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ISBN : 2226244255
Éditeur : Albin Michel (2012)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Deux femmes se parlent. Deux Iraniennes. La première, née après la révolution de 1979, et qui n?a connu que le régime islamique, est une jeune comédienne au succès grandissant. La seconde, écrivain reconnu, a grandi dans l?Iran du Shah.

Nous les suivons pas à pas dans leur vie quotidienne. La première raconte son enfance, sa découverte de l?amour, ses engagements politiques, ses démêlés avec la censure, son exil. La seconde, installée à Paris depuis t... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
29 mai 2013
  • 2/ 5
La narratrice est l'auteure elle-même, mais elle raconte son amitié avec une actrice imaginaire, Sheyda Shaya, qui n'a connu que l'Iran islamique. La première a grandi en Iran, sous le régime du Shah et elle explique pourquoi elle a choisi d'écrire l'histoire de cette actrice fantasmée. « Je ne sais pas pourquoi j'ai voulu écrire sur elle. Je n'avais pas vu la plupart de ses films et elle n'était pas une amie. [...] La vie d'une actrice de cinéma ne m'intéresse guère. » (p. 175) En écrivant sur une autre, c'est un écrit très personnel que livre l'auteure. « À travers Sheyda, je cherche l'Iran, et tout ce qui m'a échappé. Et je me cherche aussi moi-même. Sans doute. » (p. 177)
Sheyda est passé par le Conservatoire, mais c'est le cinéma qui l'attirait. Elle tourne son premier film très jeune, mais elle doit pour cela respecter les nouvelles et très strictes règles imposées par le régime islamique. Et comme de bien entendu, ces règles contraignent surtout les femmes, les diabolisent et les accusent. À tel point que les hommes estiment qu'ils peuvent tout à leur égard. Mais Sheyda refuse de se laisser dicter sa conduite et elle refuse de se laisser envahir par la peur. Alors elle crée Amir, un jeune garçon. En devenant Amir, elle est libre et elle peut parcourir la ville comme bon lui semble. « Elle n'est plus une fille. Une fille, beurk ! Elle a décidé que plus personne, jamais, ne l'attaquerait à l'acide. » (p. 79)
Alors, Sheyda joue : elle joue de la musique, elle joue devant les caméras, elle joue avec le régime. Parce que jouer, c'est rester dans l'enfance, mais c'est aussi transcender la réalité dans une représentation de soi-même. Certes, Sheyda est un personnage fictif, mais ce qu'elle a vécu est forcément réel, d'autant plus que l'auteure intègre des bribes de sa propre histoire iranienne et des réflexions sur le bouleversement qu'a subi ce pays. Dans son roman, Nahal Tajadod souligne l'absurdité du régime islamique : « Des femmes qui étudieront entre elles et pédaleront en tchador noir pour se rendre au centre culturel de la Vertu et du Voile. Même Buñuel n'aurait pas osé mettre une scène pareille dans un de ses films. » (p. 88)
Voilà, je n'en dis pas plus, notamment parce que je n'ai pas fini ce roman. J'ai abandonné à la page 180/376. J'ai lutté, j'ai essayé, j'ai recommencé, j'ai relu des pages. Mais impossible de m'intéresser à cette histoire et de repousser l'ennui.
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pyrouette
10 novembre 2013
  • 4/ 5
Il faut s'accrocher pour suivre jusqu'au bout cette très belle histoire. C'est une sorte de fourre-tout, passé-présent, de la vie de deux femmes. L'une parle, l'autre écrit. La première a connu l'Iran après la révolution islamiste, l'autre sous le régime du Shah. Vingt ans les séparent. Elles sont nées dans le même pays et pourtant ce pays est différent. L'une a connu la liberté, l'autre la tyrannie. Elles vivent maintenant hors de ce pays qui ne sort pas de leur esprit, entêtant, étourdissant. Ce livre représente la force des femmes qui s'adaptent à toute situation, en courbant physiquement le dos, mais en restant libres autrement. Très beau récit.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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litolff
31 décembre 2012
  • 1/ 5
Je suis peut-être passée à coté mais je n'ai pas du tout aimé ce livre pourtant encensé par les critiques : pas aimé la construction, il n'y en a pas, c'est fouillis, on ne sait pas qui est qui... pas aimé l'écriture : petites phrases sans verbes, petites phrases décousues, toutes au présent... et puis l'histoire : j'attendais probablement autre chose, mais je n'ai absolument pas accroché à ce récit qui s'appesantit beaucoup sur la vie de Sheyda dans le milieu cinématographique et j'ai abandonné à la moitié... Il m'a semblé que l'auteur avait pourtant beaucoup de choses intéressantes à dire mais c'est noyé dans dans le reste. Dommage.
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Melopee
09 novembre 2012
  • 4/ 5
Ce roman est le récit d'un dialogue, celui de deux Iraniennes, deux femmes ayant vécu deux expériences bien différentes. La première est une actrice qui est née et a vécu sous le régime de la République islamique. La seconde, plus "vieille" recueille les propos. Elle est écrivain et n'a plus de lien avec l'Iran depuis trente ans, pays qu'elle a quitté à l'âge de 17 ans. Elle s'est installée en France et n'a pour seul souvenir que ceux hérités de ses parents et grands-parents qui vivaient en pays libre, avant le régime.
Sheyda Shayan, elle, vit sous contrainte, entourée de parents libertaires mais dont le régime dicte la loi. Elle apprend le piano, côtoie les garçons - pour cela elle se coupe les cheveux et se travestit en Amir -, et s'essaie au cinéma, en tournant en Iran. Plus tard un producteur hollywoodien souhaite l'avoir pour son prochain film et c'est un choix terrible que celui qu'elle a à faire. Doit-elle filer vers cette terre "dépravée" ou doit-elle rester fidèle au régime et ne pas franchir les frontières?
Il y a beaucoup de choses intéressantes dans le roman notamment du fait de la forme qui permet la confidence mais aussi un échange fructueux plein d'empathie de part et d'autre. Il y a l'histoire dans l'histoire avec des personnages féminins extrêmement indépendants et conscients de leur époque. Sheyda, l'actrice, est un personnage inspiré d'une personne réelle. Quant à son interlocutrice, écrivain, c'est l'auteur elle-même qui se met en scène à travers sa propre expérience, elle si éloignée géographiquement et chronologiquement à sa patrie de naissance.
Le livre est ponctué d'anecdotes, de références et met en lumière ce qu'a changé la révolution de 1979 en Iran. Bien loin d'avoir été une avancée, le nouvel Iran a été beaucoup plus restrictif notamment concernant les femmes qui ont dû mettre le voile, qui n'ont plus pu aller au stade ou sortir tout à fait librement. Un vrai bond en arrière qui paraît être un lieu commun pour Sheyda, elle qui n'a connu que l'Iran du Shah. Pour Nahal c'est bien différent puisque la confrontation met en lumière un pays qu'elle ne reconnait plus.
Voilà un livre en miroir qui permet, grâce aux deux voix, de construire l'histoire d'un pays tout à la fois dur, lointain et plein de contrastes. le titre quant à lui renvoie non seulement au métier de Sheyda mais aussi à son obligation de "jouer" au quotidien, c'est-à-dire de (dis)simuler ce qui a lieu aussi, au sein même du foyer. Ça a été une réelle prise de conscience pour moi !
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jostein
05 juin 2013
  • 4/ 5
J'ai découvert Nahal Tajadod avec Debout sur la terre et j'avais envie de lire son dernier roman. Si vous souhaitez découvrir l'Iran, avant et après la révolution islamique de 1979, je vois conseille ce très beau roman qui allie romanesque, ironie, et histoire.
C'est la rencontre de deux iraniennes.
Nahal, l'auteur a quitté l'Iran en 1977 et vit depuis en France. Elle garde un bon souvenir de sa jeunesse iranienne dans une famille aisée, un lycée français, sous le règne du Shah. Pas de foulard, son port obligatoire pour les femmes avait été aboli.
Sheyda est née en 1983, en pleine guerre Iran-Irak. Son père est un acteur et metteur en scène de théâtre, sa mère est peintre et de religion bahaïe. le bahaïsme est une religion interdite mais tolérée si elle est très discrète.
La république islamiste confisque les biens des bahaïs, oblige le port du foulard, interdit la musique, ignore la danse, contrôle tout ce qui se joue. La vie est difficile pour les artistes, les femmes. Sheyda préfère se raser la tête et se faire passer pour un garçon afin de simplifier son quotidien et éviter les brûlures à l'acide. Plus tard, son métier, actrice ne vaut RIEN.
L'auteur dit de l'acteur patrimoine :
"Il est ce son étouffé, cette musique sombre qui, malgré les interdictions, s'est jouée dans les sous-sols, dans les caves, et s'est transmise de coeur à coeur, sans partition, sans laisser de trace."
En faisant de Sheyda son personnage de roman, Nahal cherche l'"Iran qui lui a échappé".
"Sheyda a vingt-huit ans. Elle est née six ans après mon départ de l'Iran et quatre ans après l'instauration de la République islamique. Elle est cet Iran que je ne connais pas et que je cherche à happer, à saisir, cet Iran qui attire et terrorise, qui danse et pleure, qui ment et prie, qui boit et jeûne, qui célèbre la fête du Feu et qui se flagelle pour l'imam Hosseyn."
C'est cet Iran où le mensonge est appris au sein de la famille. L'enfant ne doit pas répéter à l'école qui est reçu à la maison, quels livres sont lus, que les parents dégustent un verre de vin, que le fils joue d'un instrument de musique.
Lorsque Sheyda tourne un film à Hollywood, est photographié sans foulard sur le tapis rouge, touche le cou d'un acteur, elle est arrêtée. On lui retire son passeport et elle erre dans les différentes instances du ministère des Renseignements et de la Sécurité nationale et vit sept mois d'interrogatoires.
Si le corps des deux iraniennes est désormais en France, il semble évident que leur âme est est restée en Iran. On retrouve dans ce roman toute l'importance de la maison d'enfance.
Nahal Tajadod a écrit un roman très riche. Derrière l'histoire de cette actrice inspiré de la vie de Golshifteh Farahani, l'auteur livre une vision de l'histoire mais aussi des éléments du quotidien ( port du foulard, mariage temporaire, âge du mariage, rôle de l'acteur, chaînes satellites, pendaisons aux grues), des aperçus de la littérature persane.
Les registres sont aussi variés allant du tragique à l'ironie, de l'errance au concret.
La fin du roman est particulièrement intense avec une vive émotion face à cet exil inévitable mais redouté.
Lien : http://surlaroutedejostein.w..
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Les critiques presse (3)
Telerama19 décembre 2012
Sous ses faux airs de mélo, de farce ou de tragédie, l'écrivaine perse réussit une fascinante miniature de sa façon, qui décrit entre soupirs, lamentations et rire les ravages de l'Histoire.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress16 novembre 2012
Elle joue est un livre complet, mêlant témoignage et romance, comédie et drame, rudesse et élégance. A ne manquer sous aucun prétexte !
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress13 novembre 2012
Tour à tour angoissant, drôle et bouleversant, Elle joue se dévore de sa première et sa dernière page.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
genieblancgenieblanc08 mars 2013
A quoi ressemble t'elle ? Dessine-moi un mouton... Non, dessine-moi des yeux, des yeux dans lesquels tu regardes et tu te noies, des yeux ivres, des yeux sans fard, ne les souligne surtout pas de khôl, ni de mascara, ni de liner. Juste des yeux noirs qui s'étirent. Puis, si tu te sens capable, dessine-moi aussi des lèvres, les plus parfaites, des lèvres charnues, galbées, botoxées non, siliconées surtout pas. Prends le dictionnaire, jette un coup d'oeil sur les adjectifs qu'on associe au mot "lèvres" et mets toi à l'oeuvre. Dans la littérature persane, les belles bouches sont des bourgeons. Inspire-toi du bouton d'une rose ou d'une pivoine et ajoute, en bas des yeux, je te fais confiance pour respecter les proportions, une bouche recourbée, ourlée. J'ai oublié les sourcils. Là excuse-moi, mais il faut que je revienne à nos poètes classiques, les Nemazi, les Hafez, les Djami. Pour eux, les sourcils ne peuvent être que des arcs [...]
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LiliGalipetteLiliGalipette11 avril 2013
« Des femmes qui étudieront entre elles et pédaleront en tchador noir pour se rendre au centre culturel de la Vertu et du Voile. Même Buñuel n’aurait pas osé mettre une scène pareille dans un de ses films. » (p. 88)
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litolfflitolff01 janvier 2013
Dans la tradition shiite, le "sigheh", le mariage temporaire, est en effet considéré comme légal pour une durée allant d'une heure à quatre-vingt-dix-neuf ans. Quatre épouses légitimes pour quatre-vingt-dix-neuf ans et quatre-vingt-dix-neuf conjointes temporaires pour, chacune, disons quatre heures. Qui dit mieux ?
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pyrouettepyrouette05 novembre 2013
Il est infidèle et fragile comme tous les miroirs du monde. Il me livre des révélations qui me font rire et qui me font mal. Il me ment aussi, je le sais, mais je ne peux pas dire quand ni pourquoi.
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litolfflitolff31 décembre 2012
Une guitare électrique peut s'avérer aussi dangereuse qu'une chanteuse solo. Si les censeurs cèdent et relâchent leur contrôle , ne serait-ce que d'un epsilon, cet instrument satanique, cet outil d'invasion culturelle ébranlera en une nuit les fondements de toute la culture islamique .
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Videos de Nahal Tajadod (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nahal Tajadod
Foire du livre 2016 – Orientales Le génie oriental célébré par l’essayiste René Guitton et les romancières Saïdeh Pakravan et Nahal Tajadod, deux figures des lettres iraniennes, aujourd’hui installées en France.
Cette émission s’intitule « Orientales », présentée par Hubert Artus qui reçoit : - René Guitton pour son livre « Dictionnaire amoureux de l’Orient », aux éditions Plon - Daïdeh Pakravan pour son ouvrage « La trêve », aux éditions Belfond - Nahal Tajadod pour sa publication « Les simples prétextes du bonheur », aux éditions JC Lattès
autres livres classés : iranVoir plus
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