> Éric Chédaille (Traducteur)

ISBN : 2267019817
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2008)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Au lendemain d'une nuit pourtant bien calme, Saville Kent, cinq ans, disparaît. Sous le choc, les habitants de cette grande demeure du Wilthshire doivent faire face à deux évidences : l'enfant a été assassiné et le meurtrier est forcément l'un d'entre eux. Aussitôt, les... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 février 2009

    Woland

    L'affaire de Road Hill House
    The Suspicions of Mr Whicher
    Traduction : Eric Chédaille
    Au centre de cet ouvrage, sous-titré "L'Assassinat du Petit Saville Kent", deux grands thèmes : une affaire criminelle aussi sordide qu'énigmatique et l'étude du phénomène social représenté par l'apparition, sous les Victoriens, du personnage de l'enquêteur de police. Un personnage qui aura bien du mal à s'imposer et qui, on le verra plus de vingt années après, avec les meurtres de Jack l'Eventreur, restera désarmé tant que la science n'aura pas mis un peu d'ordre dans les méthodes d'investigation alors en vigueur.
    Cette hybridation est parfois ressentie comme pénible car le lecteur a l'impression d'un discours qui part dans toutes les directions. En outre, Kate Summerscale n'a pas cet art du conteur quasi inné et que l'on peut cependant rencontrer dans des livres relatant une enquête policière, les deux étant loin d'être incompatibles. Mais passons puisque, en dépit de ces quelques critiques, "L'affaire de Road Hill House" se laisse lire.
    Les amateurs d'Histoire littéraire y apprécieront les nombreuses références aux grands auteurs du temps, s'engouffrant dans la voie royale mais ténébreuse ouverte par Edgar Allan Poe avec son chevalier Dupin. Au milieu de noms aujourd'hui oubliés, se distinguent encore Wilkie Collins avec sa "Pierre de lune" et sa "Dame en Blanc" et, bien entendu, Charles Dickens pour "Bleak House" et plus encore pour l'inachevé "Mystère d'Edwin Drood."
    Dickens d'ailleurs avait, sur l'affaire Saville Kent, des idées bien arrêtées, qu'on pardonnera à un romancier aussi exceptionnel : ce maître du roman-feuilleton en tenait en effet pour l'hypothèse d'un enfant étouffé par la nurse cruelle après qu'il eut assisté sans le vouloir aux ébats de ladite gouvernante et de son père. Toute la fascination horrifiée que le sexe et ses manifestations les plus innocentes inspiraient aux sujets de la reine Victoria sont contenues dans cette théorie dickensienne - que le romancier ne pouvait d'ailleurs pas mettre en scène dans ses propres textes sous peine de perdre son public.
    L'Affaire Saville Kent débute par l'un des meurtres les plus ignobles qui se puissent commettre : celui d'un enfant. Les faits sont les suivants :
    Au matin du 30 juin 1960, le corps du petit Saville, le fils que Samuel Kent, sous-inspecteur des manufactures pour le compte du Gouvernement, a eu de sa seconde épouse, Mary Pratt, est retrouvé dans les latrines du jardin. Selon l'autopsie, l'enfant est mort étouffé, quelques heures plus tôt. Selon l'enquête - sur ce point, les enquêteurs locaux comme ceux de Londres tomberont d'accord - le ou les meurtriers étaient issus de la maison.
    Il faudra à peu près cinq ans pour qu'une personne revendique la responsabilité du meurtre. Mais avec la meilleure volonté du monde et bien qu'ils aient servi à obtenir une condamnation, ces aveux ne sauraient satisfaire l'observateur attentif. Ici, l'étude policière rejoint la dissection un peu brouillonne d'une société engoncée dans des principes rigides et incapable de concevoir une explication rationnelle pour des pulsions qui, un siècle plus tôt, auraient été encore imputées à une influence démoniaque.
    Le tableau est d'autant plus étouffant que ce que nous considérons aujourd'hui comme la police n'en était encore à cette époque qu'à ses tout débuts, que l'idée d'un meurtrier appartenant aux classes élevées de la population tenait du sacrilège et que les détectives marchaient en conséquence sur des oeufs en émettant leurs hypothèses, y compris les plus logiques. Sans oublier que tout ce qui se rapportait à la sexualité était passé sous silence, voire carrément occulté et que, s'il y avait déficience mentale dans une famille, elle ne pouvait être le fruit que du sang maternel mais jamais, au grand jamais d'une syphilis récoltée par le mari ou le frère ou l'amant dans les maisons closes ou sur les trottoirs.
    A lire donc et, éventuellement, à approfondir avec un autre volume consacré à la même affaire. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par antigoneCH, le 07 janvier 2009

    antigoneCH
    Dans la nuit du 29 au 30 juin 1860, chez les Kent, à Road Hill House, grande maison bourgeoise du Wilthshire, Saville Kent, trois ans, disparaît de la nursery. Il est retrouvé, un peu plus tard, égorgé de manière atroce, dans les latrines qui jouxtent la demeure.
    L'affaire passionne les médias de l'époque, la rumeur. Un détective de Scotland Yard, Jack Whicher, est dépêché sur les lieux. Il s'avère vite que le criminel ne peut être qu'un habitant de la bâtisse, les volets ayant été ouverts de l'intérieur, oui mais lequel ? Les hypothèses et fausses pistes vont bon train tandis qu'on décortique les indices et questionne les domestiques.
    Kate Summerscale ne se contente pas dans son essai de dépecer le crime qui suscita autant de passion et d'effervescence à l'époque, en Angleterre, elle met en lumière et en perspective sa place importante dans l'histoire de la criminalité. Elle évoque la création de Scotland Yard, des brigades de détectives, la mise en place de tout un système d'enquête, qui nous semble si évident aujourd'hui, acquis. L'affaire de Road Hill House est, avec d'autres affaires, à l'origine d'une autre vision du foyer bourgeois, autrefois impénétrable, secrète. Elle est également le fondement, en quelque sorte, des premières intrigues policières, et de cette littérature à énigme qui remportera ensuite de plus en plus de succès.
    L'affaire de Road Hill House brosse par le biais d'un crime domestique tout un pan de l'histoire d'Angleterre, et c'est terriblement passionnant. J'ai plongé avec délectation dans ce pavé foisonnant et riche, avide de connaître le dénouement, intéressée par ces portraits très fouillés des protagonistes proches ou lointains du crime, conquise par l'excellente technique de Kate Summerscale qui sait rendre chaque détail captivant. Ce livre est une réussite.


    Lien : http://antigonehc.canalblog.com
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    • Livres 5.00/5
    Par Lirio, le 08 octobre 2011

    Lirio
    Dans la campagne anglaise de 1860, le très jeune Saville Kent disparut une nuit de son lit et fut retrouvé mort peu après. Une douzaine de personnes vivaient alors sous le toit de Road Hill House : membres de la famille et domestiques. Pour autant, l'enquête qui aurait dû être facile mit des années à aboutir. Qui avait froidement assassiné le petit garçon : un inconnu de passage, ou pire, un de ses proches parents ?
    Pour rédiger ce roman-documentaire, l'écrivain Kate Summerscale s'est plongée dans une énorme quantité d'archives policières et journalistiques d'époque. A la fois analyse d'un crime horrible et des perversions d'une famille aux apparences idéales, ce livre est aussi un passionnant tableau de mœurs de la société victorienne et de ses turpitudes soigneusement dissimulées. Ce fait divers inspira a l'époque les prémices du roman policier anglais, ainsi que l'écrivain Henry James et son célébrissime « Tour d'écrou ».
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    • Livres 5.00/5
    Par wakinasimba, le 21 janvier 2009

    wakinasimba
    L'auteur revient sur une affaire judiciaire qui a défrayé la chronique en Angleterre en 1860.
    Elle commence par expliquer la vie de la famille Kent, puis ce qui s'est passé la nuit de la mort du petit Saville ainsi que le lendemain matin et les circonstances de la découverte du corps.
    Ensuite entrent en scène le meilleur inspecteur de Londres et sa théorie.
    Selon lui, ce sera la demi-soeur de Saville, Constance, qui l'aurait tué par jalousie.
    Toutefois, certains points restent obscurs et les théories vont bon train dans tout le pays, et nombres de charlattants proposent leur aide pour aider à résoudre le mystère.
    L'inspecteur en charge de l'affaire ne sera d'ailleurs jamais sûr de la culpabilité de Constance.
    Une enquête très bien documentée et très bien menée qui nous entraîne au sein de la famille Kent.
    On ne peut que croire les hypothèses de l'inspecteur qui sont les plus vraissemblables.

    Lien : http://lescouassous.over-blog.com/article-25577908.html
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  • Par ennapapillon, le 15 juin 2009

    ennapapillon
    A la base de ce documentaire, il y a l'étude du meurtre sordide d'un petit garçon de 3 ans dans une famille bourgeoise de l'Angleterre Victorienne. N'importe qui –famille ou domestiques- aurait pu commettre ce crime. On pénètre alors dans le mystère de la famille et de la maison du 19ème siècle, jusque là très fermées. On suit l'enquête policière au fur et à mesure.


    Le livre s'appelle « L'affaire de Road Hill House » mais il aurait pu s'appeler « La presse et les histoires criminelles en Grande Bretagne au 19ème siècle. » ou « De l'influence des détectives de l'époque Victorienne sur la naissance du roman policier en Angleterre. » En effet, l'auteur avait des choses à dire sur les trois sujets mais n'a pas su choisir et au lieu d'écrire trois livres, elle a voulu tout traiter dans un seul… [...]


    Lien : http://ennalit.canalblog.com/archives/2008/10/31/11061372.html
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 26 février 2009

    Un meurtre tel que celui-ci pouvait révéler ce qui avait pris forme à l'intérieur du foyer claquemuré de la classe moyenne. Il apparaissait que la famille cloîtrée, tant vantée par la société victorienne, pouvait entretenir un refoulement nocif et nauséabond des affects, un miasme tant sexuel qu'émotionnel. Peut-être l'intimité était-elle une source du péché, la condition qui amenait le doux tableau domestique à pourrir de l'intérieur. Plus le foyer était clos, plus son univers intérieur était susceptible de se corrompre.
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  • Par Woland, le 26 février 2009

    Jack Whicher [qui enquêtera sur l'affaire] était l'un des huit premiers policiers de Scotland Yard. Au cours des dix-huit ans d'existence de cette unité, ces hommes étaient devenus des figures aussi mystérieuses que prestigieuses, d'énigmatiques petits dieux londoniens à qui rien n'échappait. Charles Dickens les élevait au rang de modèles de la modernité. Ils étaient aussi prodigieux et scientifiques que les autres merveilles des années 1840 et 1850 - l'appareil photographique, le télégraphe électrique et le train. Le détective paraissait, à l'instar du télégraphe et du train, capable de franchir le temps et l'espace ; comme la photo, il semblait capable de les figer. Dickens rapporte que, "d'un coup d'oeil", un détective "fait immédiatement l'inventaire du mobilier" d'une pièce et "dresse un portrait fidèle" de ses occupants. Les investigations d'un détective, écrit le romancier, sont "une partie d'échecs jouée avec des pièces vivantes" et dont "on ne lit nulle part la chronique."
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  • Par Woland, le 26 février 2009

    L'énigme de l'affaire tenait à la combinaison particulière de frénésie et de froideur, de préméditation et de passion, dont avait fait preuve le meurtrier. La personne qui avait assassiné, mutilé et dégradé Saville Kent devait être terriblement dérangée et possédée de sentiments d'une force anormale ; pourtant, en restant jusque là dans l'ombre, cette personne avait fait montre d'une étonnante maîtrise de soi. Whicher voyait, dans le calme impassible de [X*], un indice de sa culpabilité.
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