> Henri-Alexis Baatsch (Traducteur)

ISBN : 2020374757
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 59 notes) Ajouter à mes livres
A soixante ans, Conrad Lang vit aux crochets d'une riche famille qui l'a recueilli enfant et qui continue à le faire vivre en l'employant comme gardien. Un soir, il met accidentellement le feu à leur villa. Ce sont les premiers symptômes d'un mal mystérieux, qui va avoi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 19 février 2012

    le_Bison
    Lorsque Conrad Lang souffre des premiers symptômes, tout son entourage semble persuadé que ces troubles ne sont dus qu'à la sénilité et à son fort penchant pour l'alcool. D'ailleurs au début, ses légères étourderies prêtes à sourire, et Conrad est même le premier à en plaisanter, à s'en amuser... jusqu'au jour où au coin de sa rue, il est incapable de rentrer chez lui... jusqu'au jour où il ne reconnaît même plus la femme qui partage ses repas et son lit... jusqu'au jour où des souvenirs de sa petite enfance ressurgissent de sa mémoire pour troubler la tranquillité de la famille Koch...
    « Un ami parfait » du même Martin Suter s'intéressait déjà à la notion de perte de mémoire. « Small World », son premier roman, traite également de l'amnésie à travers cette « drôle » de maladie qu'est l'Alzheimer. Il me fait découvrir ce qu'il y a de plus terrible : l'incapacité des proches à aider le malade. Doit-on se réjouir de mettre un nom scientifique sur ces « anodins oublis », ces petites étourderies ? Cette maladie, passée longtemps inaperçue, me donne un sentiment d'impuissance. Il me semble difficile d'observer une personne que l'on aime, que l'on estime, sombrer dans un monde différent, un monde où vous êtes absent, où vous n'existez même plus.
    L'histoire de Conrad est touchante, elle montre petit à petit la dégénérescence de ses souvenirs récents, en même temps que la récupération de quelques bribes de mémoires enfantines. Ces souvenirs pourraient-ils ébranler la réputation de la plus haute bourgeoisie suisse ? Études médicales et expérimentations pharmacologiques, découragements et espoirs ponctuent la nouvelle vie de Conrad avec, en prime, une critique acerbe de la société bourgeoise suisse et avec un soupçon de machination et de thriller familial !
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    • Livres 4.00/5
    Par yoshi73, le 26 août 2011

    yoshi73
    Depuis son enfance, la vie de Conrand Lang est intimement liée à celle de la famille Koch. Alors que sa mère l'abandonne pour vivre une histoire d'amour, Conrad est pris en charge par Elvira Koch. Il va vivre dans l'ombre de Thomas, le fils Koch, dont il a le même âge. Il ne vivra jamais pour lui et ne fera que suivre les envies de Thomas. Thomas veut faire du piano? Conrad en fera aussi. Si bien qu'arrivé à l'âge adulte, Conrad ne sait rien faire et n'a pas de métier. Il va donc commencer à vivre aux crochets de la famille Koch. Ainsi, à l'âge de 60 ans, il est gardien de la villa que la famille Koch possède sur l'île de Corfou. Mais Conrad ne connaît pas une vieillesse tranquille. Il oubli de plus en plus de choses. Il lui arrive ainsi de ne plus retrouver le chemin de la maison. Ces oublis deviennent vite très handicapant. Un mot est alors lancé : alzheimer. Mais, si Conrad ne se souvient plus des choses les plus récentes, il est capable de se souvenir avec une très grande précision d'événements qui se sont déroulés alors qu'il n'avait que 5 ou 6 ans. Informée de la situation, Elvira Koch souhaite avoir Conrad à l'oeil. Simone, la femme du fils de Thomas, qui s'ennuie à mourir depuis son mariage, va s'occuper de Conrad. Un véritable hôpital va être installé dans la villa des Koch pour les soins de Conrad. Simone, avec l'aide de médecins, va réussir à stimuler la mémoire ancienne de Conrad. Les propos de ce dernier sont de plus en plus précis et inquiètent grandement Elvira, cette femme pourtant si sûre et maîtresse d'elle-même.
    Ce roman est très agréable à lire. Martin Suter nous plonge dans la vie d'une riche famille Suisse. Une famille qui semble cacher un lourd secret. Ce secret pourrait être mis à mal par Conrad, cet homme pour lequel la famille Koch n'a jamais eu de réelle estime et qui est le plus souvent moqué. C'est au moment où il est au plus mal, atteint par une maladie qui l'isole chaque jour un peu plus, qu'il est le plus dangereux pour Elvira.
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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 01 septembre 2011

    kathy
    Un roman qui « consiste à décrire à la fois la perte de mémoire et les efforts pour la reconstituer » :
    Conrad Lang s'enfonce peu à peu dans la maladie d'Alzheimer. Mais si sa mémoire immédiate, celle liée au quotidien, semble lui faire défaut, celle, plus ancienne, liée aux souvenirs de son enfance, resurgit peu à peu, par bribes.
    Ainsi ses réminiscences nous dévoilent que, malgré sa mise à distance par la richissime Elvira Koch, sa vie est, depuis toujours, très intimement liée à celle de la famille Koch. Quel secret Elvira tient-elle tant à préserver ? Les révélations de Conrad suffiront-elles à ébranler le clan Koch ?
    Roman construit comme un polar dans lequel on s'attache aux personnages, et en particulier à Conrad, qui -malgré ses allures de dandy bien éduqué, charmeur auprès des femmes-, a tout pour évoquer l' anti-héros, personnage « sans qualités », mésestimé, alcoolique et has-been. Pourtant….
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    • Livres 5.00/5
    Par MissAlfie, le 21 mars 2012

    MissAlfie
    Si les personnages ont une place importante dans l'histoire, la maladie joue un rôle à part entière. Mais pas n'importe quelle maladie, une maladie dont on a déjà parlé sur ce blog : la maladie d'Alzheimer. Alors peut-être, effectivement, ne suis-je pas objective avec tous ces bouquins qui évoquent une pathologie que je ne suis pas sans connaître. Mais j'ai réellement apprécié la manière dont Martin Suter l'a mise en scène : loin de nous proposer un roman plein d'émotions voire larmoyant, il réussit à faire de cette maladie l'enjeu d'une course contre la montre digne d'un thriller... Et si en ralentissant l'évolution de la maladie, Conrad se mettait à dévoiler des choses ennuyeuses pour Elvira ? Deviendra-t-il un homme à abattre ?!
    A partir de l'histoire d'un homme vieillissant dont la mémoire va peu à peu s'envoler, Martin Suter réussit à nous entraîner dans une réflexion sur les souvenirs, sur les secrets de famille, et à faire de la maladie d'Alzheimer un personnage qui viendra jeter le trouble dans la famille en ravivant peurs et colères plutôt qu'en provoquant pleurs et chagrins. A lire, vraiment.

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2012/03/16/23576362.html
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 29 juin 2011

    brigittelascombe
    Martin Sutter, écrivain suisse, a publié plusieurs romans dont deux adaptés au cinéma "Un ami parfait" et "Small World"(sous le titre Je n'ai rien oublié).
    Conrad et Thomas ont été élevés ensemble, mais le premier est le gardien d'une maison de vacances et l'autre le riche héritier d'une famille de grands bourgeois.
    La vie a creusé le fossé de leurs divergences et seul l'incendie, provoqué par inadvertance par Conrad vieillissant dont les neurones se dégradent, va les mettre à nouveau face à face.
    Au fur et à mesure que la mémoire s'altère d'étranges souvenirs (qui inquiètent Elvira la mère de Thomas) émergent. La belle petite fille, dont le mariage bat de l'aile, va aider Conrad à lâcher le secret.
    Suspense et meurtre garanti!
    Un bon polar doublé d'une bonne étude psychologique car Martin Sutter évoque la vieillesse et ses dégradations, mais aussi la violence d'une famille.
    Une famille, une scène de théatre dans les coulisses de laquelle le mystère tisse sa toile angoissante autour d'un secret. Et l'empire de la mère Elvira, la matriarche ambitieuse et machiavélique, l'arriviste partie de rien qui veut imposer son fils quitte à léser l'autre, le vrai, une mère-montagne défaillante dont la toute puissance sans limite ira jusqu'à la mort.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 19 février 2012

    - Je me souviens de notre teckel Fritz qui était un jour étendu mort au beau milieu de l’allée du jardin. A cette époque je devais avoir environ six ans.
    - Est-ce qu’il est possible de se souvenir de choses encore antérieures ?
    - Au moment de la naissance, le système nerveux central n’est pas encore complètement formé. Dans les deux premières années de la vie, la mémoire des petits enfants ne peut encore rien engranger. Il lui faut d’abord apprendre à apprendre et à demander à la mémoire de restituer.
    - Cela veut dire que théoriquement on peut se souvenir d’évènements que l’on a vécus quand on avait trois ans ?
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  • Par Yuko, le 14 juillet 2010

    - Je suis tombée sur le papier qui te permet de retrouver notre appartement et de te souvenir de mon nom.
    - Où ? avait-il demandé.
    - Dans le réfrigérateur.
    Il rit. Mais comme cela, la glace était rompue. Il lui raconta tout. Tout ce dont il pouvait se souvenir. [...]
    Rosemarie rit aussi. " - Peut-être devrais-tu consulter un médecin.
    - Tu crois que c'est si sérieux que ça ?
    - Rien que par précaution.
    Ils continuèrent leur chemin dans la chaude odeur des chevaux. Lorsque ce cliquetis se fut évanoui, Conrad dit "C'était bien que je puisse parler pour une fois aussi ouvertement avec quelqu'un. Avec Rosemarie c'est impossible."
    Rosemarie s'arrêta. "Mais je suis Rosemarie."
    Pendant une fraction de seconde elle pensa qu'il allait perdre contenance. Puis il s'exclaffa : "Je t'ai eue !
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  • Par comtesseoboulof, le 27 janvier 2012

    Si Scholler avait dû décrire ses sentiments pour Elvira Senn, il n'aurait pas utilisé le mot "amour". Mais il y avait dans son attitude quelque chose comme de l'adoration, de l'inclination et de l'obeissance. Et aussi _ pourquoi aurait-il dû se le cacher ? _ une attirance erotique. C'était un célibataire qui allait sur les soixantes ans et qui s'était toujours senti attiré par les femmes plus agées, dominatrices. Et cette qualité enrichissait d'une autre facette _ même si elle n'était pas très importante _ leur relation à plusieurs niveaux. Elvira avait beau avoir quatre-vingts ans, elle restait une femme attirante et de surcroit elle avait beaucoup de pouvoir.
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  • Par Celine_72, le 02 juin 2011

    Le tennis est un sport pour la vie entière, et quand on devient plus âgé, compter est aussi un excellent entraînement pour la mémoire.
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  • Par Celine_72, le 02 juin 2011

    Celui qui creuse la tombe de l'autre s'y enterre lui-même.
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Vidéo de Martin Suter

Je n'ai rien oublié (2011) un film de Bruno Chiche avec Gérard Depardieu, Alexandra Maria Lara, Niels Arestrup, Nathalie Baye. Scénario de Bruno Chiche, d'après le livre de Martin Suter











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