Amalia Albanesi est une jeune fille que certains dans son village perdu dans les Pouilles au début du XXème siècle trouvent un peu bizarre depuis que l'âne qu'elle emmenait brouter sur les chemins est tombé de la falaise. Un jour, Stepan, beau brun exotique aux yeux verts débarque dans le village. Avec des histoires de voyage, de villes lointaines plein la bouche. Amalia, contre l'avis de ses parents (un étranger, vous pensez) épouse l'homme, espérant quitter le village. Ce village dont la poussière rouge ne vous quitte plus. Même à des milliers de kilomètres. Ce qu'à force de persévérance elle fait, grâce à son talent incomparable pour la broderie (cela vous rappelle une autre héroïne de roman?). Abandonnant leurs deux fils aux "bons" soins de la famille Albanesi.
Point de départ de cette histoire familiale intéressante, contée par l'arrière-petite fille d'Amalia à son propre fils, ce couple atterit au Caire, pour en repartir et se séparer. Les rêves d'Amalia n'étaient décidément pas ceux de Stepan. Dont on ne saura jamais d'où il venait, ni où il a finit.
Au début, j'ai cru que ce roman de Sylvie Tannette serait un portrait de femme, mais en fait, c'est un portrait de femmes. Cependant, je suis restée sur ma faim. Ce livre est beaucoup trop court pour moi. J'ai eu l'impression que l'auteure ne faisait que survoler des personnages dont je sentais tout le potentiel romanesque, Amalia à la détermination farouche de richesseet d'élévation sociale, Elias le révolutionnaire, Luna effacée mais pourtant suffisamment forte pour s'opposer à sa mère Amalia. de même, les lieux visités sont trop peu décrits, il m'a manqué les couleurs et les odeurs du Caire. Avec Bari, j'ai eu l'impression que l'auteur se décidait enfin à planter un décors, une atmosphère, mais ce fut un peu pareil pour Marseille: pas grand chose à se mettre sous la dent en terme d'atmosphère et d'images.
Cela tient très probablement au fait que la narratrice, arrière-petite-fille donc d'Amalia, ne sait finalement pas grand chose de ses ancêtres et de leurs vies. du coup, la lectrice que je suis a l'impression fâcheuse de se voir servir un amuse-bouche plutôt qu'un repas complet, si je puis me permettre cette métaphore culinaire. (c'est que je commence un peu à avoir faim, là).
Pourtant tant de thèmes sont abordés, et si intéressants: la Méditerranée centrale dans l'histoire, émigration, guerre d'Espagne, Marseille si métissée, la place des femmes dans la société. Mais voilà, c'est effleuré.
C'est agréable, cela se lit bien, même si je ne suis pas fan du style "parlé" a priori. J'aurais aimé au moins 100 pages de plus, car j'ai vraiment été accrochée par cette famille.
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