> Anne Bayard-Sakai (Traducteur)

ISBN : 2070427609
Éditeur : Gallimard (2003)


Note moyenne : 3.46/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres
Un respectable professeur d'université, à l'âge du démon de midi, ne parvient plus à satisfaire sa jeune femme dotée d'un tempérament excessif. Après avoir essayé divers excitants, il s'aperçoit que la jalousie est un incomparable stimulant.
Chacun des deux époux... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 15 juin 2011

    chocobogirl
    La confession impudique est un curieux roman écrit sous forme de journal tenu par les protagonistes de l'histoire.
    Un homme, âgé de 56 ans, débute la nouvelle année qui s'annonce en débutant un journal ou plutôt en décidant d'y confier désormais tous les faits qui touchent à sa vie conjugale et sexuelle. Marié depuis 20 ans à Ikuko, 45 ans, cette dernière semble avoir des désirs insatiables concernant les plaisirs de la chair et son mari vieillissant peine désormais à lui apporter satisfaction.
    Le mari, persuadé que sa femme n'ignore pas où il cache son journal et la soupçonnant de le lire en cachette, souhaite ainsi aborder les sujets tabous du sexe pour Ikuko, élevée dans une forte éducation traditionnelle où l'épouse se doit de rester à sa place et de rester extrêmement prude.
    " C'est la frustration de ne pouvoir parler directement avec elle de notre intimité qui m'a décidé à consigner tout cela. Désormais, je tiendrais ce journal comme pour m'adresser indirectement à elle, en supposant - que ce soit ou non le cas en réalité - qu'elle le lit en cachette. "
    De son côté, Ikuko découvrant ta tenue du journal de son mari décide de faire de même, tout en affirmant haut et fort qu'elle ne lit pas le sien en cachette.
    " (...) je me refuse catégoriquement à lire son journal. Je ne tiens pas à franchir les limites que je me suis imparties et à m'immiscer dans l'esprit de mon époux. (...) Un être comme moi, qui ne se dévoile pas devant autrui, éprouve le besoin de se raconter au moins à soi-même. (...) La raison principale qui m'a poussée à tenir ce journal, c'est ce délicieux sentiment de supériorité que j'éprouve à connaître l'emplacement du sien tandis qu'il ignore même que j'en tiens un. "
    Le lecteur va suivre ensuite la vie des 2 époux à travers le récit du quotidien que chacun en fait dans son journal. Ils ont une vie régulière et monotone. Ikuko trouve son mari repoussant et se refuse à tout impudeur à son égard alors que son mari lui reproche son manque de tendresse, de passion, de démonstration et d'inventivité pour les choses de l'amour.
    Leur fille Tochiko est en âge de se marier et Kimura, un gendre potentiel leur rend de fréquentes visites qui se terminent le plus souvent en soirées fortement arrosées qui font perdre connaissance à Ikuko. Profitant de son inconscience, ce dernier va en user et abuser pour dénuder et photographier le corps toujours mystérieux de sa femme.
    Mais le vieux professeur va finir par se rendre compte également que la jalousie provoquée par la présence de Kimura exacerbe ses désirs et lui permet de satisfaire sexuellement sa femme. Manoeuvrant d'autant plus pour pimenter sa vie conjugale, le mari d'Ikuko va jouer avec le feu.
    "Depuis toujours, éprouver de la jalousie déclenche en moi des pulsions. C'est pourquoi en un certain sens ce sentiment est pour moi une nécessité et une jouissance. Ce soir-là, en me servant de la jalousie que je ressens envers Kimura, j'ai réussi à donner du plaisir à ma femme. Il m'a donc fallu admettre que, désormais, notre couple ne saurait continuer à mener une vie sexuelle satisfaisante sans cet indispensable stimulant qu'est devenu Kimura. "
    Utilisant chacun leur journal pour partager leurs sentiments sur les affaires sentimentales, chacun écrit en étant persuadé que l'autre le lit, tout en se refusant à admettre "officiellement" que c'est le cas, tout comme en déclarant ne pas lire l'autre (suis-je claire ? ^^).
    Le lecteur qui découvre simultanément les propos du mari puis d'Ikuko voit se dresser un véritable dialogue entre les 2 époux et assiste à une sorte de jeu où chacun cherche à manipuler l'autre et à arriver à ses fins.
    Ce roman a été écrit en 1956 et loin, d'offrir les descriptions érotiques qu'on aurait pu attendre, il se révèle malgré tout assez pudique. Les choses du sexe sont évoquées à demi-mot et si l'on y trouve aucune mention un tant soit peu choquante pour notre époque, on peut aisément concevoir que ce roman ait pu choquer à celle de l'auteur.
    On lira, par exemple que Madame est doté "d'un organe absolument exceptionnel" !
    Les fantasmes sont stimulés par des éléments subtils mais néanmoins érotiques : fétichisme du pied nu, blancheur d'un lobe d'oreille, baiser les aisselles ou les paupières closes.
    Le sujet de ce roman épistolaire est bien le badinage amoureux qui se transforme peu à peu en manipulation érotique et intellectuelle. Sachant (ou du moins le croyant) que l'autre lit nos propos, disons-nous toute la vérité ? Est-ce que Ikuko et son mari sont totalement francs dans leur journal ou bien travestissent-ils la vérité pour mieux obliger l'autre à tel fait ou tel acte ? Les journaux des mariés, loin d'être toujours la vérité nue va se révéler une somme d'hypocrisie et de faux-semblants.
    Mais derrière ce libertinage non assumé, se cache aussi l'amour. Ikuko, dont la famille lui a imposé ce mari qui la dégoûte, qui fantasme grace un autre homme mais qui finalement s'entiche davantage de ce plaisir honteux que lui offre son mari.
    " Vous dites que je hais mon mari, mais d'un autre côté, je dois admettre que je l'aime. Plus je le hais, plus je l'aime aussi. Son désir ne peut s'enflammer que s'il vous fait intervenir, s'il vous inflige de la souffrance ; mais quand je pense que tout ceci, il ne le fait en définitive, que pour me procurer du plaisir, je me trouve de plus en plus incapable de le trahir. "
    Le mari qui, obsédé par des fantasmes érotiques qui l'enferment, finit par ne vivre qu'à travers eux, a enfin l'impression de vivre et d'être heureux.
    Des contradictions inhérentes à la nature japonaise, empêtré entre ses obligations et ses traditions.
    Ikuko, issu d'une famille ultra traditionnelle, est censée se comporter en femme soumise, obéissante à son mari et répondre à ses besoins.
    " Puisque mon mari aime me voir nue, mon devoir d'épouse fidèle est de supporter au moins d'être dévêtue sans le savoir, et bien que ce soit de très mauvais goût. A l'époque féodale, la vertu d'une femme voulant qu'elle se soumette absolument à son mari, elle se serait pliée à tous ses désirs, aussi infâmes ou répugnants qu'ils soient, et n'aurait d'ailleurs pu faire autrement. Jene fais pas que remplir mon devoir. D'un certain point de vue, je demeure une épouse vertueuse et docile et, en échange, j'obtiens de lui qu'il comble mes appétits charnels dévorants. "
    Mais la nuit, cette dernière prend la forme d'une femme vorace qui, par ses appétits sexuels, épuise son mari. Leurs confessions dévoilent l'ascendant que Ikuko et ses désirs prennent sur son pauvre mari.
    " La passion violente que suscite la jalousie, l'exacerbation des pulsions sexuelles obtenues grâce au spectacle inépuisable de ma femme nue, tout cela me conduit à une folie qui ne connaît pas de limite. "
    " Certes, je déteste cet homme du fond du coeur, mais, à le voir si plein de passion pour moi, je trouve un certain intérêt à lui donner du plaisir au point de lui faire perdre la tête. Autrement dit, je suis ainsi faite que je suis incapable de dissocier totalement amour et sexualité, si bien que tout en éprouvant d'un côté de l'aversion pour mon mari - cet homme écoeurant à m'en donner la nausée -, je ne peux m'empêcher, en l'emmenant dans le monde de la volupté, de m'y perdre moi aussi. "
    Vous en douterez cette histoire se terminera dramatiquement. La chute en suprendra plus d'un, même si on peut lui reprocher d'arriver de manière un peu sèche et abrupte.
    Reflet de la transition du Japon vers une ère plus moderne, Ikuko est le parfait reflet de son pays. Issue d'une tradition patriarcale, elle doit concilier ses devoirs d'épouse avec ses besoins charnels. Ne pouvant les assouvir publiquement, elle doit recourir à des subterfuges et des ruses pour être ce qu'elle est de manière cachée et honteuse. le lecteur la trouvera perverse et haissable mais au final, n'a-telle pas donné à son mari ce qu'il souhaitait ?
    " Je crois pouvoir dire qu'en définitive je me suis montrée fidèle à mon mari. Il a eu l'existence heureuse qu'il souhaitait. "
    "La confession impudique" se révèle au final un roman extrêmement moderne, de par son abord des sujets tabous (sexualité et érotisme au sein du couple) et par le traitement inversé du plaisir. Que la femme ne soit pas restreint au rôle passif où elle est cantonné habituellement, voilà qui bouleverse les codes traditionnels japonais !
    Pour ma part, ce roman est une vrai réussite et un gros coup de coeur !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-la-clef-la-confession-..
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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 17 mai 2012

    LiliGalipette
    Un professeur d'université et sa femme se livrent à un jeu pervers. Par journaux intimes interposés, ils disent tout - ou presque - de leur vie intime. A l'âge du démon de midi, le professeur est plus que jamais avide de plaisirs sensuels, mais il se heurte aux désirs exacerbés de son épouse, bien plus jeune que lui. Il découvre que la jalousie est un stimulant amoureux extraordinaire, et il jette sa femme dans les bras du fiancé de leur fille, ce qui a pour effet de décupler son désir. Insatiable, il se gave de potions et d'excitants pour satisfaire les exigeances de son épouse. Jusqu'à l'issue fatale qui révèle comment sa femme a tout orchestré.
    Excellent! La construction du récit est fameuse. Tantôt on lit le journal de l'époux, tantôt celui de l'épouse, avec deux langages et deux points de vue différents. Tout n'est que fausse dissimulation et vraie traitrîse. Impossible pour le lecteur de ne pas pressentir l'issue. J'ai particulièrement apprécié la finesse avec laquelle les jeux érotiques sont décrits: pas de mots grossiers, tout n'est que suggestion et image. le huis clos est imperceptiblement bâti, mais il est omniprésent. Les nombreuses sorties des protagonistes ne sont que des leurres, ils sont cloîtrés dans leurs névroses respectives. Voilà un livre d'une grande finesse, mais aussi d'une profonde perversité. Rien n'est clairement exposé. Pourtant les narrateurs ne dissimulent rien. du grand art!
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    • Livres 3.00/5
    Par BMR, le 18 janvier 2008

    BMR
    Non Folio ne cherche pas à damer le pion à la collection Pocket des romans érotiques qui fleurissent dans les gares : ce bouquin est un roman japonais qui date de ... 1956 !
    Autant dire que les charmes secrets sont, depuis, un peu éventés !
    Mais l'idée, même si elle est d'époque, est plutôt originale.
    D'un âge avancé, Monsieur commence à faiblir et peine à satisfaire Madame.
    Histoire d'entretenir sa propre jalousie et donc sa flamme, il entreprend de tenir un journal intime racontant ses fantasmes.
    Et en laissant soigneusement traîner la clef du tiroir, il s'assure que Madame lira bien ses «secrets».
    Pour ne pas être en reste, sa femme gourmande ouvre elle aussi un journal intime (à l'époque, on n'appelait pas encore ça des blogs).
    Contrairement à ce qu'on pourrait supposer, cette situation n'est pas le prétexte à différentes descriptions plus ou moins osées (on est en 1956 au Japon, et pas en 1968 à San Francisco).
    Certes on n'y parle pas que de fleurs et de petits oiseaux (Madame est quand même dotée, je cite page 13, « d'un organe absolument exceptionnel », sic !), mais tout le charme de ce badinage libertin repose sur la position alambiquée des deux personnages et des tiers qu'ils veulent bien mêler à leurs jeux : c'est la règle du «je sais que tu sais que je lis ...» (jeu c'est que tu lis ... ?) avec toutes ses déclinaisons.
    Comment amener l'autre (qui lira forcément ce que l'on écrit soi-disant en secret) à comprendre ce qu'il doit faire ou accepter (sachant qu'on lira ensuite ce qu'il aura écrit en secret, ...).
    Du sexe oui, mais du sexe cérébral ! Une sorte de marivaudage à la mode nipponne, dans le cadre bourgeois et officiellement bien-pensant d'un couple japonais de l'immédiat après-guerre.
    Le tout est de savoir qui manipulera l'autre, qui saura faire preuve de la plus grande duplicité et finalement, qui écrira le dernier mot dans son journal intime ... page 196.
    On n'en dit pas plus pour ne pas trop en « dévoiler » mais sachez qu'on aurait presque pu classer ce petit bouquin dans les polars ...
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    • Livres 3.00/5
    Par lilicrapota, le 12 juillet 2010

    lilicrapota
    Junichirô Tanizaki
    La clef
    La confession impudique

    Ce roman se décline sous forme d'un face à face entre deux journaux intimes, celui de la femme, jeune japonaise élevée dans la morale traditionnelle, donc bien souvent étriquée, coincée, et celui du mari, éperdument amoureux de son épouse. Les deux lisent en secret le journal de l'autre.
    Le problème de départ est banal : elle a beaucoup de désir sexuel quand lui peine à la contenter. Pour ne rien arranger, ce qui pourrait l'exciter lui, elle se refuse à le faire parce que c'est « immoral ».
    Première remédiation : il s'aperçoit que la jalousie est un puissant moteur de désir. Vient alors s'immiscer dans le couple un deuxième homme, conscient à priori de son rôle dans le couple, qui va séduire la femme (elle se laissera faire soit (avoué) parce que c'est son mari qui le veut (donc elle lui rend service !) soit parce qu'en fait elle tombe amoureuse de cet homme et n'en peut plus de son mari, tout simplement (ce qu'on découvre à la fin).
    Deuxième remédiation : l'alcool, puisque grâce à une prise régulière et importante, la femme se désinhibe en faisant croire qu'elle est évanouie et ose enfin des choses qui vont exciter encore plus le mari.
    Mais la jalousie s'use et il lui faut sans cesse de nouveaux morceaux à se mettre sous la dent ! La relation entre la femme et l'autre homme est donc de plus en plus poussée ; la femme finira par tromper son mari, tomber amoureuse de l'autre et même… tuer son époux (qui mourra heureux !!!) pour pouvoir vivre avec l'autre.
    Les apparences sont trompeuses et le livre n'est jamais vulgaire, ni même osé ; on y parle très peu de sexe même si c'est un des thèmes principaux. Je ne peux pas dire que le style ni même l'histoire m'aient passionnés mais j'ai trouvé les ressorts intéressants, cette naïveté feinte qui se découvre perfidie profonde, cette jalousie ourobore, ce cercle infernal où les excuses aux agissements sont données (et comprises) mais où la responsabilité finale incombe quand même à celle qui manipulait (alors que c'était le mari qui croyait manipuler).
    Il me semble que Murakami a lui aussi écrit quelque chose sur ce thème de la jalousie… à vérifier !
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  • Par Zazette97, le 10 juin 2011

    Zazette97

    Publié en 1956 et traduit en français en 1998, "La clef/La Confession impudique" est un roman de l'écrivain japonais Junichiro Tanizaki, également auteur de "Le Coupeur de roseaux", "Le meurtre d'O-Tsuya", "Le tatouage" ou encore de "Le pont flottant des songes".
    Ikuko, 45 ans, et son époux, 56 ans, sont mariés depuis une vingtaine d'années. de ce mariage est née une fille, Tochiko, qui passe son temps à se tenir éloignée du domicile familial.
    Il faut dire que l'ambiance à la maison est devenue quelque peu étrange. Ikuko et son mari ont pris de plus en plus l'habitude de convier leur futur gendre, M.Kimura, à des dîners fortement arrosés au terme desquels le couple se retire dans sa chambre jusqu'au petit jour...
    Ce roman nous emmène à la rencontre d'un couple dont les détails de la vie conjugale et sexuelle nous sont présentés à travers leurs journaux intimes respectifs.
    Le mari d'Ikuko reproche à sa femme sa pudeur et son manque de tendresse, son désintérêt pour les préliminaires et le caractère routinier de leurs ébats tout au long de leurs 20 années de mariage.
    De son côté, Ikuko confie le dégoût que lui inspire son mari et la gêne qu'occasionne en elle son insistance fanatique à vouloir la connaître dans ses moindres détails anatomiques.
    Nul doute qu'entre ces deux-là résident une suspicion et une incompréhension mutuelles entretenues par toute une série de non-dits qui précipitent le couple dans une relation insidieusement malsaine.
    Tous deux persuadés de se lire l'un et l'autre en cachette, ils se servent chacun de leur journal pour s'adresser indirectement leurs reproches et formuler leurs arguments et interrogations quant à leur vie intime.
    Comme il est souvent de mise dans les journaux, la forme employée ici est celle du monologue intérieur qui pousse indubitablement le lecteur à prendre parti pour l'un ou l'autre.
    Or le lecteur se retrouve rapidement pris entre deux feux.
    Si les arguments du mari se veulent recevables, les méthodes utilisées pour arriver à ses fins sont assez discutables...
    Profitant qu'Ikuko soit étourdie par l'excès d'alcool, celui-ci tire parti de la situation pour se servir d'elle à sa guise, s'adonnant volontiers à tous les plaisirs d'ordinaire interdits et allant jusqu'à se mettre en danger pour stimuler sa jalousie et a fortiori son désir.
    En ce sens, ce roman m'a énormément fait penser à "Les Belles Endormies" de Yasunari Kawabata.
    Le Buzz littéraire s'est d'ailleurs livré à une analyse croisée de ces deux romans que vous pouvez retrouver ici.
    Bien que j'ai eu un mal fou à adhérer aux faits et gestes des personnages (surtout la fille !), j'ai beaucoup aimé la façon dont Tanizaki aborde la notion de désir (partagé ou non) à travers un point de vue à la fois universel - qui rend compte de toute sa complexité et son ambiguïté -, et résolument asiatique en ce que ce désir mène fatalement à la soumission et au sacrifice.
    Mélange noueux de sensualité et de cruauté, un roman fort qui interpelle et soulève beaucoup d'interrogations sur les mystères de la sexualité et l'importance de la communication au sein du couple.
    Ma plus belle découverte en littérature japonaise jusqu'à présent !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/06/la-clefla-confession-impud..
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 10 juin 2011

    A l'époque féodale, la vertu d'une femme voulant qu'elle se soumette absolument à son mari, elle se serait pliée à tous ces désirs, aussi infâmes ou répugnants qu'ils soient, et n'aurait d'ailleurs pas pu faire autrement.
    A plus forte raison dois-je l'accepter de mon mari qui, sans les stimulations que lui procurent ces jeux insensés, est incapable d'accomplir l'acte de façon satisfaisante pour moi.
    Je ne fais pas que remplir mon devoir. D'un certain point de vue, je demeure une épouse vertueuse et docile et, en échange, j'obtiens de lui qu'il comble mes appétits charnels dévorants.
    Cela dit, je me demande pourquoi mon mari ne peut se contenter de me mettre nue, mais veut en plus me prendre en photos et, sans doute pour me les montrer, les fait agrandir et les colle dans son cahier.
    Il est le mieux placé pour savoir qu'en moi cohabitent la plus extrême luxure et la plus extrême pudeur. p.72
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  • Par Zazette97, le 10 juin 2011

    La passion violente que suscite la jalousie, l'exacerbation des pulsions sexuelles obtenues grâce au spectacle inépuisable de ma femme nue, tout cela me conduit à une folie qui ne connaît pas de limite.
    Pour l'instant, je suis infiniment plus porté sur la chose que ma femme. Quand je pense que, nuit après nuit, je suis plongé dans une extase que je n'aurais même pas osé imaginer en rêve, je ne peux m'empêcher d'être reconnaissant du bonheur qui m'échoit, mais en même temps, j'ai le pressentiment qu'un tel bonheur ne saurait durer, que tôt ou tard je devrai le payer, que minute après minute je rabote mon destin. p.74
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  • Par Myrtle, le 30 mars 2012

    A l'idée que sont impliqués ainsi quatre êtres aussi sournois, j'en reste sans voix. L'ironie du sort veut que ces quatre-là, tout en se trompant les uns les autres, unissent en fait leurs forces pour atteindre un objectif commun. Autrement dit, chacun, avec des arrière-pensées différentes, se donne un mal fou pour obtenir que ma femme se déprave le plus possible.
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  • Par BMR, le 18 janvier 2008

    [...] Plus j'affirmerai ne pas l'avoir lu, plus elle croira le contraire. Si, ne l'ayant pas lu, je passe quand même pour l'avoir fait, autant le lire, pourrais-je me dire, mais malgré tout je maintiens absolument ne pas l'avoir lu.
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  • Par JLM56, le 31 janvier 2012

    TANIZAKI il est avec KAWABATA: l'ensemble de son oeuvre / un Japon à jamais perdu, une narration sans pareil, des personnages inoubliables ( les quatre soeurs)
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