ISBN : 2277123692
Éditeur : J'ai Lu


Note moyenne : 3.98/5 (sur 90 notes) Ajouter à mes livres
Lorsqu'il est renvoyé de l'école à l'âge de huit ans, cela fait déjà plusieurs années que Horty mange des fourmis en cachette.
Fuyant alors la demeure de ses parents adoptifs qui le martyrisent, le gamin trouve refuge au sein d'un cirque ambulant où il devient l... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 30 décembre 2011

    Seraphita
    Horty, un jeune garçon de 8 ans, est renvoyé de l'école pour une conduite répugnante : il mange des fourmis. Lorsque son père adoptif brise Junky, son jouet préféré aux yeux de cristaux, et lui mutile trois doigts, Horty décide de s'enfuir du domicile parental. Il est recueilli par des forains, comprenant tout un cortège de « monstres », depuis la naine Zena jusqu'à l'homme vert Solum ainsi que l'irascible et terrifiant Cannibale, le patron du cirque. Horty grandit et va rencontrer, au contact de ces monstres, sa vraie nature.
    Avec « Cristal qui songe », je découvrais l'œuvre de Theodore Sturgeon. J'ai bien apprécié cette belle histoire, qui prend très vite l'allure d'une fable cruelle et tragique. le début est captivant et nous montre la cruauté d'un homme, le père adoptif d'Horty : prenant le prétexte de l'anormalité comportementale de l'enfant, son père n'hésite pas à briser son jouet le plus cher et à lui couper – involontairement – quelques doigts. Traumatisé par cette violence, l'enfant fuit. Il va alors aller à la rencontre des cristaux, qui font des rêves étranges, cristaux qu'il connaissait déjà avec son jouet fétiche, Junky, que son père adoptif a brisé.
    Voilà une fable qui nous questionne sur la différence : est-on humain lorsqu'on a l'apparence d'un monstre ? Zena, la naine, passera sa vie en recherche d'humanité et essaiera, en élevant Horty, de lui donner forme humaine. le Cannibale nous montre qu'on peut avoir une apparence humaine mais s'avérer en fait un véritable monstre intérieurement, monstre de haine et de cruauté.
    Entre science-fiction et fantastique, « Cristal qui songe » est une belle fable humaniste : ce qui intéresse surtout Sturgeon, le maître de l'Etrange, c'est l'humain. J'ai trouvé toute la partie sur l'explication des propriétés des cristaux assez compliquée, l'auteur rajoutant de multiples détails peut-être au final un peu superflus.
    Le style est simple, sobre, pas très fouillé : le livre se lit donc facilement, hormis les passages qui expliquent la théorie des cristaux. Si l'écriture a vieilli, le message d'humanisme et de tolérance du livre reste d'actualité.
    Une belle histoire d'amour où le lecteur s'identifie sans peine à Horty, tant ce personnage est attachant, souffrant avec lui aux moments cruciaux de l'histoire. Un récit sensible, humain et poétique.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 03 juillet 2011

    lehane-fan
    Horty , huit ans , renvoyé de l'école pour avoir mangé des fourmis ( Koh-Lanta est fait pour toi ! ) , fuit le domicile familial de ses parents adoptifs peu aimant suite à une dispute plus violente qu'à l'habitude ou il y laissera trois doigts . Receuilli par un cirque ambulant et adopté par la petite troupe ( et je ne dis pas petite à cause des naines ! ) , il s'y épanouiera dix années durant , sous une fausse identité , couvé et éduqué par Zéna , prenant bien soin de ne pas se mettre à dos son tyrannique directeur surnommé " le cannibale " , dangereux personnage en quete d'un incroyable secret dont Horty pourrait bien en etre la clé à son insu !
    Mais que je me suis dis , un cirque ambulant , un directeur autoritaire , je l'ai lu y a pas longtemps ce bouquin : de l'eau pour les éléphants bien sur ! Que nenni , les concordances s'arretent là . L'on est bien dans un pur récit de SF . Meme si la trame du bouquin met pas mal de temps à se mettre en place , il n'en reste pas moins que le récit s'avere des plus cohérent au fur et à mesure que l'on apprehende les divers mysteres qui le composent . Mysteres basés sur des cristaux aux pouvoirs duplicateurs convoités !
    En dire plus serait spoiler un récit plutot bien foutu qui , contrairement à un bon Columbo des familles , ne se livre qu'à la toute fin .
    Un bon bouquin donc ,avec de réels morceaux de bravoure comme le parcours de ce " Cannibale " , originalement Pierre Ganneval , médecin déchu , qui sera le premier à découvrir l'incroyable pouvoir de ces cristaux et à l'utiliser à des fins peu avouables justifiées par un rejet en bloc de la société et des congéneres qui la composent !
    Des personnages attachants ( Zena et Bunny , les deux naines ; la Havane , compagnon de Bunny ; l'etrange Solum , homme crocodile muet totalement dévoué à son boss , le cannibale ) , une histoire qui se tient remplie d'humanisme . Un questionnement interessant sur l'inné et l'acquis .

    Un bon moment au final..malgré une écriture qui date un tantinet .
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    • Livres 5.00/5
    Par Gusseuh, le 29 mars 2010

    Gusseuh
    Sturgeon est considéré comme le maître de l'Étrange, plus que du fantastique ou de la SF. Il convient en effet de le mettre dans son petit coin bien à lui tant ses histoires sortent des carcans habituels : peu de science-fiction, une lichette de fantastique, c'est surtout l'humain qui l'intéresse.
    Pas vraiment l'humain normal, cela dit. Plutôt le monstre, le freak, celui qui reste en marge et ne demande qu'un peu d'attention ou d'amour.
    Ici, il prend la forme d'un jeune garçon qui déteste son beau-père autant que celui-ci le hait, et qui s'enfuit avec un cirque de passage. Mais ce qui aurait pu n'être qu'une aventure initiatique vire à la fable mystique, et il se retrouve rapidement à confronter un étrange pouvoir à celui du patron de la troupe (figure paternelle brutale et orgueilleuse).
    Les personnalités qui l'entourent lui créent un cocon protecteur, jusqu'à une confrontation explosive, qui règlera sa vie comme il l'entend lui, définitivement...
    Un ouvrage sublime, dont l'écriture a certes souffert du passage du temps, mais qui conserve intacte la poésie et l'amour de la différence de Sturgeon, ce foutu humaniste.
    Incontournable.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 juin 2011

    brigittelascombe
    Horton, mangeur occasionnel de fourmis, sévèrement puni par son père adoptif a eu (une sacrée punition!!!) trois doigts tranchés. Il fugue avec Funky son diable en boite et grace à deux naines Zéna et Buna, il incorpore la scène d'un cirque dont le directeur le cruel Ganneval poursuit des expériences sur des cristaux qui pensent et gémissent, vrais rêves minéraux.
    Ce livre de science fiction humaniste et poétique,grand classique de la SF, lu il y a bien quarante ans m'a marquée. Sturgeon, le maitre de l'étrange a par la suite réalisé plusieurs épisodes de Star Trek.
    L'originalité de ce livre ce sont tout d'abord les cristaux, dont les rêves faits de chair et de sang restent parfois inachevés, tel ce chat à deux pattes.C'est une première en matière de SF car ils semblent issus d'une autre planète et porteurs de pouvoirs.
    Le thème abordé, est le thème de la différence, cher à l'auteur qui parle souvent dans ses livres de quelques détails de sa propre vie à des fins thérapeutiques. On parle ainsi d'unités sturgeonniennes.
    Ici,la difformité physique est contrebalancée par des facultés psychiques hors du commun.Alors que "le cannibale" méprise l'humanité,Horton a la capacité de retenir les moindres détails, et grace à Zena qui pensera pour lui et agira pour lui pour le guider vers son propre destin, il se régénèrera et se transformera.
    N'est ce pas le principe d'adaptation applicable dans toute survie?
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    • Livres 2.00/5
    Par PinkCanary, le 25 août 2010

    PinkCanary
    Horty aime les fourmis, ce qui n'est pas du goût de ses parents adoptifs. Armand Bluett le maltraite et va même jusqu'à le mutiler en lui coinçant les doigts dans une porte. le petit Horty décide alors de faire son balluchon et de partir, sans oublier son Junky, un diable dans sa boîte avec de jolis cristaux en guise d'yeux. Il passe devant la maison de son amie Kay, et lui fait promettre de ne jamais dire qu'elle l'a vu. Horty grimpe dans un camion de forains et rencontre les nains Zena, Bunny et La Havane et l'homme à la peau verte, Solum.
    Zena décide de l'intégrer à leur monde mais en le faisant passer pour sa cousine, naine également, pour le protéger du Cannibale, Pierre Ganneval, propriétaire du cirque, lunatique et ancien médecin banni du monde scientifique. Mais celui çi mène toujours ses expériences cruelles sur des cristaux étranges qui sont capables de bien des choses. Pendant 10 ans passés chez les forains Horty a développé une mémoire extraordinaire et à régénéré ses doigts, ce qui pousse Zena à lui demander de partir car elle craint pour sa vie. Horty retrouve Kay qui est harcelé par Armand Bluett devenu juge. Il se sert de ses dons pour se venger.
    Mon avis : Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre...j'étais très enthousiaste à la lecture de certaines critiques (même si je préfère souvent les lire après) et du coup, je crois que je suis passée un peu à côté. Je vois bien ce qui a plu à beaucoup de lecteurs, je comprends bien pourquoi on peut beaucoup discuter sur cette oeuvre, mais ça ne m'a pas emballée.
    Il y a bien évidemment une ode à la différence et à l'acceptation (ou pas) de cette différence et une réflexion sur l'humanité.et sa définition. Qui est le plus humain : l'humain cruel ou le non humain plein de bonté? Je ne suis pas insensible à ces thèmes mais...je ne sais pas...ça ne l'a pas "fait" pour moi.
    Certains passages m'ont parus longs, alambiqués et tombant comme un cheveu sur la soupe comme l'explication de l'origine des cristaux et les recherches de Ganneval ou alors trop élliptiques comme les 10 ans passés au cirque. On passe d'un jour au cirque et le paragraphe suivant à "il y a 10 ans", paf, comme ça.
    C'est étrange car j'ai l'impression que ce qui m'a un peu perdue et m'a fait me poser des questions n'est pas, je pense, ce que l'auteur voulait soulever quand il a écrit le livre dans les années 50.
    Par contre le côté science fiction avec les cristaux m'a bien plu mais je ne l'ai pas trouvé assez développé. Ce n'était peut être pas le but de l'auteur après tout...L'ambiance était là, j'ai apprécié les personnages également, leur ambivalence, leur humanité. J'ai été dérouté par l'écriture que je n'ai pas trouvé fluide mais c'est peut être la traduction.
    Conclusion : quand j'ai refermé le livre, je me suis dit "déjà?" car je n'ai pas eu l'impression qu'il s'était passé grand chose. L'intrigue n'est pas complexe et pourtant, je reste sur un sentiment de flou . Je suis un peu déçue de ne pas avoir accroché à ce roman qui est pourtant réputé mais ça ne m'empêchera pas de lire "Les plus qu'humains" du même auteur.

    Lien : http://canarylit.canalblog.com/
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Citations et extraits

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  • Par Seraphita, le 07 mai 2010

    - Ils rêvent, dit-il, tandis que sa voix, sonore comme un tuyau d’orgue, s’amenuisait jusqu’à ne plus être qu’un murmure chargé de passion. Je n’ai pas encore trouvé d’expression plus juste. Oui, ils rêvent.
    Zena attendit la suite en silence.
    - Mais leurs rêves ont une vie propre dans notre monde à nous – dans l’espèce de réalité que nous connaissons. Leurs rêves ne sont pas des pensées, des ombres, des images, des sons, comme les nôtres. Ils sont faits de chair, de sève, de bois, d’os, de sang. Et il arrive même que leurs rêves restent inachevés ; c’est pourquoi je possède un chat à deux pattes, un écureuil sans poils et aussi Gogol, qui devrait être un homme, mais n’a ni bras, ni glandes sudoripares, ni cerveau… Tous ces êtres sont inachevés… Il leur manque à tous, entre autres choses, de l’acide formique et de la niacine. Mais… ils sont quand même vivants…
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  • Par Endea54, le 25 janvier 2010

    « Il jouissait du dégoût que lui inspirait l’humanité. Il avait bâti à sa haine une tour d’ivoire dans laquelle il s’enfermait pour contempler dédaigneusement le monde entier. Il y trouvait l’altitude dont il avait besoin pour respirer à l’aise. Certes, pendant ce temps-là, il crevait de faim, mais comme les richesses matérielles avaient de la valeur aux yeux de ce monde qu’il haïssait, il retirait de sa pauvreté une jouissance supplémentaire. Cela dura quelques temps mais pas toujours …

    L’homme qui adopte une pareille attitude ressemble malheureusement à l’enfant qui possède un fouet ou à la grande nation pourvue de cuirassés : il leur suffit de se camper fièrement au soleil pour bien faire voir à tout le monde qu’ils disposent d’une enviable supériorité, mais bientôt il devient absolument indispensable à leur bonheur que le fouet siffle et claque, et que les canons tonnent. L’homme a besoin d’autre chose que d’un piédestal : il lui faut tôt ou tard passer à l’action. »
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  • Par TwiTwi, le 29 novembre 2009

    Il y parlait des magnifiques dents blanches de Zena et de sa voix musicale, et du jour où elle avait fait renvoyer Huddy, et de la courbe de sa joue et de la profondeur expressive de ses yeux. Il y parlait du corps de Zena, il énumérait les mille et une raisons qu'avait un être humain de la trouver belle. Il y parlait du chant éloquent de sa guitare d'enfant, de sa tendresse généreuse, du danger qu'elle n'avait pas craint d'affronter pour défendre cette forme de vie qu'un cristal lui avait déniée en la créant. Il décrivait sa nudité sans artifices ; il évoquait les larmes amères qu'elle tentait de dissimuler sous les claires arpèges de son rire ; il rappelait ses souffrances et sa mort.
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  • Par TwiTwi, le 04 décembre 2009

    L'enfant s'était fait surprendre dans un coin du stade scolaire, alors qu'il se livrait à un acte répugnant ; on l'avait renvoyé chez lui en l'expulsant ignominieusement de l'école. A cette époque, il avait huit ans ; cela faisait plusieurs années déjà qu'il pratiquait ce vice.

    En un sens c'était dommage. Il était gentil ce gosse ; il était même plutôt beau, quoi qu'il n'eut rien d'extraordinaire. Il y avait d'autres enfants, et même certains professeurs, auxquels il était plutôt sympathique, mais il y en avait aussi qui le n'aimaient guère. En tout cas, lorsque son forfait fut connu, tout le monde se ligua contre lui.
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  • Par Endea54, le 25 janvier 2010

    Et il leur parla. Il n'existe pas de mots pour exprimer ce qu'il leur dit, aussi ne s'en servit-il pas. Ce qu'il avait à dire jaillit du fond de son âme dans un grand élan lyrique. Dans ce bref éclair de pensée étaient contenues toutes les pensées qui avaient sommeillé dans son esprit depuis vingt ans, et aussi tous ses livres, toute sa musique, toutes ses craintes, toutes ses joies, tous ses étonnements, toutes ses aspirations. Son message passa d'un cristal à l'autre comme une trainée de poudre.
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