Le scénario est assez simple, et donne une idée de ce que pouvait être la situation du femme indienne de bonne condition sociale à la fin du XIX° siècle début du XX°
Originellement titré Nastanihr en Bengali " le nid brisé", le roman est paru en 1901, époque où l'Inde était encore colonie britannique... ce qui me parait très important à souligner.
chârulatâ,dite Charu, pétulante jeune femme mariée très jeune à un homme plus âgé qu'elle qui ne l'a pas vue grandir, s'ennuie. Son mari créateur d'un journal anglophone, ne s'intéresse qu'à sa publication, qu'il co-dirige avec le frère de Charu. Afin qu'elle ne s'ennuie pas, comme il était de coutume dans la bonne société indienne d'alors, il invite son propre cousin Amal, étudiant en littérature, à venir vivre chez eux, en échange de cours de littérature pour Charu, qui adore la lecture. Charu et Amal s'entendent parfaitement, se chamaillent, s'amusent, écrivent...
Tout celà est fort intéressant, même si on reste dans un triangle amoureux classique, manque de communication, rancoeurs, etc...
En tout cas c'est comme ça que le roman est présenté un peu partout.
Pourtant une chose me parait intéressante à creuser que je n'ai vue nulle part: un roman publié en 1901, alors que l'Inde est sous le joug de l'Angleterre. Or celui qui échoue totalement, C'est Bhupati, le mari, qui publie un journal anglais, ne jure que par l'anglais, adore l'anglais.. tandis que les succès littéraires sont du côté d'Amal et Charu, qui représentent l'espoir de la littérature bengalie ( c'est dit à peu près comme ça), dans un texte lui-même écrit à la base en bengali. Je sur-interprète peut être, mais en tout cas pour moi, c'est en filigrane une manière d'annoncer que le temps de la suprématie anglaise arrive à son terme, et qu'il est temps pour les indiens de réapprivoiser leur langue. Et là, c'est beaucoup beaucoup plus intéressant pour moi..
A vérifier en lisant d'autres textes du même auteur ...
Lien : http://chezpurple.blogspot.com/2011/06/charulata-rabindranath-tagore..