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ISBN : 2070444910
Éditeur : Gallimard (17/11/2011)

Note moyenne : 2.79/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Un corps flotte dans une piscine au vingt-huitième étage d’un immeuble viennois : déchiqueté et unijambiste. Une minuscule prothèse auditive gît au fond du bassin. Aucune piste sérieuse en vue. L’homme aurait été tué par un requin, ce qui ressemble plutôt à une mauvaise plaisanterie. Richard Lukastik, de la police de Vienne, prend les choses en mains. À 47 ans, l’inspecteur passe pour antipathique mais irréprochable, retors et fou. Il se déplace en Ford Mustang or m... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
mgeffroy
25 février 2012
★★★★★
★★★★★
On entre dans certains livres comme on va au cinéma, séduit par une bande annonce aguicheuse.
Un cadavre découvert dans une piscine d'un immeuble viennois, apparemment tué par un requin, une prothèse auditive dernier cri, un policier, adepte du philosophe autrichien Wittgenstein, musicologue, bourré de tics (ou de tocs), à la psychologie compliquée... vous pensez que le polar s'annonce palpitant. Vous êtes persuadé de rentrer dans une histoire qui ne vous lâchera pas avant la dernière page, ne vous laissera pas respirer.
Alors voilà, je suis entré dans ce bouquin d'Heinrich Steinfest comme on s'installe dans un fauteuil d'une salle de cinéma en se régalant d'avance du spectacle qui s'annonce. Et là, patatra. Tout s'écroule. La caméra qui devait vous trimbaler dans tous les coins, vous entraîner derrière cet inspecteur à la recherche de la vérité s'attarde trois plombes sur des détails, des descriptions de personnages avec la tenue vestimentaire complète, la coiffure, la démarche... même chez les figurants. Épuisant. le coup de téléphone qui doit permettre à l'inspecteur d'en savoir plus sur la piste menée par ses subalternes se transforme, à cause d'une musique de Bach, en un discours de musicologue de quatre à cinq pages.
Avançant tant bien que mal dans cette histoire je tombe sur la phrase suivante à la page 162 (eh oui, quand même!) : « L'inspecteur principal s'arrache à contrecoeur au spectacle de la lettre wittgensteinienne, laquelle recommandait également à Ficker de ne lire que le préambule et la conclusion du Tractatus. Car tout y était dit. Mon Dieu, que de livres pourraient profiter de pareille recommandation ! »
J'ai pris cette prescription au pied de la lettre et j'ai appuyé si fort sur la touche d'avance rapide que je me suis retrouvé une centaine de pages plus loin. J'avais le nom du coupable et la conclusion de l'histoire.
J'ai fermé le livre et la lumière s'est rallumée.
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encoredunoir
04 décembre 2011
★★★★★
★★★★★
Il convient en premier lieu pour le chroniqueur de mettre en avant son ignorance. D'abord parce que, jusqu'alors, il pensait que la quintessence du polar germanophone résidait dans l'écriture des trépidants scénarii de l'Inspecteur Derrick. Ensuite parce que sa connaissance de l'oeuvre de Wittgenstein se résume à la double page (pour moitié dessinée) qui lui est consacrée dans La planète des sages, de Jul et Charles Pépin .
Ces précautions préliminaires prises, intéressons-nous donc maintenant à ces Requins d'eau douce.
L'inspecteur Lukastik, de la police de Vienne, est dépêché sur une scène de crime atypique. Au sommet d'un immeuble, dans une piscine, on vent de découvrir le cadavre d'un homme dévoré en partie par un requin. Il n'y a bien entendu pas de requin dans la piscine et l'homme semble avoir été tué ailleurs mais, selon toute probabilité, relativement près du lieu où l'on a découvert son cadavre. Il en faut cependant bien plus pour désarçonner Lukastik, admirateur du philosophe Wittgenstein en vertu de la pensée duquel il entend bien faire en sorte d'appréhender chaque problème non pas en y cherchant une quelconque logique de construction, mais en le déconstruisant tout en tenant compte des confusions apportées par l'utilisation de différents jeux de langages et leurs interprétations.
L'enquête de ce policier incestueux, misanthrope, maniaque, sûr de la supériorité de son absence de méthode de travail, a tôt fait, dans ces circonstances étranges, de prendre un tour vertigineux. Ce qui démarrait comme un roman à énigme des plus classiques devient vite une quête, ou plutôt un cheminement erratique, vers la vérité. Car s'il se montre opiniâtre, Lukastik n'en reste pas moins un policier doté d'un niveau d'incompétence moyen, accumulant les bourdes, voire les fautes professionnelles. Entouré de collaborateurs pas plus efficaces que lui et tout aussi originaux – un médecin-légiste incapable, un spécialiste des requins qui a peur de l'eau et a même inventé une espèce de requin qui s'est finalement avérée exister réellement, un commissaire résigné, entre autres – Lukastik avance donc méthodiquement à sa manière, c'est-à-dire sans méthode. Mais il n'en demeure pas moins qu'il est, par cette singulière tournure d'esprit qui le caractérise qui le voit constamment chercher sa voie dans la Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein qui ne le quitte jamais, le seul à pouvoir en fin de compte résoudre cette affaire. Avec l'aide, d'ailleurs, d'un coupable retors qui passe une partie de son temps à le remettre sur sa piste.
C'est donc un objet original que ce roman policier empreint à la fois de philosophie et d'un humour à froid des plus réjouissants. Pas plus que Lukastik n'a besoin d'être un spécialiste des requins pour mener à bien son enquête le lecteur n'a besoin de connaître l'oeuvre de Wittgenstein pour prendre plaisir à cette lecture stimulante et plaisante qui avance au rythme de la pensée de Lukastik. Pas de scènes d'actions époustouflantes, pas de tueur sadique, pas de policier surdoué, juste une écriture travaillée qui plante une ambiance hors du commun et une réalité légèrement distordue par le regard qu'y pose l'inspecteur. Requins d'eau douce ne plaira sans doute pas à tout le monde mais mérite que le lecteur curieux et désireux de sortir un peu des sentiers battus s'y attarde.

Lien : http://encoredunoir.over-blo..
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aaahhh
04 mars 2015
★★★★★
★★★★★
Incroyable roman dont l'intrigue policière interroge et tient en haleine (une victime tuée par un requin, trouvée dans une piscine au sommet d'un immeuble viennois ce n'est pas si courant...), "Requin d'eau douce" tire surtout son charme indéniable de l'intelligence de la psychologie des personnages et de la profondeur de certaines réflexions des protagonistes sur l'affaire autant que sur la vie elle-même. C'est un régal que de suivre le caustique et désarçonnant inspecteur Lukastik dans son enquête et dans les méandres de ses pensées. Adepte de Wittgenstein, exaspérant toqué, incestueux et d'une intelligence hors norme, notre héros nous mène dans cette enquête farfelue comme dans un nébuleux labyrinthe où il fait bon se perdre! Drôle, intelligent, complexe et riche, ce polar décalé est à découvrir absolument!
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bdelhausse
19 juin 2014
★★★★★
★★★★★
Franchement? Eh bien, la jaquette disait que l'auteur avait déjà été primé à 4 reprises. Et cela m'avait fait saliver comme le chien de Pavlov. J'ai saisi le bouquin sans trop me poser de question.
Le fait de démarrer tambour battant par un cadavre dans une piscine sur le toit d'un immeuble viennois, lequel cadavre est mutilé suite à des morsures de requin... c'était une entrée en matières des plus alléchantes. Ensuite, le roman s'est installé dans un petit confort bonhomme, la psychologie des personnages (en tout cas de 2 ou 3 personnages) a été très approfondie. C'est un des points forts du livre (ce côté psy et l'atmosphère décalée qui en découle).
Mais l'auteur va sans doute trop loin, creuse tro pronfond et perd le fil de l'intrigue, ce fil se détend quelque peu, et cela se fait au détriment de l'intrigue et des rebondissements. Ceux-ci sont présents, certes, mais amenés sans réel suspense. Comme un tapis qu'on déroule et qui fait flop à la fin, un tout petit flop quand le dernier coin du tapis clapote sur le parquet.
Je ne dévoilerai pas la fin, mais s'il ne fallait lire qu'un seul chapitre de ce livre, il suffirait de s'arrêter au premier car il laisse planer toute l'intrigue et l'imagination peut s'enflammer. Au final, rien de bien folichon, à mon avis.
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pbazile
30 décembre 2011
★★★★★
★★★★★
Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu un livre aussi mauvais.
Il m'est arrivé de tomber à la TV sur la série autrichienne "Rex, chien flic", qui suit un inspecteur viennois dont le berger allemand (Rex, donc) est la seule idée (un peu) originale.
En lisant Steinfest, j'ai eu l'impression d'un mauvais "Rex" (j'aurais pu citer Derrick...).
L'intrigue commence pourtant bien : un cadavre trouvé en plein Vienne, déchiqueté par une mâchoire de requin.... Malheureusement dès l'apparition de l'inspecteur Lukastik, on déchante. le héros, bien que présenté comme individualiste et même anticonformiste semble (à mon esprit français?) incroyablement conformiste et très ennuyeux.
Au total aucune dénonciation sociale (ce que je préfère) ni même de méchant un peu crédible (par défaut...) dans cette histoire où l'impression qui reste est que l'auteur ne souhaite pas (n'arrive pas à?) laisser imaginer qu'en Autriche, il pourrait y avoir sujet à une histoire intéressante.
Au contraire il déploie des trésors d'imagination (cette fois c'est vrai) pour finir son histoire en disculpant tout le monde, et c'est vraiment la plus mauvaise fin que j'ai lue de ma vie. Vraiment n'importe quoi.
Très mauvais polar qui ne donne pas envie d'aller en Autriche. Qu'est ce qu'on doit s'y faire chier!!
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
mesrivesmesrives13 décembre 2016
L'inspecteur jeta sa cigarette à demi fumée sur le sol bétonné, tout en s'abstenant de l'écraser. C'était une question de principe. Jamais il n'aurait ne fût-ce que pressé une cigarette dans un cendrier ou passé son bout incadescent sous l'eau. Il évitait en règle générale de détruire sa "lueur".
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FemiFemi01 février 2016
Posant son café, Kosary proclama:
"On n'aime vraiment qu'une seule fois. Ce n'est pas une question de monogamie mais d'objet. On ne peut manger une pomme qu'une seule fois.
- Il y a beaucoup de gens qui tombent amoureux plusieurs fois, répliqua Lukastik, engageant la discussion alors que ce thème lui paraissait un des pires sujets imaginables.
- Ces gens-là s'enfoncent sans arrêt le doigt dans la gorge pour recracher la pomme. Après quoi ils enfournent de nouveau ce tas de salive, parfois même à moitié digéré, et ils prétendent être tombés amoureux. Quand on pense à toute cette horrible bouillie de pomme remâchée qui s'accumule au cours d'une vie...
+ Lire la suite
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aaahhhaaahhh04 mars 2015
- On n'aime vraiment qu'une seule fois. Ce n'est pas une question de monogamie mais d'objet. On ne peut manger une pomme qu'une seule fois.
- Il y a beaucoup de gens qui tombe amoureux plusieurs fois, répliqua Lukastik, engageant la discussion alors que ce thème lui paraissait un des pires sujets imaginables.
- Ces gens là s'enfoncent sans arrêt le doigt dans la gorge pour recracher la pomme. Après quoi ils enfournent à nouveau ce tas plein de salive, parfois même à moitié digéré, et ils prétendent être tombés amoureux. Quand on pense à toute cette horrible bouillie de pomme remâchée qui s'accumule au cours d'une vie...
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nina2loinnina2loin14 avril 2016
Cela faisait près de quinze ans qu'il fréquentait ce restaurant, doté du charme d'un monsieur d'un certain âge — gris et ridé, sans cravate, mais portant un chapeau sur son crâne luisant — qui se tient droit et marche d'un pas précautionneux mais régulier. Un monsieur encore pourvu de toutes ses dents, de quelques-unes du moins.
Si fatiguées que soient ces dents, elles incarnent le triomphe de la vie. Tandis que la plus belle des prothèses ne représente qu'un déni déplaisant de la mort. Il paraît absurde de nier ce qui ne peut l'être. Voilà pourquoi les gens âgés ou d'un certain âge qui se font faire un lifting ont l'air non seulement stupide mais dérangé.
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BMRBMR24 juillet 2012
[...] Quand on rencontre un plongeur, on a souvent l'impression d'avoir affaire à un astronaute débile, qui aurait passé trop de temps dans l'espace. Non, quand on a toute sa tête, on craint l'eau, on craint les poissons, les petits comme les grands. Et surtout on craint l'obscurité, qui gouverne les eaux. Plonger la tête sous l'eau dans sa baignoire, c'est déjà bien assez. Personne ne peut supporter ça longtemps, et je ne vous parle même pas de la respiration.
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