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Marie-Françoise Monthiers (Traducteur)
ISBN : 2203334673
Éditeur : Casterman (2000)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Un homme se souvient. Il se revoit, enfant, en train de jouer sur le plancher du salon de coiffure de son père. Ce père, justement, vient de mourir. Voilà une quinzaine d'années que le fils n'était pas retourné le voir. À l'occasion de la veillée funèbre, il va revenir dans la ville de sa jeunesse, retrouver sa famille, se confronter aux souvenirs tapis au creux de sa mémoire. Le Journal de mon père, bande dessi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Coriolis
07 juin 2016
  • 5/ 5
Les visages de nos aïeux s'abîment chaque jour davantage en Vieillesse et les rides implacablement creusent leurs peaux. le temps, que l'on voulait impuissant, nous opprime aussi et commence à ternir nos espérances. L'argent se fige dans la profondeur de nos cheveux. La sagesse et les années pèsent un peu plus sur nos épaules; l'âge adulte est atteint. Lentement nous rejoignons nos aînés sur le chemin de la décrépitude. Peu à peu, nous leur ressemblons. C'est précisément l'heure  à laquelle nous sommes le plus à même de comprendre nos parents. Et cruellement, c'est à cet instant que nous les perdons.
Pour Yoichi Yamashita, il est temps de faire ses adieux à son père. Il est l'heure des séparations, celle où les rancoeurs n'ont plus lieu d'être ; son père n'est plus. Avec sa mort, une partie de l'histoire des siens s'enlise dans l'oubli. Cela fait quinze ans qu'il n'a revu sa famille. Aujourd'hui, il accompli le chemin qui le ramène à Tottori, sa ville natale. Lui qui pensait être accueilli en paria est reçu à bras ouverts par sa mère, sa soeur, son oncle et certains membres de sa belle-famille. Lors de la veillée funèbre à la gloire du défunt, les langues se délient et des faits déformés par le prisme de l'enfance sont révélés à Yoichi. Il prend la mesure de ce que ses parents ont vécu, de leurs espoirs et de leurs désillusions. L'homme, orphelin d'une partie de ses racines, revient à ses premières années. le salon de coiffure de son père dans lequel il aimait tant jouer est intact, fidèle à sa mémoire de gosse. Chiro son premier chien est là, aussi. Ses parents, eux, s'aiment et coulent des jours heureux dans leur foyer. Cette perfection, ce bonheur aveuglant seront réduits à l'état de cendres lors du grand incendie qui ravage la ville, l'après-midi du 14 avril 1952. Et ce grand bouleversement qui prive la famille de Yoichi d'un toit et de revenus détruira l'équilibre idéal et routinier dans lequel les Yamashita ont toujours vécu. Yoichi revit la scène avec ses yeux d'enfants mais c'est son coeur, ses expériences d'adulte et les confidences de l'entourage de son père qui lui montrent le chemin de la clairvoyance. Ce que son père lui a caché par pudeur excessive ou pour l'épargner et ce qu'il n'a su entrevoir jaillit dans une lumière aveuglante. Les rancunes se dissipent, scories emportées par le vent et le coeur asséché  se met à battre au rythme des regrets.
Premier volume d'une des oeuvres phares de Jiro Taniguchi, le Grand incendie est un manga où technicité et émotions entrent en totale osmose. le dessin, dans lequel les visages et les regards transcendent l'espace de la planche, sublime un scénario brillant et déjouant les pièges d'un pathos exacerbé.  Ni racoleur, ni mièvre, cet opus fait preuve d'une grande pudeur et d'une justesse parfaitement maîtrisées. Une magnifique immersion dans le monde de l'enfance. Une entrée en matière poignante et d'une humilité rare.
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cicou45
09 juillet 2011
  • 5/ 5
Ce livre nous raconte l'histoire de Yoichi Yamashita, un homme marié travaillant et résidant à Tokyo depuis de nombreuses années. Il mène une vie paisible auprès de son épouse jusqu'au jour où il apprend le décès de son père qu'il n'a pas revu depuis presque quinze ans. Yoishi se rend donc dans sa ville natale, à Tottori afin d'assister à la veillée funèbre ainsi u'à l'enterrement de son père. Il y retrouve ainsi de nombreux membres de sa famille et replonge ainsi dans son passé qui reste encore très flou pour lui mais qu'il tente tant bien que mal de reconstituer grâce aux récits de ses oncles et de sa soeur aînée. Lui qui n'avait jamais compris le départ soudain de sa mère et qui tenait son père pour responsable, il prend soudain conscience que les choses étaient loin d'être aussi simples et que le facteur déclencheur de la séparation de ses parents a en partie été le grand incendie qui a anéanti la ville dans les années '50, laissant ainsi toute la famille démunie.
Ecrit plus à la manière d'une bande-dessinée que d'un manga, ce premier tome aux graphismes magnifiques est avant tout une histoire touchante puisque tout lecteur peut se retrouver dans le personnage de Yoichi. Qui n'a jamais éprouvé de regrets en perdant un être proche ? En tous cas, en ce qui concerne, j'ai de nombreuses fois ressenti cet horrible sentiment de ne pas avoir été assez présente ou de ne pas avoir assez ouvert mon coeur suite au décès d'un de mes proches. C'est pour cela que ce livre l'a extrêmement touché car il nous incite aussi à faire la paix avec nous-mêmes ! Magnifique !
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lunch
26 janvier 2013
  • 5/ 5
Chronique sur les 3 tomes.

Cette lueur qui pénètre dans le salon de coiffure... le soleil envahi la pièce et dégage cette impression chaleureuse. le ton est donné d'emblée sur cet album qui reste pour moi la grande oeuvre de Jirô Taniguchi.
Pourtant, en m'y replongeant, j'ai trouvé le dessin de ces premières planches un peu grossier, comme si on avait zoomé dessus. Un rendu un peu pixelisé qui ne correspond pas du tout à mes souvenirs. La nostalgie de cette lecture n'avait gravé en moi que des images pleines de douceurs... fort heureusement, il ne s'agit là que des premières cases et le trait que l'on connaît, fin et minutieux de l'auteur, reprend rapidement sa place.
Le récit est loin d'être haletant, mais il nous accroche et nous colle à la peau. Une histoire de famille, personnelle. Pourtant, nous ne sommes pas vraiment dans la situation telle qu'elle est contée : cet homme, Yoichi, qui apprend le décès de son père et qui va assister à la veillée funèbre. Près de quinze ans qu'il a coupé les ponts avec sa ville natale, qu'il n'a plus revu son paternel, arguant une surcharge de travail, des obligations professionnelles... fuyant son passé.
Nous ne sommes pas dans cette situation mais pourtant, nous nous reconnaissons forcément quelque part dans ce récit intimiste et poignant. J'avais déjà lu le journal de mon père, plusieurs fois... Pourtant, j'ai pleuré.

Contrairement à Quartier lointain (travail postérieur, publié en 1998 au Japon et en 2002 en France) qui reprend un peu le même sujet, celui d'un fils qui revisite son passé familial, le journal de mon père (paru en 1995 au Japon, 1999 pour la présente version) suscite bien plus d'émotion.
L'approche fantastique de Quartier lointain nous distanciait un peu du récit intimiste du Journal de mon père. Pas de fiction ici, pas de voyage dans le temps. Nous sommes confrontés aux sentiments bruts, nous prenons les baffes de plein fouet, nous encaissons les remarques comme si elles nous étaient adressées personnellement.

La chronique à lire en intégralité sur BenDis... !
Lien : http://bendis.uldosphere.org..
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zazimuth
23 mars 2016
  • 4/ 5
Je me souvenais avoir lu cette série mais un souvenir vague alors je l'ai à nouveau empruntée à la médiathèque.
A la suite de la mort de son père, le narrateur plonge dans ses souvenirs et revient sur son enfance et sa vie de famille.
Il se rappelle les années de petite enfance et le bonheur dans le salon de coiffure de son père, professionnel consciencieux et respecté, près d'une mère aimante et d'une grande soeur attentionnée.
Jusqu'à ce qu'un grand incendie détruise une partie de la ville, leur maison et le précieux salon.
Mais Takeshi, le père, n'accepte pas que la famille de sa femme lui ai prêté de l'argent pour reconstruire...
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Ubikson
21 mai 2012
  • 5/ 5
Une fois de plus, Taniguchi nous conte une histoire comme il en a le secret, avec ce flashback empreint de nostalgie qui nous laisse pantois et qui fait vibrer quelque chose en nous, ce spleen indéfinissable qui nous torture un peu mais dont on savoure l'amertume.
A l'image de "Quartier Lointain" ou d' "Un Ciel Radieux", Taniguchi redécouvre le monde au travers des yeux d'un enfant. Inspiré de sa vie, le héros/auteur explore son propre univers, son histoire personnelle, avec un regard d'adulte pour trouver les secrets et les mystères qu'il était incapable de percevoir enfant.
Une perle.
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Citations & extraits (1) Ajouter une citation
MeroMero16 décembre 2013
Je ne savais pas... Je n'ai rien su. Je ne savais rien ni de mon père.. ni de ma mère... ni de ma famille. Si je pouvais, aujourd'hui, j'aimerais parler avec mon père.
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Rencontre internationale avec Jirô Taniguchi Animée par Nicolas Finet.
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