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> Boris Natanovic Strugackij (Traducteur)
> Bernadette Du Crest (Traducteur)

ISBN : 2207501612
Éditeur : Denoël (1989)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La planète Arkanar ploie sous la férule du tyrannique ministre de la Sécurité. Cette société semi-féodale qui persécute ses intellectuels, évoquant à la fois l'Espagne de l'Inquisition, l'Allemagne nazie et la Russie stalinienne, intéresse au plus haut point l'Institut ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Philemont, le 20 décembre 2012

    Philemont
    Le régime féodal et totalitaire de la planète Arkanar réprime toute forme de culture, qu'elle soit scientifique, littéraire ou de toute autre nature à élever l'esprit. Pour les terriens, et notamment l'Institut d'histoire expérimentale, il s'agit là d'un terrain d'études extrêmement riche, bien qu'il faille se garder d'intervenir dans le déroulement naturel de l'Histoire de la planète. Pour Anton Roumata, l'un des deux cent cinquante membres de l'Institut sur Arkanar, le dilemme est cruel…
    Puisque Roumata, en tant que Terrien, est doté de connaissances bien supérieures à celles de la société qu'il étudie, peut-il juger de ce dont il est témoin, et encore plus intervenir ? Ne serait-ce pas aller contre la volonté de tout un peuple ? Et ce peuple ne serait-il pas capable d'abattre lui-même ce régime politique qui l'oppresse dès lors qu'il l'aurait décidé collectivement ? Mais ne retomberait-il pas alors bien vite dans un régime différent mais tout aussi extrémiste ? Ce sont autant de questions auxquelles des réponses définitives sont impossibles à apporter et qui explicite le titre du roman d'Arkadi et Boris STROUGATSKI. Car réellement, pour Anton Roumata, malgré sa supériorité relative, « Il est difficile d'être un dieu » et de se prononcer clairement sur tous ces sujets.
    Les frères STROUGATSKI étant russes, et ayant écrit leur roman au moment de l'arrivée au pouvoir de Léonid Brejnev, on aura compris qu'il procèdent ici à une critique en règle de leur propre société. Mais la planète Arkanar trouve aussi son inspiration dans l'Allemagne nazie, et même dans l'Inquisition espagnole. En d'autres termes ce sont tous les régimes totalitaires qu'ils pointent du doigt, non pas pour juger mais pour montrer la complexité de ce qu'ils représentent. C'est pourquoi leur thématique est universelle et qu'elle demeure aujourd'hui d'actualité, les réponses aux questions qu'ils posent n'étant pas plus évidentes aujourd'hui qu'en 1964.
    A ce titre Il est difficile d'être un dieu est une oeuvre particulièrement riche et intéressante. En revanche sa dimension politique est si imposante que ses caractéristiques romanesques demeurent au second plan tout au long du récit. D'une part l'intrigue, lente, linéaire, et finalement sans réelle surprise, ne sert que de toile de fond au questionnement des auteurs. D'autre part, et pour cette même raison, le lecteur a bien du mal à ressentir de l'empathie envers les personnages, et même pour le peuple d'Arkanar, qui reste finalement assez lointain dans son esprit.
    Il est difficile d'être un dieu est finalement, et avant tout, un roman politique. La science-fiction n'intervient que dans la mise en scène d'une société lointaine, laquelle n'étant qu'un prétexte pour mieux analyser la notre.
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    • Livres 3.00/5
    Par Walktapus, le 10 septembre 2012

    Walktapus
    Classique de la SF soviétique, du moins telle qu'elle est connnue ici, l'action d'Il est difficile d'être un dieu a lieu dans un futur où les terriens envoient sur d'autres planètes moins évoluées des observateurs chargés de s'immerger, incognito, dans les sociétés locales, dans le but de réunir des informations. C'est le cas de don Roumnata, qui se fait passer pour un noble dans une société médiévale qui hait le savoir et persécute les intellectuels. Don Roumnata, venant d'un futur où l'homme a résolu tous ses conflits, une société idéale - communiste évidemment, et parlant russe -, est confronté à des situations qui le révoltent et est miné par son interdiction d'intervenir, d'autant qu'il est obligé, pour assurer sa couverture, de jouer un rôle qu'il déteste.
    On peut aussi voir dans cette société sadique et ennemie du savoir une critique cachée d'un pouvoir communiste arbitraire persécutant les intellectuels. La société médiévale décrite est en tout cas caricaturale à l'extrême, et l'opposition de l'obscurantisme et du progrès décrite dans le livre est très naïve, mais peut-être paraissait-elle normale dans la dialectique communiste ?
    Des aventures pas très passionnantes, bien que ponctuées d'humour, et un style où j'ai cru retrouver un peu de Gogol. le livre est surtout traversé par les doutes et la tension du héros, en monologues intérieurs. C'est aussi une réflexion sur l'interventionisme. Faut-il intervenir, ou laisser les sociétés évoluer d'elles-mêmes pour apprendre de leurs erreurs ?
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    • Livres 2.00/5
    Par Fourvin, le 18 février 2014

    Fourvin
    Abandon au quart du livre. J'ai surtout été gêné par le style, qui enchaîne fréquemment deux phrases qu'il est malaisé de relier entre elles. D'autant qu'il est difficile de dire si cela est imputable à la traduction, ou s'il s'agit réellement d'un choix stylistique.
    Cela ne fait qu'obscurcir un univers qui met trop longtemps à se dévoiler. J'apprécie souvent que tout ne soit pas explicite et laisse une part à l'imaginaire du lecteur (p.ex. dans Hyperion de D. Simmons). Au prix probable d'un délicat équilibre littéraire pour amener le lecteur vers l'âme du récit.
    Mais en l'espèce, si l'on devine l'articulation du monde décrit, en dépit de la foison de personnages, on ne comprend toujours pas ce qui anime (quête, enjeux, ...) le héros, ou celui qui apparaît comme tel. D'autant qu'à ce stade d'avancement du livre, il s'agit moins d'actions que de cheminement. Pas assez charmé par le train de la narration, je débarque.
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    • Livres 5.00/5
    Par steka, le 17 octobre 2012

    steka
    Ce roman "d'aventure" est fort probablement un des livres les plus remarquables jamais écrit dans le domaine de la littérature dite de Sciences-Fiction.Tout en restant d'une lecture aisée et fort distrayante, son sujet n'est rien de moins que la matière même de l'Histoire et de la possibilité d'y intervenir.
    Vous disposez des pouvoirs d'un presque dieu et vous êtes confronté à l'injustice, à la barbarie d'un monde: qu'allez vous donc pouvoir faire qui en finalité n'aggrave pas encore le chaos et la misère des temps?
    C'est à cette question que tentent de répondre avec intelligence et humanité Arcadi et Boris Strougatski dont l'œuvre en général mérite le plus grand intérêt.
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    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 27 mars 2012

    BVIALLET
    Le Prince Roumata, historien envoyé par les plus hautes autorités de la Terre, mène depuis plusieurs années une enquête sur les conditions de vie des habitants d'Arkanar, une planète qui vit dans les affres d'un totalitarisme sordide et inhumain. Cette société semi-féodale est dirigée par un tyrannique Ministre de la Sécurité qui a pris le dessus sur un roi incapable. Bien qu'étant un redoutable bretteur, Roumata s'interdit de tuer et même d'intervenir pour changer le cours de l'Histoire. Pendant ce temps, les intellectuels et les déviants en tous genres sont persécutés et les révoltes noyées dans le sang. le Mal est omniprésent...
    Dans ce livre un peu bizarre, le décor « science-fiction » n'est qu'un prétexte à une sorte de roman à clé ou de parabole sur les méfaits du communisme, représenté par la société d'Arkanar. Celle-ci ne se maintient que par la violence, le plus souvent gratuite et le fanatisme symbolisé par des moines qui ne sont que l'avatar des commissaires politiques. Bien entendu Roumata (Romanov ?) est l'envoyé des démocraties occidentales, pleines de beaux principes mais incapables d'influer sur le cours de l'histoire. Ce roman politique pêche un peu par la faiblesse de son intrigue et surtout par un certain manque d'humour. On aurait aimé quelque chose de plus rythmé et de plus « kafkaïen ». de longues descriptions de beuveries pimentées de plaisanteries du genre : « Pourtant le pauvre vieux souffre d'hémorroïdes... » ne suffisent pas à sauver ce texte.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 30 juillet 2010

    La cité dormait ou faisait semblant. Les habitants se rendaient-ils compte que chose d’effroyable se préparait cette nuit ? Ou bien pensaient-ils, comme le gentilhomme de grand esprit, qu’on allait fêter la Saint-Mika ? Deux cent mille homme et femmes, deux cent mille forgerons, armuriers, bouchers, merciers, joailliers, bourgeoises, prostituées, moines, changeurs, soldats, vagabonds, lettrés rescapés se retrouvaient dans leur lits étouffants qui sentaient la punaise, dormaient, s’aimaient, supputaient leur bénéfices, pleuraient, grinçaient des dents de colère ou d’humiliation… Deux cent mille personne. Il y avait en elles quelque chose de commun pour un envoyé de la Terre ; presque tous sans exception n’étaient pas encore des hommes au sens actuel du mot, mais de la matière brute, gueuse, que seuls des siècles d’Histoire sanglante transformeraient en hommes fiers et libres. Ils étaient passifs, cupides et invraisemblablement, fantastique égoïstes. Psychologiquement, ils étaient presque tous des esclaves : esclaves d’une fois, de leur semblables, de leurs passions mesquines, esclaves d’un foi, de leurs semblables, de leurs passions mesquines, esclaves de leur cupidité, et si par la volonté du destin, quelqu’un d’entre eux naissait ou devenait un maître, il ne savait que faire de sa liberté, s’empressait de se faire l’esclave de sa richesse, de choses superflues, d’amis débauchés, esclave de ses esclaves. L’énorme majorité d’entre eux n’était en rien coupable. Ils étaient trop passifs, trop ignorants. L’esclavage prenait sa source dans leur passivité et leur ignorance, et celles-ci à leur tour engendraient l’esclavage. S’ils avaient tous été semblables, tout espoir aurait été vain, le courage aurait manqué pour se mettre à la tâche. Mais tous étaient des hommes, porteurs d’une étincelle de raison, et tantôt ici, tantôt là, s’allumaient en eux les petites lueurs d’un avenir incroyablement éloigné mais proche. S’allumaient envers et contre tout. En dépit de leur apparenter inutilité. En dépit de l’oppression. Bien que personne ne souciât de ces hommes. Bien que dans le meilleur des cas ils pussent compter sur une pitié méprisante et étonnée…
    Ils ne savaient pas que l’avenir était avec eux, que l’avenir, sans eux, était impossible. Ils ne savaient pas que dans ce monde de fantômes terrifiants, ils étaient l’unique réalité du social. Détruisez cette vitamine, la société se gangrène, c’est le début d’un scorbut social, les muscles faiblissent, la vue baisse, les dents tombent. Aucun Etat ne peut se développer sans culture, quand l'Etat n’est plus capable de pratiquer l’autocritique, il commence à encourager des tendances erronées, développer chez ses citoyens l’instinct de consommation et la présomption, pour finir, quand même, victime de voisins plus intelligents. Il est possible de persécuter longtemps les hommes de savoir, d’interdire les sciences, de détruire l’art, laisser le chemin libre à tout ce que détestent tellement les despotes et les ignorants obtus. Les hommes gris qui sont au pouvoir ont beau mépriser la science, ils ne peuvent rien contre l’objectivité historique, ils peuvent freiner mais non arrêter le mouvement. Craignant le savoir, ils finissent toujours par l’encourager dans l’espoir de se maintenir. Tôt ou tard, ils sont contrains d’autoriser les universités, les sociétés scientifique, de créer des centres de recherche, des observatoires, des laboratoires, de former des cadres, hommes de pensée et de savoir qui échappent à leur contrôle, qui ont une mentalité totalement différente, des besoins totalement différents. Ces hommes ne peuvent vivre, et encore moins travailler, dans une atmosphère de basse cupidité, d’autosatisfaction béate, de besoins strictement physiologiques. Il leur faut une autre atmosphère, de savoir universel, de tension créatrice, ils ont besoin d’écrivains, d’artistes, de musiciens. Les hommes gris sont obligés de céder sur ce point aussi. Ceux qui s’entêteront serons éliminés par des rivaux plus rusés, mais ceux qui cèdent, inévitablement et paradoxalement, creusent leur propre tombe. Car l’élévation du niveau culturel des peuples, dans tous les domaines, depuis les progrès des sciences naturelles jusqu’à l’amour de la musique, est mortelle pour les égoïstes incultes et les fanatiques… Puis vient une époque de gigantesques ébranlements sociaux, qu’accompagne un développement inouï de la science, et en corollaire, un très vaste phénomène d’intellectualisation de la société ; alors, la grisaille livre un dernier combat, dont la cruauté ramène l'Humanité au Moyen Age, elle subit une défaite, et dans une société, libre de toute oppression de classe, disparaît pour toujours en tant que force réelle.

    pp. 140-141
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  • Par Walktapus, le 10 septembre 2012

    En ce moment même, dans ces maisons tapies, naissaient invisblement des crapules, des dénonciateurs, des assassins ; des milliers d'hommes, malades de peur, jusqu'à la fin de leur vie, apprendraient sans pitié la peur à leurs enfants et aux enfants de leurs enfants. Je n'en peux plus, se répétait Roumnata, je vais devenir fou, je vais devenir comme eux, bientôt je cesserai définitivement de comprendre pourquoi je suis ici...
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