Note moyenne : 3.25/5 (sur 4 notes)
Robert Louis Stevenson. Intégrale des Nouvelles, tome 12Ajouter à mes livres
Stevenson est aujourdhui considéré (au côté dEdgar Poe et de Henry James) comme lun des plus grands auteurs de nouvelles de langue anglaise. Ce corpus considérable (près de 1500 pages) navait jamais é... > voir plus
plaisir de relire les nouvelles du "Club du suicide" et de découvrir celles que n'avais pas encore lues dans les suivantes - le cadre - l'écriture précise, ironique doucement, l'imagination, les grands sentiments et les grandes méchancetés, le parfum d'époque en petit cadeau supplémentaire
On découvre par là la diversité des sources d'inspirations de Stevenson : la Londres victorienne avec ses excentriques, Paris, Cuba, les grands espaces américains, les premiers attentats à la bombe (difficiles ici à prendre au sérieux). Mais il y a également deux nouvelles prenant place à la fin du Moyen Âge, dont l'une dont le héros est François Villon, annonce de la francophilie de Stevenson. Ce premier volume est assez fantaisiste.
En quittant le Divan du Cigare, il se mit à se pavaner dans les rues, encore enflammé par le feu de son éloquence, cherchant de tous côtés quelque heureuse aventure. Dans le flot continu des passants, sur les façades fermées des maisons, sur les affiches qui couvraient les panneaux publicitaires, dans chaque particularité et chaque pulsation de la grande ville, il voyait de mystérieux hiéroglyphes pleins de promesses. Mais les éléments de l'aventure avaient beau circuler près de lui, aussi denses que les gouttes d'eau de la Tamise, c'est en vain qu'avec un air tantôt suppliant, tantôt bravache, il sollicitait et provoquait l'attention des passants ; en vain que, mettant le destin à l'épreuve, il se jetait en travers de leur chemin en entrait directement en collision avec ceux dont l'air était le plus prometteur.
Le cimetière de Saint-Jean avait eu sa part de neige. Toutes les tombes étaient convenablement recouvertes ; les maisons aux grands toits blancs se dressaient tout autour en rangées solennelles ; les honorables bourgeois étaient au lit depuis longtemps ayant mis leur bonnet de nuit, à l'instar de leur domicile ; il n'y avait aucune lumière dans tout le voisinage, à l'exception d'une petite lueur provenant d'une lampe suspendue qui se balançait dans le choeur de la cathédrale et projetait les ombres ça et là au rythme de ses oscillations.
Vous croyez que je n'ai aucun sens de l'honneur ! s'écria-t-il. Dieu sait si je suis pauvre ! Il est dur de voir des gens riches aux mains gantées quand vous, vous soufflez dans vos mains. Un estomac vide est une chose cruelle, même si vous en parlez avec tant de légèreté. Si vous l'aviez eu aussi souvent que moi, peut-être changeriez-vous de refrain. En tout cas, je suis un voleur - faites-en ce que vous voulez - mais je ne suis pas un démon de l'enfer.
Sur le chemin du retour, Mr. Rolles acheta un ouvrage sur les pierres précieuses et plusieurs des romans de Gaboriau. Il parcourut ces derniers avidement jusqu'à une heure avancée de la matinée ; mais ils eurent beau lui faire connaître beaucoup d'idées nouvelles, à aucun endroit il ne découvrit ce qu'il devait faire d'un diamant volé.
C'était un sceptique, aussi fier du titre qu'on peut l'être ; il n'avait pas systématiquement en horreur les crimes ni les vices, mais considérait le monde dans son ensemble avec une approbation immorale, ce qui est fréquemment le cas lorsqu'on a la jeunesse et la santé.