La pelleteuse Taniguchi n'en fini plus de crisser sous le poids des traductions. Mais après tout, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Après
L'homme qui marche, petite perle zen, le magistral Journal de mon Père, le brillant Quartier lointain et le passionnant mais passé inaperçu Au temps de Botchan,
Jirô Taniguchi s'est imposé en France comme l'un des grands mangaka contemporain. Faisons fi des quelques rejetons les plus douteux pour nous pencher sur
La Montagne Magique, premier album "à l'européenne" de l'auteur japonais.
La Montagne Magique raconte l'histoire de deux enfants à la toute fin des années 60, dans la région de Tottori. Confiés aux bons soins de leurs grands parents, ils vont vivre une aventure fantastique, comme seuls les enfants sont capables de s'en inventer. Un album mélancolique où l'on retrouve les thèmes chers à Taniguchi et qui en soit ne serait pas déplaisant si en fait d'"âme tendre" toute cette histoire sentimentalo-écolo ne transpirait pas l'âme mièvre. C'est mignon, mais un brin gentillet : une bagatelle douce et trop sucrée à lire aux enfants au coin du feu avec une tasse de lait et du miel.
Plus intéressant en revanche, "Le Mangaka au regard d'enfant", un entretien de Stéphane et
Muriel Barbéry (auteur de L'Elégance du hérisson paru l'an passé chez Gallimard) avec
Jirô Taniguchi publié en fin d'album.On y parle de l'enfance, des souvenirs de l'auteur, des esprits magiques, du deuil et de la mélancolie :
Lien : http://monsieur-o.fr/2007/10/10/la-montagne-magique-jiro-taniguchi/