Cette bande dessinée, je l'ai commencée dès sa sortie, en 1994, et j'ai suivi chacune des sorties.
Yves Swolfs, je ne le connaissais pas. J'ai appris à faire sa connaissance à travers ce livre et je l'ai suivi dans ses autres collections (Durango et Légende).
Les traits de son dessin sont caractéristiques, bien fait et réaliste. Les couleurs sont le plus souvent dans les tons jaunes pour ce premier tome.
Ah, si seulement Jehan avait laissé ce troubadour dans la nuit... tout cela n'aurait pas eu lieu et son épouse n'aurait pas succombé aux charmes vampiriques de Kergan.
Dracula avait son van Helsing … et Kergan aura son Rougemont. Dracula était, à sa façon, un séducteur et Kergan l'est tout autant. L'épouse de Rougemont qui se relève toutes les nuits de son caveau, c'est pareil dans "Dracula" avec Lucy. La différence, c'est que la descendance de Rougemont traquera le vampire sur quelques siècles.
Quant aux caractéristiques des vampires de
Swolfs, ils sont de factures habituelles (celle d'avant l'arrivée de la mauvaise littérature vampirique) : pâleur cadavérique, canines acérées, goût immodéré pour le sang et le sexe (mais ils ne font pas ça de la même manière que nous et je doute que nous, les femmes, apprécierions de nous retrouver avec Kergan et sa paire de... canines acérées entre nos cuisses).
Bref, des vampires normaux, quoi !
Et pour les détruire ? me demanderez-vous, petits curieux : dévalisez l'église du coin de sa réserve d'hosties, munissez-vous d'un fusil à eau que vous remplirez d'eau bénite (à l'entrée des églises, sauf si elle a changé de place), taillez un pieu et plantez-lui en plein cœur (demandez-lui de ne pas trop bouger durant l'opération) et sans oublier la bonne vieille décapitation (attention, ça tache).
Les vampires de
Swolfs n'apportent donc rien au mythe du vampire...
Où se trouve l'originalité, alors ? Elle se trouve dans les quatre pages qui coupent le récit moyenâgeux du sieur Rougemont par une incursion dans notre siècle (bédé parue en 1994, c'était toujours le 20ème), dans les années 30.
Dans cette brève partie, nous faisons connaissance avec Vincent qui a des cauchemars. Ce qu'il voudrait connaître, c'est l'étrange secret que lui cache son père.
On comprend très vite le pourquoi de la présence de Vincent...
Dans de nombreux albums,
Swolfs jouera avec les flashbacks, et le lecteur se retrouvera pris dans les aller-retour entre le moyen-âge de Jehan et les années 30 de Vincent. Sans oublier que Vincent sera un personnage important et récurent. Très importants dans les derniers albums !
Cette structure de flash-back se répètera sur les albums suivants, mais avec d'autres ancêtres de la famille Rougemont. Une petite entreprise qui ne connaîtra pas la crise, la famille Rougemont ? Pas aussi sûre que vous !
L'ambiance et le scénario de cette série sont, en soi, une très bonne raison d'y jeter un œil (muni de toute sa panoplie de chasseurs de vampires, on est jamais trop prudents).
Surtout si on a un faible pour les VRAIS vampires...