> Gilles Lapouge (Préfacier, etc.)
> Léon Bocquet (Traducteur)

ISBN : 2080706012
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
En septembre 1878, R. L. Stevenson accompagné d'un âne – mais à pied – traversait en douze jours les Cévennes, de Monastier à Saint-Jean-du-Gard. Dormant sous les étoiles qui avaient éclairé la révolte des camisards, attiré par la voix lointaine d'une flûte, emporté par... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par BVIALLET, le 26 mai 2012

    BVIALLET
    J'ai tenu à relire ce charmant petit ouvrage de l'immortel auteur de « L'île au trésor » et de « Docteur Jeckill et Mr Hyde ». Suite à un chagrin d'amour, Stevenson s'était retiré dans le petit village de Monastier sur Gazeille d'où il voulut partir vers le sud, à l'aventure et à pied. Comme il devait se trouver dans l'obligation de bivouaquer et de peut-être ne pas trouver de ravitaillement sur certaines parties de son chemin, il avait pas mal de matériel à emmener qu'il aurait été bien incapable de porter sur son dos. Il fit fabriquer une sorte d'ancêtre des sacs de couchage composé de peaux de moutons retournées et cousues ensemble. A cette époque, le camping était encore inconnu et il devait trimballer réchaud, paniers, lanternes et casseroles, tout un matériel brinquebalant qu'il arrima sur le dos d'une petite ânesse nommée Modestine.
    N'ayant aucune notion du maniement de cet animal fantasque, Stevenson eut toutes les peines du monde à s'en faire obéir. Ses déboires avec son âne sont d'un grand comique… Après avoir traversé le Velay et le Gévaudan, escaladé le Mont Lozère et traversé le pays camisard, il parviendra à Saint Jean du Gard d'où il prendra la malle-poste pour Alès…
    Ce récit est passionnant à plusieurs titres. C'est un témoignage sur la vie des campagnes profondes de cette époque. Plus pauvres mais plus peuplées que de nos jours. Plus croyantes mais à l'horizon plus restreint. Plus solidaires, mais parfois très méfiantes vis-à-vis de l'étranger. En bon écossais protestant, il se sentira mieux en pays camisard que chez les catholiques de la région du Puy. D'ailleurs, il retrace brièvement l'histoire de cette révolte occasionnée par la monstrueuse erreur commise par Louis XIV en révoquant l'Edit de Nantes et en envoyant les Dragons « pacifier » (c'est-à-dire génocider) une région « rebelle ». La République pratiquera de même en Vendée quelques années plus tard, mais au détriment des catholiques royalistes cette fois. Comme quoi ce n'est pas d'aujourd'hui que l'intolérance la plus bête et la plus sordide sévit sous nos latitudes. Stevenson note avec honnêteté qu'au moment où il passe, si les souffrances subies ne sont pas oubliées, catholiques et protestants vivent néanmoins en parfaite harmonie.
    Tous les randonneurs devraient lire ce livre parce qu'il fut le premier traitant du sujet et que l'on peut considérer Stevenson comme le père fondateur de la randonnée itinérante moderne. On mesure l'ampleur de sa descendance et les progrès réalisés depuis cette « première ».

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 07 février 2011

    Couperine
    Les chagrins d'amour sont souvent une source d'inspiration chez les auteurs. C'est justement à cause (ou grâce, pour notre plus grand plaisir) d'une peine de cœur que Stevenson, écrivain écossais, entreprend ce périple. Il lui fallait effacer l'image de cette belle américaine dont il était tombé fou amoureux, Fanny Osborne, lors d'une rencontre à l'auberge de Grez-sur-Loing, en Seine et Marne. Car bien qu'écossais, Robert-Louis passait le plus clair de son temps en France. Son médecin lui conseilla de se changer les idées. Stevenson partit alors à la campagne, au Monastier-sur-Gazeille. C'est l'ennui qui le poussa à effectuer cette longue randonnée à travers les Cévennes.
    Nous sommes loin ici de L'île au trésor ou de L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde. En toute simplicité, l'auteur nous décrit son périple, ses émotions, ses difficultés, notamment avec son ânesse, Modestine, à laquelle il est profondément attachée, l'accueil qu'il reçoit. Il s'interroge sur les camisards et nous fait revivre ainsi l'Histoire de ce lieu où baignent encore mystères et religions. Ce livre est un véritable hymne. L'amateur de randonnées pourra parcourir à la lettre les chemins empruntés par Stevenson. le lecteur lambda sera, quant-à-lui, transporté dans cette région dont on ne parle pas assez.
    Cette lecture fut un grand moment. Je ne peux que vous la conseiller.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,stevenson-r-l,12374..
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    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 20 mai 2009

    Seraphita
    Ce roman d'aventure est le récit d'un voyage qu'a effectué Robert Louis Stevenson entre le 22 septembre et le 4 octobre 1878 dans les Cévennes. du Monastier, près du Puy, jusqu'à Saint-Jean-du-Gard, aux alentours d'Alès, l'auteur emprunte les chemins de traverse pour tenter de trouver un dérivatif à la tristesse qui l'a envahi après le départ de Fanny, la femme aimée. En compagnie de Modestine, l'ânesse achetée au départ, il fuit les routes fréquentées, trop directes et trop rapides. La lenteur du trajet lui convient, elle lui permet de s'incorporer aux lieux et de restituer les tonalités changeantes de l'automne dans les Cévennes.
    Aujourd'hui, le lecteur peut effectuer le trajet de Robert Louis Stevenson, en suivant le GR 70, créé en 1978 à l'occasion du centenaire de son voyage, que promeut l'association « Sur le chemin de Robert Louis Stevenson ».
    Un récit de voyage teinté d'humour (l'auteur pratique l'autodérision, notamment quand il narre ses déboires avec Modestine), récit précis et admiratif devant les beautés de la nature offrant un point de vue original et poétique sur les paysages traversés. On trouve dans ce roman beaucoup de descriptions, précises et poétiques, sur les paysages environnant le marcheur, ainsi que des références historiques lorsque l'auteur aborde le pays des Camisards. La légèreté de ton rend l'ouvrage accessible et attrayant et donne envie de réaliser ce voyage soi-même.
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  • Par incensed, le 20 février 2012

    incensed
    Dans sa langue d'origine "Travels with a Donkey in the Cevennes" est un texte plein de subtilités dans lequel les descriptions de la nature, loin d'être trop longues, sont en harmonie permanente avec les états d'âme et d'esprit de l'auteur-poète et leur complément naturel au cours de ce beau voyage initiatique. Quand on veut le lire en français il faut surtout éviter la traduction de Léon Bocquet. Je comprends parfaitement "Lostinmypal" et sa déception. En effet je veux dire ici que cette version française offerte en livre de poche n'est pas une traduction mais une trahison; elle est un affront fait à la fois à l'auteur et au lecteur. Dans chaque page il y a des erreurs, des contresens, des non-sens: visiblement le traducteur n'a (n'avait) qu'une connaissance très très limité de l'anglais. Ce qui est scandaleux c'est que les éditeurs, avertis de ces erreurs, n'ont rien fait pour proposer une version décente de ce livre. Non seulement la traduction est d'une médiocrité affligeante mais en plus l'expression française est quelques fois inférieure au niveau du bon vieux certificat d'études primaires (CE2). Bravo à "Lostinmypal" d'avoir quand même réussi à apprécier "la richesse de l'expérience humaine et l'évolution intérieure de l'auteur".
    Exemples d'erreurs, contresens et autres sur demande. Tiendraient trop de place ici.
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  • Par keisha, le 09 janvier 2011

    keisha
    Lors d'un séjour en France où il a fait connaissance de l'américaine Fanny Osbourne, l'amour de sa vie, le jeune Stevenson, qui n'a encore pas écrit grand chose, doit se séparer de Fanny qui repart aux Etats Unis pour divorcer, et sans vraiment de raison précise se retrouve au Monastier, près du Puy en Velay. Stevenson avait apprécié le roman de George Sand, Le Marquis de Villemer, qui se déroule dans la région. En septembre 1878, il part donc pour une
    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/83/Travels_with_a_Donkey_in_the_C%C3%A9vennes.jpg/220px-Travels_with_a_Donkey_in_the_C%C3%A9vennes.jpgrandonnée dans les Cévennes, accompagné de Modestine. Modestine? Une ânesse qui portera ses bagages...

    "Pour ma part, je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour marcher: par amour du voyage. L'important est de bouger, de sentir de plus près les nécessités et les besoins de la vie quotidienne, de quitter le lit douillet de la civilisation pour toucher de nos pieds le granit de la terre parsemé de silex coupants. Hélas, tandis que nous avançons en âge, nous sommes plus préoccupés de nos affaires, il nous faut travailler, même pour mériter quelques jours de vacances.Maintenir un paquet ou un bât contre le vent glacé du nord n'est pas un art bien supérieur, mais cela sert du moins à occuper et à calmer l'esprit. Quand le présent est si absorbant, qui pourrait se tourmenter de l'avenir?

    Rencontres, nuits en auberge ou à la belle étoile, arrêt dans l'abbaye cistercienne de Notre-Dame des neiges, descente dans le pays camisard, au fil du voyage on découvre un Stevenson curieux et respectueux, appréciant une nuit au point de laisser quelques pièces sur le gazon pour payer sa chambre sous les étoiles...
    De nos jours les randonneurs peuvent suivre le GR 70, le "chemin Stevenson".

    Illustration de Walter Cran

    Un beau classique limpide que j'ai pris plaisir à relire, surtout dans une édition accompagnée de photos des lieux dans une belle lumière automnale.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-voyages-avec-un-..
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 07 février 2011

    Comment peut-on avoir envie de visiter Luc et Le Cheylard ? C'est une chose qui dépasse la puissance de mon imagination. Pour ma part, je ne voyage pas pour aller quelque part, mais pour marcher : par amour du voyage. L'important est de bouger, de sentir de plus près les nécessités et les besoins de la vie quotidienne, de quitter le lit douillet de la civilisation pour toucher de nos pieds le granit de la terre parsemé de silex coupants. Hélas, tandis que nous avançons en âge, nous sommes plus préoccupés de nos affaires, il nous faut travailler, même pour mériter quelques jours de vacances. Maintenir un paquet sur un bât contre le vent glacé du nord, n'est pas un art supérieur, mais cela sert du moins à occuper et à calmer l'esprit. Quand le présent est si absorbant, qui pourrait se tourmenter de l'avenir ?
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  • Par Couperine, le 07 février 2011

    Quand je sentis venir cette heure dans le bois de sapins, je m'éveillai ; j'avais soif. Ma gourde était près de moi, encore à demi-pleine d'eau. Je la vidai d'un trait. Puis, complètement réveillé après avoir absorbé cette eau froide, je m'installai sur mon séant pour rouler une cigarette. Les étoiles brillaient claires, colorées et semblables à des joyaux ; mais leur éclat n'était pas glacé. Une légère vapeur argentée flottait devant la voie lactée. Tout autour de moi les pointes noires des sapins se dressaient immobiles et droites. Je distinguais Modestine grâce à la teinte claire de son bât ; elle tournait en rond, maintenue par sa longe. Je pouvais l'entendre brouter l'herbe paisiblement mais aucun autre bruit ne me parvenait, excepté le doux babillage du ruisseau sur les cailloux. Je restais étendu paresseusement, je fumais et observais la couleur du ciel , d'un gris rougeâtre derrière les sapins et devenant d'un bleu sombre et lumineux entre les étoiles.
    Un vent léger, qui était plutôt une fraîcheur mouvante qu'un souffle d'air, passait de temps en temps à travers la clairière ; c'est ainsi que l'atmosphère de ma grande chambre se renouvela toute la nuit.
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  • Par Couperine, le 07 février 2011

    La nuit sous un toit est un temps de mortelle monotonie mais en plein air, sous les étoiles, les heures passent légères avec leur rosée et leur parfum, et chacune d'elles amène un changement dans le visage de la nature. Ce qui est une sorte de mort temporaire pour de gens étouffés entre les murailles et les rideaux, n'est qu'un sommeil aérien et vivant pour l'homme qui repose à même la terre. Toute la nuit, il peut entendre la respiration profonde et libre de la nature ; même lorsqu'elle sommeille, elle a des mouvements et des sourires. Et quel tressaillement, inconnu des emmurés, lorsque le signal du réveil se propage sur la moitié de la terre qui dort dans l'ombre et que les êtres vivants qui peuplent l'obscurité commencent à se dresser sur leurs pieds. Alors, le coq chante pour la première fois, pas encore pour annoncer l'aurore, mais comme une sentinelle joyeuse qui hâte la fuite des heures nocturnes. Le bétail s'éveille dans les prairies, les brebis commencent à brouter les collines couvertes de rosée et cherchent un nouveau pâturage parmi les fougères ; et les hommes qui dorment à la belle étoile, après s'être couchés comme les poules, ouvrent leurs yeux ensommeillés pour contempler la beauté de la nuit.
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  • Par Seraphita, le 20 mai 2009

    La nuit est un temps de mortelle monotonie sous un toit ; en plein air, par contre, elle s’écoule, légère parmi les astres et la rosée et les parfums. Les heures y sont marquées par les changements sur le visage de la nature. Ce qui ressemble à une mort momentanée aux gens qu’étouffent murs et rideaux n’est qu’un sommeil sans pesanteur et vivant pour qui dort en plein champ. La nuit entière il peut entendre la nature respirer à souffles profonds et libres. Même, lorsqu’elle se repose, elle remue et sourit et il y a une heure émouvante ignorée par ceux qui habitent les maisons : lorsqu’une impression de réveil passe au large sur l’hémisphère endormi et qu’au-dehors tout le reste du monde se lève. C’est alors que le coq chante pour la première fois.
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  • Par Couperine, le 07 février 2011

    Je bus mon chocolat à l'eau ; il était chaud s'il n'était pas onctueux ; et je fis quelques pas à l'aventure pour explorer la clairière. Pendant que je m'attardais ainsi, le vent s'éleva, soufflant avec persistance. On eût dit un profond soupir continu, venant en droite ligne des hauteurs où le jour naissait. C'était un vent froid qui me fit éternuer.
    Les arbres autour de moi inclinaient leurs panaches sombres à son passage et je pouvais voir au loin, sur l'arête de la montagne, les pointes fines des sapins se balancer sur la lumière dorée de l'Orient. Dix minutes après, les rayons du soleil envahissaient en un clin d'œil le flanc des montagnes, les parsemant d'ombres et de points lumineux. Le jour était venu tout à fait.
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"L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.











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