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> Jean-Pierre Naugrette (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253147648
Éditeur : Le Livre de Poche (1999)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.82/5 (sur 914 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
You are walking through the streets of London. It is getting dark and you want to get home quickly. You enter a narrow side-street. Everything is quiet, but as you pass the door of a large, windowless building, you hear a key turning in the lock. A man comes out and loo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 06 août 2012

    Nastasia-B
    Un peu partout dans le monde, dans les diverses sociétés et depuis l'aube des temps, le mythe de l'homme double ou de l'homme au double visage a hanté l'humanité. Probablement aussi parce que la tradition veut que les visages et les personnalités constitutives de ce couple soit diamétralement opposées et que l'on ne sache jamais trop par avance à laquelle on aura affaire. C'est vrai, c'est inquiétant, que ce soit avec nos amis ou avec quiconque d'ailleurs, on aime bien savoir si c'est du lard ou du cochon et la duplicité de l'interlocuteur est toujours quelque chose de très mal vécu et de foncièrement angoissant. de l'exemple fameux du dieu Janus des Romains à l'incroyable Hulk des séries américaines en passant par une myriade de loups-garous et autres dieux ou héros polymorphes d'ici ou d'autre part, tous ont eu la part belle dans l'imaginaire collectif.
    Au XIXème siècle, quelques écrivains ont su donner chair à ces mythes, ces récits fondateurs de l'humanité, il y eut Johann Wolfgang von Goethe avec son mythe de L'apprenti sorcier, il y eut Mary Shelley avec son Frankenstein ou Le Prométhée moderne et il eut Robert Louis Stevenson avec son étrange cas du Docteur Jekyll et de Mister Hyde.
    Mais ce que l'auteur réussit parfaitement, c'est à glisser son doigt sous notre épiderme et à nous faire sentir qu'en chacun de nous, deux êtres (au moins) sommeillent. L'un franchement plus reluisant que l'autre, qu'on n'ose pas trop montrer et qui nous fait honte parfois, mais qui est pourtant tellement constitutif de nous-même.
    Un peu à l'image du héros de Kafka dans Le procès, Stevenson fait vivre au personnage intègre de l'avoué Utterson la douloureuse expérience d'une introspection minutieuse de son passé. Je vous restitue le passage en question :
    « Tout en continuant à cheminer, il réfléchit un moment à son propre passé. Il explora les moindres recoins de sa mémoire. Sait-on jamais ? N'aurait-il pas commis jadis quelque iniquité qui, tel un diablotin, pouvait toujours resurgir ? À première vue, son passé semblait pur, et il aurait dû pouvoir scruter le sans broncher. En réalité, il était atterré et tremblait à l'énumération de ses fautes. Comme elles paraissaient nombreuses ! »
    Évidemment, cela chatouille forcément quelque chose de nous-même et cette nouvelle est une véritable orfèvrerie. le message de R. L. Stevenson pourrait être "en chacun de nous, un Mr. Hyde sommeille, et ce Mr Hyde fait peur, à tout le monde, mais surtout à nous-même". Bien sûr, le suspense voulu par l'auteur a forcément pâti de la notoriété de l'ouvrage et l'identité cachée de Hyde (Hyde rappelle tellement le verbe to hide que ce n'est presque plus un jeu de mots) ne fait guère de doute pour le lecteur du XXIème siècle, mais tel ne fut pas toujours le cas, notamment à sa sortie en 1886.
    C'est donc une narration bien menée et qui possède de fort nombreuses qualités, qui conserve toute sa fraîcheur et qu'on aurait tort de se priver d'encore lire ou relire, mais tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 11 avril 2012

    Missbouquin
    Alors que je viens tout juste de terminer – on pourrait tout aussi bien dire dévorer – ce roman, je ne peux résister à l'envie de vous en parler de suite …
    Cela faisait un moment que je voulais m'attaquer à ce texte, en partie parce que je ne connaissais pas l'histoire réelle, seulement le mythe, et aussi parce que cela me permettait de lire en anglais … Mais il se trouve que la curiosité a bien vite pris le pas sur le “devoir” et que je n'ai tout simplement pas pu le reposer une fois commencé. Je tiens à préciser que malgré ma lecture passionnée, je me suis accrochée au texte anglais jusqu'au bout … pour la beauté de la langue !
    Car ce qui m'a le plus accroché de prime abord, c'est de retrouver l'anglais du XIXe siècle que j'ai pour la première fois apprécié en lisant Frankenstein, de Mary Shelley, en classe de première. C'est dans cette optique que j'ai commencé Jekyll car j'avais dans l'idée que les textes pouvaient être proches, et ce fut bien le cas. A la fois dans le style, très descriptif mais très efficace, qui donne une ambiance très gothique au texte; et dans le mode de narration, à l'aide de témoins étrangers, de lettres explicatives, de récits à posteriori.
    De la même façon, Victor Frankenstein (qui est le savant créateur, et pas le nom du monstre …) et le Dr Jekyll, deux savants fous, ont créé de toutes pièces leur destin, la perte de leur âme et leur mort, dans le désespoir et la peur, comme la renonciation de ce qu'il peut y avoir d'humain en l'homme.
    L'histoire
    Quelle est finalement l'histoire originelle de Dr Jekyll et Mr Hyde, avant qu'elle ne soit reprise et déformée sur le grand et le petit écran ?
    Un notaire enquête sur des faits étranges impliquant un éminent et charitable médecin londonien, le docteur Jekyll et une sombre créature, Edward Hyde, qui semble être le mal à l'état pur (ce que l'on voit dès les premières pages par divers incidents démontrant sa personnalité). Petit à petit, on prend conscience que ces personnages ne sont en réalité qu'un seul (mais le récit est monté d'une façon qu'il est difficile – en tout cas si l'on ne connaît pas l'histoire – de deviner cela au début). En effet, Jekyll, précurseur des tendances de la médecine psychanalytique moderne, a diagnostiqué deux éléments de sa personnalité (“man is not truly one, but truly two”), qu'il arrive à dissocier par hasard grâce à des poudres chimiques. Il peut ainsi se livrer à ses plus bas instincts, tout en restant sous le couvert de sa respectabilité. Or, rapidement, ces instincts prennent le dessus et il lui est de plus en plus difficile de se débarrasser de Hyde, qui se renforce de jour en jour (c'est d'ailleurs intéressant de voir qu'au départ, ce dernier est un petit nain blafard, plus jeune que Jekyll, comme s'il avait moins vécu … ce qui est vrai ! et puis Jekyll s'affaiblit et c'est Hyde qui grandit …).
    Mon avis
    On a affaire ici à un chef d'œuvre de la littérature. le fait de connaître l'histoire ne gâche en réalité que très peu le plaisir, qui est niché dans la manière de traiter le sujet, et les réflexions finales de Jekyll. En effet, comme Frankenstein, le docteur Jekyll prend conscience non pas de la dangerosité de la science, ce n'est pas véritablement le sujet, mais bien de la fragilité de ce que l'on appelle l'homme et de la limite extrêmement mince qui existe entre l'humanité et la bestialité la plus basse. Jekyll a fait tomber cette barrière, pensant qu'il pourrait être plus pleinement lui, en se débarrassant de la honte des mauvais actes que son bon côté désapprouve :
    “the injust might go his way, delivered from the aspirations and remorse of his more upright twin; and the just could walk steadfastly and securely on his upward path, doing the good things in which he found his pleasure, and no longer exposed to disgrace and penitence by the hands of this extraneous evil.”
    Mais il s'aperçoit rapidement que c'est un échec (ou plutôt un plein succès ?), que le monstre en lui est allé trop loin (“Edward Hyde, alone, in the ranks of mankind, was pure evil”, ce dont tous ceux qui le rencontrent ont conscience sans savoir d'où vient ce sentiment). Cependant, il a alors un moment d'hésitation : “between these two I now felt I had to choose.” Mais comme il le dit : “Strange as my circumstances were, the terms of this debate are as old and commonplace as man”.
    Il choisit finalement le côté positif en lui. Mais il est trop tard, car sa partie “bonne” est aussi coupable, ayant laissé s'échapper le côté négatif. A partir de là, Jekyll est mort, il ne reste plus que Hyde. Cependant, Stevenson ne reste pas sur une note négative, puisque Hyde est pris de remords face aux sentiments de Jekyll, et il aura à la fin, son comportement le plus humain.
    Pour conclure
    C'est un roman extrêmement complexe, qu'il est difficile d'analyser en quelques lignes. Mais ce fut une expérience littéraire comme je les aime, bien loin du simple roman noir auquel je m'attendais : celle qui force à réfléchir, celle dont le souvenir ne nous lâche pas pendant des jours, des semaines, et qui revient nous hanter des mois et des années durant. de la même façon que je n'ai jamais oublié ma découverte de Frankenstein, je place ce livre dans mon panthéon littéraire.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/04/11/the-strange-case-of-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 31 octobre 2012

    belette2911
    "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" voilà la moralité de ce court roman que je viens de sortir de ma PAL Noire et de dévorer.
    On a beau connaître l'histoire, il n'en reste pas moins que la découvrir en texte change toute la donne.
    Par contre, pour celui qui aurait passé les cent dernières années sur Jupiter, il est très difficile de deviner que le brave docteur Jekyll est aussi l'horrible Edward Hyde, cet être sans conscience, sans empathie, cet espèce de concentré du Mal Absolu.
    L'antithèse de Jekyll, c'est Hyde. Ce que Jekyll, homme bon, pieux (et tout le tralala qui va avec) ne pouvait pas faire, Hyde le réalise.
    Si je vous citais d'entrée de jeu que "science sans conscience n'est que ruine de l'âme", c'est parce que le roman dénonce, comme "Frankenstein" que jouer aux apprentis sorciers n'apporte que désolation.
    Jekyll a mélangé des substances qui lui ont permises de se transformer, physiquement et moralement, en Hyde, mais le problème surviendra quand son double maléfique prendra les commandes.
    Un peu comme si le docteur Bruce Banner devenait Hulk durant son sommeil, sans même devoir se mettre en rogne ! Gênant !
    Pourquoi ais-je laissé traîné ce roman dans ma PAL durant autant d'années, moi ?
    J'ai aimé découvrir l'histoire au travers de l'enquête de l'avocat, le suivre pas à pas dans sa quête pour dénicher les réponses à ses questions légitimes.
    Mais, comme tout le monde le sait, qui fait le malin, tombe dans le ravin...



    Lien : http://thecanniballecteur.wordpress.com/2012/10/31/letrange-cas-du-d..
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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 11 juin 2012

    gill
    En jumelant ces deux êtres de laboratoire, Robert Louis Stevenson a crée la peur...
    Ce livre, superbe réussite de la collection 10/18, débute par une préface brillante de Pierre Mac Orlan, nous offre le texte du formidable roman, qui est suivi de six nouvelles fantastiques écrites entre 1878 et 1893 (Will du moulin, Janet la revenante, Ollala, Markheim, Histoire de Tod Lapraik et Thorgunna la solitaire).
    Et pour clore ce petit bijou Francis Lacassin nous offre une postface - Robert Louis Stevenson ou le fantastique de l'expiation - ainsi qu'une bibliographie des textes proposés.
    Cet ouvrage est un petit bijou pour les amateurs de Robert Louis Stevenson et de sa littérature originale et inventive.
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    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 27 novembre 2012

    Zazette97
    Publiée en 1886, "L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" est une nouvelle écrite par l'écrivain écossais Robert Louis Stevenson, également auteur du célèbre "L'Ile au trésor".
    Dr Jekyll et Mr Hyde ou le récit d'une expérience qui a mal tourné.
    A Londres, au cours d'une année non précisée mais que l'on devine située à la fin du 19ème siècle, le notaire Mr Utterson s'entretient avec son cousin du mystérieux Mr Hyde, un être aussi laid que malfaisant que celui-ci affirme avoir vu agresser une petite fille avant de se retrancher dans la demeure du bon Dr Jekyll.
    Utterson n'est pas au bout de ses surprises puisqu'il apprend que son vieil ami le Dr Jekyll vient de léguer tous ses biens à Mr Hyde dans le cas où il lui arriverait malheur endéans les 3 mois.
    Inquiet, Utterson se rend alors chez le Dr Lanyon, un ami commun, qui lui affirme que lui et Henry Jekyll se sont disputés pour cause de différents scientifiques.
    Et tandis qu'Utterson tente de comprendre ce qui peut bien avoir poussé son ami à héberger cet ignoble individu, plusieurs meurtres sont perpétrés en ville...
    L'histoire du Dr Jekyll et de Mr Hyde a donné lieu à de nombreuses (ré)interprétations. Pour ma part, la seule que je connaisse pour l'avoir vue un millier de fois date de 1990 et consiste en un téléfilm dans lequel Michael Caine campait magistralement le personnage du Dr Jekyll.
    Je me souviens de ces vendredis soirs passés devant la télé avec mon frère chez mon père où nous venions un weekend sur deux. Il arrivait fréquemment que nous enregistrions les films pour les revoir ensuite. Trompant la vigilance de mon père qui tombait de sommeil au bout du premier film de la soirée, nous restions tous deux scotchés à l'écran, attendant impatiemment le second film, beaucoup plus trash que le premier :)
    J'ai ainsi vu à l'âge de 8 ans "Carrie au bal du Diable", adaptation du roman de Stephen King qui m'a véritablement traumatisée (bon sang la scène avec la mère et les couteaux de cuisine ! Pendant longtemps, je n'ai plus osé regarder le socle à couteaux de notre propre cuisine, comprendra qui pourra ^^), "Misery"( ah les pauvres jambes de Paul Sheldon !) et bien d'autres encore parmi lesquels figure "Jekyll &Hyde".
    Ce n'était pas le film le plus gore du lot et pourtant c'est sans doute celui qui aura le plus bercé marqué mon enfance abondamment nourrie de Disney et de contes peuplés de personnages clairement définis comme bons ou mauvais; puis questionnée ensuite quant à cette possibilité que puissent coexister le bien et le mal au sein d'une même personne.
    Malgré mon vif intérêt pour ce film, je n'avais toutefois jamais poussé la curiosité jusqu'à chercher l'histoire originale, préférant conserver intacts mes souvenirs VHS.
    Allez savoir pourquoi j'ai fini par me décider, réalisant qu'à l'instar de "Dracula" ou de "Frankenstein", il est finalement des histoires que l'on connaît sans vraiment les connaître, parce qu'on en a vu une adaptation ciné ou qu'on en a tellement entendu parler par d'autres.
    En faisant une recherche sur les différentes éditions existantes, je suis tombée sur la présente couverture qui m'a tout de suite tapée dans l'oeil (ce qui m'arrive plutôt rarement dans la mesure où je ne considère pas l'esthétique d'un ouvrage comme un facteur déterminant à son achat).
    Comble de chance, j'ai justement pu acquérir dans la même collection (Marabout Fantastic) "Dracula" et "Frankenstein".
    Etant donné que Marabout a décidé de ne plus rééditer cette collection, à moins d'avoir beaucoup de chance dans votre librairie, je vous conseille de vous orienter vers Am****ou autre si vous souhaitez acquérir l'un de ces ouvrages.
    Sur ce, il serait peut-être temps que je vous explique en quoi l'histoire du Dr Jekyll et de Mr Hyde m'a plu et continue de me plaire.
    Plus j'y pense, plus je me dis que ce n'est pas tant l'aspect épouvante (les lecteurs assidus de ce blog savent que je ne suis pas naturellement attirée par le genre) que tout le questionnement psychologique et éthique entourant le Dr Jekyll/Mr Hyde qui fait mon intérêt pour cette histoire.
    Stevenson entretient un certain mystère autour de ce Dr Jekyll, médecin respectable et aimé de tous que l'on s'attend, vu l'époque, à voir marié et père de famille.
    Or il n'en est rien (le personnage joué par Cheryl Ladd dans le téléfilm a donc été créé de toutes pièces) et l'on devine déjà chez le médecin un certain goût pour la réclusion.
    Bien qu'à l'aise en société, le Dr Jekyll occupe son temps libre à des recherches de l'ordre du transcendantal et du mystique, ce qui n'est pas du goût de tout le monde, particulièrement de celui de ses confrères.
    Comme il le dit lui-même dans sa confession qui parachève la nouvelle, il s'est toujours intéressé à la "nature duelle de l'être humain", estimant que chacun possède en lui une part de bien et une part de mal indissociables.
    Tiraillé lui-même par ces deux composantes de l'âme, il décide un jour de se prendre lui-même pour sujet d'expérimentation, usant d'une obscure chimie qui lui permet ainsi de créer ou plutôt de révéler Mr Hyde.
    Le premier résultat dépasse ses attentes. Libre et en sécurité dans cet autre corps inconnu de tous, délesté de sa vertu et du contrôle de soi, Henry Jekyll peut ainsi agir à sa guise et assouvir ses pulsions longtemps réfrénées, en dépit et aux dépens des autres.
    Mais, comme on pouvait s'y attendre, ça dérape. le médecin est allé trop loin et finit par devenir esclave d'une expérience - cette "double vie irréversible" - qu'il ne maîtrise plus.
    C'est bien cette perte de contrôle (il ne décide plus quand il est bon ou mauvais), et non un élan de remords face à ses crimes, qui place le Dr Jekyll face à un second dilemme. Après s'être interrogé sur la façon de dissocier le bien du mal au sein d'un seul être, il se demande à présent comment éradiquer définitivement le second...
    Comme le Dr Jekyll, je suis d'avis que chaque individu possède une part de bien et de mal différemment réparties en fonction de chacun. Je pense aussi qu'aucun individu ne peut se targuer de n'avoir jamais commis aucun pêché quel qu'il soit, cédé à la moindre lâcheté ou proféré moins d'un mensonge, d'une menace ou d'une toute petite mauvaise pensée à l'égard de quelqu'un.
    De là à dire que chacun de nous est un serial-killer qui se cherche, bon quand même... :)
    Je recommande donc ce coup de coeur (mais ça vous l'aurez aisément deviné) pour son ambiance nébuleuse qui n'est pas sans rappeler celle de "Jack l'Eventreur" (même époque, même ruelles sombres londoniennes, même climat de tension), son écriture très visuelle qui vous happe de gré ou de force et pour la grande habilité de son auteur à se plonger au coeur de la noirceur de l'âme humaine.
    A bon entendeur :)

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.be/2012/11/letrange-cas-du-dr-jekyll-e..
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Citations et extraits

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  • Par Anarion, le 10 avril 2014

    Si je ne reproche rien à notre vieil ami, écrivait Jekyll, je conviens avec lui que nous ne devons plus nous voir. J’ai l’intention, dorénavant, de mener une vie extrêmement retirée. Si ma porte reste souvent fermée, y compris à vous, ne vous en étonnez pas, ne doutez pas non plus de notre amitié. Permettez que j’emprunte mon propre chemin de ténèbres. J’ai attiré sur moi un châtiment et un péril qu’il m’est impossible de nommer. Je suis le plus grand des pécheurs, je suis également la plus grande des victimes. Je n’aurais jamais cru que le monde puisse renfermer un endroit de souffrances et de terreurs aussi déshonorantes. Vous ne pouvez faire qu’une chose pour soulager mon destin, Utterson : c’est respecter mon silence.
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  • Par Anarion, le 10 avril 2014

    Entre les deux, je le compris alors, il me fallait opter. Mes deux natures possédaient en commun la mémoire, mais toutes leurs autres facultés étaient fort inégalement réparties entre elles. Jekyll (cet être composite) éprouvait tantôt les craintes les plus légitimes, tantôt une alacrité avide de s’extérioriser dans les plaisirs et les aventures de Hyde et à en prendre sa part : Hyde au contraire n’avait pour Jekyll que de l’indifférence, ou bien il se souvenait de lui uniquement comme le bandit des montagnes se rappelle la caverne où il se met à l’abri des poursuites. L’affection de Jekyll était plus que paternelle ; l’indifférence de Hyde plus que filiale. Remettre mon sort à Jekyll, c’était mourir à ces convoitises que j’avais toujours caressées en secret et que j’avais depuis peu laissées se développer. Le confier à Hyde, c’était mourir à mille intérêts et aspirations, et devenir d’un seul coup et à jamais un homme méprisé et sans amis.
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  • Par Anarion, le 10 avril 2014

    Il y avait dans mes sensations un je ne sais quoi d’étrange, d’indiciblement neuf, et aussi, grâce à cette nouveauté même, d’incroyablement exquis. Je me sentais plus jeune, plus léger, plus heureux de corps ; c’était en moi un effrénément capiteux, un flot désordonné d’images sensuelles traversant mon imagination comme un ru de moulin, un détachement des obligations du devoir, une liberté de l’âme inconnue mais non pas innocente. Je me sentis, dès le premier souffle de ma vie nouvelle, plus méchant, dix fois plus méchant, livré en esclavage à mes mauvais instincts originels ; et cette idée, sur le moment, m’excita et me délecta comme un vin.
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  • Par Anarion, le 10 avril 2014

    Bien qu’expert du double jeu, je n’étais en rien un hypocrite ; chacune de mes deux facettes était vraiment authentique. Je n’étais pas plus moi-même lorsque je me libérais de toute entrave pour plonger dans l’abjection que lorsque je travaillais au grand jour et avec acharnement à l’avancement des connaissances ou au soulagement du chagrin et des souffrances.

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  • Par Anarion, le 10 avril 2014

    Ce mal qui pour moi reste la face cachée de l'homme avait tordu ses membres et imprimé sur son corps tout entier le sceau de la dégénérescence. Pourtant, lorsque je regardai dans le miroir sa vilaine image, je n'éprouvai aucune répugnance, mais plutôt un élan de sympathie. N'était-ce pas une partie, peut-être l'exacte moitié de moi-même ?

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