisir à nouveau et le projeter à l'autre bout du monde.
    Et dans celui-ci nous y retrouvons Lilli Steinbeck, flic de son état qui se voit confier une enquête pour la moins originale. Spécialiste des questions d'enlèvement, elle enquête sur celle de Georg Stransky.
    Cet homme sans histoire, spécialisé dans les espèces disparues, dinait avec femme et enfants quand une pomme jetée de l'extérieur, a éclaté la vitre de son salon avant de rouler au sol. Une mauvaise farce sans doute, des quelques garnements du quartier. Sauf que le lendemain Stransky s'est volatilisé.
    Or il s'avèrera qu'il est la huitième personne dans le monde à disparaitre de cette manière, après avoir croqué cette pomme tentatrice !
    Des lors, Lilli va se lancer dans une enquête hors norme, hors du commun des mortels. Car il se pourrait bien que cette fois ci les dieux aient décidé de se distraire aux dépends des hommes, et que ces derniers, pions sur un échiquier imaginaire, n'aient même pas un Batman pour les protéger !
    Dans ce patchwork de situations loufoques, pris dans le shaker d'une aventure incroyable, rien ne sera épargné au lecteur. de découverte zoologique majeure en visite de planète en carton patte en passant par des assassins aimant jouer de la poiscaille, il déambulera dans le dédale particulièrement sinueux de l'imagination de cet auteur !
    Et pour l'accompagner, des personnages hauts en couleurs.A l'image de Lilli Steinbeck, femme flic efficace, qui aurait pu être belle sans ce nez à la forme si particulière, comme un coup de gomme jamais corrigé, une œuvre inachevée, rappelant l'imperfection des hommes. A ses côtés dans l'aventure, un homme obèse et handicapé, le détective privé Killimachos, lent et pourtant terriblement redouté, qui a cette faculté extraordinaire d'éviter les balles de s'épargner les conséquences douloureuses des explosions, mais qui a tendance à s'endormir n'importe où.
    Vous l'aurez compris ce roman est un genre à lui tout seul. Transgressant les codes pour mieux les réinventer, Heinrich Steinfest nous livre un roman remplis d'aphorismes, et qui porte sa propre cohérence. Tantôt roman policier, tantôt livre d'aventure, touchant parfois à la philosophie , bourré d'humour et de situations cocasses, le lecteur à la sensation d'avoir embarqué dans un manège de montagnes russes qu'il ne peut maîtriser mais dont il ne voudra pas pour autant descendre !
    Un roman qui court sur le monde, claquant de balles, se coloriant d'explosions, et dont les volatiles ne seront pas les seuls à laisser des plumes.
    Au fil de ses romans Heinrich Steinfest crée un univers qui lui est propre. Parfois déroutante, souvent déstabilisante, il construit une œuvre à part qui fait de cet auteur allemand, sans doute l'une des plumes les plus originales de ces dernières années.
    Et on en redemande !

    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 04 janvier 2012

    encoredunoir
    Georg Stransky vit une vie d'une sécurisante banalité avec son épouse et sa fille jusqu'au jour où une pomme traverse la fenêtre de leur cuisine. le lendemain, Georg a proprement disparu.
    Chargée de l'enquête, Lilli Steinbeck relie ce qui semble être un enlèvement à une série de huit disparitions. La séduisante inspectrice au nez difforme va dès lors commencer une enquête qui la mènera de l'Allemagne à l'Extrême-Orient russe en passant par la Grèce, le Yémen et l'île Maurice, accompagnée par un vieux détective grec obèse immunisé contre la mort, au cœur d'un jeu qui dépasse l'entendement humain et qui semble manipulé par des puissances supérieures.
    Einstein avait raison : non Dieu, ou en tout cas les dieux ne jouent pas aux dés. Ils jouent à un autre jeu, aux règles complexes, et qui ne semble pas toujours laisser beaucoup de place au hasard.
    On l'aura compris, une fois de plus, Heinrich Steinfest se lance dans une histoire qui prend pour prétexte une enquête policière et utilise un certain nombre de codes du polar pour nous livrer tout autre chose… on ne sait trop quoi d'ailleurs tant s'entremêlent les genres, motifs et réflexions différents. Enquête, donc, nonsense, réflexion (et digression) existentielle, jeux avec les ethnotypes et lieux communs, le tout poussé à l'extrême. Ainsi Steinfest scrute-t-il en détail ses personnages comme un entomologiste doté d'un microscope et leur confère une vie et une réalité telles que l'on finit par dépasser cette réalité, en repousser les frontières pour pénétrer dans un territoire quasi onirique.
    Tout cela est rythmé par un humour et une loufoquerie qui eux aussi finissent parfois par être dépassés, de telle manière que l'on ne sait plus si certaines situations sont hilarantes ou inquiétantes.
    Steinfest nous promène donc constamment dans une espèce d'entre-deux pas toujours confortable mais à tout le moins d'une originalité rafraichissante. Peut-être (rien n'est moins sûr mais il en a été ainsi pour moi) plus accessible que Requins d'eau douce, le onzième pion semble avoir gagné en dynamisme ce qu'il a peut-être un peu perdu en fond philosophique. N'était une fin qui s'étire un peu en longueur, ce roman d'une loufoquerie de bon aloi qui assume joyeusement son détournement et son dépassement des codes du genre policier serait sans doute proche de la très grande réussite.
    Utilisé à tort et à travers, le terme d'ovni littéraire est ici particulièrement adapté. Car Steinfest semble en train de créer, un roman après l'autre, un genre unique dont il est le seul, mais aussi le plus talentueux (que l'on m'excuse de m'essayer piteusement à sa logique toute personnelle) des représentants.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-les-dieux-ne-jouent-pas-au..
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    • Livres 4.00/5
    Par mfornero, le 17 mai 2012

    mfornero
    C'est un roman complètement déjanté, avec des personnages plus caricaturaux les uns que les autres. On suit cependant les périgrinations de lili Steinbeck dans le monde, à la poursuite d'un homme enlevé par les puissants, avec beaucoup de plaisir, ne serait-ce que pour les petites phrases hilarantes qui parsèment le roman...
    L'écriture et l'aventure me font penser à l'auteur ukrainien Andreï Kourkov.
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Citations et extraits

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  • Par mfornero, le 17 mai 2012

    Autre source d'indignation secrète : Steinbeck refusait catégoriquement de passer des nuits blanches au nom de la police et de l'Etat. Elle tenait à être chez elle au plus tard à vingt heures et au lit à vingt et une heures afin d'avoir au moins dix heures de sommeil, et, dans le meilleur des cas, de repos. Douze, c'était encore mieux. La vie n'était pas assez marrante pour qu'on eût envie de rester éveillé plus de la moitié de la journée.
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